Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Août 2009
 

 

Mardi  25 août , Bora-Bora
Baignade avec les baleines à bosse

25 août  09
Maupiti, Polynésie française

Après notre départ de Bora Bora, nous avons atteint Maupiti sur l'heure du dîner

après une petite navigation d'à peine 40 miles.  Nous avons franchi sans anicroche

l'unique passe de Maupiti, soit la passe Onoiau, réputée dangereuse pour la navigation. 

Il y a du courant c'est vrai mais à cette heure du jour il était à son plus faible

2 noeuds dans le pif).  Nous sommes immédiatement tombés sous le charme de ce lagon

peu profond aux eaux turquoises,  entourant l'île principale et couronné de petits

motus ( petits islets) bordés de plages de sable blanc.  Véritable oasis de paix,

on comprend facilement pourquoi les habitants de Bora Bora, Raiatea et Tahiti viennent

s'y détendre le temps d'un weekend.  Le guide Lonely Planet dit :  'A Bora Bora les

paillettes,  à Maupiti le charme et la séduction sans fard'. Cette description est

très juste.  En 2005, à l'occasion d'un référendum, les habitants avaient dit non aux

sirènes de l'argent facile en rejetant un projet de construction d'une structure

hôtelière comme on en voit partout à Bora Bora.  Ils ont ainsi su conserver leur

authenticité et la culture de la pastèque sur les motus, demeure l'une des principales

sources de revenu.

Au cours de notre escale ici nous avons fait pas mal d'école mais nous avons aussi fait

deux belles randonnées.  Nous sommes allés faire l'ascension du Teurafaatui (380 m),

point culminant de l'île,  après les classes du matin.  Une petite balade d'à peine 5

heures et demi, question de se dégourdir les jambes un peu. La vue d'en haut était

absolument féérique.  On y voyait chaque petit détail du lagon, dont la passe d'entrée,

Bora-Bora, Tahaa et Raiatea.   Le guide  dit de cette montagne: 'Ne peut être entrepris

que par des personnes entraînées et non sujettes au vertige.  Certains passages

particulièrement abrupts, relèvent plus de la varappe que de la randonnée. La présence

d'un guide est recommandée.'  Bon bon, ils en mettent un peu mais les enfants semblaient

abonder dans le sens du guide!!  Ho well, un peu de marche ne les fera pas mourir. 

D'autant plus que nous sommes revenus avec des bananes et un fruit de l'arbre à pain

'uru' (tombé aux abords de la route) avec lequel on s'est fait de succulentes frites.

Un 'uru' aura servi à nourrir une famille de six.  Nous n'avons mangé que des frites pour

souper, le tout accompagné d'une mayonnaise maison style Aioli que j'avais faite.  Ca

nous sortait littéralement par les oreilles à la fin.  Ouf c'est que ça nourrit ces

fruits à pain!

Le lendemain, nous avons attiré les enfants dans une autre idée de randonnée mais à vélo

cette fois.  L'idée s'est vendue sans aucune difficulté.  Congé d'école et balade à vélo,

tu parles!!  Les enfants étaient fous de joie à l'idée d'enfourcher un vélo.  Notre petit

Antoine, qui avait un peu perdu le tour du vélo, s'est armé de patience et de courage et

malgré plusieurs plonges spectaculaires, quelques grincements de dents et écorchures aux

genoux, est passé maître dans l'art de monter à vélo.  Un dur à cuire notre Antoine! 

La circulation étant comment dire . assez tranquille,  nous avions pour ainsi dire une

voie complète de la route à nous seuls.   Le tour de l'île faisant tout juste 10 km,

c'était idéal comme distance.  Nous nous sommes arrêtés à la plage (la pointe Tereia)

pour dîner, une plage magnifique.  Le lagon est si peu profond à cet endroit que nous avons

traversé à pied pour se rendre au motu Auira juste en face.  Les seuls touristes rencontrés

étaient tous des Italiens en vacances sur des catamarans de location (charters).  

A part ça notre séjour aura servi à débarrasser la coque de ses algues et parasites.  Nous

avons passé de longues heures sous l'eau à frotter la coque, équipés de notre compresseur

à air.  Mais le plus difficile dans tout ça c'était de se débarrasser, à notre sortie de

l'eau, des centaines voire milliers de .. puces de mer (espèces de mini crevettes ou vers

dégueus). agglutinés par centaines dans nos cheveux, habits de plongée, maillots de bain et

tout.  Cas saletés collent à la peau sur tout le corps et dans tous les racoins et te

grignotent tout doucement!  Ha les joies du bateau, 'Pour le meilleur et pour le pire'!

Nous avons quitté Maupiti  vers midi pour une navigation de 24 heures vers Maupihaa (Mopélia)

à 100 miles nautiques à l'ouest de Maupiti.  On commence à prendre goût à ce nouveau rythme. 

Par le passé nous ne serions jamais restés aussi longtemps à un endroit. Nous avons jeté

l'ancre dans ce lagon de Maupiti et comme on s'y plaisait, on ne se décidait plus à partir. 

Nous attendions le vent mais nous avons finalement dû nous résoudre à quitter.   Nous

n'avions pas sitôt franchi la passe qu'il nous a semblé apercevoir une baleine au loin. 

Nous venions d'ailleurs de lire, hier,  un courriel de Lucey Blue qui disait qu'ils avaient

eu la chance de voir et même de nager avec des baleines à bosse.  Wow quelle chance ils

avaient eue!  Et bien il faut croire que la chance a tourné pour nous aussi car les baleines

se sont mises à s'amuser à sortir tout autour de nous.  Inutile de dire que nous avons

immédiatement coupé les moteurs.  Nous avions peine à y croire.  Trois énormes baleines à

bosse qui s'amusaient à nager à la surface de l'eau, à lancer des jets d'eau,  à se pavaner

et à nous montrer leur belle queue.  A un moment, l'une des baleines a pointé la tête hors

de l'eau!  Je n'en croyais tout simplement pas mes yeux.  La tête au complet hors de l'eau,

puis elle a flappé une nageoire hors de l'eau aussi.  Je ne croyais pas avoir cette chance

un jour, j'étais subjuguée. Voir de ses propres yeux un spectacle aussi majestueux, tout

juste à quelques pieds de nous!  Comme les baleines ne partaient pas et continuaient de

nager à proximité, nous ne nous décidions pas à virer de bord.  La salade du chef que les

enfants et moi venions de préparer pouvait bien attendre.  En deux temps trois mouvements, 

nous avons retiré nos vêtements, enfilé notre masque et tuba et nous sommes plongés à l'eau. 

Les baleines étaient juste là en dessous!!!!  A 3 ou 4 pieds de nous à peine!!!  C'était à

couper le souffle, nous étions là à nager autour d'elles, à les regarder monter à la surface

et redescendre, à se retourner pour nous montrer leur belle grosse bedaine blanche!  Quand

je repense à ce moment magique j'ai encore peine à y croire.  En voir c'est une chose mais

jamais dans ma vie j'aurais pensé nager avec des baleines à bosse.  On se rappellera longtemps

de cette expérience inoubliable.

 En fin de PM nous avons franchi un endroit en mer où le fond passait de 10 000  à 800

pieds de profondeur.  Puis brusquement, sans avertissement, le capitaine a changé de cap et

s'est mis à pourchasser les bancs d'oiseaux.  Incrédule, je suis descendue à la cuisine pour

commencer à préparer le souper quand tout-à-coup. nous avons entendu le capitaine  nous crier

quelque chose que nous n'avions pas entend depuis fort longtemps.  FISH!!!!!!  Branle-bas de

combat, tous les moussaillons sont accourus à leur poste et nous avons remonté une belle

petite bonite à ventre rayé.  Quelle joie!  Changement de programme, la cuisinière a vite

rangé son couscous pour acquiescer à la demande générale, des sushis!    Puis un autre cri

a retenti mais cette fois BIG FISH!!!!!!!!!!  Malheureusement celui-là il s'est décroché,

il était peut-être un peu gros car nous avons eu une troisième touche après, celle-ci un

peu plus raisonnable et il s'agissait tout de même d'une bonite faisant 25 lbs.  Devant

autant de poisson, nous avons rentré les lignes, un peu à contrecoeur mais bon, il ne faut

pas trop abuser des bonnes choses.  Ces poissons ont souvent l'abdomen et le foie infestés

de vers blancs, et comme c'était effectivement le cas et que nous allions manger le poisson

cru en sushis, nous avons pris garde de ne conserver que la partie non parasitée du dos. 

On voit très bien les parasites à l'oeil nu et on les voyait d'autant plus sur notre bonite

de 25 lbs.  Bref, un peu de pertes mais le frigo est quand même plein à craquer.  La cuisinière

sera occupée demain!  Espérons que nous trouverons des amis à Mopélia, notre dernier arrêt

en Polynésie française.  Selon ce qu'on nous en dit, Mopélia est une petite île qui ne

compte que quatre habitants.  Nous avons bien hâte de voir l'endroit.  Il est 4h00 AM, je

présume que le capitaine prendra bientôt la relève, son alarme a sonné il y a trente minutes. 

Oups, il n'a pas dû l'entendre.  Sur ce,  je vais aller soigner mon herbe à puces, petit

souvenir que nous rapportons de Maupiti.  On s'en serait passé.  René était parti explorer

un motu en dinghy avec les enfants et à son retour, des plaques se sont mises à apparaître

sur ses bras.  Evidemment, cette peste m'a contaminée aussi mais fort heureusement les

enfants sont épargnés pour le moment.  Croisons les doigts qu'ils ne l'attrapent pas, ce

ne serait pas jojo sur le bateau.


Mercredi  19 août , Bora-Bora
Bora Bora
19 août  09
Bora Bora, Polynésie française
Bora Bora!!!  Tant d'années à rêver à cet endroit exotique!  C'était un autre de

nos rêves d'y venir, sauf qu'au départ, René devait réaliser ce rêve de toujours,

en compagnie de son frère Vincent.  Ho well, une autre fois peut-être Vince!

Nous y sommes arrivés il y a une semaine pour y retrouver Jacques d'Alexandre IV. 

Ce dernier a alors rempli une vieille promesse faite aux enfants, soit de les

inviter à coucher sur son bateau.  Ainsi en PM, il est venu kidnapper les enfants,

ils sont allés se louer des films en ville et ils ont passé un 'sleepover' de rêve. 

Crème glacée, burgers, poutine, crêpes pour le petit déjeûner et un total de 4

films visionnés.  Pendant ce temps, René et moi en avons profité pour nous payer un

souper dans un restaurant réputé de Bora Bora, le Bloody Mary's, où bien des

célébrités sont passées depuis son ouverture en 1979.  Il n'y a pas de menu dans

ce restaurant, les viandes et poissons sont étalés sur un lit de glace et tu n'as

qu'à sélectionner ce qui te fait envie.  Devant tant de variété toutes aussi

alléchantes les unes que les autres, le choix est difficile.  Notre choix s'est

finalement arrêté sur une belle pièce de marlin, et une d'espadon et en guise d'entrée,

des calmars tendres comme on n'en avait jamais mangés.  La cuisson sur le gril était,

on ne peut plus parfaite.  Bref un repas exquis, assis sur un petit tabouret en tronc

de cocotier, les pieds dans le sable dans un restaurant des plus exotiques.  Merci Jacques! 

Bora Bora est perçue comme 'La perle du Pacifique' par bon nombre de voyagistes du monde

entier.  Le nom de Bora Bora qui pourrait se traduire par 'premier-né' laisse penser

qu'elle fut l'île la plus importante après l'île sacrée de Raiatea.  Hiro, premier

roi légendaire de Raiatea aurait d'ailleurs envoyé son fils Ohatatama gouverner Bora Bora. 

Savoir ceci nous fait d'autant plus apprécier notre visite de Raiatea, deuxième île

d'importance de l'archipel de la société après Tahiti.  Raiatea avec ses paysages sauvages

a su conserver tout son charme en restant un peu à l'écart des principaux flux touristiques. 

Elle a joué un rôle symbolique capital dans la mythologie polynésienne avec son marae

Taputapuatea de renommée internationale au sein du monde maori.  Les chefs 'arii'

originaires des autres îles de la Société, des Australes, des îles Cook et voire même

de Nouvelle-Zélande, venaient prendre part à des cérémonies d'intronisation et autre

sur ce marae.  Nous sommes très reconnaissants envers Eric et Catherine de nous avoir

fait visiter l'île et plus spécifiquement ce site archéologique pour lequel ils nous

ont restitué toute la dimension culturelle.  De notre côté, nous leur avons partagé

une partie de notre culture culinaire québécoise en leur faisant goûter nos fameux

grands-pères au sirop d'érable.  Ils ont bien aimé ce qui me porte à croire que notre

copain Michel de Samba, avec sa dent sucrée, aurait bien aimé aussi!

Donc. de retour à nos moutons. Bora Bora.   Il n'y a pas à dire, les eaux de cet endroit

sont d'un bleu turquoise à faire rêver. Les rives de cette île sont bordées de bungalows

sur pilotis à perte de vue.  Malheureusement, Bora Bora,  à la réputation un peu surfaite,

s'est laissé envahir par l'engouement de ces multiples constructions hôtelières et les

prix ont monté en flèche.  Il peut en coûter la modique somme de 1000$ la nuit pour

dormir dans un de ces magnifiques bungalows et manger peut coûter jusqu'à 500$ par jour. 

Ca fait cher un peu pour des vacances! Résultat. les hôtels sont déserts, ça fait pitié

à voir mais tant qu'ils n'accepteront pas de majorer leurs prix à la baisse, j'ai bien

peur que leur bassin touristique se limitera aux touristes chinois et italiens qui semblent

majoritaires pour l'instant.  Le nombre de visiteurs annuels pour l'ensemble de la Polynésie

se chiffre apparemment autour de 180000 touristes.  De ce chiffre, environ 1% sont des

plaisanciers.  Je ne sais pas toutefois  si ça inclut les bateaux 'charters' de location

car les eaux par ici, regorgent de catamarans de location de trois compagnies différentes

soit Sunsail, Tahiti Yacht Charter et Moorings.  Il n'est pas rare d'arriver dans un mouillage

où 9 bateaux sur 10 sont des 'charters' alors je dirais que 80% des plaisanciers du secteur

des îles de Bora Bora sont en fait des locations, dans la période où nous nous y trouvons

du moins.

Lors de notre séjour à Bora Bora, nous avons fait quatre mouillages, soit la pointe Matira,

deux ancrages de la pointe sud-est de l'île où nous avons rencontré le bateau français Graine

d'Etoile et finalement le Bora Bora Yacht Club.  A la pointe Matira, nous avons plongé à

proximité de scaphandriers et c'est là qu'était notre fameux restaurant Bloody Mary's. 

Puis nous avons rencontré 'Graine d'Étoile', soit Michel, Anne-Gaëlle et leur deux filles

Gaia (6 ans) et Lilou (8 ans) avec qui nous avons passé environ une semaine au cours de

laquelle nous nous sommes voisinés un peu, les enfants ont joué ensemble, nous avons fait

des plongées, des échanges de livres, bref du bon temps.  Puis lors de notre passage au

Bora Bora Yacht Club, nous avons fait nos dernières emplettes, un peu d'internet, un

plein d'essence et de diésel.  René est finalement à jour sur nos milliers de photos,

ouf tout un travail ces photos!  Aussi nous nous sommes fait un BBQ que le restaurant

laisse gracieusement à la disposition des plaisanciers les lundis soirs, nous permettant

même de nous asseoir sur leur magnifique terrasse vue la température un peu incertaine ce

soir-là. Lors de notre dernière journée, nous sommes allés, avec Graine d'Etoile,  faire

une petite excursion dans un sentier menant à des canons de défense côtière de la Seconde

Guerre mondiale offrant une belle vue sur la baie et le lagon.  A notre retour Wasabi et

Gallivanter étaient arrivés, alors nous nous sommes tous retrouvés sur Cat Mousses avec

Alexandre IV pour un petit cocktail.  Nous étions bien heureux de nous revoir et plus

spécialement Gypsy le perroquet, de retrouver son Daddy bien-aimé.  

Fidèles à eux-même, Isabelle et Brian, avaient les bras chargés de présents de toutes

sortes.  Nous qui prenions Gypsy pour notre plaisir personnel.  Ils nous ont fait cadeau,

entre autre,  de nourriture qu'ils avaient, apparemment achetée en trop lors de leur

réapprovisionnement à Panama.  Chose certaine ça ne se perdra pas sur Cat Mousses. 

Isabelle continue de me léguer sa garde-robe de top modèle, contribuant ainsi à changer

mon look 'Sports' pour un look plussss 'femininnnn' comme je me plais à dire!  Je ne m'en

plains pas! Et en plus, ils ont offert aux enfants le cadeau de leurs rêves,  je n'ose

même pas dire quoi tant nous étions gênés!  En tout cas, ils sont tombés dans le mille! 

Les retrouvailles auront malheureusement été très brèves car dès 06h00 nous avons levé

l'ancre ce matin mais nous nous retrouverons bientôt c'est certain.  Pour notre part, nous

nous dirigeons vers Maupiti,  à 40 km à l'ouest de Bora Bora, que nous devrions atteindre

sur l'heure du midi.  La passe pour pénétrer dans ce lagon est réputée pour être assez

étroite et capricieuse alors nous sommes bien heureux que le vent se soit calmé.  La mer

étant pratiquement d'huile ce matin,  nous aurons toutes les conditions idéales pour une

entrée facile puisqu'en plus le soleil étant à son plus haut le midi, nous aurons aussi

un bon éclairage.

A part ça les classes se poursuivent, elles ont repris de plus bel depuis quelques semaines

et nous sommes bien heureux de pouvoir travailler avec du matériel différent, soit des livres

offerts par Thérèse à Raiatea et d'autres offerts par Graine d'Etoile.  Ca fait changement. 

Notre petit Antoine commence d'ailleurs à nous surprendre avec la panoplie de sons et de mots

qu'il arrive maintenant à lire.  Sur ce je termine mon récit pour aller me remettre à jour

sur mes courriels.


Dimanche  09 août , Thaiti



Tahiti
4 août  09
Tahiti, Polynésie française

Un mois déjà que je n'ai pas écrit.  C'est fou ce que le temps passe vite. Évidemment
il en va de  même pour les courriels pour lesquels j'accuse également un sérieux retard,
mais comme on dit, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Finalement Tahiti ne nous
aura pas déçu, nos objectifs ont été atteints côté réparations mais nous avons également
réussi à trouver un juste milieu pour s'amuser et faire des rencontres toutes aussi
intéressantes les unes que les autres.  Pour ceux qui s'inquiéteraient du fait que les
enfants se sentent seuls et sans amis en bateau, je puis vous assurer que c'est tout-à-fait
le contraire.  Par moment on a du mal à trouver le temps de faire l'école tant il y a d'amis
et d'activités au programme depuis quelques temps.  On profite de chaque instant passé
entre amis ça c'est certain.  Dans le dernier mois les cocktails, soupers, sleepovers  et
invitations de toutes sortes se sont succédés à un rythme infernal.  Mais au-delà de tout
ce social et temps passé avec les copains, nous avons malgré tout accompli tout plein de
travaux reliés au bateau.  En effet, nous avons maintenant un nouveau désalinateur d'eau
nous permettant de produire 31 litres/hr versus le maigre 1.5 litre/hr que nous parvenions
à faire avec notre ancienne installation.  Tout un changement!!! Merci à notre copain
français, Christian Margollé, ce représentant qui nous a vendu la machine et nous en a
fait l'installation gratuite pendant près de trois jours malgré son horaire déjà fort
chargé.  Egalement, les pompes de nos deux moteurs ont été reconditionnées et  nous avons
finalement réussi à trouver le bon diamètre de chaîne pour l'ancre, ce qui fait que le
guindeau électrique ne se coince plus à chaque maillon de chaîne lorsqu'on fait les
manoeuvres de mouillage.  L'époxy a été refaite pour remettre le réservoir à eau en place
car la première réparation n'avait pas réussie.  Quelques-uns des capots (hatchs) ont été
rescellés afin que l'eau ne s'infiltre plus en grosse mer lorsque l'eau balayait le pont.
Nous avons aussi réussi à trouver le problème sur le frigo qui commençait à démontrer des
signes de faiblesses et ne gardait plus son froid.  Grâce à Gilles, notre réparateur Maytag,
notre frigo travaille maintenant comme une petite merveille, fiou! Un autre problème de
réglé. Finalement, visite chez le dentiste pour une petite carie pour moi, visite chez
le coiffeur pour les enfants, réapprovisionnement majeur en nourriture avant notre prochaine
grande destination (Nouvelle-Zélande), visites au  marché municipal de Papeete pour
l'artisanat et les fruits/légumes et j'en passe.  Je ne vous dit pas à quel point c'était
pour nous la fête lors de notre première visite au Carrefour le jour de notre arrivée à
Tahiti.  Nous avons épluché les allées une à une, regardant chaque livre, chaque film et
chaque CD de musique afin de nous remettre à jour sur les nouveautés de l'heure.

La beauté dans tout ça, c'est que nous étions en plein dans les festivités du Heiva de
Tahiti qui durent tout le mois de juillet.  Ainsi nous avons eu la chance de voir des
démonstrations de lever de la pierre, lancer du javelot, grimpage de cocotiers, course
des porteurs de fruits et autres, toutes des activités traditionnelles hautes en couleurs. 
Nous avons un soir assisté à un spectacle de danse et chants traditionnels en compagnie
de Lucey Blue, Alexandre IV et Wasabi, seuls Catherine et Amanda nous accompagnaient,
nous avions laissé les garçons sur Cat Mousses.  Nous sommes d'abord passés prendre un
petit souper à la bonne franquette dans une des célèbres 'roulottes' qui longent le
front de mer pour ensuite aller assister à ce fameux spectacle de danse que nous attendions
avec tant d'impatience et pour lequel les habitants de toutes les îles de la Polynnésie
française s'entraînent depuis plusieurs mois.  Nous avons été  renversés par la qualité
du groupe de danse O Tahiti E.
Le rythme enflammé, enivrant, l'ambiance, les costumes aux couleurs vives, les fleurs
odorantes, c'était un spectacle à couper le souffle.  

Nous avons aussi fait une excursion de deux jours en montagne à faire  l'ascension du Mont
Aorai avec Lucey Blue.  Nous avons préparé un petit 'kit' de base avec nourriture et
liquides pour deux jours en montagne.  Chaque enfant avait son propre sac à dos avec son
sac de couchage, vêtements et eau.  René, avec ses talents innés de négociateur nous a
obtenu un transport par l'entremise de la gendarmerie du village qui nous ont emmené
jusqu'au Belvédère, soit le point de départ, via une 'prétendue patrouille routière'. 
De là, nous sommes montés avec les enfants jusqu'au premier refuge (fare mato) à une
altitude de 1400 mètres.  Il nous en a pris environ 2h30 de marche avec nos boucs des
montagnes (les enfants) en tête de marche.  Le refuge offrait une base de lit à deux
étages en bois (sans matelas) pouvant coucher une douzaine de personnes.  Plusieurs
carreaux manquaient aux fenêtres, ce qui nous aura procuré certains courants d'air un
peu frisquets tout au long de la nuit mais ce petit périple de 'hiking' nous aura
grandement plu aux petits comme aux grands.  La vue magnifique dont nous avons pu jouir
au sommet, dont la vue de Moorea comme toile de fond,  a grandement récompensé les
efforts de tous.

Puis, pour la fête d'Amanda,  nous avons rallié Moorea,  l'île soeur de Tahiti, deuxième
île la plus visitée de la Polynésie française, située à moins de 20 miles de distance
de Tahiti.  Ainsi, Amanda a célébré son anniversaire selon son désir, à Moorea,  sur
le bord de la plage avec ses amis, dont Catherine.  Ce matin-là nous avions fait une
sortie de snorkeling au cours de laquelle nous avons plongé avec les raies et les requins
à pointes noires.  Les raies nous grimpaient littéralement dessus pour venir manger le
poisson que nous tenions dans nos mains, nous aspirant parfois les doigts ce faisant. 
Elles se laissaient caresser allègrement,   le ventre blanc est tout doux, Thomas était
subjugué. 

Nous sommes ensuite revenus une deuxième fois vers Tahiti afin de terminer nos travaux,
remplacer la bande pare-soleil sur le genois et voir si nos trois colis encore manquants
étaient enfin arrivés et quelle ne fut pas notre surprise de voir apparaître le trimaran
jaune Samba que nous avions rencontré dans les Marquises quelques temps auparavant. 
Thomas était aux anges de voir rappliquer son ami Mako (10 ans) et sa sour Diane de
16 ans. De notre côté nous nous sommes liés d'amitié avec Michel et Annie, les parents. 
Cette famille a toujours vécu sur l'eau puisqu'ils naviguent depuis 20 ans. Ils ont
eux-mêmes construit leur trimaran il y a 10 ans. Une fois notre deuxième blitz de
travaux terminés, nous sommes partis en compagnie de Samba en direction de Raiatea. 
Nous nous sommes d'abord arrêtés à Moorea pour plonger avec les raies puis, après un
petit cocktail sur Samba, nous avons poursuivi notre route vers Raiatea.  Thomas et
Nicolas ont rallié l'équipage de Samba pour cette traversée et Nicolas est revenu
grandement impressionné par les vitesses de 13 noeuds atteintes par Samba au cours de
cette navigation.  Nicolas a aussi beaucoup aimé un certain après-midi où Michel a
sorti son mini-catamaran.  Il est vraiment de plus en plus évident que Nicolas possède
la fibre et l'étoffe d'un futur navigateur, il a un talent naturel pour la voile, on
voit qu'il sent le vent, il l'a dans le pif comme on dit en bon français, il a vraiment
une intuition marquée.  Il passe ses journées à improviser des voiles ou fabriquer des
voiliers.  Il n'est peut-être pas très heureux quand vient le moment de faire l'école
mais pour le reste,  on voit aisément que c'est notre passionné de la voile.

J'allais oublier au risque d'être un peu décousue, il faut mentionner que nous avons
actuellement un visiteur,  soit un nouveau membre, comme équipage de passage sur
Cat Moussses : Gypsy, le perroquet de Wasabi qu'ils viendront chercher à Bora Bora, une
fois revenus de leur petit voyage au Canada/Etats-Unis.  Gypsy souffre, semble-t-il,
d'une petite dépression passagère, la vie de navigateur ne lui convient pas et elle est
en train de se déplumer complètement.  Ils auraient bien voulu la ramener à la maison
mais comme c'était trop compliqué ils nous l'ont laissée.  Reste à espérer que nous
n'allons pas l'achever la pauvre car ce n'est pas spécialement calme sur Cat Mousses! 
Mais elle semble assez heureuse et elle a adopté le capitaine  comme maître intérimaire. 
Il fait ce qu'il veut avec elle, elle se frotte contre lui et ronronne pratiquement
lorsqu'il la prend, quant à nous, gare à celui qui approche un doigt.  C'est qu'elle
mord!  Thomas en sait quelque chose il y a pratiquement perdu un bout de doigt.

Nous sommes ensuite allés passer une journée à Tahaa, en emmenant Mako de Samba. 
Cet endroit est vraiment idyllique avec son hôtel sur petites maisons de pilotis
directement sur la mer aux eaux turquoises.  Nous y avons fait une sortie de snorkeling
fantastique.  Nous avons traversé l'île à pied puis nous nous sommes laissés descendre
dans le courant dans cette passe de corail aux eaux poissonneuses appelée jardin de
corail.  Cette plongée était sans doute la plus belle que nous ayons faite, nous avons
rarement vu autant de poissons dans de telles quantités et variétés.  Nous avons
même pu jouer avec une anémone de mer.  C'était vraiment magique de voir une faune
aquatique d'une telle richesse.  Nous aurions beaucoup aimé avoir Samba avec nous
lors de notre passage à Tahaa mais malheureusement ils avaient des amis à voir, des
travaux à faire et peu de temps sur les bras.  Ces derniers jours passés avec eux ont
tout de même été fort agréables bien que trop courts mais c'est la vie de navigateur. 
On forge des amitiés, les enfants se font de nouveaux copains et puis hop il faut se
séparer et dans certains cas les  séparations sont plus douloureuses que d'autres comme
ce fut le cas avec Samba que nous venions à peine de retrouver.  Thomas était fort
attaché à Mako car il a peu souvent la chance de se lier d'amitié avec des garçons de
son âge et entre Mako et lui, il y avait vraiment une belle complicité.  Mais c'est la
vie.  Alors que nous aurions voulu nous amuser davantage avec Samba, il était temps
pour eux de repartir car ils prennent une petite pause d'un an au cours de laquelle
ils s'établiront à Tahiti.  Les enfants intégrant l'école, il leur fallait aller faire
les inscriptions pour les classes qui débutent aussi tôt que le 12 août par ici.  Une
fois les adieux faits, Samba est reparti vers Tahiti et nous vers Huahine mais la
mauvaise température de cet après-midi là nous a forcé à tous les deux à rebrousser
chemin vers Raiatea.  Nous avons alors, un peu à regret, mis une croix sur Huahine et
décidé de miser sur les divers motus de Raiatea qui regorge de petits paradis. Nous a
vons fait la baie de Faaroa où nous avons remonté la rivière en dinghy pour nous
retrouver à visiter le jardin botanique.  Une fois à terre dans le jardin, nous avons
fait la rencontre d'un homme local fort aimable, prénommé James, qui nous a gentiment
adopté et s'est gracieusement improvisé notre guide.  Il a passé plusieurs heures
en notre compagnie nous partageant ses innombrables connaissances sur les plantes et
arbres fruitiers de toutes sortes.  Il nous a trimballé partout, nous offrant une
multitude de fruits dont un régime de bananes, limes, pommes étoiles, pomme golden,
noix de cocos et même deux belles gousses de vanille fraîchement cueillies.  Un
personnage franchement fort agréable mais le plus drôle dans tout ça c'est que nous
avons découvert à la fin de cette rencontre que James connaissait très bien Eric
dont il tenait d'ailleurs la plupart de ses connaissances.  Un autre bel exemple qui
prouve que le monde est petit.  Nous avons terminé cette belle journée sur le motu
de Iriru, un superbe petit motu propre et bien aménagé.  Rares sont les motus publics
et ce dernier en étant un, les gens peuvent aller y planter leur tente, y faire des
BBQ et des sorties en famille.  C'est à la fois ouvert au public tout en étant calme
et propre ce qui est bien car la plupart des motus sont habités par des locaux et
souvent, bien qu'une seule famille habite un motu, ces derniers n'apprécient pas
de se faire envahir par les touristes.  De notre côté, nous en avons profité pour
nous faire un petit feu en famille comme on les aime tant.  Nous nous sommes fait
griller des steaks et des guimauves puis avons fait des courses sur la plage avec
les enfants.  Un autre bel endroit où nous aurions tant aimé être avec Samba!

Lors de notre passage à Raiatea, nous avons reçu la visite surprise d'Eric,
sa femme Catherine et leur fille Thérèse, la famille Pellé.  Ces derniers nous
avaient été référés par l'entremise de Geneviève notre belle-soeur, dont Eric
est le cousin.  Ce dernier, sachant que nous étions de passage à Raiatea, est
venu à notre rencontre en kayak.  Ils ont passé, lui, sa femme et sa fille, la PM
avec nous sur le bateau puis nous ont invités à venir dans la petite baie juste
en face de leur maison, soit la baie de Vairahi.  Au cours de cette semaine passée
à Raiatea, entre nos petites visites faites sur les différents motus de l'endroit, 
nous somme revenus plusieurs fois dans cette petite baie.  Tant et si bien que
nous avons soupé une fois chez Eric , de leur côté ils ont soupé un soir sur
Cat Mousses, Thérèse est venue dormir sur Cat Mousses une nuit et finalement,
Eric étant guide touristique, ils nous ont trimballés une journée entière à
explorer cette île magnifique de 99 km de circonférence.  Inutile de dire que ce
fut encore une chance inouïe et une journée mémorable passée en bonne compagnie. 
Ce que les gens peuvent être généreux!  Ils nous ont fait cadeau de livres pour
Catherine, CD de jeux éducatifs pour les enfants, nous ont prêté des films et ont
poussé la bonté jusqu'à nous donner leur lecteur DVD. Les enfants se sont amusés
avec Thérèse et ses animaux, 3 chiens, 4 chats, 4 perruches et un cheval, Catherine
(la maman) m'a légué sa recette de pain ultra rapide et de gâteau au coco et elle
m'a aussi enseigné à faire la fougasse.  Ces gens sont très axés sur la nature
et l'environnement.  Lui est guide, elle fabrique de magnifique bijoux de toutes
sortes avec tout ce qui lui tombe sous la main dont des épines d'oursins, ossements,
perles et autres.  Elle peint et sculpte superbement aussi, une véritable artiste
quoi. Somme toute, je le dis et le redis, ce qui marque notre voyage ce sont au-dessus
de tout les rencontres que nous faisons.  Merci infiniment à Geneviève de nous avoir
permis de rencontrer son cousin et sa famille.

Sur ce assez de bla bla, je pense que ça fait pas mal le tour de ce que nous avons
vécu dans le dernier mois lors de notre passage sur Tahiti.  Demain matin nous
mettons le cap sur Bora Bora car il ne nous reste plus que 10 jours avant de quitter
ce magnifique paradis qu'est la Polynésie française. Nous avons repris les classes
sérieusement depuis une semaine.  Les enfants travaillent présentement sur un petit
projet de science nature et sont à cultiver tomates, persil, basilic et échalotes. 
Bref on ne manque pas d'occupations sur Cat Mousses.  Ce soir nous retrouverons
Jacques d'Alexandre IV qui se trouve dans la baie de Bora Bora là où nous nous
dirigeons.


Dimanche  09 août , Thaiti




Les Tuamotus
5 juillet  09
Tuamotus

J'ai un peu de retard à reprendre.  Au total nous  aurons fait un total de 4

arrêts dans les Toamotus qui sont décrits comme un chapelet de 77 atolls, délicats

anneaux coraliens à fleur d'eau.  Contrairement aux Marquises, le relief des Tuamotus

est complètement plat, tout juste à fleur d'eau, sans le moindre relief.  L'eau y

est d'un vert turquoise sublime.  La pêche et le coprah sont les activités

traditionnelles dominantes de la plupart de ces atolls où la vie est toute simple. 

Le quotidien est rythmé par la pêche, les travaux dans les fermes perlières ou les

cocoteraies, les offices religieux et les arrivées d'avions et de cargos. 

Heureusement pour cet endroit, la fragilité du milieu naturel et la rareté des

ressources en eau potable interdisant l'exploitation à grande échelle, les Tuamotus

ne ressembleront jamais à Bora Bora.

C'est avec joie que nous avons retrouvé, sur l'île de Fakarava, notre Catherine,

souriante et bronzée, belle comme un coeur, le 27 juin dernier.  Ses frères, qui, ne

s'étaient supposément pas ennuyés, en avaient long à lui raconter et elle de même.  

C'est Amanda qui était moins contente mais nous avons invité Lucey Blue à venir souper

à bord.  Chacun avait apporté son propre souper mais nous nous sommes occupés du

dessert, soit des gâteaux (muffins) aux bleuets préparés par les garçons ainsi

qu'une salade de fruits préparée par Nicolas. Fakarava c'est le deuxième atoll des

Tuamotus par sa superficie.  De forme grossièrement rectangulaire, sa couronne de

récif mesure 60 km de long sur 25 km de large et l'essentiel de sa population vit

dans le village de Rotoava là où nous nous trouvions.

Le lendemain, comme c'est la fête de Simon, le frère de 12 ans d'Amanda, René devient

chauffeur désigné pour la journée car bien que nous ayons un vieux Dinghy, son

moteur 25 forces est  très convoité pour faire des tours de 'wakeboard'.   Le

'wakeboard' c'est comme le ski nautique sur un monoski mais c'est plutôt une petite

planche de surf.  En PM c'est le gâteau et tous font voler leur plus beau cerf-volant,

un gigantesque requin dans notre cas que René avait acheté à Dubai.  Dans les

jours qui suivent, c'est la ronde des sleepovers pour les enfants et des cocktails

pour les adultes d'un bateau à l'autre.  Le 29 juin on se paye un petit resto avec

Alexandre IV pour le dîner. Le lendemain, Lucey Blue quitte mais nous laisse Amanda

pour deux jours et ce jour-là nous visitons enfin une ferme perlière où René me

convainc d'acheter un beau petit collier qui je l'avoue me va bien.  C'est une perle

noire sur un fil d'argent qui tombe juste dans le petit creux du cou. Nous profitons

aussi de cette journée pour faire quelques dernières petites emplettes et un dernier

réapprovisionnement en eau avant Tahiti.

Le 1 juillet, après  une navigation d'une journée que Catherine et Amanda ont trouvé

pas mal trop houleuse à leur goût (elles ont déjà perdu la main après tout ce temps

arrêté), nous arrivons à Toau, juste à temps pour célébrer le Canada Day.  A la demande

de Thomas, lui et moi avons préparé un gâteau (malgré les grosses vagues) que nous

avons décoré d'une magnifique feuille d'érable fabriquée à l'aide de petits bouts

de réglisse rouge.  Une véritable oeuvre d'art considérant la mer houleuse que nous

avions.  Ainsi c'est avec un feu sur la plage que nous avons célébré le Canada Day

en compagnie d'Alexandre IV, Lucey Blue et Vagabond Heart.  Josée avait elle aussi

préparé un gateau.  Nous avions tatoos et suçons du Canada pour les enfants, saucisson,

banique et autre.  Un belle petite fête finalement.
Le 2 juillet Josée, Ina et moi sommes invités par Valentine et Gaston, seuls habitants

de l'île, à aller faire du pain de coco avec eux.  Gaston nous montre comment il râpe

lui-même  son coco grâce à un moulin qu'il s'est fabriqué.  Puis il en extrait à la

main, un lait de coco qu'il obtient en tordant le coco râpé dans un ligne propre. 

Ensuite il nous montre comment faire le pain qu'il pétrit longuement de ses mains fortes

et en lançant la pâte de toutes ses forces dans le large bol posé par terre à ses

pieds, à même le sol.  Tout un spectacle, je me verrais mal faire ça dans mon petit

coin de cuisine sur le bateau!  Quel bel endroit pour faire du pain, dehors, au bord

d'une mer turquoise sous les cocotiers.  Nous rions beaucoup avec Gaston et Valentine

qui sont d'une gentillesse et bonhommie sans borne. Nous repartons avec chacune nos

pains que nous faisons lever et cuire sur nos bateaux respectifs.   Le reste de la

journée se passe à jouer dans l'eau, sauter de la bôme et faire du snorkeling.  Antoine

est particulièrement fier de lui de sauter dans le vide d'aussi haut  (au moins

10-12 pieds) sans sa veste de sauvetage et il a bien raison de l'être.  Ce soir-là René

et les enfants partent camper sur la plage.  C'est tout un événement.  Je les accompagne

pour le souper au feu mais revient dormir sur Cat Mousses pour monter la garde.
Les deux autres jours sont passés à faire du ménage et gratter et frotter les coques

du bateau.  Quel travail!  Il y a tellement épais d'algues et de résidus, nos muscles

s'en ressentiront plusieurs jours.  René, Jacques, Thomas et Nicolas repartent faire

la chasse à la langouste la nuit précédant notre départ mais reviennent bredouilles. 

Parlant de Thomas, il vient tout juste de compléter la lecture de son dernier roman,

A la croisée des Mondes, une trilogie dont il connait le nombre exact de pages, soit

1025 pages.  Puis nous partons pour aller rejoindre Tahiti sur une mer parfaite. 

Tahiti! Il me semble qu'on nous en parle depuis si longtemps, on a bien hâte de voir

cet endroit.  Nous y voilà, plus que 6 miles nautiques à parcourir.  Il est 05h00 AM, 

Nicolas et Antoine ont dormi dans le 'cockpit'  à la belle étoile.  Nous venons tout

juste de baisser le spi, dans une heure à peine nous serons à Tahiti, juste à temps

pour célébrer notre première année complétée de navigation.
Plus à suivre sur cette escale au cours de laquelle nous fondons de grands espoirs 

pour  nous réparer un peu.