Autour du monde avec ...

 
 
Journal de bord
Août 2008

Août 2008, La Rochelle
Nous sommes le 07 septembre et je me rends compte que le récit suivant n’a
encore jamais été envoyé… Oups
Dans le récit qui suit,  j’essaierai de me remémorer et de raconter nos aventures
qui ont  suivi notre arrivée à 
La Rochelle entre le 17 et le 25 août.


Nous sommes arrivés le 17 août, les portes de l’écluse étant fermées, nous
n’avons pas rejoint les autres bateaux de la traversée avant le lendemain
matin 06h00 AM pour rencontrer les heures de la marée haute pour le
franchissement du bassin des Chalutiers. C’était un paysage époustouflant
que de naviguer à la vue des célèbres Tours de St-Nicolas et de la Chaîne
du Port de La Rochelle.<u1:p></u1:p>
Puis ce fut trois journées de maintenance mais comme nous sommes au
beau milieu des vacances, nous ne trouvons malheureusement pas
grand-chose. Mais quand même, nous parvenons à faire réparer les
voiles et recoudre notre Spi gravement déchiré. Puis nous en venons
à la conclusion que nous devrons étirer notre séjour jusqu’à la mi-sept
plutôt que le 3 sept initialement prévu. Chaque soir est un nouveau prétexte
à la fête et avec les plaisanciers du Retour aux Sources les cocktails et les
soirées bien arrosées se succèdent. Il y a même un soir où l’on se fait de
la poutine sur les quais. Les enfants de Malik et Cat Mousses sont à nouveau
réunis et s’ajoute à ceci Camille la fille de Mario sur Kandace Rose. Antoine
le cascadeur qui aime sauter du mur de roche au quai flottant sur lequel
nous sommes amarrés découvre de la façon difficile qu’il y a des marées et que
le mur est parfois pas mal plus haut. Il en est quitte pour soit une légère foulure
ou une fêlure, on ne le saura jamais, mais il se déplacera en boitant pendant
au moins dix jours suivant cet incident. Est-ce qu’il utilise maintenant l’échelle
du mur de pierre??? Pas sûre… il est ‘tough’ ce Antoine!Commence ensuite
la découverte de La Rochelle et de ses environs du 21 au 24 août. Au cours de
ces journées les équipages du Retour aux Sources sont traités aux petits
oignons, nous sommes trimballés dans tous les racoins et sommes reçus comme
des rois partout où l’on passe. Le 21 août c’est la découverte de la ville et du Vieux Port
de La Rochelle avec un guide ‘raconteur’ extraordinaire qui nous raconte la ville
avec passion et nous tire dans de petits endroits secrets dont nous nous ne soupçonnions
même pas l’existence, le tout suivi d’une grandiose réception à l’Hôtel de Ville le soir
venu. Le 22 août c’est la découverte de Charentes-Maritime avec notre guide Marianne.
Nous nous arrêtons à la Corderie royale pour y voir comment se fabriquaient les
cordages à l’époque, puis nous visitons l’Hermione, une réplique en construction
d’une frégate française en bois de l’époque. On y voit la construction impressionnante
de ce mastodonte qui avait servi à transporter La Fayette (hey le gars était
Major-général à l’âge de 23 ans) aux États-Unis afin d’apporter une aide militaire
et financières aux troupes de Georges Washington et des insurgés qui luttent pour
leur indépendance. Nous nous promenons dans les murs de la ville de Brouage
et nous visitons entre autre une glacière dans laquelle le sorbet à l’orange du roi se
conservaitLe 23 août c’est le tour de la région de Poitou-Charentes. Après un
tour de bateau sur la Gabare ‘Dame Jeanne’, nous visitons la célèbre maison
de Cognac Martell. Puis une propriété viticole du 16ième siècle pour voir comment
se fait le Pineau des Charentes et finalement des cultures d’huîtres, l’ostréiculture.<u1:p></u1:p>
Le 24 août nous partons en bateau pour Saint Martin sur l’Ile de Ré. Nous y visitons
nombre de choses dont laCitadelle, le phare des Baleines et le marché local, les
marais salants pour y voir comment se recueille le sel de mer,et une coopérative
de production de cognac. Pour terminer nous sommes reçus au cercle nautique
de la flotte dans un magnifique souper-spectacle. Au retour il faut se préparer
pour notre départ du lendemain vers Paris.
Lundi 25 août,  La Rochelle dans le TGV en route pour Paris

Et ben voilà, ça y'est on est en route pour Paris!  Quel bonheur que de se
retrouver seuls en famille pour souffler un peu.  Nous avions un petit salon
juste pour nous dans le TGV, les enfants filaient le parfait bonheur.  Nous
sommes arrivés à Paris trois heures plus tard et après avoir démêlé la saga
des trains et du métro (avec l'aide d'une gentille dame assise près de nous
dans le wagon), nous avons vite trouvé notre chemin pour finalement se rendre
à bon port chez la famille Noel, des amis rencontrés lorsque nous vivions à
Aylmer.  Lui s'appelle Denis (un militaire), elle Francine et leurs deux filles
Claude (notre ancienne gardienne) et Catherine.  Comme ils viennent tout juste
d'emménager, ils n'ont pas encore eu beaucoup de temps pour visiter alors ça
tombe bien.

Le premier jour de notre visite, un mardi (les musées étant fermés), nous avons
sillonné les rues de Paris à commencer par la tour Eiffel, nous nous sommes
promenés partout pour finir avec la Cathédrale de Notre-Dame.  Puis mercredi
nous avons rempli notre promesse et avons emmené les enfants à Euro Disney. 
Les enfants, bien qu'ils reçoivent maintenant une allocation financière hebdomadaire
de 2 Euros, étaient à la recherche intensive de financement pour cette journée
à Disney.  Finalement, la meilleure chose qu'ils ont trouvé a été la fée des
dents.  Ainsi, mardi soir avant de se coucher, la veille de notre journée à
Disney, ce n'est pas une, ni deux mais trois dents qui se sont perdues.  Antoine
a perdu sa deuxième dent (qui était loin d'être prête à tomber) mais ceux qui
connaissent Antoine savent qu'il n'a pas froid aux yeux (aux grands maux les
grands moyens) et Nicolas et Thomas ont également perdu une dent chacun.  Catherine
était un peu triste de ne pas pouvoir recevoir elle aussi la visite de la fée des
dents mais c'est qu'avec ses nombreuses visites chez le dentiste des derniers mois
il ne lui reste plus beaucoup de dents….  Elle avait déjà perdu 10 dents en tout et
partout puis le dentiste lui en a arraché 5 pour son appareil et ensuite trois autres
juste avant le départ… trouver une dent qui bouge commence donc à être plus difficile
pour elle.

A notre arrivée à Disney, nous nous somme rendus compte que nos billets de métro ne
couvraient pas la zone dans laquelle on se trouvait.  On peut s'y rendre mais c'est
qu'après on ne peut plus en sortir, les 'gates' ne nous laissent pas sortir… Oups! 
La gentille garde de sécurité nous a escorté vers la sortie en nous indiquant qu'il
s'agissait là d'une infraction de 25 Euros par personne…. Ça fait cher de transport
150 Euros de métro pour se rendre à Disney!  Mais avec les beaux yeux des enfants
elle a eu pitié de nous, nous disant que puisque nous étions des cousins québécois…
Few!  La journée s'est ensuite très bien déroulée sans anicroche.  Aujourd'hui ce
sera le tour du Château de Versailles et une croisière sur La Seine ce soir.



    
Dimanche 17 août, En approche final vers La Rochelle

    
Nous sommes présentement dimanche le 17 août, en approche finale sur La
Rochelle.  Nous avons peine à croire que notre traversée tire déjà à sa
fin et que nous sommes partis depuis le 6 juillet déjà.  Nous avons à vue
l'ile de Ré à notre gauche et celle d'Oléron à notre droite.  

Au programme des prochains jours, nous avons prévu de faire de la maintenance,
admin et réparations du 18 au 20 août, puis de faire des visites guidées du 21
au 25 août.  Après nous voudrions aller visiter la France pour quelques jours. 
Entre autre, nous voulons aller à Paris, aller visiter des amis, aller faire
une saucette à Euro Disney et le reste on le jouera à l'oreille.  Pierre et
Anne ont d'autres plans que leur laisserai le soin de décrire.

Au cours des derniers jours, nous avons occupé notre horaire de diverses façons. 
Les enfants ont lu et fait du scrapbooking.  Nous avons fait un cadre de photos
pour Antoine et Nicolas et Thomas de leur côté ont fait un cadre de leurs vacances
au chalet à Port-Cartier.  Catherine a entrepris de faire des signets avec le kit
de scrapbooking.  Ce sont des signets fashion de fille, à son image!  Nous avons
tranquillement retrouvé l'appétit suite au gros temps que nous avons vécu.  Au
lendemain de ces émotions fortes,  après mon quart de 04h00 à 06h00 AM je me
suis lancée dans les muffins.  Une tentative ultime pour tester le four.  De peine
et de misère je les ai fait cuire cette fois mais au micro-ondes plutôt qu'au four. 
Le résultat fut douteux.  Certains muffins étaient bons, d'autres étaient calcinés,
d'autres étaient caoutchouteux, durs comme de la roche, il y en avait pour tous les
goûts quoi.  Ainsi, il fut décidé au conseil exécutif que ce four faisait son dernier
voyage.  Dès demain Horthense et moi partons méguésiner un nouveau four et si
jamais on passe par là (par un heureux hasard)  Horthense  voudrait s'acheter
un petit dessous 'feminine'.   

Mais tout de même, on a des organes alors on s'organise.  On a fait de la pizza
sur le BBQ et on a fait un pain  Bannick sur la cusinière (c'est tante Luce qui aurait été fière).

Billy the fisher revient bredouille, toujours pas de poisson…. Mais bien des
hameçons perdus ou mangés, on a même un appât qui est complètement crochi, c'est
comme rien, c'est sûrement un espadon ou un requin qui avait mordu.

L'excitation et la fébrilité est à son comble sur le bateau.  Ce midi nous nous
sommes fait un cocktail spécial d'arrivée avec des escargots et autres délicatesses.


    
Vendredi 15 août, Au large des Açores vers La Rochelle

Bon pour commencer… Mettons les choses au clair question de clarifier les
ambiguités…  Ce que Pierre avait coupé c'était ses cheveux, pour ce qui est 
de sa barbe, ce n'était qu'une simple 'trim'.  On a bien essayé mais ceux
qui connaissent Pierre savent qu'on est mieux de se lever de bonne heure
pour le convaincre de faire une chose contre son gré.

    
Jeudi 14 août, Au large des Açores vers La Rochelle

Thomas et Catherine depuis hier sont absorbés dans la lecture de chacun
un livre sur le Club des Cinq qu'ils dévorent avidement.  C'est beau à voir! 
Antoine lui me demande 10 fois par jour il est quelle heure.  C'est que
Thomas lui a mis dans la tête que, parce qu'il a cinq ans, il doit se coucher
à 17h00 alors depuis trois jours, il fait un petit somme à 17h00 tous les
jours…  Et il dort pour vrai en plus, et il n'est pas réveillable!  Bon je
dois aller barrer pour remplacer Anne.  Le vent s'est relevé de plus bel
aujourd'hui et les vagues nous brassent pas à peu près.

    
Mercredi 13 août, Au large des Açores vers La Rochelle
  

Hier la situation s'est calmée un peu.  Pierre a décrété que c'était une
bonne journée pour sortir les légumes et manger un peu plus consistant
car le temps calme ne devait durer que 24 heures.  Ainsi il a concocté
une omelette du chef aux légumes et jambon à l'aide de son aide-cuisinier
(Nicolas) et pour souper ils ont cuisiné un riz aux légumes et veau haché
dont Anne avait débuté la préparation en grande partie.  Les adultes en
ont profité pour se doucher un peu (avant que ça commence à piquer).
Quelle bonheur que de se laver les cheveux rendus poisseux par le vent
salé et les embruns (éclaboussures) de la mer.

En PM j'ai sorti le kit de 'scrapbooking' et nous avons terminé le cadre
de la famille Bourassa en y rajoutant les photos manquantes (oui Isabelle
nous avons changé la photo tel que demandé.  Ce soir à la barre Pierre
était aux anges avec son petit café son chocolat noir et son Frank Sinatra,
le tout sous la lueur bienveillante de la pleine lune (notre deuxième
depuis notre départ.  Puis il nous a appelé pour nous montrer que selon
notre écran de chartes maritimes, nous n'étions plus qu'à 410 miles
nautiques de l'Irlande, 420 de l'Angletterre et 480 de La Rochelle. 
Il faut surveiller Pierre car on pourrait bien se retrouver en Irlande,
en effet il semble attiré comme un aimant à ce petit coin de pays.  Il
en parle depuis notre départ!  En soirée, la famille Gigabou s'est offert
une petite game de drapeaux, le petit Antoine est dangereux, il est rendu
plus connaissant de ses drapeaux du monde que sa maman.  Puis lors de la
séance de radio amateur du soir, les enfants ont parlé à Jean-Claude
(directement de la France) à chacun leur tour en prenant bien soin de sortir
leur plus bel accent Français.

    
Mardi 12 août,  Au large des Açores vers La Rochelle

Ce que j'avais qualifié de vent intéressant hier est vite
devenu un peu moins intéressant, car en effet, qui dit vent
dit vague!  On a eu du vent de 30-35 nœuds toute la journée
d'hier avec des vagues de 15 à 20 pieds.  René en essayant de
diminuer la  voilure, question de ménager le gréement vu le gros
temps,  s'est coincé un doigt dans l'écoute du génois.  Rien de
trop grave mais tout de même.  Puis, vu les conditions  on a
changé l'horaire des quarts de travail en décidant de faire deux heures

chacun à tour de rôle.  Pour la première fois, la température
demandait à ce qu'on porte la veste et qu'on s'accroche au
bateau à l'aide de notre harnais en tant que barreur.  Pour
dîner,  j'ai fait un riz à base de soupe Lipton.  Très peu de
membres de l'équipage y ont touché.  L'équipage est passé en
succession dans le 'splash pit' (ça fait plus recherché pour
'pit à vomis'), je parle ici de la trappe de bois quadrillée
dans le cockpit juste au pied des portes vitrées.  Jusqu'à maintenant
seules les trois filles n'y ont pas passé.  Mais soyons honnêtes,
ça ne veut pas dire  que nous n'avons pas aussi le cœur sur le bout
des lèvres de temps à autre, surtout lors de la préparation des
repas bien entendu.  Pour souper j'ai fait une surprise aux enfants,
Hortense et moi avions eu la même vision.  Un souper qui commence
par 'P' ai-je dit aux enfants…. Du pop corn et des potato chips! 
Wow leur plus beau des soupers!  Nicolas a même demandé à René
avant de se coucher s'il y aurait encore de grosses
vagues demain.  René de répondre… 'J'en ai bien peur Nicolas'. 
Il fut surpris d'entre Nicolas dire : 'Yes!  On Va encore manger du pop
corn demain!' 

Plus tard en soirée, la mer chaotique continuait de nous brasser,
les vagues venant parfois se fracasser dans le cockpit ou passant
carrément par-dessus le bateau.   Le vent rugissait de plus belle. 
Vers 03h45 AM alors que j'étais à la barre, attendant que mon
quart se termine,  les lumières à l'intérieur du bateau se sont
subitement allumées.  C'est que l'une des vagues a frappé sous
le bateau de façon anormalement forte et René fut réveillé par
le bruit d'eau, comme si la porte était ouverte,ce qui n'était
pas le cas.  Il entendait de l'eau couler.  Après avoir allumé
la lumière, son inspection lui fit découvrir avec horreur que
les pentures du 'escape hatch',  le trou de 'pêche sur la glace'
comme j'appelle, avaient cédé.  Ainsi, l'eau splashait dans le
bateau à chaque vague que l'on prenait.  Le 'caillis botis' 
grille de bois qui recouvrait le hatch avait été englouti par
la mer, de même qu'une des bottes de caoutchouc de Anne.  Le
reste du matériel manquant sera découvert au fur et à mesure,
si autre chose il manque.  Fort heureusement,  personne n'est
passé par le trou, le compte fut fait et nous étions encore huit
à bord.   Une réparation de fortune fut faite avec les moyens du
bord (entre deux épisodes de haut le cœur pour le Capt qui a bien
dû passer au splash pit 6 fois de fois depuis hier) mais l'eau
continuait à vouloir s'infiltrer et splashait avec force jusqu'au
plafond.  Cet PM Pierre et René ont solidifié leur réparation et
une nouvelle planche fut mis par-dessus le tout pour que personne
ne pile malencontreusement dans la vitre du 'hatch'.  Inutile de
dire qu'au beau milieu de la nuit, ce genre d'aventure impressionne
plus que la normale.  Chapeau à Pierre et Anne qui barre de nuit
depuis le début du voyage, barrer la nuit c'est tout un défi quand
il fait noir, qu'on y voit rien et que ça brasse.  Notre 'escape hatch'
d'urgence était devenu, l'espace d'un instant, un danger imminent mais
la situation est rétablie.  Tout est bien qui finit bien mais il faudra
remplacer le tout une fois en France.  Ca fera une chose de plus à
rajouter sur la liste.

En tout cas je pense souvent aux commentaires de tous et chacun,
les paroles de mon bon ami Ross et de mon SMI me résonnent souvent
dans la tête.  C'est vrai ce qu'ils disaient, quand la mer se
déchaîne, il n'y a rien que l'on puisse faire sauf attendre et
lui vouer notre plus grand respect en attendant qu'elle se calme. 
Le pire c'est qu'on a encore rien, mais rien vu et j'en suis
certaine.  Pour l'instant, les rapports météo annoncent que les
vents vont se calmer graduellement d'ici demain pour
revenir à 11-15 nœuds mais les vagues  demeureront pour un autre
deux jours avant que la mer ne s'aplannisse à nouveau.  Mais farce
à part,  tout va bien, et quand le soleil se lève le matin, les
problèmes de la nuit diminuent toujours d'ampleur.  Pour l'instant
les vents ont baissé à 20-25 nœuds et les vagues sont déjà moins pires.

Commentaire positif de Anne: Ca pourrait être pire! On pourrait
être au travail!  Mais ça c'était hier.  Aujourd'hui sérieusement
tout va très bien.

P.S.  Pour vous situer un peu, quand je parle de 1 nœud,  il
faut faire le calcul en multipliant par 1.852 pour transformer
en km/hr.  Donc c'est pratiquement le double en km/hr, bref 1
nœud est presque 2 km/hr pour faciliter le calcul.

    
Lundi 11 août,  Au large des Açores vers La Rochelle

Depuis deux jours nous avons finalement du vent intéressant.  Le vent étant
arrière, nous avons navigué au spi une bonne partie de la journée avant-hier. 
Hier, avec la trinquette,  nous avions trois voiles.  Pierre était assez fier du
résultat et de son installation.  Plus tard, fidèle à ses habitudes, la grand
voile  s'étant coincée, Pierre est encore monté dans le mât en pleine mer. 
Il a réussi sa mission mais la grand voile a subi une morsure et s'est
déchirée à l'endroit où elle était coincée. Puis, comme par enchantement,
dans une vague qui a frappé une des trampolines, un petit calmar est atterri
sur le pont.  Nous pêchons justement avec des leurres de caoutchouc en
forme de calmar.  Nous verrons si un vrai calmar fera la différence.  Nicolas
a bien hâte de l'installer sur sa ligne.  Il est patient  celui-là, on le surnomme
maintenant 'Billy the Fisher'.  Il l'aura mérité son premier poisson.  Tous les
matins à son réveil, la première chose qu'il fait est de venir vérifier ses lignes
à pêche.

Notre système de partage des tâches dans la cuisine fonctionne à merveille. 
Hier comme nous étions dimanche c'était une journée spéciale où les tâches
étaient assignées par une pige.  Le tirage nous a bien fait rire.  Pour le dîner
j'ai été désignée comme le grand chef avec Nicolas comme aide cuisinier. 
Nous avons fait une bonne soupe maison au poulet, pâtes et légumes avec
les restants du souper de la veille que Pierre nous avait préparé.  Nous avons
accompagné le tout de hot dogs au chou sur pain tortilla.  Pour le souper ce fut
Anne et Thomas qui furent pigés et ils nous ont servi du jambon à l'ananas
avec patates sucrées et courge 'Butternut'.  Pour dessert Thomas nous avait
fait un pouding au caramel avec pépites de chocolat.  Les enfants continuent
à passer leurs journées à jouer à je ne sais quoi dans le fond de leurs chambres,
ils se déguisent, se font des cabanes et s'inventent toutes sortes de jeux.

Ce matin, j'ai pris mon quart à la barre vers 06h15.  Le vent par moments atteignait
les 34 nœuds et notre vitesse moyenne était de 8 à 9 nœuds.  Ca fait changement
de notre 4.5 à 6 nœuds qui perdurait depuis quelques jours.  A un moment, ma
vitesse ce matin atteignait les 11 nœuds, c'est impressionnant!  Plus tard René
a même atteint les 12.4 nœuds.

Bon, je vais aller remplacer le capitaine.  C'est presque l'heure de sa session
matinale de radio amateur.

    

    

    
Vendredi 09 août, Au large des Açores, en route pour la France

Nous avons largué les amarres vers 15h00 hier.  Ca faisait du bien
de reprendre le large, il faisait chaud pas mal au port.  Comme il
n'y a pas de vent, nous sommes à moteur depuis hier et prévoyons
atteindre notre destination à La Rochelle d'ici une dizaine de jours
puisqu'il  reste environ 1050 miles nautiques à franchir.

Pour nos deux dernières journées aux Açores, nous en avons consacré
une à faire de  la maintenance (épicerie/remise à jour sur admin/
comptes/e-mails, etc).  Anne et moi sommes parties avec Judith et
Annie du bateau Malik et nos deux mousses de 5 ans et nous avons
marché jusqu'à la plus grosse épicerie en ville.  Antoine, en passant
devant les comptoirs à viande et poisson se demandaient ce qui sentait
si mauvais… on n'a  pas acheté beaucoup de viande sur cette épicerie-là
(on a comme décidé que les légumineuses après tout c'est délicieux). 
Nous avons rempli deux paniers à ras-bord et vannées de notre journée,
nous sommes rentrées en taxi les bras chargés de sacs.  Nous avions ce
soir-là, fort heureusement, une réception, donc pas de souper à préparer
à notre plus grand bonheur. Les enfants de leur côté étaient aux anges à
jouer sur leur petit bateau gonflable, à pêcher, se baigner et s'empiffrer
de crème glacée.   Le lendemain, dès 09h00 nous avions déniché une PETITE
voiture de location pour aller jouer aux touristes.  Nous nous sommes
entassés à 8 dans une voiture 5 places (2 dans le coffre, 4 sur la banquette
arrière et 2 en avant), comme quoi il y a toujours moyen de moyenner.  Nous
avons visité des endroits magnifiques dont Furnas et Caldeiras avec leurs
bains d'eau boueuse bouillonnante.  Les gens emmènent à Caldeiras d'énormes
marmites soigneusement enveloppées et contenant des espèces de Pot-au-feu. 
Ces marmites sont ensuite enfouies sous la terre dans des espèces de puits
numérotés et ils attendent en famille et entre amis que leur pic nic
soit prêt à consommer. Pour notre part, nous avons dégusté du blé d'inde
cuit dans de grosses poches déposées dans l'eau bouillonnante
(photos à suivre).  Nous nous sommes baignés dans les bains naturels
d'eau chaude sulfureuse en PM puis sommes allés à des chutes pour finir
dans un endroit splendide appelé Mosteiros pour son fameux rocher que la
mer, avec le temps, a grugé et façonné en forme de Monastère.   A moins
que ceci ne date de l'éruptionvolcanique d'il y a 50 ans.  Nous nous
sommes arrêtés à la mer jouer pour dans les vagues et la sable noir
(dont nous avons prélevé une petite quantité pour s'improviser un four
à pain maison pour le bateau, qui ne devrait pas coller, du moins nous
l'espérons.  Nous avons terminé la journée par un petit souper au resto
et une bonne douche. Une des particularités des Açores est le fait que
tous leurs terrains, terres et routes sont bordés de fleurs mauves
appelées Hortensias.  C'est vraiment magnifique et brillant comme idée
pour délimiter les terrains.  Anne adore tellement ces fleurs, que je
l'ai rebaptisé Hortense (en prenant soin de bien rrrrouler le R).  Ca
l'aide à se rappeler du nom de ces fameuses fleurs qu'elle affectionne
tant et moi ça me fait un nom de plus pour l'interpeller.  Quand c'est
pas Hortense, c'est autre chose…. genre Geartrude ou autre.  J'en ai
toute une collection à mon actif.  Ceux qui me connaissent savent que
le quétaine ça me connait.  Cruising Bar avec Gerard et Gertrude c'est
le film tout indiqué pour contenter ma passion.  Du quétaine à son meilleur!

Le lendemain après, le plein d'eau et d'essence, un dernier saut au marché
de fruits et légumes, quelques emplettes et maintenance dont l'installation
d'une trinquette (voile) par Pierre nous étions fin près pour un autre départ. 
Evidemment nous avons également pris soin de se payer la crème glacée
traditionnelle d'avant départ.  Suite à notre départ, malgré le peu de
vent, la houle est de la partie et nous avons tôt fait de perdre deux
moussaillons (Catherine et Antoine) mais après une bonne nuit
de sommeil, ils sont remis.

Cette fois-ci, pour cette partie de la traversée, nous avons élaboré un
tableau des tâches pour éviter les grincements de dents entre les enfants
à savoir qui aurait l'honneur de participer à la préparation des repas
(les points forts de nos journées).  Ainsi à chaque jour nous avons un
heureux élu comme aide-cuisinier, un pour mettre et desservir la table
et un pour aider à la vaisselle.  De même, nous avons un préposé au
'can crusher' pour écraser les canettes vides, un responsable de faire du
jus, un qui fait le balai et l'autre qui fait le remplissage des
rafraîchissements dans le frigo quand les 'stocks baissent.  Plus
de chicane!  Et le dimanche est une journée bonus!  Les tâches sont
déterminées par un tirage au sort.

Aujourd'hui les hommes ont fait de la maintenance en s'affairant à
défaire et graisser les différents roulements à billes des chariots
et poulies des voiles.  Pierre s'est même fait un petit lavage. 
Comme tout homme qui se respecte, il avait évidemment enfilé sa belle
chemise blanche pour jouer dans la graisse et dans le moteur.  Quelle
ne fut pas sa surprise de voir à la fin de la PM que sa chemise était
noire d'huile et de graisse.  Qu'à cela ne tienne!  Aux grands maux les
grands moyens, il a lavé sa chemise avec rien de moins qu'une laine
d'acier qu'on se sert pour frotter le fond des chaudrons.  Il semblait
assez fier du résultat.  Nous n'avons pas encore prouvé si c'est
strictement la tache ou si la fibre de tissu de la chemise est venue
avec mais il reste qu'on peut indéniablement dire qu'il s'est débarrassé
des taches sur sa chemise.  Cré Pierre!  Puis il a pris une petite
douche, sur la quille arrière, sous les yeux curieux des dauphins qui
l'épiaient, dit-il.  Je ne savais pas Pierre aussi pudique mais il a
semblé un peu gêné de cette intrusion. Anne et moi nous sommes payées
le luxe d'un petit bain de soleil sur les trampolines cet PM.  J'avais
oublié le bonheur de s'offrir la douceur de lire un roman, juste pour soi. 
Quelle évasion!  Avec un  pilote automatique ça aide grandement, quelle
belle invention!  Parlant du pilote automatique, nous travaillons
actuellement à lui trouver un nom.  Nous avons Edwidge, Henri et Victor
dans la course, mais personnellement je penche pour Victor car je
trouve que ce nom colle bien au poste de chauffeur.
Mardi 05 août, Port de Ponta Delgada,
Sao Miguel, Açores Bon je dois
reprendre ma plume et remettre à jour nos péripéties des
derniers jours. Nous sommes arrivés à Ponta Delgada
         vendredi le 1 août vers l'heure du souper. 
    
Nous avons eu droit ce soir-là une belle musique d'ambiance locale.  Antoine
la chante merveilleusement bien.

Le lendemain matin , ça s'appelait où peut-on faire son lavage?  Pierre et
Anne sont partis en expédition avec leur poche de lavage sur le dos et nous
nous sommes restés ici nous servant de notre super laveuse (il faut bien qu'
elle serve).  Ensuite Anne et moi sommes allés faire des emplettes au marché. 
Nous avions l'air à deux enfants quand on est tombées sur le comptoir à pain. 
Ca devait être drôle car un monsieur qui passait par-là est parti à rire.  A
croire qu'on a manqué de pain pendant la traversée.  A notre retour, René disait
qu'on a acheté plus de pain pour deux jours que pour la traversée des 17 derniers
jours.  Mais hormis le pain, Anne et moi sommes particulièrement fières de
nos calculs.  Nous n'avons manqué de rien.  A part les fruits et légumes,
pain et beurre, nous avions encore amplement de nourriture.  Il nous reste
de la viande au congélateur et nous avions encore de larges réserves d'eau
potable et de diésel.  Nous avons une très bonne autonomie.

 On en a aussi profité pour sortir le spi déchiré et trempé de notre dernière
aventure.  René l'a rincé à l'eau douce et on l'a suspendu pour le faire sécher. 
Nous avons fait de même avec tous nos habits de pluie. On a eu tôt fait de
réaliser que tout ce qui se retrouve éclaboussé d'eau de mer ne sèche plus
après, du moins pas avant d'avoir été rincé à l'eau douce.  En effet, l'eau
de mer, à cause du sel, laisse des gouttelettes  qui ne sèchent plus ainsi
qu'une pellicule grasse sur tout.  Ca fait de très beaux cheveux d'ailleurs… 
Parlant d'eau de mer, pour répondre à  la question de Clémence et André,
c'est bel et bien dans le milieu de l'océan que l'on s'est arrêtés pour se
baigner à l'occasion.  On choisit des journées où la mer est calme, on se
fait un petit périmètre de corde à l'arrière du bateau.  Les enfants portent
leur veste de sauvetage et doivent rester à l'intérieur de ce périmètre afin
de ne pas se laisser emporter par le courant.  Ils aiment aussi beaucoup
aller jouer sous le bateau entre les deux quilles.

Le lendemain de notre arrivée à Ponta Delgada, j'ai demandé à René de sortir
notre petit bateau, qu'il avait acheté à l'exposition de bateau de Toronto
l'hiver dernier, pour que les enfants puissent s'amuser dans les limites de
la marina.  Ils ont vite fait d'inviter les enfants de Malik à leur jeu et
ce fut un après-midi rempli de plaisir.  Les enfants se sont faits avertir
par les autorités de la marina car la règle est claire, pas le droit de se
baigner dans la marina.  Mettons que les parents
étaient au courant mais les enfants avaient tellement de plaisir!  

Puis, le 3 août, nous sommes allés sur une excursion d'une journée, une
gracieuseté des Açores.  Ce fut une superbe journée.  Un tour de l'île par
autobus, marqué d'arrêts dans une plantation (serres) d'ananas et divers
endroits avec vue panoramique sur des lacs et autres paysages superbes. 
Nous avons aussi eu droit à un dîner succulent où le vin coulait à flots.  

Hier ce fut une journée de maintenance.  Pierre est parti en ville la journée
entière durant car il avait pour mission, en tant qu'électricien, de patenter
un système de conversion électrique pour faire le pont entre le système
européen et le système du 120 volts Nord américain.  Bravo! Mission accomplie. 
Chemin faisant il a même assisté à des funérailles portugaises question de se
reposer les jambes un peu car il a marché pas moins de 10 km.  Nous croyons
bien que le coffre fait par Pierre sera l'envie de tous sur les quais lors de
notre traversée.  Nous en avons profité pour faire l'entretien du bateau pour
nous préparer à notre prochaine traversée.  Nous avons passé le bateau au
peigne fin,  passé la balayeuse partout, nettoyé les planchers, salle de bain,
cuisine, vidé les calles et épongé l'eau qui s'était infiltrée durant notre
traversée.  Nous offrions toute qu'une vue, avec les draps, les sleepings de
polar, les tapis et j'en passe, le tout étendu sur chaque espace disponible sur
le pont du bateau pour les sécher et les aérer.  Malheureusement, nous n'avons
pas pris de photos de cette belle étenderie mais ne vous en faîtes pas, ça ne
sera certainement pas notre dernière expérience du genre.  Pendant ce temps,
René a réparé une lumière de navigation qui avait rendu l'âme, resserré une vis
sur l'indicateur de vent en haut du mât et finalement installé une chaise
suspendue à la drisse du genois qui nous permet de nous balancer tranquillement
au gré des vents sur le devant du catamaran.   Pour couronner le tout, juste au
moment où nous avions déclaré en avoir assez fait pour la journée,  en allant
pêcher notre souper au fond du frigo/congélateur,  je n'ai pu faire autrement
que faire le grand ménage du frigo.  Je suis plongé au fond du 'tub' comme en
témoigne la photo, on ne pouvait pas passe le bateau dans la laveuse
comme dit Anne) sans que le frigo y passe.

Les enfants ont beaucoup de plaisir à se faufiler entre les barreaux des barrières
de la marina n'ayant pas toujours de clé pour y accéder.  Ils savent exactement
quels barreaux sont assez larges pour laisser passer leur tête.  Ils se sont
baignés dans la piscine naturelle d'eau salée de la marina.  Ils ont même vu
des poissons dans l'eau.  Parlant de poisson, nos jeunes ont pratiqué la pêche
avec les amis portugais qu'ils se sont faits sur notre quai.  Ils ont bien dû
attraper une trentaine de mini poissons, que Nicolas a enligné avec soin sur
le quai par ordre de grandeur.  La journée s'est terminée par une soirée cinéma
avec pop corn en compagnie des enfants de Malik que les enfants avaient invités
sur le bateau.