Journal de bord Août 2011
Mercredi 17 août , Cébu aux Philippines
Récit 180 - Bain de civilisation dans les Philippines
Nous sommes finalement arrivés à destination vendredi le 5 août
dernier. On pourra dire qu'Hugues y aura goûté pas mal, car la
mer ne
nous a pas lâchés et nous en a fait voir de toutes les couleurs et
ce
jusqu'à la dernière seconde, lors de cette traversée entre Palau et
les

Bateau de pêche local à notre arrivée dans le détroit de
Surigao
Philippines. Aussitôt arrivés, nous avons reçu la visite des
deux
officiers de la quarantaine, fort aimables et dynamiques. Ce
premier
contact avec les locaux est souvent un bon indicateur de ce à quoi
on
pourra s'attendre de la population locale d'un endroit, et en effet
nous
ne nous étions pas trompés. Les qualités qui nous frappent le
plus chez
les Philippins à date sont leur vaillance, dynamisme et
politesse.
Energiques, avenants, calmes, patients et souriants, ils sont
toujours
au devant de tout. Ils sont d'une extrême politesse et
travaillent
comme des abeilles à journée longue. On comprend facilement que
les
Philippins soient aussi prisés comme main-d 'oeuvre partout dans
le
monde. Ici la plupart des
commerces sont ouverts 7 jours par semaine et
ce jusqu'à 23h00,
dans les centres commerciaux par exemple. Ce qui nous a le plus
frappé
est le nombre effarant d'employés dans tous les
commerces. Dans un
supermarché par exemple, il peut y avoir 5 employés par caisse et
toutes
les caisses sont ouvertes. Il y a du 'staff' comme on en a
jamais vu
nulle part ailleurs. Ca qui est le plus triste c'est de savoir que
tous
ces gens ne gagnent que des pécadilles comme salaire. S'ils
étaient
moins, la masse salariale à partager deviendrait peut-être
plus
intéressante. Autre fait intéressant, nous avons remarqué
un
uniformisme incroyable. Partout il y a les uniformes, tous
sont
habillés pareil selon leurs fonctions. Par exemple, toutes
les
caissières sont identiques dans les épiceries, les quincailleries,
les
boutiques des centres d'achats, etc. De la robe, aux bas de
nylons
obligatoires, souliers, chapeaux, tout est identique. Catherine
a
remarqué qu'elles ont souvent les mêmes boucles d'oreilles et le même
maquillage, c'est frappant comme uniformisme.
Nous sommes actuellement au mouillage devant le Yacht Club de Cebu.
Nous avons déjà vu mieux comme propreté. Jamais nous n'avons vu
autant
de débris et de déchets dans l'eau, ça bat tout ce que nous avons
vu
jusqu'ici. Vous dire ce qui flotte à la surface de l'eau, des
rats,
grenouilles, déchets, sacs, bouteilles, algues, morceaux de bois...
et
ne parlons pas de la senteur. Chaque soir on a l'impression
qu'ils
déversent le système des égouts et eaux usées de la ville dans la
baie.
L'autre jour Thomas a perdu l'équilibre en sortant du dinghy et
est
tombé à l'eau le pauvre. Disons qu'on évite la baignade et les
douches
à l'eau salée ici. Autre constatation, le karaoke!
C'est très
populaire ici. Dans les épiceries, les quincailleries, les
hôtels
avoisinants. On entend ça du matin au soir, ça commence parfois
aussi
tôt que 06h00 AM et les voix ne sont pas toujours harmonieuses,
voire
rarement. Franchement René n'en est pas revenu de voir du
karaoke lors
d'une visite chez Ace hardware, (quincaillerie de l'endroit).
Nous n'étions pas sitôt arrivés que nous faisions notre première sortie
à terre, dans un endroit dont Hugues rêvait depuis l'Australie... un
Mac
Donald. Ses recherches sur internet lui avaient indiqué qu'il y
en a 49
alors ce fut obligatoirement notre première sortie. Bien que le
menu
offre du spaghetti, du poulet frit et du riz, nous sommes
demeurés
traditionnels avec l'incontournable trio Big Mac / frites.
Hugues n'a
pas perdu de temps et deux jours après notre arrivée au pays, il
nous
quittait pour d'autres horizons. Il va sans dire qu'après
plus de
quatre mois parmi nous, son départ aura laissé un grand vide.
Merci
pour tout Hugues, tu nous auras beaucoup aidé et surtout, tu
nous
manqueras pour les classes que nous avons d'ailleurs repris depuis
une
semaine déjà. Tu auras, de façon indéniable, laissé ta marque
et on
parle souvent de toi, tu t'en doutes.

Diner au centre commercial SM
Nous avons passé nos deux premières journées au méga centre commercial
(SM City). Alors que René et les enfants se sont payés le
dernier film
d'Harry Potter, je me suis laissée aller pour une folie, soit un
soin
facial pour un gros 10$ dans un spa chic ultra moderne. Quel
bonheur!
Il y en a pour tous les goûts dans ce Méga centres d'achats, les
enfants
sont même allés jouer aux quilles et nous avons découvert un
talent
caché de Hugues qui s'est, apparemment , avéré très habile avec
la
boule.
A leur plus grand bonheur, les enfants ont trouvé deux amis (George 14
ans et Oliver 11 ans) dans le voilier Pagos, des Britanniques
qui

Thomas et George à Cebu
naviguent depuis 9 and déjà. Les parents, Sue et Adrian sont
aussi fort
gentils et nous avons fait plusieurs activités, les deux
familles
ensemble, dont une géo-cache (la seule de Cebu), une sortie au
marché
local 'Carbon Market', une visite des points les plus touristiques
du
centre-ville de Lapulapu ainsi qu'un après-midi à l'arène local
à
suivre les combats de coq. Nos déplacements depuis le premier
jour, se
font toujours en Jeepney, petits autobus locaux. Ce sont des
petits
camions fourgons colorés et décorés de façon toutes plus originales
les
uns que les autres. On s'entasse à l'arrière, dans la 'boîte de
truck'

On monte dans un Jeepney direction le centre
d'achat
couverte d'un toit mais dont les côtés et le derrière sont
ouverts. On
a vite compris qu'il n'y a pas de capacité maximale dans ce moyen
de
transport. Quand on pense que le bus est plein, on peut encore
entasser
une bonne quinzaine de personnes pour l'avoir expérimenter à
maintes
reprises. Quand il n'y a plus de place assises, il reste
toujours les
petits bancs de bois (tchap tchap), sur lequel on s'assoit dos à
dos
pour optimiser l'espace. Tout est pensé. Les Philippins sont
d'un calme
et d'une patience inébranlable, rien ne semble les
énerver, même dans
les moments les plus achalandés, peu importe la chaleur, le traffic
et
le degré d'entassement.
Les prix sont ridiculement bas ici et nous nous en réjouissons. Pour
vous donner une idée de grandeur, une coupe de cheveux coûte 1.70$
dans
un salon chic mais un gros 0.68$ dans un barbier local. Une
manicure-
pédicure revient à 2.29$, ouf à ce prix là, Catherine et moi
ferons
peut-être une sortie de filles. Une 'ride' de taxi coûte 1.50$
en
moyenne et une 'ride' de jeepney coûte au plus 0.25$, dépendamment de
la
destination. Manger sur la rue revient moins cher que de
cuisiner. En
effet, ou peut trouver un poulet rôti entier pour 2.50$ et des
portions
individuelles de riz cuit à la vapeur pour 5 sous la portion.
Ca fait
un souper qui revient bon marché. On trouve des brochettes, du
porc
rôti, des méchouis, du poulet frit, il y en a pour tous les
goûts.
Vraiment , à ce prix, acheter sa viande à l'épicerie revient plus
cher
mais si on le fait quand même pour varier les menus. Nous avons
essayé
plusieurs nouveaux fruits: durian, centol, jack fruit (moins nouveau)
et
d'autres dont le nom m'échappe.
Nous avons quelques projets en branle, dont la réparation du radar ,
problème encore en suspends, car le trouble s'avère plus
compliqué
qu'une simple connexion comme on espérait. Nous faisons aussi
réparer
notre spi et vu les prix, nous nous faisons faire un 'lazy bag'
pour
couvrir la grand voile de façon permanente sans avoir à enlever
et
remettre le taud (couvert de la grand voile) à chaque fois.
Wow, toute
une gâterie! En Australie on nous demandait 1 500$ alors qu'ici
on nous
le fait pour 600$. Ca vaut la peine.
Depuis une semaine nous travaillons sur un projet, soit un voyage en
Chine. Naviguer jusqu'à Hong Kong aurait été facile mais en
revenir,
vent dans la nez, aurait été fort intéressant et aucun d'entre
nous
n'avait le goût de tenter l'expérience, basé sur notre
dernière
traversée. Nous étions tous sur le point de baisser les bras
quant à
une possible visite en Chine mais à force de magasiner et de
chercher,
nous avons déniché des prix très raisonnables. Tant et si bien
que dans
deux jours, nous partirons pour le voyage suivant: traversier
jusqu'à
Manille (Philippines), avion jusqu'à Hong Kong, train jusqu'à Beijing
et
retour sur nos pas de la même façon pour un voyage total de 17
jours,
sac au dos et dormant dans les backpackers. René a passé
beaucoup de
temps à faire des recherches et nous a déniché des affaires en
or,
combinant traversiers, trains et avions. Nous sommes bien
contents car
c'est en ligne avec le genre de visites que nous nous étions
promis
cette année. Après tout,
on ne navigue pas jusqu'ici dans le monde
pour passer à côté de destinations aussi prisées lorsqu'on est tout
à
côté, que l'on s'est dit. Nous avons reçu nos visas hier et
nous
partons après demain. Les enfants ont activement participé à
la
préparation du voyage et aux recherches de toutes sortes, dont
les
auberges 'backpackers' et autre. Dans le cadre des classes,
ils
travaillent depuis une semaine sur des projets de recherche
respectifs:
La grande muraille de Chine, cité interdite et divers autres
temples
connus pour Thomas, Hong Kong pour Catherine et la Chine dont
les
animaux et la cuisine chinoise pour Nicolas et Antoine. Nous
avons tous
bien hâte de partir, d'autant plus que nous aurons peut-être la
chance
de rencontrer le frère Guy de René, plus à suivre de ce
côté.
Le seul ennui, ou ombre au tableau, ce sont les microbes sur Cat
Mousses. Je ne sais pas si c'est que notre système doit s'ajuster aux
microbes de la grand ville mais je ne nous ai pas vu aussi malades
depuis longtemps. Depuis notre arrivée ici c'est la ronde des grippes,
fièvre, toux, gastro par les deux bouts, maux de ventres, infections,
boutons. L'infirmière se fait aller mais avec notre super pharmacie de
bord on trouve de tout pour bien se soigner. Sur ce, je termine ici,
c'est l'heure de mes exercices du matin et il reste beaucoup à faire
d'ici notre départ. Comme nous aurons l'Ipad, je tenterai d'écrire au
fur et à mesure au cours de notre escapade.
<pre>Mardi 02 août , En mer vers les Philippines
Récit 179 - Des heures de plaisir!!
Ouash!!! Des fois on en a un ti-peu notre claque de la mer! Je vous l'avais-tu
déjà dit ça?… Pis dire que tout le monde nous pense en vacances! Non mais il
parait que le Québec à partir d'ici, en ligne droite à vol d'oiseau, n'est qu'à
7026 miles nautiques. Dommage que ça signifie naviguer à travers le continent
africain.
Nous avons quitté Palau samedi matin. Comme un typhon venait juste de se former
au nord de Yap, on devrait avoir une fenêtre claire pour passer, car historiquement,
les typhons sont généralement espacés dans le temps et se suivent rarement de façon
très rapprochée. De toute façon, ils n'annonçaient que des vents de 75 noeuds!
Pour le capitaine, tant que les vents ne montent pas à 80, il considère que nous
sommes tout-à-fait en sécurité. J'espère que je n'inquiète pas les parents de
notre équipier Hugues en disant ceci. Ne vous en faîtes pas, il ne reste plus que
220 miles nautiques avant que l'on aperçoive la côte, on vous ramène votre fils
tranquillement. Disons que devant la mine décontenancée des locaux et des autorités
portuaires, ce n'était pas exactement rassurant que de partir mais il le fallait bien
un jour. Le matin de notre départ, l'office du bureau des transports du port m'a
même contactée pour nous demander si on reconsidérait notre décision. Ils pensaient
que nous aurions peut-être changé d'idée. Non mais c'est mal nous connaître.
Nous, on aime ça la misère! La météo était exécrable depuis plusieurs jours mais
il fallait foncer. Alors c'est fait, nous sommes partis avec des vents de 28 noeuds
sur une allure de près. Nous avions alors un total de 650 miles nautiques à parcourir
et si tout va bien, nous espérons arriver en 6 jours, avant le weekend. Par moments
je trouve nos enfants bien courageux d'endurer toute cette mer sans rechigner, surtout
quand je les vois étendus partout comme des larves dans le cockpit (je m'inclus dans
le groupe des larves car j'en fais bien sûr aussi partie). Catherine démontre parfois
des petits moments de frustrations mais elle s'en remet toujours rapidement.
Les deux premiers jours, nous étions malades à qui mieux mieux. A l'exception de
René, Hugo et Antoine, nous y avons tous passé. Super on adore ça! Les 200 premiers
miles nautiques ont semblé interminables. On avançait à pas de tortue, et pour faire
changement, avec un contre-courant de 1 à 1.5 noeuds qui ne nous lâche pas depuis le
début. Dans la bible de Jimmy Cornell il est écrit ceci : …' la navigation entre
Palau et les Philippines, à ce temps-ci de l'année, IS BEST AVOIDED AND NOT RECOMMENDED…'
Je ne sais pas de quoi il parle…. Non mais mine de rien, notre 'chum' Jimmy il connait
son affaire parce que comme mer, on a vu mieux! Ouashh! Pauvre Hugues! Et lui, curieux
qu'il est avec toutes ses questions, de nous demander : 'Est-ce qu'il y a beaucoup de
navigateurs à ce moment-ci de l'année sur l'axe Palau-Philippines?' Heuuu… pas tellement
de lui répondre René, qui lui a alors fait lire le passage de Jimmy Cornell décrit
plus haut dans mon récit. Cher Hugues, il doit donc avoir hâte d'arriver à Cebu aux
Philippines où il nous quittera après plus de quatre mois passés avec nous. Il fait
super bien ça mais lui aussi trouve ça olé olé je pense. Par contre, il n'a jamais perdu
son appétit et a vite compris que s'il voulait manger, il ferait mieux de s'impliquer car
la cuisinière était tout sauf motivée à même songer à de la nourriture ou à un menu.
Heureusement que j'avais préparé mes fameuses boulettes (pas liégeoises mais giguéroises).
Avec nos appétits d'oiseaux (de mer), elles nous ont duré plus de deux jours, ce fut
une bénédiction d'avoir cette cocotte-pression en attente sur la cuisinière que nous
réchauffions au besoin lors des trois premiers jours.
Ne le dîtes à personne mais figurez-vous que le capitaine a rejeté à la mer un poisson
qu'il avait attrapé le premier matin de notre navigation, Je n'en croyais pas mes yeux,
mais fut fort soulagée de cette constatation à mon réveil. Le poisson n'était plus,
le capitaine avait capitulé. Fiou!
En parlant de pêche. Il faut être très vigilent car nous croisons à chaque nuit des
cargos et bateaux de pêche. Il faut surveiller très religieusement car il arrive que
les bateaux de pêche ne soient pas éclairés. En plus, notre radar est mort hier
(simple problème de connection probablement) mais en attendant nous n'avons pas de
radar et ils n'apparaissent pas sur l'AIS. Bref, on n'a pas tellement envie de se
faire surprendre pour arriver nez à nez avec un petit bateau de pêche de 28-30 mètres.
Bon enfin, pour terminer, il y a notre Antoine qui souffre un peu car peu après notre
départ, il a été victime d'une espèce d'irruption cutanée. Il est couvert de plaques
rouges et de boutons, surtout sur les bras et jambes et au niveau des endroits plus
humides. Selon notre dévouée et généreuse équipe médicale à terre, il s'agirait d'un
cas de pityriasis. Je nourris Antoine au Benadryl, je lui applique des compresses de
Burosol et le couvre de Caladryl et toutes sortes de crèmes pour calmer les démangeaisons.
Pauvre ti-pit, je ne voudrais pas être à sa place mais fidèle à lui-même, il ne se
plaint jamais et il fait ça comme un brave.
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