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Journal de bord
Avril 2010

 

Vendredi 30 avril , Fidjis 



30 avril 2010
Dravuni Island, Fidji

Récit  135 - Les Fidjis 

Bula (Hello),
Nous sommes maintenant bel et bien arrivés et commençons à apprendre à connaître

les Fidjis et ses habitants. Le groupe des Fidjis se compose de plus de 300 îles,

duquel seul le tiers sont habités. Les deux îles principales, Viti Levu et Vanua

Levu, sont volcaniques et représentent la majeure partie des terres.  Société

extrêmement multi-culturelle, les Fidjis sont habitées par les Fidjiens, Indiens,

quelques Européens, Chinois et habitants venus d'autres îles du Pacifique. La

population en 2004 dépassait les 804 200 habitants. Les langues parlées sont le

fidjien, l'indou (hindustani) et l'anglais. Le climat maritime ici est doux et 

tropical, nous entrons présentement dans la saison sèche et plus fraîche dès le

mois de mai.  Je confirme qu'il ne doit plus rester de pluie après tout ce que nous

avons reçu comme précipitations lors de notre arrivée à Suva, la capitale. 

 Le surlendemain de notre arrivée à Suva, soit le lundi, nous avons finalement

rencontré les autorités venues sur notre bateau pour faire les procédures d'entrée

au pays. Ensuite il fallait compléter le tout en allant faire une visite à

l'immigration en ville.  Une véritable tour de babel que cette histoire, mais à la

fin de l'après-midi les hommes avaient complété les papiers alors que Josée, Emie,

Jane, moi et les enfants avions fait le tour du marché de fruits et légumes pour

se réapprovisionner en frais.  Nous avons aussi fait un saut dans un marché de

viande, à la boulangerie et dans une petite épicerie. En quelques heures nous

étions prêts à retourner au bateau, fatigués de tout ce tourbillon de monde,

de bruits et stimulis.  Tout de même, nous avons trouvé les gens très aimables

et accueillants.  Plusieurs messieurs, alors que nous attendions les hommes, se

sont arrêtés pour nous parler et nous souhaiter la bienvenue dans leur pays dont

ils sont très fiers. Ce soir-là nous avons célébré notre arrivée aux Fidjis avec

un souper au Yacht Club.

 Le lendemain matin, nous repartions pour une navigation d'environ huit

heures pour rallier une île plus tranquille, soit Dravuni, une petite île d'une

centaine d'habitants que nous sommes les trois premiers bateaux (Cat Mousses,

Alexandre IV et Imagine) à visiter cette année. Ils reçoivent aussi la visite

d'une quinzaine de bateaux de croisière par année, visites au cours desquelles ils

en profitent pour vendre leurs tissages, poteries et autres. Notre journée de

navigation était idyllique, enfin nous avons ressorti les maillots de bain et nous

travaillons à nous refaire un petit 'tan', quoique que le soleil ardent soit très

traître, voire même insupportable. En mer au moins nous avions une belle brise, nous

étions au paradis.  Au départ Imagine avait lancé un défi, soit un concours de pêche

dont ils ont été les gagnants avec une belle dorade coryphène de 25 livres.  Ce

soir-là, on s'est fait un méga festin sur Cat Mousses (7 adultes et 7 enfants). 

Nous avons une eu une très belle soirée. 

 Aux Fidjis, il est de coutume, lorsqu'on arrive sur une île, d'offrir au

chef du village une offrande de racine de Kava, racine que nous avions bien sûr

pris le soin d'acheter en quantité au marché de Suva. Cette offrande est donnée et

acceptée lors d'une cérémonie appelée 'sevusevu' que je laisserai le soin à Emie

de vous décrire dans son récit qui suivra ci-bas. 

 Depuis notre arrivée ici, nous faisons l'école le matin, entrecoupée de

séances de baignades, avant,  pendant la pause et après l'école. En après-midi

nous débarquons à terre sur la plage et passons du temps avec les villageois.  Cet

PM nous avons visité l'école puis le 'mayor' (représentant du village) nous a

emmené sur une petite excursion d'une trentaine de minutes pour escalader le plus

haut point de vue de l'île, magnifique.  On nous a ensuite offert des noix de coco

à boire et nous nous sommes assis pour jaser.  Demain après-midi, nous sommes

invités à un festin cuit sous la terre, un peu comme nous avions vécu en Polynésie. 

Avant de repartir vers le bateau, un des hommes du village a approché René pour

lui demander s'il n'aurait pas quelque chose pour réparer son harpon de pêche

sous-marine.  Nous l'avons ramené sur le bateau, lui et son petit fils de 3 ans,

et René lui a réparé deux de ses harpons.  Ce monsieur est reparti, heureux comme

un pape, le sourire fendu jusqu'aux oreilles, promettant à René une expédition de

pêche. Il nous a offert en échange un énorme régime de bananes et deux fruits de

son arbre à pain que je ferai goûter à Emie ce midi.  René, Jacques et Mark partent

pêcher avec ce monsieur dès 08h00 ce matin.  Espérons que leur pêche sera aussi

fructueuse que celle de l'autre nuit qu'Emie vous décrira.  Sur ces mots, je lui

cède d'ailleurs maintenant la parole pour un récit racontant nos premiers moments

sur cette petite île de rêve.



Texte de Émie



Bonjour!

Je vous envoie quelques nouvelles des Fidjis. Nous sommes donc ancrés près d'une

île nommée Dravuni. Magnifique île bordée d'eau turquoise habitée par un petit

village d'environ 100 Fidjiens. Nous avons navigué durant une journée de Suva

jusqu'ici et j'ai pu en profiter pour passer la journée sur le voilier d'Alexandre

IV. C'était une expérience tout-à-fait différente de naviguer sur un voilier plutôt

qu'un catamaran. J'ai bien aimé mon séjour à bord et je remercie spécialement

Jacques et Josée (un couple de Montréalais) de m'avoir emmenée avec eux. 

Ainsi, nous sommes arrivés sain et sauf et nous sommes ancrés depuis deux jours dans

une baie très paisible. Hier, nous sommes allés faire notre Sevu Sevu au village.

Ça consiste à remettre au chef un présent pour le remercier de pouvoir rester en

face de leur île, de pêcher leurs poissons et de nous laisser descendre sur leur

plage. Ainsi, nous leur avons offert comme cadeau des racines de Kava. Une fois

réduites en poudre, ils la mélangent avec de l'eau dans un grand bol en bois pour

ensuite la boire dans des petits bols en noix de coco. Le Kava goûte généralement

la terre et donne une drôle de sensation en bouche. En effet, après seulement une

gorgée, la bouche et la langue deviennent toutes engourdies. Nous nous sommes

achetés plusieurs paquets, histoire de faire un party Kava et BBQ sur la plage

dans quelques jours. 

Après cette petite cérémonie, nous sommes partis faire de la pêche de nuit! Une

description détaillée du climat s'impose: magnifique ciel étoilé, pleine lune (on

se croyait comme en plein jour), température ambiante d'environ 25 degrés, mer

extrêmement calme et pour finir, une eau très chaude. C'est ainsi que René, Dany,

Jacques, Mark, Karai, Lile (deux Fidjiens) et moi-même sommes partis à la chasse

aux poissons. Après 1.5 miles nautiques dans le petit 'dinghy', nous avons plongé

en snorkeling dans cette mer qui n'attendait que nous. J'ai vu une gigantesque tortue

nager paisiblement dans l'eau, j'ai vu des poissons magnifiques, j'ai vu des

langoustes, j'ai vu des crabes et pour finir, j'ai vu un requin!!! Eh oui, un requin

à pointes blanches est passé juste en-dessous de mes pieds. WOW! Je n'aurais pu être

plus chanceuse durant cette nuit inoubliable. Les hommes ont donc pêché cinq

langoustes dont deux énormes d'au moins quatre livres,  un "slipper lobster", deux

poissons perroquets, deux nasons, un rouget et un mérou. Le tout pêché en deux heures

trente minutes, Dany et moi étions plutôt spectatrices. Ce fut une expérience très

impressionnante, plus difficile que je le croyais et surtout amusante. Elle restera

à tout jamais gravée dans ma mémoire. Ce n'est donc pas une surprise si je vous

dis que le lendemain, c'est-à-dire aujourd'hui, nous avons eu droit à un énorme

festin pour dîner. En effet, Dany nous a mariné le poisson et René, les enfants et

moi avons décapité la gigantesque langouste. On ne pouvait se sentir plus en vacances.

Tout le monde en maillot de bain, le soleil qui plombe, la musique de "beach" et un

repas de fruit de mer, quoi demander de mieux! 

Par la suite, une fois le ventre plein, nous nous sommes dirigés vers le village.

Nous sommes allés visiter leurs habitations et leur école. Je dois absolument

mentionner que la propreté de l'île est TRÈS impressionnante. Nous n'avons jamais

vu une île aussi propre et jolie. Ainsi, Mark, Jane, René, Dany, Josée, moi et les

sept enfants sommes allés visiter l'école. Seulement sept enfants vont à l'école sur

cette île. C'était une très belle expérience et nous avons même eu droit à une

chanson de la part des enfants. Les Fidjiens sont toujours aussi chaleureux et

accueillants. Après cette petite visite, nous nous sommes dirigés avec Karai, le

"maire" du village (âgé d'environ 30 ans) au sommet d'une falaise qui se trouve sur

Dravuni. Une fois rendus en haut, l'eau coulant par tous les pores de notre peau,

nous avons eu droit à une vue magnifique de toutes les îles environnantes dont

celles où nous avions pêché la veille. 

C'est ainsi qu'après ces deux journées bien remplies, nous resterons assez tranquilles

ce soir. Planning pour tonight: steak sur le BBQ, frites et un bon film. Ouf, je vous

dis que la vie est pas reposante hahaha!


Dimanche 25 avril , Fidjis 


26 avril 2010
Suva, Fidjis

Enfin arrivés aux Fidjis 
Des petites nouvelles pour rassurer nos lecteurs.  Nous sommes enfin

arrivés aux Fidjis, depuis avant-hier, soit samedi PM pour nous.  Nos derniers

jours en mer se sont bien déroulés. à part que le vent a tourné à la fin.  On

s'est donc retrouvés avec une allure de près (vent dans le nez)  plutôt que

vent arrière.  Eurkkk!!! Là on a recommencé à taper dans les vagues, et ce,

deux jours durant.  Il a fallu ralentir les classes et finalement donner congé

d'école. Un soir Nicolas a même dû utiliser notre fameux 'splash pit'. en

d'autres  termes il a été malade.  Mes filets de porc marinés au miel et soya

ont donc passé par-dessus bord!  Notre Emie s'est bien débrouillée, sans

médicaments en plus.

 Côté pêche on a remonté un barracuda mais il était pas mal gros et sentait

pas mal trop le poisson à notre goût, on lui a donc laissé la vie et il est

retourné là d'où il venait.  Ces bibittes-là sont meilleures lorsque plus petites. 

On a aussi attrapé une très grosse dorade coryphène mais en la remontant elle

s'est donnée un grand 'swing' et dans un salto arrière spectaculaire elle s'est

décrochée.  Ho well!

Depuis notre arrivée, samedi PM dernier, on est en attente dans le port de Suva

(la capitale des Fidjis).  Nous sommes en attente de faire les procédures d'entrée

au pays, chose qui se fera ce matin (lundi).  Depuis samedi nous sommes donc

confinés sur le bateau mais il pleut sans arrêt alors ce n'est pas vraiment grave.

On fait l'école le matin et même Emie y trouve son compte.  En effet, elle m'a

demandé l'autre jour, si je ne pouvais pas l'aider un peu à réviser certaines

règles grammaticales, comme les participes passés, en vue de son entrée prochaine

à l'Université.  Elle ne me l'a pas demandé deux fois, j'adore enseigner ce genre

de chose!  Avec un peu de pratique elle est vite devenue une pro, ce qui me rend

très fière d'elle.  Si je peux lui avoir légué ça dans la vie ce sera au moins ça!

 A part ça on relaxe, on fait la cuisine :  rouleaux de printemps, croustades

pommes et poires, salades diverses, bref on s'amuse.  Hier on a sorti le kit de

scrapbooking (merci encore chère Claire) et on travaille sur un projet secret. 

Catherine avait invité son amie Caroline du bateau 'Imagine' et on a passé pas mal

tout l'après-midi sur notre projet. A l'heure où j'écris, il y a Thomas et son

assistant chef Antoine qui nous préparent des pains dorés, ça sent bon, je vais

y aller, le petit déjeuner est prêt.

En navigation vers les Fidjis 


21 avril 2010
En navigation vers les Fidjis, NZ

Des nouvelles de notre traversée vers les Fidjis

Il est 03h00 AM, on file à une vitesse de 7 à 8 noeuds, soit 12-15 km/hr 

(pour les néophytes).  Nous sommes sur une allure de grand largue avec une mer très

confortable.  Bien que je n'aie pas grand-chose de nouveau à raconter, j'ai pensé

quand même donner des nouvelles, ne serait-ce que pour rassurer l'entourage de

notre chère équipière Emie. Je n'ose pas trop le dire ou l'écrire, de peur de

révolter Eole et les Dieux de la mer mais. tout se passe merveilleusement bien

à date. chut. je touche du bois.  On ne pouvait frapper meilleure fenêtre météo,

c'est idéal! 

 L'équipage se porte bien.  Comme tout allait bien après la première journée,

j'ai laissé tomber les médicaments contre le mal de mer pour Emie mais elle n'était

pas prête.  Le mal de mer l'a prise à la deuxième journée alors j'ai prolongé la

médication pour deux autres jours mais là elle fait ça comme une grande.  Plus de

médicaments depuis aujourd'hui. Elle se porte à merveille si ce n'est de cette

migraine qui l'a prise à la deuxième journée et dont les maux de tête semblent

vouloir persister.  Elle en subi encore les relans mais elle a déjà vu pas mal pire

dit-elle.  Comme elle est un peu têtue côté médication, je fais ma maman et je la

pousse un peu à se soigner.  Non mais pourquoi se laisser souffrir d'un mal de tête

lancinant quand on peut s'en soulager un tant soit peu.  C'est pour ça que ça existe

les médicaments!  Ainsi, somme toute, notre équipière se porte très bien et a toujours

le sourire aux lèvres.  Mais vous dire comment elle était fière ce matin quand nous avons

finalement pêché notre premier poisson!  C'est elle qui a remarqué d'ailleurs, le gros

poisson jaune qui sautillait sur les vagues, bien accroché à une de nos deux lignes

qu'on laisse à la traîne à journée longue.  On l'a aussitôt remonté, pause forcée d'école,

une belle dorade coryphène (mahi-mahi) de 5 livres (90 cm).  Elle était pas mal fière de

notre prise, ce n'est pas peu dire!  Aussitôt le poisson nettoyé et coupé, il fut trempé

dans des assaisonnements et passé à la poêle par Emie.  Délicieux!  Difficile d'avoir

plus frais!  Les enfants avaient conservé le coeur du poisson à titre d'expérience. 

Le poisson était si frais que son coeur battait probablement encore quand on l'a mangé. 

Bon j'en mets peut-être un peu!!

 Côté température, le temps est de plus en plus chaud.  Fini les couvertures la

nuit, les enfants couchent avec leur hublot ouvert.  Il y a  deux jours, nous avons

initié Emie à l'art de se doucher à l'eau salée, en mer, sur les trampolines avant. 

Elle a perdu deux trois trucs de ses produits de toilettes à la mer mais c'est le métier

qui rentre!  A par ça l'école se poursuit tous les matins depuis notre deuxième journée. 

A trois profs les enfants avancent bien, ça fait toute une différence!  J'avais tellement

hâte à ce moment, qu'on en aie finalement terminé avec les travaux du bateau pour mieux se

concentrer sur l'école!  Emie a commencé, depuis trois jours,  à participer aux quarts de

nuit, elle fait le premier quart de 20h00 à 23h00, René et moi sommes donc frais et dispos

quand commencent nos quarts de 23h00 au petit matin.  On alterne aux trois heures et dès

06h00-06h30 AM les troupes (Antoine) commencent à apparaître.

 On mange bien,  on n'est pas à plaindre.  Hier soir, les estomacs allant bien,  on

s'est fait une fondue au fromage (maison bien sûr), pour le repas du souper.  Quel délice! 

C'est dur la vie en mer!  Dire que tant de navigateurs n'ont pas de frigo sur leur bateau. 

Pauvre eux!  On se fait de telles bouffes avec les trésors que tient notre frigo.  Emie

continue d'être un atout inestimable pour moi, elle me manquera sincèrement dans la cuisine. 

Elle nous partage les recettes de son papa, spécialiste en sauces de toutes sortes, nous

dit-elle.  Je ne cesse de la complimenter sur sa propreté dans une cuisine. Toujours attentive

à ne rien salir avec des mains sales ou à  ne pas dégoutter sur le plancher avec des jus de

nourriture.  Elle me dit que sa mère serait fière d'elle car elle a mis beaucoup de temps à

lui enseigner ces rudiments.  Je confirme que vous avez réussi votre mission madame la maman!

Les enfants se portent à merveille aussi.  Les Gameboys et le DS ayant été confisqués peu

avant le départ en mer, les enfants s'amusent à toutes sortes de jeux de société une fois

l'école terminée.  Ce sont donc les légos, les jeux de sociétés de toutes sortes, la couture

et les projets culinaires qui occupent leur temps. Hier PM, Catherine et Antoine ont sorti

un livre de passe-temps/bricolage et nous ont fait des biscuits au chocolat de leur cru.

Délicieux.  Bref, on s'amuse beaucoup et on devrait arriver aux Fidjis pour la fin de la

journée samedi ou dimanche matin question de ne pas arriver de nuit. Sur ce, mon travail

étant fait, je vous quitte pour me payer un petit luxe et écouter un autre épisode de la

série Bones que mon beau-frère CinéPhil nous a fait découvrir.




Vendredi 16 avril ,  Nouvelle-Zélande 
16 avril 2010
En navigation vers les Fidjis, NZ

Cap sur les Fidjis 
C'est fait, nous avons largué les amarres ce matin vers 11h00 pour les Fidjis!!
Après un souper officiel de fondue sur Cat Mousses, hier soir, pour clôturer notre

périple de cinq mois en Nouvelle-Zélande, dont nous avons apprécié chaque minute. 

Nous sommes avec Imagine et Alexandre IV et planifions une traversée d'une dizaine

de jours.  Imagine étant plus rapide, ils seront en tête car ils nous ont semé depuis

longtemps déjà.  Cat Mousses avance tranquillement pas vite, sous un petit vent de

moins de 10 noeuds à une vitesse moyenne d'environ 5 noeuds.  Nous sommes sur vent

arrière et n'avons que le génois comme voilure, il fait une journée magnifique, on se

fait bercer par les vagues et le soleil est radieux mais on endure une petite laine

quand même.  Thomas, Emie et moi sommes les cobayes d'un médicament contre le mal de

mer qui a été conçu à Pahia tout près d'Opua.  Je m'en suis procuré une petit flasque

de 10 doses pour l'essayer et ça réagit bien sauf que la mer est tellement belle que

finalement tout le monde se sent bien, médicament ou non.  Nos lignes à pêche sont à

la traîne, Emie a vraiment hâte qu'on pêche notre premier poisson, son repas préféré est

le sushi,quoi de mieux que de bons sushis maison faits avec du poisson fraîchement pêché. 

En ce moment notre équipière est très occupée à terminer la collection de Harry Potter. 

Elle est au tome 6 et est bien heureuse de pouvoir s'offrir ce luxe de lire autant.  

 Suite à notre visite de Cape Reinga vendredi dernier, nous avons passé le reste

de la semaine à faire l'école et des travaux supplémentaires question de cocher le plus

d'items possibles sur la liste des travaux à effectuer.  Le capt n'a pas arrêté mais il

est pas mal fier de l'état du bateau.  Nous repartons à neuf, avec un bateau propre et

'top shape'.  Notre bolide a grandement bénéficié de cette séance de travaux et dorlotage

car il était un peu essouflé à notre arrivée en Nouvelle-Zélande, il y a cinq mois. 

Les travaux des dernières semaines ont été plus des petites mises au point des petits

troubles décelés suivant notre départ de Whangarei alors le 'beat' était quand même plus

'relax'.   Jacques et Josée, pour leur part,  ont travaillé sans relâche jusqu'à la dernière

seconde.  Depuis leur sortie de l'eau le 1 mars dernier, ils n'auront pas chômé ces deux-là. 

Un mois et demi à bosser comme des fous jusqu'à des heures très avancées de la nuit.  Ils

rêvaient de reprendre la mer pour pouvoir enfin se reposer un peu.  Je me suis ennuyée de

ma chum Josée que je retrouverai enfin dans une dizaine de jours.  Nous avons aussi revu

nos amis du bateau brésilien 'Matajusi'.  Ils devraient nous rejoindre aux Fidjis avec

Wasabi car ils planifient un départ pour la fin-avril, début-mai si tout va bien.  Espérons

que ça fonctionne car ça nous fait vraiment un petit quelque chose de quitter sans Isabelle

et Brian de Wasabi pour qui nous vouons aussi une grande affection.

 Le 12 avril nous avons fêté la fête de Nicolas avec ses copains Grant et Noah du

bateau  américain 'Imagine'.  Ils se sont fait une soirée de 'sleep over' le 11 avril au

soir et le lendemain matin, après un copieux petit déjeûner de crêpes, ils ont fait une

chasse aux cadeaux sur le bateau.  Nicolas a enfin son jeu de Monopoly (carte de crédit). 

A part ça pas grand-chose, si ce n'est que René nous a inscrit dans une secte cette semaine.

Oui oui. une secte!  Je me suis réveillée un matin et nous étions devenus membres de la

grande famille de Facebook. Il faut croire que je me suis endormie trop tôt la veille au

soir, pensant René en train de mettre nos photos  à jour.  René s'est laissé convaincre

par des amis de nous créer un compte.  Au début j'étais bien découragée de voir les

innombrables e-mails supplémentaires que nous recevions car voyez-vous. je suis encore en

train de répondre à des e-mails qui datent d'octobre-novembre et décembre derniers.  Mais.

un après-midi, je me suis assise devant ce monstre qu'on appelle Facebook.  Juste une petite

minute, je me disais. Une minute mon oeil!  Je me suis vite laissée assimiler par cette

secte et je suis devenue accro dès ce premier contact.  Ainsi, j'ai passé beaucoup de temps

cette semaine à me remémorer les noms de mes anciennes amies, copains, le primaire, le

secondaire, le collège militaire, mes gardiennes, les profs et connaissances de toutes sortes. 

Ainsi je me suis retrouvée à fouiner, chaque fois que j'avais une seconde de libre, pour

aller voir des visages que je n'avais jamais revus depuis parfois plus de 30-35 ans.  Ca

faisait vraiment drôle.  Finalement, je dois dire que cette secte me procure certains

plaisirs, c'est vraiment bien comme concept.  Espérons seulement que le 'rush' du début

passé, cette nouveauté ne créera pas trop de travail supplémentaire pour Luc notre super

'manager'.

 Dans les nuits de navigation à venir, je me promets de finalement taper mon journal

de bord de notre périple de deux mois de cavale en Nouvelle-Zélande.  Je n'ose pas trop le

faire vu le GRAND nombre de pages à taper.  J'ai peur que ce soit un peu long, mais en même

temps, je me dois de garder ce journal en consigne alors je le ferai, au risque que ce soit

un peu ennuyeux pour nos lecteurs qui n'auront finalement qu'à ne pas le lire si trop long. 

Côté navigation, Emie se porte volontaire pour faire le quart de garde de soirée et vers

22-23 heures, René et moi prendrons la relève à tour de rôle pour des quarts de trois heures

chacun. 

 Finalement, nous avons engagé un équipier supplémentaire à la toute dernière minute. 

Celui-ci sera bienvenu lors des traversées.  Son nom est AIS WatchMate.  Il ne consomme que

du 12 volts alors pas de bouche supplémentaire à nourrir  pour la chef-cuisinière.  Ca fait

longtemps que le capitaine y pense alors on s'est laissés tenter et nous avons acheté cet

instrument électronique qui capte les signaux des gros cargos ainsi que des plus petits

bateaux équipés du même instrument.  On reçoit leur signal contenant une multitude

d'informations dont la direction, la vitesse, leur position, le type de navire et encore

bien plus.  Un autre outil de plus dans notre coffre alors on ne peut pas dire que nous ne

mettons pas toutes les chances de notre côté en ce qui a trait à la sécurité!!  Il faut dire

que je viens de terminer la lecture du livre Ten Degrees of Reckoning, l'histoire d'une

famille américaine naviguant vers la NZ, en 1995, et qui a coulé suite à la collision avec

un gros cargo, moins d'une demi-journée avant leur arrivée à Opua. Ca nous a peut-être un

petit peu influencé dans cet achat.  Et comme disait un ami, quand vient le temps de s'acheter 

du vin, de la bière et des boissons gazeuses, on n'hésite pas à payer le gros prix alors

pourquoi lésiner sur les équipements de sécurité.  Ca nous procurera un stress de moins lors

des quarts de nuit, car parfois la nuit on met un temps fou à  analyser les feux de navigations

d'un cargo avoisinant pour essayer de comprendre d'où il vient, vers où il se dirige, si

nous sommes en risque de collision avec lui.  Un stress en moins!


Vendredi 09 avril ,  Nouvelle-Zélande 
09 avril 2010
Opua, NZ

Nos deux dernières semaines 

Bientôt deux semaines que nous avons quitté Whangarei, j'ai peine à y croire,

le temps file tellement vite. L'acclimatation à la mer s'est faite sans difficulté

majeure car nous avons opté pour des navigations courtes de quelques heures à peine,

entrecoupées de journées (à ne pas bouger).  Nous sommes enchantés de notre nouvelle

équipière (Emie) qui, elle également, semble tout aussi heureuse de son nouveau mode

de vie.  Elle s'est très bien adaptée, presque trop d'ailleurs, car après seulement

quelques jours sur le bateau, lors d'un arrêt sur la terre ferme, elle a senti ce

qu'on appelle la 'vague', soit le mal de terre.  Ainsi, on l'a converti en quelques

jours à peine puisque déjà elle se sentait plus confortable sur le bateau que sur la

terre ferme.  Emie c'est une brise de fraîcheur sur Cat Mousses, toujours souriante,

c'est notre petit rayon de soleil comme nous l'avait décrite sa maman.  Vous pouvez

être fière de votre fille, on l'adore.  Toujours partante pour tout, toujours au devant

et prête à aider.  Toujours de bonne humeur, contente de ce qu'on fait, contente de ce

qu'on mange.  Notre Nicolas l'a adopté et se réjouit d'avoir son professeur privé. 

Ensemble ils travaillent très fort tous les matins. 

 Après notre départ de Whangarei, nous n'avons malheureusement pu rallier

'Great Barrier' en raison de vents défavorables, nous avons donc opté pour Tutukaka

comme premier arrêt, nous y sommes restés deux jours.  Puis nous avons tenté notre

chance vers Poor Knights, une réserve marine magnifique, très réputée pour la plongée. 

Des courants marins sous-tropicaux y emmènent un plancton spécial qui nourrit le corail

et y emmènent par le fait-même, une magnifique diversité de poissons dont certains

aux couleurs tropicales. Il y a aussi de belles cavernes.  Nous n'étions pas sitôt

ancrés que les dauphins et les divers bancs de poissons sortaient de partout et nageaient

à fleur d'eau.  On les voyaient très bien, je n'avais jamais vu pareil phénomène, soit

de voir tous ces poissons nager à demi sortis de l'eau.  Nous avons vite fait de dîner

pour aller explorer l'endroit en snorkeling, nous y avons passé un très bel après-midi

et l'endroit était si calme que nous y avons même passé la nuit.

Nous avons ensuite navigué vers Whangamumu pour y passer une nuit et le lendemain nous

sommes partis vers Otaio Bay dans la Bay of Islands où nous avons retrouvé nos amis

américains du bateau 'Imagine' et les Nouveaux-Zélandais du catamaran 'Ivory Street'. 

Nous avons passé un bon moment en leur compagnie et c'est à cet endroit précis que le

lapin de Pâques a décidé de laisser tous ses trésors.  Les enfants ont mis beaucoup de

temps  à terminer leur chasse aux cocos de Pâques sur cette plage, le tout suivi de

divers jeux et d'un pique-nique.  

 Nous avons ensuite mis le cap sur Pahia question d'aller chercher un peu de pain, 

fruits et légumes.  Nous sommes ensuite repartis pour aller passer la nuit près de Russell

dans une belle baie où d'énormes dauphins nous ont servi un magnifique spectacle lors

d'un petit 'cocktail' de  fin de PM.  Quelle chance nous avons de pouvoir faire vivre

cette magie de dauphins à Emie.  Le lendemain nous avons rallié Opua, question de terminer

quelques petits travaux et achats, de faire un peu de lavage et dire au revoir à nos amis

de 'Ivory Street' qui quittaient aujourd'hui pour l'Australie. Nous leur avons fait nos

au revoir hier soir car aujourd'hui, nous nous sommes payés une voiture de location pour

aller faire une sortie scolaire à Cape Reinga, le dernier endroit qu'il nous restait à

visiter dans l'île du nord.  Quelle belle journée nous avons eu!  Moi qui m'attendais à

trouver un endroit touristique à outrance, j'ai été très agréablement surprise d'y trouver

une belle plage vierge à perte de vue, à l'état pur et sauvage.  Comme nous sommes hors

saison, nous n'y avons rencontré que peu de gens, dont surtout des locaux venus y passer

leur congé de relâche scolaire.  On a conduit des miles et des miles durant avec notre

voiture louée directement sur cette plage appelée (Ninety Mile Beach).  On y a rencontré

des locaux qui s'affairaient à y pêcher le 'snapper' selon une technique très intéressante. 

Ils sont ingénieux ces kiwis!  Nous étions de retour au bateau dès 19h30 ce soir et devrions

quitter le quai vers midi demain.  Jacques et Josée devraient arriver en début de semaine

pour venir nous rejoindre si tout va bien.  Pour ce qui est de notre traversée pour les

Fidjis, ce ne sera pas avant jeudi de cette semaine.  Le capitaine continue à étudier sa

météo quotidiennement en attente d'une fenêtre favorable à notre traversée prochaine.

Sur ce je vous dit bonsoir et je vais me coucher.