Journal de
bord Avril 2009
Jeudi 30 avril , l'Île de Pâques
L'Ile de Pâques
28 avril 09
Ile de Pâques
Et bien voilà notre séjour tire déjà à sa fin. Voilà une bonne semaine que nous
sommes ici. La température était très clémente sauf pour les deux derniers jours
où nous avons dû changer d'ancrage à trois reprises pour se mettre à l'abri des vents
qui peuvent devenir violents très rapidement. Cet après-midi il pleut, un vrai
temps automnal, René est parti à terre pour transférer des photos. Je suis restée
sur le bateau avec Nicolas. Dans ces températures, il vaut mieux ne pas laisser le
bateau seul. Mes tâches domestiques étant terminées, je m'assois pour vous raconter
les visites et rencontres merveilleuses que nous avons faites lors de notre passage
à l'Ile de Pâques.
Vendredi 24 avr :
Donc si je reviens en arrière, nous sommes arrivés hier, le 23 avr et n'avons pas reçu
la visite des autorités du port avant ce matin. Cet PM nous partons explorer l'île
un petit peu question de trouver des sous et de trouver un bureau touristique pour
planifier notre semaine de visite. Nous finissons par trouver de l'argent non sans
mal et nous passons au bureau d'information touristique pour y trouver une gentille
demoiselle qui parle français et qui nous prodigue de précieuses informations.
Avec elle nous planifions un tour de l'île pour le lendemain. Elle s'informe des
prix pour un tour guidé et est un peu découragée de voir la somme faramineuse qui
nous est demandée. Elle a pitié de nous et trouve qu'il nous en coûterait trop cher,
elle ne fait ni une ni deux, elle appelle sa mère et la convainc de nous faire la
visite elle-même pour moins cher (et en français). Alors que nous sommes dans le
bureau, arrive une dame qui se trouve à être la propriétaire d'un restaurant local
traditionnel. Nous ne pouvons résister à l'envie et faisons une réservation pour le
soir même, ce qui s'avérera une expérience extrêmement enrichissante. Un transport
est venu nous chercher sur la plage et le chauffeur nous a même aidé à monter l'annexe.
Puis il nous a conduit au restaurant où nous avons passé une soirée fabuleuse. On
nous a d'abord fait une cérémonie de la nourriture où des espèces de guerriers, parés
de tous leurs atours nous faisaient une danse en nous peignant les visages et en nous
expliquant comment est préparée la nourriture. Ils ont ensuite minutieusement déterré
notre souper qui cuisait, enveloppé dans des feuilles de bananier, enfouies sous le sable.
Le souper était composé de poisson, viande et porc et patates douces. Ils ont accompagné
le tout de diverses salades, riz et autre. Succulent comme repas! Puis nous avons eu
droit à un spectacle de danses traditionnelles, vraiment nous avons été enchantés sur
toute la ligne.
Samedi 25 avr:
Ce matin, Inès, qui devait être notre guide pour aujourd'hui nous attend comme prévu à
09h30 sur la plage mais elle se confond en excuses et nous explique que l'excursion
doit être remise au lendemain. Pas de problème, nous passerons une journée au gré des
vents et des rencontres. Cette île a réussi à garder son cachet et son petit côté très
rustique. On peut d'ailleurs voir plusieurs hommes qui se promènent encore à dos de
cheval, à bicyclette ou à moto, et ce pieds nus. Dans la nuit on peut entendre le bruit
des tams tams mais aussi les hurlements des chiens du village. Il y a si peu d'habitants
sur cette île que déjà on a l'impression de connaître plein de monde. Tout le monde est
au courant du Catamaran qu'il y a dans la baie alors notre passage ne passe pas inaperçu.
Les gens sont souriants, aimables, courtois et désireux d'aider. Les gens sont d'une telle
amabilité que ce matin, nous voyant attendre un taxi sur le bord de la rue, un homme
s'approche pour nous demander si on a besoin de quelque chose. Voyant que nous avons besoin
de diésel et que nous n'avons qu'un seul bidon, il voit une opportunité de faire un peu
d'argent et nous offre son aide que nous acceptons volontiers. Il emmène René dans son
'pick up' pour aller chercher des bidons chez lui et chez son ami. Il en profite pour
couper quelques bananes dans son bananier qu'il offre pour les enfants. Ils vont ensuite
à la station service et en deux temps trois mouvements, René est de retour avec le diésel.
Inutile de dire que la gentillesse de cet homme nous aura sauvé sept voyages de taxi pour
aller remplir notre seul et unique bidon de 20 litres. René et moi partons au bateau pour
aller transvider les bidons dans nos réservoirs en vitesse et au retour, les enfants ne sont
plus sur la grève de la plage. Ils ont disparus. Nous ne sommes pas très inquiets, cet
endroit n'a strictement rien de menaçant. Nous retrouvons les enfants assis dans la maison
de la cousine de ce bon samaritain, en train de se bourrer la fraise dans la crème glacée.
Nous les remercions chaudement et repartons de là avec un sac de mangues. Avoir des enfants
(blonds par-dessus le marché) ça ne change pas le monde sauf que. partout où l'on passe on
nous arrête pour nous parler et on nous offre des mangues et autres.
Cet après-midi là, nous marchons jusqu'à la grotte la plus près, soit Ana KAI TANGATA, une
caverne décorée de magnifiques peintures d'oiseaux. Cette grotte se trouve à être la caverne
de l'homme qui avait été banni de son village dans le film de Rapa Nui. C'est magique,
nous ne pouvons pas croire que nous sommes là dans cette grotte. Au retour au bateau, un
rapport météo nous indique que l'on devrait quitter l'île MAINTENANT. Nous avons une décision
à prendre. comment partir avant même d'avoir eu la chance de voir les Moais (statues) de
l'Ile de Pâques. Nous décidons de rester. On s'arrangera avec la température en temps et
lieu, de toute façon ça a bien le temps de changer.
Dimanche 26 avr:
Notre première mission aujourd'hui: Assister à la messe traditionnelle pour y voir les
costumes traditionnels, chants et autres. Nous ne sommes pas déçus, c'est effectivement
très traditionnel et coloré. Ensuite Inès vient nous rejoindre avec une voiture louée et
nous partons pour une journée bien remplie, après avoir déposé notre lavage chez la maman
d'Inès qui travaille à faire la buanderie d'un hôtel local, l'Hôtel Orongo. Nous parcourons
l'île dans tous ses racoins. Nous commençons par Ahu Vinapu, le temple d'architecture le
plus élaboré de l'île. Un 'ahu' c'est la plateforme de pierre sur laquelle sont montés les
Moais, mais ce qu'il faut savoir c'est que ces plateformes sont en fait des cimetières sous
lequels gisaient des corps défunts qui avaient préalablement été séchés au soleil, enroulés
dans des feuilles et de la boue. Nous passons par Ahu Tongariki (les 15 Moais), ces Moais
portent leurs chapeaux rouges (Pukaos). Nous visitons une carrière volcanique (Rano Raraku)
où la majeure partie des statues ont été taillées. On y voit des statues de toutes les
grandeurs, à différents stages de construction dont plusieurs achevées, attendant seulement
d'être décrochées de la montagne ou transportées. Tout a été abandonné lorsque la guerre
entre les deux tribus (longues et courtes oreilles) a éclatée. Lors de nos visites, nous
tombons nez à nez avec le mari d'Inès qui est en train de faire un pic-nic sur la grève
d'une plage. Ils ont mangé déjà mais reste sur le feu de roches volcaniques, des morceaux
de poulet, porc, poisson et patates. Nous nous régalons. Son mari ne parle pas français
donc encore une fois nous bénéficions du fait que nous puissions communiquer en espagnol.
Les habitants de l'île communiquent entre eux en Rapa Nui mais ils parlent aussi l'espagnol,
fort heureusement. Nous poursuivons notre visite en passant par la plage d'Anakena où il y
a à mon avis les plus beaux Moais (Ahu Nau Nau) encore pratiquement intacts avec tous leurs
détails de sculpture. Nous allons voir ce qu'ils appellent le nombril du monde (Te Pito o
Te Henua) et nous voyons une multitude d'ahus et de moais dont je vous épargnerai les détails.
Pour terminer cette journée magnifique en beauté, Inès nous emmène chez elle à sa ferme et
nous repartons les bras chargés d'une caisse de fruits. Il a fallu l'arrêter, elle nous
aurait offert sa chemise.
Lundi 27 avr :
Ce matin nous partons avec une mission, trouver de l'argent. La banque est ouverte, nous
parvenons à sortir un peu d'argent. Ouf ça fait du bien au portefeuille. Puis après avoir
fait laver un peu de linge dans une buanderie, acheté quelques souvenirs et fait quelques
emplettes nous retournons au bateau pour aller dîner car cet PM nous repartons avec Inès
pour terminer notre tour de l'île. Encore une fois nous passons un superbe après-midi et
visitons cinq endroits dont les 7 Moais regardant la mer (Ahu Akivi), celui avec les yeux
au temple de (Ahu Vai Uri), celui aux quatre mains qui servait d'horloge pour déterminer
le moment précis des solstices d'été et d'hiver et l'endroit (Puna Pau) où étaient fabriqués
les chapeaux (pukao). Nous visitons une plateforme cérémoniale où restent encore cinq moais
intacts et où se font annuellement de grandes fêtes locales. Nous terminons avec Orongo,
cette vallée dans la gorge d'un volcan d'où nous pouvons apercevoir les trois Motus
(petites îles) où se faisait autrefois la compétition de l'homme oiseau en quête du fameux
ouf. L'intrigue du film Rapa Nui tourne d'ailleurs autour de cette compétition. A cet
endroit nous voyons également les petites maisons de pierre en forme de bateau creusées
dans le sol. Après cette belle visite Inès nous offre de nous arrêter à un dernier endroit,
soit sur la ferme de son oncle Levi. Encore une fois nous sommes frappés par une hospitalité
renversante. Il vit dans deux endroits. Il a une maison en ville et est le fier
représentant des droits des habitants Rapa Nui à l'Assemblée mais il passe le plus clair
de son temps sur sa ferme. Il a un lit dans une petite cabane de tôle dans sa bassecour et
semble au paradis dans cet endroit où il ne manque pas de visiteurs qui viennent tous le
voir à qui mieux mieux dans cet oasis de paix. Après avoir parlé un peu et lui avoir raconté
notre voyage autour du monde, il part aussitôt avec sa machette et revient avec non pas un,
mais bien deux régimes de bananes. Sa ferme compte 120 vaches, poules, cochons, chevaux,
chats, chiens et autres. Il cultive des ananas, mais, patates douces et bien d'autre qu'il
vent à des hôtels et au marché. Il dit n'avoir aucun problème d'argent. Il fait un feu et
nous chauffe du lait. Il nous répète des dizaines et des dizaines de fois à quel point il
croit que la place des enfants est avec les parents, que c'est merveilleux que nous leur
enseignions, que c'est ce que ses parents ont fait pour eux aussi lorsqu'ils étaient petits.
Il ne cesse de nous dire à quel point il est heureux que nous fassions ceci pour nos
enfants et sur un bateau en plus, loin de la ville et de pollution.. La famille pour eux
c'est sacré.
Mardi 28 avr :
Aujourd'hui il vente à écorner les boufs alors pour aller à terre René a recours aux services
d'un local avec sa barque. A son retour nous quittons la baie à la recherche d'un ancrage plus
calme, que nous trouvons à une heure et demie d'ici, à Vinapu. Ouf c'est plus calme.
Nous avons invité Inès à venir souper sur le bateau ce soir avec sa famille et son oncle
rencontré la veille et nous travaillons toute la journée à préparer notre réception
traditionnelle québécoise mais deux heures avant l'heure prévue de rencontre, le port nous
appelle sur la radio pour nous dire que nos visiteurs se désistent. Nous sommes extrêmement
déçus et que dire des enfants qui avaient travaillé si fort. Nous avions préparé des
brochettes marinées de poulet, bouf et saucisses, du riz et une sauce à la mangue, des
grands-pères au sirop d'érable, une croustade de mangues et comme cadeau pour rapporter des
muffins à la papaye, mangue et bananes. Ho well, demain peut-être.
Mercredi 29 avr :
Aujourd'hui c'est notre dernière journée, René a comme mission d'aller transférer ses photos
de l'Ile de Pâques sur internet en ville car nous quittons demain. Juste au moment où je
dois partir pour aller le conduire à terre, la mer se met à grossir et le crochet de la patte
d'oie de l'ancre cède sous la force des vagues. Nous levons l'ancre en panique, il faut
encore changer d'ancrage. Nous revenons dans notre baie initiale à Hanga Roa et René part
pour la ville pour aller télécharger ses photos pendant que j'attends la visite des officiels
du port qui doivent nous visiter en fin de PM pour effectuer nos procédures de départ.
(Note : finalement comme rien n'est jamais gratuit, on nous a chargé 92$ US pour notre
séjour ici mais 92$ ce n'est vraiment pas grand-chose, surtout considérant que nous étions
accroché à leur seule bouée d'amarrage).
Alors qu'il est en ville, René rencontre Inès qui se confond en excuses d'avoir manqué la
visite d'hier. Elle devait nous inviter chez elle la veille du départ mais elle n'en reparle
pas vraiment. Elle cherche par tous les moyens comment elle pourrait nous rencontrer à
nouveau pour nous remettre d'autres fruits mais nous lui disons de laisser faire. Elle remet
aux enfants un sac rempli de souvenirs, René l'invite à venir faire un tour sur le bateau
mais elle n'y tient pas et dit vouloir rester avec sa mère. Je lui ai préparé à elle et sa
famille un sac contenant les fameux muffins (papaye, mangues et bananes), un petit plat de
croustade à la mangue, des souvenirs du Canada et une petite note mais comme René n'est pas
encore de retour de la ville, je ne sais pas s'il pourra retourner à terre pour livrer notre
cadeau. La mer ne cesse de grossir et il vente de plus en plus fort. La nuit tombera sous
peu, c'est à se demander comment il fera pour revenir. Ouf, 30 minutes plus tard René est
de retour avec les enfants sain et sauf mais j'avais raison de m'inquiéter car l'homme du
voilier voisin a vécu une bien mauvaise expérience cet PM à cet endroit. Son annexe a été
renversée par une vague, il s'est retrouvé à l'eau ainsi que son chien, son spi (qu'il apportait
à terre pour une réparation), son lap top et autre. Il a même perdu ses lunettes dans
l'aventure, pauvre lui!
Dimanche 26 avril , l'Île de Pâques
Une destination magique!
25 avril 09
Ile de Pâques
Nous arrivons finalement à destination le 23 avril après 15 jours de navigation.
Nous longeons la partie nord de l'île le matin et pendant que nous prenons une
douche sur les trampolines, nous apercevons au loin nos premiers Moais (statues).
Assez spectaculaire que de prendre sa douche sous le regard bienveillant des Moais.
Nous sommes fébriles, nous sommes vraiment d'excités d'arriver dans un endroit aussi
spécial et nous réalisons la chance inouïe que nous avons. Nous arrivons à
destination vers 14h30 et il y a, comme on nous avait dit, une grosse bouée d'amarrage
noire. On s'y accroche et ça y est, nous y sommes!!! Nous appelons les autorités du
port mais ils ne pourront venir nous rencontrer avant demain matin. Nous restons donc
sur le bateau pour le reste de la journée à relaxer.
Le lendemain matin, après un copieux repas de crêpes préparées par Catherine, nous voyons
approcher un zodiac, avec à son bord, pas moins d'une dizaine de personnes. C'est la
visite que nous attendions. Toute cette délégation se met à monter à bord du Cat Mousses,
il y a même un chien renifleur. Tout y passe, les papiers les passeports, ils passent une
bonne heure parmi nous mais sont très courtois et gentils et apparemment très heureux
d'avoir un peu d'action. Il me faut tout sortir du frigo, un homme et une femme inspectent
chacun de mes fruits et légumes, viande, oeufs, etc. Ils sont bien contents de ce qu'ils
voient mais nous confisquent quand même quelques tomates et oranges qui commencent à
démontrer des signes de vieillesse. Ils nous confisquent aussi notre pot de miel, snif, le
seul qu'il nous restait. On n'a peine à croire qu'il ne nous en coûte pas un sou pour
faire ces formalités. Non mais pouvez-vous croire à ceci, après tout ce qu'on a dû payer
à date partout où nous sommes passés. Nous pouvons rester ici, à L'ILE DE PAQUES pour
90 jours, et n'avons pas un sou noir à débourser. Il n'y a qu'une seule bouée d'amarrage,
c'est nous qui l'avons et elle est gratuite! Non mais je rêve! C'est cette bouée qui
nous assurera la sécurité de notre séjour et nous pourrons nous permettre de débarquer à
terre toute la petite famille, contrairement à ce qu'on craignait ne pouvoir faire.
Puis nous finissons l'école et partons à terre après dîner. Nous 'surfons' sur les vagues
déferlantes sur lesquelles les locaux font du surf et nous retrouvons au bord où un nageur
nous indique où mettre l'annexe. Il nous aide à monter l'annexe sur le bord. Puis la
visite commence.. C'est tout le temps que j'avais, la suite la prochaine fois. En
attendant, je vous recommande de lire le petit texte qui suit pour vous donner une petite
leçon d'histoire sur l'endroit (extrait du site web de la place). De même, si jamais vous
avez le temps et l'envie, il y a au club vidéo un film appelé Rapa Nui. C'est un film
historique romancé qui tente en quelque sorte de recréer l'histoire de la culture Rapa Nui
et tout ce qui entoure le mystère des Moais.
Puisque l'île de Pâques est l'un des lieux les plus isolés au monde, cela peut expliquer le
développement d'une culture si particulière. Elle prit son nom lors de sa découverte par
l'explorateur hollandais : l'Amiral Jacob ROGGERCEN qui l'aperçu le soir du dimanche de
Pâques le 5 avril 1722. Il la nomme PAASCH EYLANDT, littéralement : " Île de Pâques ".
L'île de Pâques ou Rapa Nui, est la plus orientale des îles polynésiennes et un des lieux
les plus isolés de la planète, localisé a 27° 09' latitude Sud, 109° 26' longitude Ouest,
à environ 3800 kms à l'ouest de la côte d'Amérique du Sud, à la hauteur du port chilien
Caldera. Au Nord-Est se trouve l'île Pitcairn à une distance approximative de 2200kms.
Climat: Maritime subtropical.
Température: moyenne annuelle 20,3 ºC
Mois le plus froid: Août (14,7º - 17ºC)
Mois le plus chaud: Février (23,8 - 27ºC)
Mois des précipitations: Mai
Activitées: Tourisme, agriculture, pêche et élevage
Langues: Rapa Nui et espagnol, mais les opérateurs touristiques parlent également français,
anglais et allemand.
Monnaie: Pesos chiliens, euros et dollars américain.
HISTOIRE EN BREF
Te Pito o te Henua, est la dénomination nationale livrée par les Ancêtres de l'actuelle
population de ce beau territoire. Sa signification se base sur la conception d'être le
centre spirituel de la Polynésie, littéralement le "Nombril du Monde", son propre monde,
le monde polynésien. Géographiquement, elle surgit de la conjonction de trois volcans.
Le plus ancien est le "Poike", avec 3 millions d'années, le deuxième est le "Rano Kau" avec
2,5 millions d'années et le plus récent est le "Maunga Terevaka" avec environ 12 milles ans.
Des multiples éruptions de ces trois volcans et des émissions de laves ont structuré le
corps principal de l'île, annexant les volcans aux extrémités. L´île est considérée comme
le sommet oriental du triangle polynésien. Dirigée par la souveraineté chilienne depuis
septembre 1888.
On estime que les premiers habitants sont arrivés à Rapa Nui aux environs du VIe siècle à
bord de deux catamarans, dirigés par Ariki Hotu Matu'a et sa soeur Ariki Vi'eAva Rei Pua,
suivants les indications du conseiller Haumaka.
Rapa Nui fut découverte à l'ouest par le Hollandais Jacob Roggenberg au cours de l'année 1722.
Il nous raconte que sa première vision, du navire, fut une terre de géants (confondant les
Moaïs avec de réelles personnes) et décrit les habitants comme un subtil peuple beau et aimable.
Jeudi 23 avril , En route vers l'Île de Pâques
Une traversée occupée
21 avril 09
En route vers l'Ile de Pâques
Il est 02h45 AM et je viens de m'asseoir. Ouf, j'ai les jambes qui me rentrent dans
le corps, je suis debout au comptoir à popoter depuis 23h00. J'ai fait une salade
de patates pour demain et j'ai une fournée de pain qui cuit présentement (une recette
de pain au riz). René aurait dû me remlacer à 02h30 AM mais je l'ai retourné se
coucher le temps que mon pain finisse de cuire. Il ne s'est pas fait prier.
Il me semble que nous n'avons pas arrêté une seconde depuis le début de cette traversée
et je persiste à dire que j'adore les traversées. J'ai l'impression d'avoir tellement
accompli de choses, à commencer par l'école mais je me suis aussi beaucoup amusée dans la
cuisine. J'ai popoté comme jamais. J'ai réussi à cuisiner un régime d'environ 70 bananes
qui nous ont joué le tour de murir trop vite. Nous n'avons pas jeté une seule banane, il
fallait le faire! J'épluche mes livres de recettes sans relâche la nuit et j'essaye toutes
sortes de recettes. On pourra dire que nos moussaillons commencent à avoir les papilles
gustatives pas mal développées, que ce soit pour les mets épicés et relevés ou pour de
nouvelles saveurs. Mes cuistots en herbe apprennent beaucoup. Entre autre, hier PM, alors
que je cherchais quoi faire pour souper, mon Antoine de déclarer : 'On devrait faire un
féculent aux tomates'. Lorsque je lui ai demandé ce qu'était un féculent, il a pouffé de
rire en disant, je ne sais pas! J'ai fait du pain pour tous les goûts au cours des dernières
semaines. J'ai tellement de recettes à essayer qu'on ne mange jamais la même chose. J'ai
fait une multitude de pains dont des pains pitas maison, des crumpets, des croustillants à la
cannelle, pain au soda, pain aux raisins, pain au riz. Je m'amuse comme une petite folle.
Mais qu'on se le dise. tout faire à la main c'est bon mais . c'est long. On pourra dire que
mes heures passées dans la cuisine, je ne les compte plus. Le jour avec l'école je suis limitée
dans le temps mais la nuit. je me laisse aller à mes fantaisies et ça a l'avantage de me garder
réveillée.
La traversée se passe bien, la température est très confortable, pas trop chaud ni trop frais.
Un beau vent constant de 15-20 noeuds en moyenne. A part depuis cet PM où le vent a faibli à
5 noeuds, nous n'avons jamais si peu fait de moteur et c'est tant mieux car le capt éprouvait
certains problèmes avec sa mécanique. Il a joué à la chaise musicale avec ses pompes à eau de
refroidissement et ses 'impellers' entre le moteur de babord, celui de tribord et la génératrice.
Je lui laisserai le bonheur de vous expliquer brièvement les défis qui lui ont été donnés de
relever. disons seulement qu'il a passé tout près de trois jours à tout démonter en morceaux.
S'il n'était pas mécanicien à notre départ, il est en voie de le devenir.
Bon maintenant c'est à moi le capitaine de vous faire un résumé, si c'est possible, de mes
péripéties avec les moteurs, je vais tenter d'être bref! Avant de quitter les Galapagos, je
vous rappelle que j'avais avec l'aide de Jacques et d'un mécanicien local, remonté l'arbre
principal de ma pompe à eau avec de nouveaux roulements à billes. Puisque la mer était tranquille
à notre départ des Galapagos, je me décide à remplacer la pompe sur le moteur babord avec cette
nouvelle pompe. Ce que je croyais être de l'entretien préventif devint rapidement correctif. La
vieille pompe perdait de l'eau depuis plusieurs semaines. Tant qu'à y être je remplace la courroie
de la pompe, quelle surprise, elle était à la veille de rompre, j'étais vraiment dû! La partie
difficile étant derrière moi, car c'est pas si simple de remplacer une courroie dans ce compartiment
moteur, je m'attaque à la fameuse pompe. J'apprendrai plus tard que des fois ce qui semble à
première vue facile peut rapidement devenir notre plus grand défi. Je remplace les 'seals' de la
pompe, remets mon nouvel arbre d'entraînement et le fameux impeller . Pour les néophytes, c'est
quoi un 'impeller', hey bien c'est une petite turbine en caoutchouc qui sert à faire circuler l'eau
dans les différents systèmes et pompes du bateau. J'en avais achetées à Panama City, un vrai
projet de légo, surtout que pas une d'entre elles ne portent le même numéro de modèle. Je remonte
le tout et pars le moteur babord. Le capitaine est fier, sa réparation fonctionne, le moteur
ronronne et l'eau sort du moteur d'échappement comme supposé, du moins je le croyais.
Plusieurs jours plus tard, en route, le vent tombe pour quelques heures alors en me couchant je
décide de partir le moteur tribord. Une heure plus tard une alarme se fait entendre sur ce
moteur, il surchauffe!!! Vous pouvez croire que le capitaine est sur ses 2 pieds dans le temps
de le dire. On éteint le moteur, rien, pas d'eau qui sort de l'échappement. A cette heure de la
nuit, je me décide à ne rien faire, pas grave le vent est de retour alors on continue à rouler à
voile à 6-7 noeuds. Je m'occuperai de ça le lendemain. C'est là que commence la valse des pompes.
En essayant de diagnostiquer le problème sur la pompe tribord, je décide de la transférer sur
babord et surprise elle marche de ce côté du bateau. Je prends celle de babord et la transfère
sur tribord et cette nouvelle pompe ne marche pas. Je suis convaincu, le problème n'est pas la
pompe. Avec l'aide des conseils de mon fidèle ami Jacques sur Alexandre IV avec qui je parle 4
fois par jour sur la radio HF (BLU ou SSB en anglais), je me mets à essayer de diagnostiquer le
problème plus loin sur la ligne d'eau. Il n'y a rien que je n'ai pas enlevé, à la fin les enfants
me voient arriver avec un gros morceaux de métal rempli de coudes et me disent wow c'est quoi ça
papa et bien j'ai enlevé le (mixing elbow). C'est la partie du moteur où les gaz d'échappement
et l'eau de refroidissement du moteur se mélangent avant d'être rejetés à la mer. A l'occasion,
une forme de croûte de sel cristallisée se bâtit dans le coude enlevant toute possibilité à l'eau
d'être rejetée à la mer. Je nettoie le tout mais mettons qu'il n'avait pas l'air d'avoir grand
problème là-dedans mais bon, il fallait éliminer des sources potentielles du problème. Je remonte
le tout mais rien ne marche encore! En désespoir de cause, je me décide à analyser le moteur
babord qui fonctionne à merveille. Je dévisse le tuyau à l'entrée de l'échangeur de chaleur et
je me fais littéralement asperger d'eau de mer, je crie à Thomas de tout arrêter!! Je viens de
trouver le problème, il n'y a pas assez d'eau qui se rend à la pompe du moteur tribord, il doit
y avoir une restriction dans la valve d'amenée d'eau (le passe-coque en jargon marin) alors je
démonte l'entrée d'eau, le filtre et j'en passe, maudit aucune restriction!!! Il arrive assez
souvent que des petits coquillages élisent domicile sur la coque du bateau, mais également dans
ces passes-coques, obstruant ainsi l'entrée d'eau, mais pas cette fois. Découragé, ayant épuisé
toutes mes options et voyant que le vent va nous fausser compagnie dans 2 jours, j'ai besoin de
mes moteurs si je veux me rendre avant Noël à l'île de Pâques, je décide de remettre le vieux
impeller dans la pompe et surprise! La pompe fonctionne à merveille. Sacrement, je viens de
perdre plusieurs heures dans les moteurs pour régler un problème aussi simple qu'un impeller.
Et dire que cette pompe fonctionnait si bien sur le moteur babord, il doit y avoir une petite
différence entre les 2 moteurs qui fait que malgré le fait que ce n'est pas le bon modèle
d'impeller, il fonctionne tout de même du coté babord mais pas sur tribord! Probablement
la hauteur de la montée d'eau mais pas sûr non plus. Mystère, je suis convaincu qu'un jour
je la trouverai cette différence. Les impellers que j'ai acheté à Panama City avec mon modèle
de moteur ne sont pas les bons!@#E@!IU# Je regarde mes livres de pièces et j'ai bien un moteur
Yanmar 3GM30F mais mes pompes viennent d'un autre modèle de moteur car l'arbre principal de
la pompe n'est pas tout-à-fait pareil que sur le modèle 3GM30F. Je sais que l'ancien proprio
ne les a pas changé parce que la peinture sur les pompes et sur les tuyaux n'est pas craquée,
c'est d'origine avec le moteur qui a été remplacé en 2000. Qui aurait cru, mes moteurs ont
dû être montés sur une nouvelle chaîne de montage mais avec des pompes de l'ancien modèle.
Vous aurez compris que j'ai tôt fait d'appeler mon frère pour lui faire commander de nouveaux
impellers mais le bon modèle cette fois. Le tout devrait arriver dans un paquet qui nous
attendra à Papeete, Tahiti. Tous ces travaux auront au moins eu de bon que maintenant,
je connais de fond en comble mes 2 moteurs. Bon assez de verbillage mécanique, je suis
convaincu que la majorité de nos assidus lecteurs dorment maintenant, alors je te remets la
plume Dany!
Oups j'oubliais, j'ai profité de cette traversée pour remplacer l'impeller et bien oui un autre
impeller sur la pompe à eau de la génératrice, mettons que j'étais dû là aussi. Mais cette fois
ça marche du premier coup. Hey, hey, je commence à connaître ça des impellers! J'ai également
dû réparer le câble de contrôle des gaz du moteur babord qui bloquait lorsqu'on ramenait le
moteur au neutre, les révolutions du moteur ne descendaient pas sous les 1500 RPM alors un peu
de WD40 et le tour est joué, tout est revenu à la normale. Au risque de vous endormir à
nouveau, je passe sous silence l'épisode du spi qui est tombé à l'eau, des 2 lignes à pêche
coupées par les hélices dans le processus et le pare-battage en caoutchouc qui a arraché
sur la coque babord et que je devrai réparer à notre arrivée à l'île de Pâques. Qui est-ce
qui disait que c'était des vacances ce voyage!!! Bon j'ai fini pour de bon, à toi Dany.
Nous avons effectué un méga blitz scolaire au cours des dernières semaines. L'école se fait
le matin, la PM, et même plus. Les enfants réalisent qu'il faut mettre les bouchées doubles
en mer car lorsque nous sommes à terre, il y a peu de temps pour l'école. Ils font des
progrès remarquables et Antoine nous surprend tous les jours avec la quantité de sons qu'il
peut lire déjà. Il est rendu qu'il fait des Sudoku! Thomas passe tous ses temps libres à
faire des recherches. C'est devenu une passion, c'est lui-même qui se donne le mandat de
nous trouver de l'info et nous faire des présentations sur les endroits visités. Il a
d'ailleurs travaillé très fort sur sa dernière présentation portant sur l'Ile de Pâques.
Dès que nous trouverons accès à internet nous pourrons afficher ses projets de recherche
sur le site : l'esclavage, l'iguane marine des Galapagos, Machu Piccu et l'Ile de Pâques.
René et moi avons aussi mis beaucoup d'heures lors de nos quarts de nuit respectifs pour
rédiger des évaluations, des révisions et des exercices et faire de la planification
scolaire afin de faire le point sur ce qu'il nous reste à rencontrer comme objectif d'ici
la fin de l'année scolaire.
A part ça, les enfants continuent de se trouver des jeux plus originaux les uns que les
autres. ils n'ont pas le choix, c'est que les Gameboys sont bannis et les ordis. pratiquement
aussi. Ils se voient donc forcés de faire autre chose, de lire, de jouer à des jeux de
société, jouer à se faire des pistes d'hébertisme avec de savants tissages de cordes, etc.
Juste avant le souper, nous avons eu une belle démonstration de ce qu'ils arrivent à
trouver comme jeux. Alors que Thomas aidait papa à faire un peu de mécanique.(pour faire
changement), Catherine s'amusait à déguiser ses frères Nicolas et Antoine en indigènes
des tribus de Darien. Quelle ne fut pas notre surprise de voir apparaître nos deux moineaux,
savamment peinturés et vêtus d'un simple foulard noué de façon à cacher les parties.
WOW! Ils nous ont vraiment surpris. Catherine a fait un travail de maître!
Bon, il est 03h45 AM, je vais aller réveiller le capt pour qu'il vienne prendre la relève.
P.S. Pour répondre à la question de plusieurs d'entre vous, pour ceux qui se demandaient
pourquoi il y avait un timbre du Canada sur leur carte postale en provenance des Galápagos,
et bien c'est simplement pour une question monétaire car il nous en aurait coûté $25 dollars
pour envoyer nos cartes postales. Nous avons envoyé une enveloppe à Luc et il s'est chargé
de faire la distribution.
Mardi 21 avril , En route vers l'Île de Pâques
La traversée vers l'Ile de Pâques
15 avril 09
En route vers l'Ile de Pâques
Il est minuit quinze, je viens de prendre mon quart, la tête veut me fendre et je m'endors
tellement. pas que je veuille me plaindre mais parfois ça nous tente moins. Non mais
sérieux il fait un 20 à 25 noeuds de vent et même sous voilure réduite, nous maintenons
une vitesse de 7 à 8 noeuds, ce qui est très rapide pour notre gros bolide de guerre.
On gruge les miles nautiques rapidement et devrions arriver à destination dans huit jours
environ. Nous sommes sur une allure de près et nous le serons jusqu'à notre arrivée.
Nous sommes chanceux d'avoir autant de vent mais cette allure devient agressante à la
longue, on se fait taper le Canadien et les vagues passent par-dessus le bateau. Pas
question d'ouvrir quelque fenêtre que ce soit et même fermées, l'eau réussi à s'infiltrer
sournoisement par les hublots par la force des vagues. On comprend mieux pourquoi si
peu de gens affrontent cette partie de la mer, surtout sans savoir si nous pourrons nous
arrêter à destination où s'il faudra poursuivre notre route à cause de vents trop violents
dans l'ancrage. En tout cas, chose certaine, il n'y a pas âme qui vive par ici et les
dangers de collision avec un autre navire sont pour ainsi dire, quasi inexistants.
Pour une raison que j'ignore, René et moi ne pensons qu'à dormir depuis notre départ des
Galapagos. On dirait qu'on a les batteries à plat mais on remonte la pente tranquillement
pas vite. Nous sommes chanceux de ne pas être incommodés du mal de mer, c'est vraiment
surprenant que personne n'en soit affecté. Les enfants arrivent quand même à faire leur
école tous les matins sans se plaindre et nous en sommes très heureux.
Nos amis de Lucey Blue qui font route vers les Marquises ne l'ont pas facile et voudraient
bien avoir notre vent. Les pauvres on pratiquement épuisé toutes leurs réserves de diésel
et attendent toujours le vent. A ce rythme, ils doivent encore compter une vingtaine de
jours pour arriver à destination, le problème c'est que Buc a un avion à prendre dans 19
jours. histoire à suivre.
Nos amis d'Alexandre IV, de leur côté, font route vers les Gambiers. Le problème c'est que
Josée, malgré ses antibiotiques, semblent être de nouveau atteinte d'un épisode de gastro
dont elle ne se relève que très lentement et difficilement. Après trois jours de navigation,
elle évalue sa condition à 4 sur 10 (tout au plus) la pauvre. Pour en rajouter, l'autre
matin Jacques nous a annoncé que leur pilote automatique faisait des siennes. La barbe!!
Naviguer en solitaire sans pilote automatique. on ne souhaiterait pas ça à son pire ennemi.
Heureusement, il a ressuscité son pilote qui semble coopérer depuis.
Sur Cat Mousses, nous avons également eu à gérer certains petits ennuis mais rien d'insurmontable
à date. L'autre nuit, je me suis rendue compte que de l'eau semblait s'infiltrer par la trappe
d'urgence dans le plancher du carré. Ho ho! Pas encore! En ouvrant la trappe, l'eau a tôt fait
de m'éclabousser tout le visage. pas bon signe. je réveille le capitaine. C'est qu'une des
poignées a cédé. Bon, la bonne nouvelle c'est que nous avons des poignées de rechange mais on
ne fera pas la réparation en pleine nuit par une pareille mer, ça devra attendre à demain, le
capt attache donc la poignée cassée à l'aide d'une sangle pour éviter que ça ne force et que
la deuxième poignée ne cède. Le lendemain on met les voiles à contre et grâce à cette mise à
la cap, on immobilise le bateau (et les vagues en partie) afin d'effectuer la réparation dans
des conditions plus clémentes. Nous arrivons à ouvrir la trappe sans que les vagues n'emplissent
le bateau d'eau et en deux temps trois mouvements, la réparation est complétée, ouf une facile!
A part ça notre pompe à eau du moteur babord fait encore des siennes. Elle ne pompe pas son eau
pour une raison que nous ignorons encore. La capt pensait l'avoir réparée cet PM mais ce soir il
a dû partir le moteur pour reprendre notre cap alors que le pilote automatique avait lâché et
malheur, le moteur ne crachait toujours pas son eau. Il faudra retravailler sur ce problème.
Il y a la pompe à eau salée de la cuisine qui fait des siennes aussi. Il doit y avoir une fuite
d'air ou quelque chose du genre car elle ne tire son eau qu'au compte goutte. Une des causes que
nous envisageons serait l'incrustation de coquillages ou parasites du genre dans les tuyaux du
passe coque et si c'est le cas, on n'a pas l'intention de plonger dans ces conditions de mer.
pourtant nous pensions les avoir vérifier lors de notre nettoyage de la coque. Oups. j'entends
un bruit. encore un poisson volant. Ces temps-ci nous en trouvons toujours une collection sur
le pont au petit matin. Je suis mieux d'y voir de près car celui-ci s'agite dangereusement
dans le 'cockpit' à quelques centimètres de la porte et menace d'entrer dans le carré. mais bon.
de par la danse du 'bacon' qu'il vient de me faire, je pense qu'il vient de rendre son dernier
respire.
Parlant de pêche, nous avons attrapé un nouveau spécimen en fin de PM aujourd'hui. Il s'agissait
d'une bonite de 16 livres. Plus spécifiquement, ce poisson est appelé bonite à ventre rayé,
listao ou thon skipjack. Nous avons célébré cette prise par un bon souper sushi comme on en
rêvait depuis fort longtemps. Selon le livre, ce poisson est reconnu pour son abdomen souvent
parasité. Le livre disait vrai, on pouvait voir de façon distincte les parasites. Nous nous
sommes donc limités à la partie du dos pour les sushis. Nous avons rejeté toute la partie de
l'abdomen et verrons à bien cuire le poisson avant de le consommer demain. A part ça nous
avons aussi pêché deux belles dorades coryphènes depuis notre départ. Ca faisait du bien car
nous commencions à douter de nos talents de pêcheurs. Ainsi, le voeux de Nicolas s'est exaucé
et il a réussi à pêcher un poisson le jour de sa fête. Le dernier remontait à 28 jours passés,
on commençait à perdre la main.
Ce soir, alors que je bordais les enfants pour la nuit, René réduisait le génois pour nous
ralentir quand un bruit sec se fit entendre. la corde de l'enrouleur du génois a cédé. Oups,
pas une bonne chose non plus! Heureusement, nous avons trouvé une ligne de rechange dans le
coffre à cordages et nous avons réussi à enlever la corde cassée et en enfiler une nouvelle,
en équilibre sur les trampolines dont deux des ancrages ont cédé à date. Il fallait bien sûr
nos vestes de sauvetage et nos harnais de sécurité pour s'attacher au bateau et ne pas se faire
éjecter par le trampoline sous l'effet d'une vague. L'opération fut réussie, non sans être un
peu trempés. Oups.encore une vague de fou qui vient d'inonder le cockpit. Je ferais mieux
d'aller y jeter un oeil.
<pre>
Mercredi 15 avril , Retour sur les Galapagos
Pas toujours des vacances!
09 avril 09
Les Galapagos (Équateur)
Pendant que je suis à la plage de Tortuga avec les enfants et Lucey Blue, René n'a d'autre
choix que de rester en arrière pour effectuer certains travaux. Il lui faut démonter la
pompe à eau de mer du moteur tribord qui fait encore des siennes malgré la réparation
faite à Panama. En démontant le tout, il se rend rapidement compte que les 2 roulements
à billes principaux de l'arbre de la pompe sont brisés. Rien à faire selon lui, alors
il décide de s'en remettre à installer la pompe de rechange qu'un Allemand lui avait donné
à Panama. Ceci étant dit, après l'installation de la pompe, rien ne va plus, ça ne marche
pas. Il décide de se tourner vers son ami Jacques, très connaissant en la matière, qu'il
appelle à l'aide sur la VHF. Deux minutes plus tard, l'annexe est à l'eau et Jacques est
à bord du CAT MOUSSES pour prêter main forte. Jacques se creuse les méninges et trouve
rapidement le problème. Le support de la pompe a été réinstallé par notre ami allemand à
l'envers et la poulie n'est pas installée de la façon que la pompe nous avait été donnée,
la sortie est à l'entrée et vice-versa. Grâce à la technique d'analyse des problèmes
Kepner-Trego de Jacques, ils trouvent le problème. Ils montent, démontent et remontent
la pompe je ne sais plus combien de fois mais finalement, le tour est joué. Pour ne pas
prendre de chance, Jacques offre à René de l'aider pour essayer de réparer l'ancienne
pompe car on ne se sait jamais quand l'autre fera défaut. Un matin, Jacques et René
partent à l'aventure avec l'arbre principal de la pompe et les anciens roulements à billes.
Chemin faisant dans le water-taxi, ils rencontrent un mécanicien local qui leur indique où
ils pourront trouver ce qu'ils cherchent. Croyez-le ou non, 30 minutes plus tard, un
atelier de mécanique leur a fourni les 2 roulements à billes nécessaires (6001 et 6201) et
un technicien leur installe le tout pour la modique somme de $3 US. Toute une aubaine.
René se sent très généreux, il lui donne $4!! Nous avons maintenant une pompe d'eau de mer
de rechange, grâce à notre ami Jacques d'Alexandre IV! Toujours le coeur sur la main ce
cher Jacques.
Durant cette même sortie, Jacques et René en profitent pour faire le plein d'eau douce.
La procédure est assez simple, il faut se présenter avec un taxi chez le dépositaire Agua
Galapagos qui possède un désalinateur d'eau et, acheter au coût de $2 US le 20 litres, des
bouteilles. René prend 10 bouteilles et Jacques fait de même. Allez hop dans la boîte du
taxi en direction du port principal. Une fois arrivés, ils doivent transférer les 20
bouteilles de 20 litres dans un water-taxi, se rendre au bateau, les transférer sur leur
bateau respectif avec une houle très présente, je vous le confirme, c'est du sport. Après
les avoir mis sur le bateau, il faut maintenant les vider dans les réservoirs du bateau.
Jacques nous appelle sur la VHF pour nous dire qu'il a une technique révolutionnaire pour
accélérer le transfert de l'eau. Au lieu de notre entonnoir, on coupe le fond d'une bouteille
d'eau de 5 litres et en les versant on fait tourner le réservoir de 20 litres dans le sens
des aiguilles d'une montre, en environ 7 secondes, les 20 litres sont vidés c'est merveilleux.
Mais attention, il faut que ce soit dans le sens des aiguilles d'une montre de ce côté-ci de
l'hémisphère car dans l'autre sens, c'est beaucoup plus long. René aurait bien aimé avoir
cette technique lors de son premier voyage de 10 bouteilles. Ho well! En tout, René aura
finalement transporté 23 bouteilles de 20 litres pour bien remplir nos réservoirs pour notre
grande traversée. Merci encore Jacques, René s'est encore couché moins niaiseux ce soir-là!
Puisque notre traversée Panama - Galapagos s'est déroulée avec très peu de vent, nous avons
dû nous assister à moteur souvent,ce qui veut dire qu'en arrivant au Galapagos, nous devions
refaire le plein de diésel. Nos réservoirs contiennent un total de 750 litres de diésel et
nous en avons consommé plus de 350 litres durant cette dernière traversée. Nous devons partir
les réservoirs pleins puisque nous ne trouverons pas beaucoup d'endroits dans les prochains
mois pour faire le plein. Rien de plus simple, vous direz, que de faire le plein de diésel
hein! Et bien pas si simple que ça aux Galapagos. Tout d'abord, on doit obtenir un permis
du capitaine du port pour pouvoir acheter du diésel, mais pour nous au prix international,
c'est-à-dire $2.11/gallon au lieu de $1.02/ gallon pour les résidents de l'île. Après
l'obtention du permis, on se dirige avec nos réservoirs de 5 gallons à la station d'essence.
René part avec Jacques avec un total de 24 bidons de 5 gallons pour faire le plein. Avant
de commencer, René doit visiter les bureaux de l'administration de la station d'essence pour
déterminer le prix qu'il devra payer. Après 15 minutes de vérification, la préposée lui dit
qu'il devra payer $2.11 le gallon, wow une cent de plus cher qu'à Panama. Pas de problème,
avons-nous vraiment le choix, on doit faire le plein. Tout en faisant le plein, nous vérifions
l'exactitude de la pompe et nous sommes certains de se faire bourrer d'environ 0,5 gallons
pour chaque bidon de 5 gallons. Quand on calcule les 4 bateaux que nous avons fait
(Cat Mousses, Alexandre IV, Lucey Blue et Wasabi), on a comme le feeling d'avoir payé 38
gallons en trop, évidemment le tout aura généré bien des discussions au bar par après.
Après les bidons remplis, nous recommençons le même chemin qu'avec les bidons d'eau vers le
bateau, mais cette fois avec le diesel. A la fin, on aura fait 4 voyages pour les 4 bateaux
et aurons rempli un total de 76 bidons de 5 gallons. De quoi garder occupés les 4 capitaines
pour une bonne journée!!
Une autre des tâches qui nous attendait était le nettoyage de la coque. En effet, le bateau
commençait à avoir une sérieuse barbe d'algues vertes gluantes où les mini crabes avaient élu
leur domicile. Le matin du départ, René part pour une visite au café internet avec Jacques en
ville et me délègue la tâche de nettoyer la coque. Pas une mince affaire je vous le jure.
Au moins, nous sommes super chanceux d'avoir eu la brillante idée de nous équiper d'un
compresseur avant de partir. Avec ça on peut respirer sous l'eau et travailler à notre guise.
C'est qu'il y a de la vague et de la houle dans la baie de Santa Cruz où nous sommes.
Même lorsque je travaille à la surface de l'eau je suis inondée de vagues en plein visage
sans arrêt. Merci à mon masque et respirateur, sans quoi je serais noyée depuis belle
lurette. Ainsi je débute mes travaux, il y a des gros poissons étranges qui observent
mon manège, je détermine vite qu'il s'agit de mangeurs d'algues qui attendent je leur prépare
à dîner. Ils ne me dérangent pas et n'essayent pas de me mordiller alors on fait bon ménage.
Je gratte pendant trois bonnes heures avec une petite spatule à moitié grugée et une brosse
toute échevelée. J'ai l'impression de raser le bateau avec ma petite spatule de plastic.
Au bout de trois heures, René est de retour et c'est le moment de partir. Je n'ai qu'un
quart du bateau de fait. Je suis exténuée, tellement que je ne veux plus partir. Je me
suis tellement battue contre les vagues que mes batteries sont complètement à plat, je n'ai
plus de jus. Il me convainc quand même car si on est chanceux, on pourra s'arrêter à
Santa Maria (Floreana) et j'aurai une dernière nuit de sommeil avant de partir. Le lendemain
matin, avant de quitter Santa Maria, nous décidons de continuer le travail de grattage avant
de reprendre la mer. Les mêmes poissons m'accompagnent mais cette fois beaucoup plus gros.
Je frotte, je gratte; les coquillages incrustés dans le bateau que je tente de déloger de sur
la coque du bateau me lacèrent les doigts. Il y a moins de vagues c'est au moins cela mais
le travail n'est pas moins dur. Je surveille du coin de l'oeil de temps à autres pour voir
si d'autres amis ne se présentent pas la face. Puis René vient m'aider et commence l'autre
côté de la coque. Tout-à-coup j'entends un cri, requins, requins! Et oui ils sont là, ce
sont des requins Galapagos, une espèce endémique qu'on ne trouve qu'aux Galapagos. Si je me
rappelle bien, ils sont herbivores et mangent des algues tout comme les requins 'White Tips'
alors je me mets à l'observer. Impressionnant. Il est à 2-3 pieds de moi tout au plus et
me regarde. Il tourne autour de moi. Il est superbe, un vrai requin, depuis le temps que je
voulais en voir un de près. Il est bien beau mais il a l'air de me trouver pas mal belle
aussi. Il rôde autour de moi. il parait que ce n'est pas normal qu'il tourne (spécifiquement)
autour de toi. Puis on me crie de revenir sur le bateau. Je veux bien mais je suis attachée
au bateau grâce au super système de cordes de Thomas qui me garde en place près du 'spot' que
je gratte sur le bateau. Je vois Thomas farfouiller avec les cordes pour essayer de me détacher
et je suis finalement décrochée. Je nage jusqu'à la jupe arrière du bateau. René m'explique
qu'il y a trois requins et que dans son cas, il a senti quelque chose lui mordiller une
orteille.. Et ça adonne que la seule chose qu'il y avait autour lorsqu'il s'est retourné, était
un requin. Hmm! N'était-ce pas ce genre de requins qui ont attaqué des 'surfers' il y a une
semaine de cela? Autant ne pas prendre de chances. On attend qu'ils partent, puis on met les
enfants sur la 'watch' (vigie) à partir du pont et on retourne à l'eau. Au bout d'une quinzaine
de minutes les requins sont de retour et recommencent à rôder autour de nous. C'est assez, nous
n'insistons pas, on fera le reste à partir de l'annexe. Ce sera moins bien fait mais plus
sécuritaire. On se raconte sûrement des peurs, les locaux nous dirons probablement que ces
requins sont inoffensifs mais avec mes règles et nos doigts plein de coupures, on aime autant
rester prudent. Selon les locaux les requins Galapagos sont inoffensifs mais nous avons su
aujourd'hui qu'ils sont inoffensifs .. à moins de flairer du sang. Oups! Après tout ce ne
sont pas des bôbards. Il y a bel et bien eu des attaques récemment et un gars a perdu deux
doigts en tentant d'écarter un requin qui lui labourait le mollet. En tout et partout,
nous aurons vu trois sortes de requins dans les Galapagos. Les requins marteau, les requins
Galapagos et les requins 'White Tips'.
Parlant de requin. Au cours de notre deuxième journée de navigation vers l'île de Pâques, alors
que nous nous croyons seuls au monde, nous recevons la visite impromptue d'une petite barque
avec trois pêcheurs à son bord alors qu'on s'apprête à dîner. Ils nous arrivent de nulle part.
Sur le coup, nous sommes un peu déséquilibrés. Ca fait un peu peur. Catherine a bien raison
de nous dire qu'elle a peur. On a beau lui dire en riant :' Ben non ne t'inquiète pas!'. on
a quand même un petit pincement en dedans. Et si c'était .. Mais non, finalement ce ne sont
que trois pêcheurs qui ne cachent rien d'autres qu'une vingtaine de requins blancs empilés
au fond de leur barque. Ils ont pêché toute la nuit à l'aide de filets. Un bateau les rejoindra
d'ici quelques heures pour venir chercher leur cargaison mais ensuite ils auront à parcourir 5
jours de navigation entre ici et leur lieu de départ en Équateur. Nous leur offrons une bière
qu'ils acceptent volontiers mais ils nous demandent des cigarettes. Nous leur passons un sac
contenant, bières, cigarettes et allumettes. Ils repartent heureux et nous laissent encore
sous le choc. On ne s'attendait pas à ça. Apparemment qu'en Équateur la chasse aux requins
est toujours permise. C'est pour exportation nous disent-ils. En tout cas, je pouvais déjà
sentir des drôles d'odeurs à partir du catamaran. Vous imaginez ces bêtes empilées au fond
d'une barque pleine de sang, sous le soleil plombant, sans aucun moyen de réfrigération, et
ce depuis 17h00 hier soir. Ca commençait à dégager. Somme toute, on a été soulagés de voir
ces requins au fond de la barque car j'avais justement hâte de savoir ce que contenait la
barque. On peut parfois rencontrer des pirates de la mer qui prétendent être deux ou trois
jusqu'à ce que les autres émergent de sous une couverte. Ha les histoires de peur! Reste
qu'il faut rester vigilent.
Finalement, d'après un communiqué envoyé par mon beau-frère Luc, il semble que nous ayons
quitté Les Galapagos juste à temps. En effet, le volcan La Cumbre a commencé à expulser de
la lave, des gaz soufrés et de la fumée dans l'île inhabitée de San Fernandina samedi, après
quatre années de sommeil. L'éruption ne met pas en danger les habitants de l'île voisine
d'Isabela mais la lave qui se déverse dans la mer pourrait affecter la vie marine, les iguanes,
les loups et d'autres éléments de la faune terrestre. Fernandina est l'île de l'archipel la
plus souvent touchée par des éruptions, la dernière éruption datait de 2005. Jacques et Josée
d'Alexandre IV vont tenter de voir la coulée de lave en passant de nuit non loin de là lorsqu'ils
reprendront la mer, histoire à suivre.
Lundi 13 avril , En route vers l'Île de Pâques
Pâques et la fête de Nicolas
12 avril 09
En route vers l'Ile de Pâques
Cette année, étant donné que l'anniversaire de Nicolas tombait le même jour que
Pâques, un conseil de famille a été tenu et Nicolas a décidé de devancer sa fête
d'un jour afin d'avoir deux journées spéciales à célébrer plutôt qu'une. En mer,
il est toujours agréable d'avoir des occasions de célébrer. Ainsi, Nicolas s'est
rapidement mis à la tâche pour élaborer un programme de fête des plus variés.
D'abord, il a décrété que pour sa fête, il n'y aurait pas d'école. nous n'avons
pas pu lui refuser ça. en plus nous étions samedi. Il a également exprimé les
désirs suivants: avoir un gâteau de fête de son jeu préféré (Fate), faire une pinata
(fabriquée par Antoine et lui), faire une chasse aux trésors, jouer à 'Fate' et
écouter des films à loisir. Ainsi, à son réveil, il était d'attaque pour se lancer
dans la chasse aux trésors que je lui avais savamment préparée pendant une bonne
partie de la nuit lors de mon quart. Ainsi, mon Nicolas qui s'attendait à avoir
congé d'école, a passé un bon 45 minutes (sinon plus) à résoudre des énigmes, équations,
charades et à faire des exercices d'accords pour pouvoir tranquillement mais sûrement,
trouver les indices qui le menaient à ses cadeaux (une montre de papa et maman et un
stylo et une série de quatre petits livres de la Cabane magique de son parrain et sa
marraine). Il a vraiment eu du plaisir à faire cette chasse aux trésors, c'est ce
qu'on appelle apprendre tout en s'amusant. En après-midi nous avons écouté le film
Le Grand Bleu, puis le film de la petite maison dans la prairie, avec pop corn s.v.p.
Nous avons donc passé une agréable journée en famille et tous les désirs de Nicolas
furent exaucés.
Les enfants ont vraiment attrapé la piqûre de la lecture et ils ont toujours le nez
rivé dans un livre. Catherine en a toujours 2 ou 3 (on the go), Thomas de son côté
dévore littéralement les livres. Il vient de découvrir les livres dont vous êtes le
héro. Nous n'en avons qu'un seul à bord mais il semble déterminé à le faire et le
refaire jusqu'à ce qu'il connaisse toutes les options possibles d'un couvert à l'autre.
Nicolas fait pareil et prend une grande fierté à lire ses livres rapidement aussi.
Thomas a corrigé ses travaux de recherche cette semaine et je fus surprise de voir
qu'il a effectué au cours des dernières semaines, quatre recherches de qualité assez
impressionnante. Il a fait une recherche sur l'esclavage, une sur le Canal de Panama,
une sur Machu Picchu et une sur les Galapagos en général et l'iguane marine de façon
plus spécifique. Sa prochaine recherche portera sur l'île de Pâques.
Aujourd'hui, nous sommes le 12 avril, dimanche de Pâques. Le lapin des Pâques est
passé au cours de la nuit et il nous a caché des petits cocos un peu partout. Depuis
hier nous traversons une zone de systèmes et les grains se multiplient. Nous avons
recueilli, juste dans la journée d'hier, au moins 90 litres d'eau de pluie. C'est
parfait pour les douches et l'eau de vaisselle. Le capt nous a avoué ce matin qu'il
avait lu dans sa bible de navigation de Jimmy Cornell que l'endroit précis où nous
nous trouvons actuellement est un endroit (entre 90 et 95 degrés Ouest et 3 et 8
degrés Sud) à éviter.oups!!! Il semble qu'il a voulu, pour éviter les détours inutiles
(disait-il)., continuer sa ligne droite. Résultat! On se fait brasser le canadien
depuis hier et a bien hâte de sortir de cette section de mer désordonnée. Ca faisait
longtemps qu'on n'avait pas eu ce genre de mer et on ne s'en ennuyait pas. Le bon
côté c'est qu'on a finalement du vent et faisons du 7 noeuds. mais à quel prix.
Faut croire qu'on ne peut pas tout avoir dans la vie. Reste que ces grands navigateurs
se sont fendus en quatre pour mettre leurs conseils sur papier et il vaudrait mieux
essayer de suivre leurs conseils, hein capitaine? J'imagine que je (René) dois
répondre hein? Je dois avouer que Jimmy Cornell avait raison, la bonne nouvelle
est qu'après une journée de machine à laver, nous en sommes finalement sortis et
les vents sont présentement bien établis et nous mangeons les miles nautiques à une
très bonne vitesse. Il ne nous reste que 1423 Mn à faire et on prévoit arriver soit
tard le 23 ou tôt le 24 avril pour aller visiter cette île mystérieuse et ses statues.
Jeudi 9 avril , Galapagos
Les Galapagos - Suite
08 avril 09
Les Galapagos (Equateur)
Nous sommes mercredi le 8 avril, nous sommes présentement en mer et faisons route
vers notre prochaine destination, l'Ile de Pâques que nous mettrons au moins 18
jours à atteindre. C'est un soir de pleine lune, il fait un vent de travers d'une
dizaine de noeuds ce qui nous permet de faire un 4.5 à 5 noeuds confortable sous
génois et grand voile. Ce n'est pas vite mais cette fois-ci nous naviguons seuls
et nous n'avons aucun 'timing' ou délai à rencontrer. Ca prendra donc le temps
qu'il faudra, nous allons dorénavant être plus avares quant à notre consommation
d'essence et nous laisser voguer au gré des vents et des vagues. René a commencé
à faire fonctionner le désalinateur d'eau et c'est un succès, nous nous attendons
donc à être complètement autonomes côté eau, diésel et nourriture pour les 2 mois
à venir pour nos arrêts à l'île de Pâques, Pitcairn, Gambiers et finalement les
Marquises.
Nous avons grandement apprécié notre séjour dans les Galapagos. Nous pourrons dire
que nous en aurons profité à plein. A titre informatif, les Galapagos, aussi appelé
archipel de Colon, signifie également 'tortue de terre géante' . C'est un groupe
de 13 îles majeures et plusieurs plus petites. Ce sont des îles volcaniques,
géologiquement très jeunes. Selon le célèbre naturaliste, Charles Darwin, qui y a
mis le pied en 1835 pour la première fois, il y aurait eu jusqu'à 2000 volcans sur
ces îles. Les roches les plus vieilles datent de 5 millions d'années alors que les
plus jeunes n'ont qu'un million d'années. Les îles Galapagos sont situées au
confluent de 8 courants marins dont les deux courants majeurs sont celui de Humboldt
venant du sud et l'autre venu du nord, communément appelé à tort, le courant El Nino.
Ces courants font que les températures des eaux varient considérablement, permettant
à différentes espèces d'y vivre. A titre d'exemple, le courant froid de Humboldt
supporte les colonies de deux espèces de loups marins. A l'exception des tortues
de mer, tous les reptiles de cette île sont endémiques et ne vivent qu'aux Galapagos,
ces espèces endémiques à l'île sont les tortues de terre géantes, les lézards de lave
et certaines espèces d'iguanes de mer et de terre. A ceci s'ajoutent les requins
Galapagos ainsi que plusieurs espèces d'oiseaux de mer dont le manchot des Galapagos
et le Cormorant (flightless) ainsi que la plupart des oiseaux de terre. Bizarrement,
les animaux n'ont aucune crainte vis-à-vis des humains et se laissent approcher et
même toucher à l'occasion. Les habitants des Galapagos sont extrêmement avenants
et accueillants et ceci est encore plus vrai lorsqu'on sort de l'île la plus touristique
de toutes, soit Santa Cruz où nous nous sommes arrêtés. Comme nous n'avons pas réussi
à obtenir l'autografo nous permettant de nous promener à notre guise dans les quatre
îles principales des Galapagos, il nous faut y aller par le biais d'excursions.
Nous avons choisi l'île de Santa Cruz comme port d'entrée. Après avoir vu les autres
îles qui ont toutes leur petit cachet, nous ne regrettons en rien notre décision
initiale. L'île de Santa Cruz possède tout ce qui est nécessaire pour effectuer des
réparations aux besoins et se réapprovisionner convenablement avant une grande traversée.
L'ancrage peut être assez rouleur mais c'est dans cette ville que toute l'action se
passe et en prime, on y retrouve la même panoplie d'animaux que sur les autres îles à
peu de choses près (sauf pingouins et flamands roses).
Mardi PM, après un avant-midi d'école avec les enfants et de travaux de recherches sur
un animal de leur choix des Galapagos, nous partons visiter le centre de recherche de
Charles Darwin. Grâce aux bons contacts de Joëlle, la nièce de Josée et Jacques, nous
faisons la visite en compagnie d'un guide officiel (Joed - ami de Joëlle) qui contribue
à rendre notre visite des plus enrichissantes. Énergique et dynamique, il est passionné
par son travail et trouve le moyen de captiver les enfants par son don de vulgarisation
évident. Il explique les choses, on ne peut plus clairement, et on ressort de là
enchantés de tout ce qu'on a pu apprendre en si peu de temps sur les courants, les volcans,
la faune et la flore des îles. Nous apprenons tout plein de choses sur les tortues et
les loups de mer. Les enfants sont toutes ouies et prennent des notes pour leurs projets
de recherche respectifs : les tortues de terre, iguanes marins, requins baleines et raie
manta. On nous y apprend que les îles Galapagos, au 17ième siècle, étaient le refuge
par excellence des pirates et des navigateurs qui s'y arrêtaient pour se réapprovisionner
en eau et en nourriture. Bien qu'ils avaient introduit chèvres, cochons et bétail sur
l'île, ils trouvaient plus facile de simplement stocker les cales des bateaux avec des
tortues vivantes qui leur fournissaient de la viande fraîche au besoin. Ce carnage a
pratiquement complètement éteint la population de tortues de terre de l'île, tant et si
bien que sur une des îles, il ne restait que 12 ou 14 tortues quand Darwin est intervenu.
Aujourd'hui, mis à part la célèbre tortue Lonesome Georges et certaines autres espèces
disparues, les tortues ne sont plus en danger d'extinction.
Le lendemain, notre guide (Joed), nous emmène passer la journée à la plage de Garrapatero.
Encore là, il nous apprend une multitude de choses sur les mangroves, crabes, oiseaux,
insectes et poissons de l'endroit.
Bon, me voici de retour. Il est trois heures du matin, je commence mon quart.Ouf pas
toujours facile de se motiver à se lever à cette heure-là! Et en plus on a fini les
'24 Hours' snif!! Nous sommes seuls au monde, pas un bateau en vue depuis notre départ.
Aucun signe de mal de mer donc l'école reprend dès demain matin.
Où en étais-je dans mon récit.Jeudi. le grand jour est enfin arrivé! C'est aujourd'hui
qu'arrive Lucey Blue et cette chère Amanda. Catherine s'est couchée toute habillée la
nuit passée au cas où Lucey Blue serait là à son réveil, c'est qu'Amanda et elle ont
convenu de leur tenue d'arrivée. Après tout ce sont des jumelles! Et bien Catherine
avait raison, à son réveil, Amanda est bien là. Ils sont arrivés vers 06h00 AM. Nous
les contactons pas radio, je pars avec Ina en ville question d'aller porter du lavage
et faire quelques emplettes puis j'organise un tour guidé de la baie pour l'après-midi.
Nous sommes Cat Mousses, Lucey Blue et Jacques d'Alexandre IV. Quel bel PM nous passons.
En tout juste quelques heures, Lucey Blue voit ses premiers loups de mer, iguanes, fous à
pieds bleus, tortues, crabes rouges et tout. Nous plongeons avec les loups de mer et les
iguanes, nous sommes émerveillés mais le courant est très fort ce jour-là. Afin de
diminuer la grosseur de nos sacs, j'ai laissé nos palmes sur Cat Mousses. mauvaise idée!
Il faut nager très fort par moments. D'ailleurs, à un certain moment, je m'approche
dangereusement des récifs sans m'en rendre compte. J'ai tôt fait de m'en rendre compte.
les vagues me ramassent et je vais me fracasser les jambes sur le récif. Jacques
(Cousteau) comme je l'appelle, qui a observé le manège, arrive de nulle part pour venir
me sauver . d'une mort certaine... Non sérieusement une chance qu'il était là car je ne
sais pas comment je serais parvenue à me battre contre ces vagues sans mes palmes. Je
reviens au bateau avec les genoux et une cheville en sang mais rien de grave. Tant que
ça n'attire pas les requins. Nous sommes bien heureux d'avoir attendu Lucey Blue pour
faire ce tour. Comme ils ne sont ici que pour 4 jours, il faut s'assurer de maximiser
les visites.
Le lendemain, alors que les hommes font de la maintenance, Ina et moi emmenons les enfants
à la plage de Tortuga. Il faut marcher 3.5 km pour s'y rendre mais c'est tout-à-fait
magnifique. Sur le sable de la plage, on voit les traces laissées par les tortues qui,
pendant la nuit, vont pondre leurs oeufs dans les dunes. Arrivés sur place, nous plongeons
avec les iguanes et les poissons. L'endroit est paradisiaque mais nous devons retourner
au bateau car cet PM il faut aller faire nos emplettes au marché de fruits et légumes.
En effet, c'est le vendredi en fin de PM qu'ils reçoivent leurs produits les plus frais
pour le méga marché du samedi matin qui débute dès 05h30-06h00 AM. Dès 09h00, les tables
sont déjà très dénudées, il vaut donc mieux y aller le vendredi PM surtout que nous
partons pour une excursion de deux jours à l'île Isabela dès 06h00 AM demain (samedi).
Nous rapportons les fruits et légumes de Lucey Blue avec nous afin qu'ils puissent aller
visiter le centre Darwin. Ils emmènent Catherine et Nicolas et ce fut une très bonne
chose car Nicolas a réussi à leur faire vivre le même tour guidé que Joed nous avait donné.
Il se rappelait de tout, leur a tout répété et les a trimballés d'un coin à l'autre de la
station, tant et si bien qu'il a réussi, en une heure, à tout leur montrer avant que la
noirceur ne tombe. Il leur a même montré la légendaire tortue 'Lonesome Georges'. Ce
cher mâle, dernier survivant de son espèce, caché dans un petit racoin de son enclos.
Comme il n'est encore âgé que de 80 ans, les chercheurs estiment qu'ils ont encore de
80 à 100 ans pour que le science trouve une solution de reproduction pour cette petite
bête qui ne semble pas du tout intéressée par les demoiselles tortues qu'on lui présente.
Samedi matin, nous partons à 16 personnes, Wasabi, Alexandre IV, Lucey Blue, Joëlle et
Luis ainsi que Cat Mousses pour une excursion de deux jours à l'île Isabela. Afin d'avoir
deux jours complets de visites, nous réservons un bateau 'charter' pour notre groupe
seulement. Nous partons dès 06h30 et le chauffeur nous emmène faire le tour de l'île de
Tortuga tout près d'Isabela. Cette île de Tortuga est magnifique. Inhabitée, elle
regorge de loups marins, de milliers d'iguanes ainsi que d'une impressionnante horde
d'oiseaux de toutes sortes dont les fous à pieds bleus et frégates qui déploient leurs
belles gorges rouges, gonflées à bloc pour séduire ces dames. Tout un spectacle!
Dés notre arrivée sur l'île nous allons déposer nos sacs à notre auberge/hôtel. Les
chambres nous reviennent à 10$ par personne et 7$ pour les enfants. Inutile de dire
que ça fait du bien de se payer un vrai lit, une vraie douche (quoique froide), de l'air
climatisé et une télévision avec des comiques pour enfants. Ce petit luxe est bienvenu
de tous. En PM, nous partons faire un tour guidé de l'île pour y voir les manchots,
loups de mer, tortues, iguanes et autres. Malheureusement les requins sont absents
ce jour-là. Nous plongeons à deux reprises et voyons une tortue de mer, une raie et
des loups de mer. Au retour notre guide nous offre de nous emmener voir le mur des
larmes, ce fameux mur construit par des prisonniers suivant la deuxième guerre mondiale.
Ces derniers étaient gardés prisonniers de cet endroit éloigné de toute civilisation et
devaient, comme châtiment, transporter de lourdes roches, à pieds (parfois avec des
chaînes au pied) sur une distance de 5 km avant d'aller la poser par-dessus les autres
roches pour former un mur qui devait devenir un enclos pour les prisonniers. Ces
derniers étaient maltraités et n'avaient pour ainsi dire, rien à boire et manger.
Après un an de ce manège, une partie du mur s'est comme par hasard. hum hum. effondré
sur un garde. Bizarrement, c'est là que cessa la construction de ce mur, depuis
appelé 'Muro de lagrimas'. Le lendemain ce sont les volcans 'Sierra Negra' et le
plus petit 'Chico' que nous avons visités. Nous y sommes allés à dos de cheval
(1h30 durant) et avons terminé la route à pied. C'est impressionnant à voir. Sierra
Negra est le deuxième plus gros volcan au monde. Il y a eu une coulée de lave à cet
endroit il y a à peine trois ans passés. Du volcan 'Chico' on peut distinguer trois
strates, soit voir la différence de végétation laissée par une éruption survenue il y a
un million d'années, puis mille ans passés et enfin cinquante ans passés. Les enfants
ont adoré cette journée plus que tout. Ils étaient champion sur leur monture. Catherine
s'est découvert un autre talent inné. Elle est d'une posture et d'une élégance inégalées
sur un cheval. Elle monte et dirige sa monture de façon tellement naturelle et élégante,
c'était magnifique à voir. Tous ont adoré et Antoine a monté avec moi mais c'est lui qui
conduisait. C'était pas mal drôle, il m'a dit 'Maman tu ne touches pas, tu peux dormir,
c'est moi qui conduit'. Force fut de constater qu'il y arrivait très bien, j'ai donc
dû le laisser faire tout seul. mais je n'ai pas dormi. ça dort mieux sur les motos et
les motoneiges je trouve. Thomas et Nicolas faisaient la course avec Simon.
Le lendemain nos amis de Lucey Blue quitte en direction des Marquises car Buc doit quitter
Hiva Oa le 9 mai pour aller travailler en Norvège. Nous tenterons de les rejoindre pour la
fin mai aux Marquises afin de faire un bout de chemin ensemble en direction de Tahiti.
C'est également notre dernière journée de maintenance, il y avait beaucoup à faire mais
nous avons terminé la journée en beauté avec un souper 'd'au revoir' sur Cat Mousses en
compagnie de Wasabi et Alexandre IV avec au menu brochettes, riz et salade avec crevettes
en entrée et trois bons desserts. Ce fut délicieux comme pot luck. Nous avons largué
les amarres vers midi le lendemain. Une fois à la hauteur de Floreana à l'île de Santa
Maria, nous demandons l'autorisation de nous y arrêter pour la nuit pour travailler sur
notre pompe à eau. La permission nous est accordée mais on nous demande de passer par
le bureau du capitaine du port. Comme nous n'arrivons pas à obtenir la location exacte,
que nous n'avons pas cette info sur la carte et qu'il se fait tard, nous nous arrêtons
dans la baie de Bahia de correo. Nous avons eu deux touches sur nos lignes en pêche cet
PM car en remontant les trois lignes, on découvre que deux des leurres sont disparus.
Des monstres de la mer sont encore partis avec nos leurres. Nous faisons un spécial
'souper bananes' composé de petits pains aux bananes chauds, muffins aux bananes et
croustillant aux bananes. C'est que notre régime de bananes, contrairement à d'habitude,
a mûri extrêmement rapidement. Nos bananes étant toutes prêtes en même temps, on a
affaire à les consommer rapidement. Au rythme où on est allés aujourd'hui, on devrait
réussir. C'est qu'on a calculé avoir utilisé 34 bananes depuis le matin aujourd'hui.
On a fait 4 recettes en tout et partout, un déjeûner, deux collations et un dessert
utilisant 34 bananes. On ne devrait plus avoir de problèmes de diahrées si ce qu'on
dit est vrai car en principe, les bananes ça constipe.
Au petit matin, il y a 4 bateaux de touristes. Dès 07h30 nous descendons à terre sur
la plage avec notre annexe pour aller y déposer une carte postale dans ce qu'on appelle
'le most famous post office in the world'. Ce sont simplement des barils de courriers
autrefois utilisés par les baleiniers qui laissaient leur courrier ici et le prochain
qui passait s'occupait de livrer le courrier à qui de droit où il se rendait et ce
tout-à-fait gratuitement. Nous laissons une carte postale dans la boîte aux lettres
et en ramassons trois pour l'Australie et le Nouvelle-Zélande. Il nous faut vite
repartir car en l'espace de 15 minutes, trois guides nous arrêtent pour nous dire que
nous n'avons pas le droit d'être là sans guide et que nous sommes passibles d'une
amende de 2000$. Notre livre dit pourtant qu'il est légal de s'arrêter à cet endroit,
en autant que l'on ne se mette pas à se promener ailleurs sur l'île. De retour au
bateau, nous terminons le carénage du bateau mais ce faisant ce qui devait arriver
arriva et nous sommes abordés par les gardes du parc national. Ils prennent des
dizaines et des dizaines de photos du bateau, on leur fait des 'bebyes' et des 'holas'
mais après être monté à bord, le monsieur, qui n'entend pas à rire et n'a pas l'intention
d'écouter ce que j'essaie de lui expliquer en espagnol, nous somme de le suivre
jusqu'au prochain port où se trouve le bureau des autorités. Nous partons donc,
escortés, pour franchir les 3 miles nautiques qui nous séparent du port. Une fois
sur place, le capt du port monte à bord en compagnie du directeur du parc national.
Ils nous écoutent, appellent à la radio, parlent à je ne sais qui, réfléchissent,
tournent nos papiers de tous les côtés pendant près de 30 minutes et ne trouvent pas
de raison de nous retarder plus longtemps. Nous avons déjà notre 'Zarpe' qui nous
autorise à quitter les Galapagos et n'avons rien fait d'illégal en arrêtant à la boîte
de courrier. La seule chose est que nous ne saurons jamais qui est le fameux capitaine
de port qui nous a donné l'autorité de nous arrêter. Personne ne connait l'identité de
ce personnage. Nous n'avons pourtant pas rêvé, nous lui avons parlé à plusieurs reprises
avant de nous arrêter hier et personne ne trouve de traces de nos communications dans
les logs books du port. Très bizarre mais nous nous sortons de cette impasse indemne.
Les enfants ont eu chaud! Les autorités des Galapagos sont sérieuses avec leurs
règlements et gare à qui veut y contrevenir. (nous avons rencontré des Français dans de
beaux draps lors de notre visite aux Galapagos). En fait, il n'y a pas si longtemps,
il était devenu complètement interdit pour les plaisanciers de s'arrêter aux Galapagos,
mais avec le temps les autorités ont baissé la garde pour autoriser un arrêt d'urgence de
3 jours maximum à moins d'avoir préalablement obtenu un permis de visite pour raisons
de recherches scientifiques (très difficile à avoir). Le gouvernement équatorien a
éventuellement réalisé le profit potentiel relié au tourisme venu par voie de la mer
et autorise maintenant des séjours de 20 jours. Nous avons bien essayé d'obtenir un
autografo mais comme il en coûte environ de 800 à 1000$ pour l'obtenir et qu'il ne
permet en fait de s'arrêter à quatre îles seulement, îles qu'on ne peut de toute façon,
pas visiter sans guide officiel une fois sur place, nous avons calculé avoir fait une
bonne affaire en n'obtenant pas ce permis. Au bout du compte, nous repartons en ayant
vu trois des quatre îles officielles et il nous en a coûté moins que si nous avions
eu à défrayer les coûts d'un autografo. Bref, nous avons profité au maximum de notre
escale aux Galapagos et nous gardons de magnifiques souvenirs de cet endroit exotique.
Mercredi 8 avril , Galapagos
Journal de bord Spécial
Extrait du blog du Réseau du Capitaine (très intéressant en passant)
http://reseauducapitaineconam.blogspot.com/
VE0RBD - CAT MOUSSES 01°17 7 Sud 90°32.W vent 7/8 noeuds de sw,
Catmousses venait juste de sortir de son ancrage, le vent n'était pas représentatif
de ce qu'il attendait sans doute était ce une déformation, par les îles. Pendant la
nuit, il suivra un cap au 214° direction l'île de Pâques Ce matin comme il le mentionnait
sur le réseau, il y avait plusieurs bateaux de tourisme dans la baie. A 7h30 ils ont
mis leur annexe à l'eau, sont allés au bar, où tous les touristes allaient. Ils se sont
fait approcher par un premier guide. Les guides aux Galapagos servent de police et
surveillent les bateaux étrangers. Le premier guide auquel René a parlé était gentil et
conciliant. Il a expliqué qu'il venait de Santa Cruz et qu'il s'arrêtait uniquement pour
mettre une carte postale dans la boîte et pour nettoyer sa coque. Un autre guide l'a
approché, celui-là moins conciliant, demandant où était le guide réglementaire qui devait
accompagner selon le règlement la famille catmousse. Il a redonné son histoire. La famille
s'est alors rendue à la poste, a acheté des cartes postales pour les mettre dans la boîte
en espérant que cela arrive un jour au Québec. Ils sont tous rentrés au bateau et ont
entrepris de gratter la coque. René précisait que c'était bcp plus facile sur santa maria,
car au mouillage de Santa Cruz, Dany, hier avait bcp bataillé avec la vague s'était bcp
fatiguée à nettoyer, mais le remous l'avait empêché de tout finir. Donc cet après-midi,
ils s'y sont remis, mais René a dû sortir de l'eau précipitamment, il avait senti quelque
chose lui toucher le pied. Une fois à bord, il a réalisé que les requins tournaient autour
du bateau. Ils ont donc fini de nettoyer via l'annexe. Les locaux les avaient prévenus
qu'une fois que ces grosses bibites commençaient à tourner il valait mieux ne pas rester
dans l'eau. (le nettoyage doit les attirer selon Jacques, car attirés par tout ce qui
se décroche, les requins auront aussi humé de près le pied de René...)
René mentionnait qu'il ne regrettait pas s'être arrêté, car le mouillage de santa maria
était bcp plus propice au nettoyage de coque, puisque protégé Une fois le nettoyage fini,
René a vu arriver la police, et les autorités du parc. La délégation est montée à bord, il
a voulu leur offrir de l'eau, mais visiblement ils ne voulaient pas jaser. Malgré un trait
de recul, ils ont quand mm été gentil. Néanmoins, les autorités leur ont demandé de lever
l'ancre, pour les suivre vers le port le plus proche., ils ont laissé René raconter son
histoire, il leur a mentionné qu'il avait appelé sur la radio la veille au soir les autorités
du port le plus proche, qu'il avait donné les raisons de son arrêt. Visiblement, ils
voulaient autre chose, René disait qu'ils tergiversaient. Ils ont demandé les papiers,
et comme ils étaient en ordre,finalement, la délégation a laissé partir Catmousse vers le large.
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