Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Décembre 2008

Samedi 27 décembre, Escale à Canouan, Grenadines

Noël dans les Grenadines
27 déc 08 Canouan, Grenadines

26 déc :
Nous larguons les amarres en PM vers l'île de Canouan et chemin faisant nous

attrapons notre premier Barracuda avec nos nouveaux appâts et notre deuxième

ligne est coupée par les dents acérées d'un autre barracuda, probablement.

Nous apprêtons notre barracuda de 3 lbs en chaudrée de lait de coco au cari

servie sur lit de riz pour le souper. Encore une réussite.
Canouan est une petite île de 10 km carré au relief très vallonné mais

assez dénudé. Son littoral compte de très belles plages dont de magnifiques

hôtels luxueux. L'île de Canouan longtemps considérée comme la pauvre

'Cendrillon' des Grenadines semble maintenant se ranger vers les fastes du

tourisme de luxe. C'est de loin l'endroit le plus venteux que nous n'ayons

jamais vu. Nous traversons en ce moment la période que l'on appelle la période

des 'Christmas Winds'. Il vente à écorner les bœufs et nous avons droit à

plusieurs petites averses par jour. Au moins avec ces vents, il n'y a pas de


mouches!
Nous quittons pour Mayreau en espérant un autre poisson pour notre souper…

25 déc :
On arrive à l'île de Mustique en PM après deux heures à se faire brasser le

camarade dans une mer assez agitée, peu de plaisanciers font ce détour et on

comprend pourquoi. En voyant les eaux magnifiques de l'endroit ainsi que son

paysage magnifique, nous sommes heureux d'avoir pris le temps de nous y rendre.

A l'origine, l'île de Mustique (5 km carré) n'était fréquentée que par quelques

pêcheurs et vivait de sa plantation de canne à sucre et de coton, jusqu'à ce

qu'elle fut investie par un riche promoteur britannique (Colin Tennant). Il

réussit à intéresser la princesse Margaret à son projet qui y fait bâtir de

majestueuses demeures à la fin des années 60. En mal de solitude, d'autres

clients richissimes suivent dont plusieurs célébrités du Show Bizz et de la Jet

Set internationale (Mick Jagger, Raquel Welch, David Bowie et autre) ce qui

vaut le titre d'île aux milliardaires à Mustique. Nous nous payons un taxi

(une boîte de pick up désafectée) et faisons le tour de l'île. Au cours de ce

tour, nous voyons la luxueuse demeure de Céline Dion, Shanya Twain, Tommy

Hillfiger. Ces vedettes viennent y passer les vacances de Pâques et de Noël

et louent leur maison le reste de l'année pour des modiques sommes pouvant

atteindre jusqu'à 45 000 dollars la semaine.

Ce soir-là, après une baignade dans les eaux turquoises de la baie, nous

sortons du four notre repas de Noël mystère, soit notre tourière du Lac St-Jean

que certains auront vu sur la page d'accueil du site. Un délice. Maman Taillefer

et sa fille Marie (nous en l'occurrence) sommes subjuguées de notre réussite.

Il nous semble que c'est la meilleure tourtière qu'on ait jamais mangée. Nous avons

peine à croire que nous avons réussi à relever le défi de faire une tourtière sur

un bateau dans la mer des Caraibes. Chapeau, nous sommes fières de nous! Nous

passons une belle soirée de Noël en famille à chanter, rire et prendre diverses

photos. Puis nous faisons nos téléphones de Noël à nos proches, le premier sur

téléphone satellite et les autres grâce à Skype car on réussit par miracle à se

brancher sur internet grâce au signal d'un hôtel environnant. Deux de nos

moussaillons s'endorment au cours du souper (Antoine et Nicolas) et les autres

s'entendent pour dire, à leur coucher, que c'était leur plus beau Noël.



25 déc :

Commençons par un petit brin d'histoire concernant les Grenadines, ce micro archipel

qui s'éparpille de Grenada à St-Vincent en une poussière d'iles volcaniques et de

confettis de sable sertis de coraux. Les Grenadines sont vantées comme un paradis

tropical et sont devenues très fréquentées par les plaisanciers mais ces petits

joyaux d'îles ont malgré tout conservé toute leur beauté naturelle et possèdent un

charme quasi mythique. Malgré la modeste dimension de ces îles, leur nombre et leur

diversité varie énormément et chaque petite île possède un cachet et un caractère

très différent. Découvrir ces îles au fil de l'eau, à la voile est spectaculaire,

le sable blanc et les eaux limpides sur fond d'émeraude offrent des paysages à couper

le souffle.

L'île de Bequia, la plus proche de St-Vincent, est une des deux plaques tournantes de

cet archipel. Elle est d'une superficie de 18 km carré et possède une population de

6000 habitants. Elle était autrefois célèbre pour la chasse à la baleine qui y était

pratiquée. Cette chasse est toujours pratiquée de nos jours mais les prises sont

contingentées à deux par année. Depuis plusieurs années, la population s'est enrichie

de nombreux ressortissants américains ou européens, souvent d'anciens navigateurs, ayant

choisi cette île pour aller poser un pied à terre. Cette fréquentation touristique a

fait en sorte que les commerces, hôtels et restaurants se sont multipliés à une vitesse

effarante dans l'île, surtout à Port Elizabeth, principale agglomération d'Admiralty Bay

où nous nous trouvons justement.

Donc, je racontais que dans la nuit du 24 au 25 déc, notre bouée d'amarrage a cédé

nous entraînant avec le courant. Au petit matin, après une nuit de veille à la belle étoile,

nous constatons les dommages et René part faire une tournée pour identifier les trois bateaux

frappés. De ces bateaux le premier était probablement un vieux rafiot de pêche désaffecté

mais les deux autres de beaux catamarans. L'un d'eux et un 'charter' (bateau de location),

l'autre est un catamaran en aluminium. Son propriétaire, un Allemand, n'entend pas à rire,

surtout que c'est lui qui a construit son bateau. Il a deux écorchures assez banales et

surtout cosmétiques mais il a bien sûr très raison d'être en rogne. Quoi faire d'autre que

de s'excuser mille fois et offrir un remboursement par notre police d'assurance? Cet

arrangement ne lui convient pas, il veut de l'argent maintenant et ne veut pas attendre que

les assurances honorent les dommages. Nous refusons, il est mécontent, il crie, tempête.

Nous le comprenons mais que faire, il veut combien? Il dit vouloir sortir son bateau de

l'eau et réparer. On paye combien? On ne peut que lui réitérer notre offre d'assurance,

il refuse. Ho well! René revient au bateau un peu à l'envers mais nous tentons d'oublier

ce cauchemar en déballant nos cadeaux de Noël que le Père Noël a laissé au cours de la nuit.

Il a été très généreux cette année. Les enfants sont comblés, le Père Noël a frappé dans

le mille avec ces idées cadeaux cette année. Des livres et DVD de Tintin pour Thomas et un

livre de Will Ghundee de son ami Marius, et pour Catherine : un DVD de High School Musical

(enfin le numéro 2, ça doit bien faire 300 fois qu'on écoute le 1!) un DVD de la cour des

Grands (elle tombe en amour avec ce DVD rapidement) et un livre. Nicolas reçoit des sous

et des DVD et livres sur les animaux (sa passion est toujours aussi grande pour les animaux).

Antoine lui reçoit un livre et pyjama de pirate et son fameux DVD de Kung Fu Panda. Nous

passerons à Ste-Lucie plus tard pour ramasser les derniers cadeaux qui n'étaient pas encore

arrivés avant notre départ le 21 déc. Tous sont comblés et on termine notre célébration avec

un déjeuner avec des crêpes nappées de sirop d'érable et crème anglaise. René termine de

faire sa réparation au fibre de verre, ma mère et moi préparons notre pâté et nos patates

pour notre souper-mystère et on passe le reste de l'avant-midi à se prélasser puis on décide

de lever l'ancre après dîner. Il n'y a plus d'argent à faire dans cet endroit!

Mercredi 24 décembre, Escale à Béquia, Grenadines

24 déc  08
Bequia, Grenadines

24 déc :

Ce matin nous quittons St-Vincent à 08h00 après déjeûner.  Les lignes à pêche sont

lancées aussitôt partis mais tout ce que nous trouvons à pêcher est un sac de

plastique qui contient un minuscule poisson… quand je dis minuscule je veux dire

de la taille du plus petit de vos poissons rouges d'aquarium à la maison.  C'est

très drôle, nous photographions ma mère avec sa prise impressionnante.  C'est tout

ou rien… Entre 500 à 800 livres hier et 0.3 gramme aujourd'hui.

Parlant de ma mère, alors que nous voguons vers Bequia, elle s'affaire avec les

enfants à fabriquer un arbre de Noel de carton entièrement fabriqué de mains

tracées et découpées .  Ils font un travail de maître, nous pouvons enfin dire

que nous avons un arbre de Noel.  Parlant de Noel, nous avons laissé des biscuits

au Père Noel sur le coin de la table avant de se coucher.  Il est présentement

05h45 AM (25 déc), les enfants sont sur le point de se réveiller pour découvrir

que le Père Noel est passé. Ce sera la fête!

Bon revenons à nos moutons.  En arrivant à Bequia, un 'boat boy' nous guide vers

une bouée d'ancrage.  On est loin de se douter du cauchemar qu'elle nous causera. 

Le reste de la journée se passe à visiter la plage avoisinante et la ville.  Une

charmante petite ville d'une propreté impressionnante.  On ne se sent pas du tout

dans une république de bananes ici.  Les magasins et commerces sont d'un chic qu'on

n'a pas vu depuis un bon moment.  Le Capt s'offre un cadeau de Noel et remplace deux

de ses leurres mangés par les monstres de la mer.  Puis, on se trouve un petit resto

abordable sur le bord de la mer et nous allons y manger de la pizza.  Nous repartons

repus et fort heureux de notre souper de la veille de Noel.  Au retour on se fait une

crème à l'érable Thermomix, une recette de crêpes pour notre déjeûner de Noel et une

'batch' de pâte pour faire notre souper de Noel mystère.  Les enfants se couchent et

nous nous faisons une petite partie de 'canesta'.  Les hommes gagnent. 



Puis on se couche et on est réveillés en sursaut à 02h00 AM par un bang, puis deux. 

Que se passe-t-il…  Une inspection rapide nous permet de voir que notre bouée

d'amarrage a cédé.  Nous ne sommes plus accrochés à rien, on se fait emporter par le

courant vers la mer.  On est rendus à l'autre bout de la baie.  On s'est faufilés

parmi des dizaines et des dizaines de bateau mais nous en frappons trois sur le

passage.  Les habitants des bateaux frappés se réveillent et sortent, ils ne sont

pas impressionnés. 
Nous aurons des comptes à rendre au matin.  Au lieu de partir vers une nouvelle île,

nous devrons commencer par réparer les pots cassés et refaire du fibre de verre car

notre patin arrière a été frappé durement et le fibre de verre a ouvert, c'est fendu

et il ne faut pas laisser l'eau s'y infiltrer. Bon c'est la vie!!  Il n'y a personne

de blessé mais bien des égratignures sur le bateau.  Il semble qu'on vient de se

trouver une activité pour Noel.

Merci pour vos bons souhaits de Noel.  Nous avons reçu des souhaits de plusieurs

d'entre vous et en sommes touchés, nous vous en remercions infiniment.  Nous ne

pourrons évidemment pas répondre individuellement mais nous vous retournons la

pareille parce moyen en vous souhaitant à tous et chacun de Joyeuses Fêtes et une

année 2009 remplie de tout ce que vous désirez. 



Comme je le disais, n'oubliez jamais ces paroles citées de Bernard Voyer :

'Vivre ses rêves et non rêver sa vie'!

Mardi 23 décembre, Escale à St-Vincent
St-Vincent
23 déc  08

23 déc :

Ce matin, 05h00 René se réveille et prépare notre départ.  Nous larguons les

amarres à 06h00 AM.  Nous ne sommes pas sitôt partis que nous nous rendons compte

qu'il ne s'agira pas que d'une petite navigation tranquille de 30 miles nautiques. 

Ce sera une navigation pour homme.  Mes parents ont droit comme deuxième navigation,

à 25 nœuds de vent et de bonnes vagues de 10 à 12 pieds sinon plus.  Ils se

débrouillent comme des champions, on dirait qu'ils ont fait ça toute leur vie.  Il

y a de l'action!

On essaie très fort de pêcher.  On aimerait bien avoir du poisson au souper. 

Je sens que ça mord sur notre ligne à espadon.  Une fois, deux fois… je ne vois rien

au bout de la ligne.  La troisième fois… Paf!!!  La corde bunghee s'étire et s'étire

en l'espace d'un éclair et tack!!  Notre ligne (180 livres test) pète.  Ha non!!!  On

fait nos calculs mentaux et il semble que notre prise devait faire entre 500 et 800

livres.  Bien que l'on soit tristes d'avoir perdu notre prise mais surtout  notre méga

hameçon … il était mieux ainsi car monter ce monstre à bord était de un,  impossible

mais de plus, nous aurions pu nous blesser, nous brûler les mains sur la ligne, nous

faire amputer un doigt ou une main dans l'opération ou même se faire projeter à l'eau. 

Nous sommes à la fois chanceux et pas chanceux.  Car peu après notre deuxième ligne

se casse.  Mais voulez-vous bien me dire quelle sorte de monstre nous pêchons?  Nous

aimerions bien les remonter à bord.  Demain peut-être…

Nous arrivons à destination vers 13h00 dans la baie de Wallilabou à St-Vincent. 

Les 'boat boys' sont au rendez-vous avec leurs fruits et colliers et offres diverses. 

On s'installe, on dîne puis on part à pied avec notre guide privé visiter des chutes

à 1 km d'ici.  Une belle chute d'eau fraîche.  Nous avons apporté nos savons et on se

douche sous l'eau fraîche, pas de problème de jet!  Sa force nous convient pour bien

rincer.  
On en apprend encore davantage sur la végétation locale.  On nous fait cadeau d'un gros

sac de noix de muscade fraîche.  On découvre ce qu'est le Callaloo.  Ce sont comme des

grosses feuilles de rubarbe que les locaux hachent et mettent à bouillir pour en faire

une soupe.  Le goût s'apparente, semble-t-il aux épinards.   

 Au retour au bateau,  c'est la production de Noël qui commence.  Après avoir fait

un pouding au pain, nous faisons nos biscuits de Noël en bikini au son de la musique de

Noël.  Nous laisserons nos biscuits sur la table pour le Père Noël le 24 déc au soir. 

On se demande comment procède le Père Noël dans les Antilles.  Pour souper on se fait

un souper cinéma et on écoute le Pirate des Caraïbes #1.  C'est que la baie dans laquelle

nous nous trouvons est la baie où les films de Pirate des Caraïbes ont été tournés.  On

écoute le film avec des yeux très différents.  On voit très bien qu'ils mélangent les

décors dans le film, c'est-à-dire que sur la même image on peut apercevoir les pitons de

Soufrière à Ste-Lucie et le quai de la baie de Wallilaboo de St-Vincent où l'on se trouve.
A part ça tout baigne… ouin  c'est le cas de le dire.  Il n'arrête pas de tomber des averses depuis deux jours.
Enfin les vacances de Noël!

Lundi 22 décembre, Escale à Ste-Lucie
22 déc  08
Ste-Lucie

22 déc :

Je prends ici une minute pour glisser un mot sur l'histoire de cette superbe île qu'est 

Ste-Lucie.  Découverte en 1502, lors du 4ième voyage de Christophe Colomb, cette île est

maintenant britannique depuis 1814.  Elle change néanmoins de mains quatorze fois entre

temps, tantôt française, tantôt anglaise dû aux combats incessants entre Anglais et

Français ente 1639 et 1814.  La population est essentiellement d'origine africaine et la

langue parlée est  le patois (très proche du créole).  La ressource principale de l'île

demeure l'agriculture (banane, cacao, noix de coco et agrumes) mais le tourisme est en

plein essor.  Le charme de Ste-Lucie tient avant tout à ses montagnes spectaculaires, ses

plages magnifiques et ses petits villages authentiques.  Le phénomène géologique le plus

connu, les Deux pitons, véritables pains de sucre volcaniques, est devenu l'emblème national.  
A date nous nous sommes arrêtés à deux endroits sur l'île:  Rodney Bay, où nous avons pu

voir Pigeon Island et la capitale de Castries, car l'hôpital et le marché s'y trouvent.  
Egalement nous sommes arrêtés à Soufrière que je décrirai plus bas.  

Ce matin, c'est au son des cochons, chiens et poules de la grève que nous nous réveillons

dans la baie de Soufrière.  Ca embaume le cochon mais ça respire les Antilles.  C'est lundi,

il n'est pas 07h00 que la journée est commencée depuis fort longtemps.  Il y a de l'activité

dans l'air, les pêcheurs s'affairent, la musique est au rendez-vous.  Quel bonheur!  Les

'Boat Boys' font la file et viennent nous voir à qui mieux mieux pour nous offrir des

excursions et des fruits.  Nous leur achetons des fruits de la passion.  Après tout, il faut

quand même encourager l'économie locale.  On finit par octroyer le contrat d'excursion à l'un

d'entre eux.  Peu après il est de retour pour nous ramasser avec sa barque ('water taxi'). 

Il nous emmène sur la grève mais ramasse, chemin faisant, celui qui deviendra notre guide pour

la journée.  Tout est organisé au quart de tour.  On descend du 'water taxi', le chauffeur de

taxi est là pour nous accueillir et nous emmener à son taxi (mini-van).  De là on part visiter

un volcan puis on nous emmène visiter les sources sulfureuses de Sulphur Springs, où des jets

de vapeur et fimerolles s'échappent du sol et l'eau bouillonne dans des baignoires naturelles. 

La baignade dans ces eaux chaudes est somptueuse, on se sent rajeunir (d'au moins 10 ans). 

Notre guide est exceptionnel, il nous montre diverses espèces de fruits et fleurs sur le

sentier.  Il nous ouvre le fruit de l'arbre à cacao dont nous suçons les grains.  Il nous

ouvre une noix de coco, cueille des fleurs pour les enfants.  On a beaucoup de plaisir. Puis

on dîne dans un petit resto local en ville où Nicolas devient l'invité d'honneur.  C'est que

nous rencontrons, sur place, un ami des proprios du resto fort gentil, qui adopte Nicolas

(le petit blondinet avec son bras plâtré) et le traite aux petits soins tout le long du dîner

puisqu'ils portent tous les deux le même nom. Ensuite nous marchons en ville et allons fouiner

les souvenirs un peu.  Antoine voudrait bien s'acheter un porte-clé pour sa collection mais il

nous revient en disant '57 Euros… c'est pas donné'!  Je ne sais pas où il a pêché cette info

quant au prix dudit porte-clé mais c'était drôle à entendre.  On croirait s'entendre!  Une fois

de retour au bateau en fin de PM, nous mettons le dinghy à l'eau, il nous reste une petite visite

à faire.  Nous partons donc visiter le 'Bat Cave' (grotte à chauve-souris) puis nous sautons

dans une belle eau limpide pour aller faire du snorkling avec les enfants.  Wow!  Du corail, des

poissons… ils sont impressionnés.  Bref, une journée tout-à-fait magnifique!  Je m'arrête ici car

les enfants ont aussi raconter leur journée dans leur journal de bord.



21 déc :

Enfin!  On largue les amarres… Fiouf!  Nous avons vraiment travaillé fort pour quitter le

21 déc tel que prévu.  Nous sommes retournés à l'épicerie une dernière fois.  C'était beau à voir. 

Les hommes nous ont conduites à  l'épicerie en Dinghy,  nous leur avons donné rendez-vous dans

une heure et demie.  Donc,  une heure et demie plus tard, nous ressortons de l'épicerie, la broue

dans le toupet, avec quatre paniers.  Par miracle, le dinghy n'a pas coulé sur le chemin du retour,

et nous avons réussi à tout placer, ni vu ni connu.  Nous avons trouvé à caser chaque item acheté. 

Mes parents furent très impressionnés de voir tout ce que peut contenir notre rafio… heu… bateau.

Le 20 déc au matin ma mère et moi avons joué à Claudette et Marie Taillefer.  Ne trouvant pas de

viande hachée à l'épicerie, nous avons décidé de nous en remettre au Thermomix!  En deux temps

trois mouvements, la viande étaient hachée, assaisonnée,  cuite et emballée sous vide.  Nous

avons aussi préparé de la viande pour des repas spéciaux pour le soir de Noël et du Jour de

l'An... plus à suivre…  Tant et si bien, que nous ne devrions pas avoir à faire d'emplettes

avant un bon bout de temps ce qui nous permettra de nous concentrer sur nos visites.  

La dernière journée, pour nous récompenser de tous nos efforts, nous avons  trouvé le temps

de faire une sortie en dinghy pour aller passer la PM à la plage avoisinante, à proximité de

l'hôtel de mes parents. Le soir même,  nous assistons à une soirée spéciale de remise de prix

de l'ARC.  Au cours de cette cérémonie, nous sommes cités (avec photos à l'appui) pour nos

plus belles prises (poissons) mais nous ne remportons aucun prix.  Ca on s'y attendait!  Mais

les enfants repartent avec des bouteilles de champagne remplies de chocolat et nous la bedaine

pleine car fidèles à nos habitudes de famille de 'Bonneau' on se 'park' ôra la porte de la

cuisine et on intercepte les serveurs de bouchées, sitôt qu'ils passent la pas de la porte. 

Dans la vie si on ne s'organise pas… on se fait organiser.  Il faut être débrouillard!

Donc, revenons à nos moutons… le 21 déc, 05h45, branle-bas de combat, on réveille Arnaud, il

fait ses valises en deux temps trois mouvements et nous quitte vers 06h30 AM fort heureux

d'aller rejoindre ses cousins et son oncle Pierre à St-Martin.  Puis mes parents arrivent

de leur hôtel vers 10h00 et emménagent dans leur cabine.  Après plusieurs aurevoirs, nous

larguons les amarres vers l'heure du dîner et arrivons à destination (Soufrière) vers 18h00.  

Nous ne sommes pas entrés dans la baie que des 'Boat Boys' accourent de partout pour nous

guider et nous accompagner dans la baie, nous offrir des excursions sur l'île, des fruits

et légumes, des colliers, des paniers et autres.  En arrivant dans la baie, il n'y a plus

de place, toutes les bouées sont prises mais on réussit à se patenter un amarrage de fortune

(qui nous gardera éveillés une bonne partie de la nuit) tellement on est près de deux autres

bateaux qui menacent de venir cogner contre Cat Mousses à quelques reprises.  Nous soupons
d'un bon repas de Jambalaya (poulet/saucisses/riz à la cocotte minute) à la chandelle.

 

Vendredi 19 décembre, Escale à Ste-Lucie

Viva Santa Lucia - Pas de bwoblèm!!!
19 déc 08

Aujourd'hui nous avons du pain sur la planche.  Un briefing sur les Antilles en

avant-midi après avoir accueilli l'arrivée de nos amis du bateau Chandelle.  Puis, après

dîner,  alors que les hommes s'affairent à différents travaux sur le bateau, ma mère et

moi partons faire les courses.  C'est un IGA!  J'ai peine à croire tous les produits que

je trouve, des guimauves, du mais en crème, des crèmes Campbell.  On se sent chez nous,

c'est petit mais on trouve des choses que je n'ai jamais vu depuis fort longtemps dont

des échalotes entre autre.
Le temps est serré, nous avons beaucoup à faire car on veut repartir au plus vite

pour aller visiter et profiter de l'endroit alors on fait un méga blitz d'entretien.  Le

plan est de repartir le 21 déc.  Demain on voudrait se réserver du temps pour aller visiter

Ste-Lucie, en allant probablement faire un peu du 'hiking' sur un piton 'Pigeon Island' 

non loin d'ici.
A part ça tout roule comme sur des roulettes.  Billy the Fisher se porte bien.  Arnaud passe

ses journées avec ses chums à faire du Jet Ski, du snorkling, de la plage et du magasinage

au Duty Free (aujourd'hui).  Mes parents semblent se plaire jusqu'à maintenant.   On a un

peu chaud mais on va laisser faire le plaignage hein!!!  Je pense que ça passerait mal

chez certaines gens enterrées de neige et de tempêtes.
18 déc 08

Bon alors aujourd'hui je prends action.  Billy semble aller beaucoup mieux et je suis de

plus en plus convaincue que Billy ne souffre que d'une bonne entorse au poignet mais… on

ne sait jamais.  Alors je plonge.  Je trouve un taxi et  je pars avec Billy et Catherine

et, chemin faisant, je ramasse  ma mère à son hôtel.

Je suis arrivée à l'hôpital public et de là voici ce qui s'est passé.  J'ai payé les frais

d'administration, 20$ US, puis nous avons attendu un peu avant que Billy soit évalué au triage. 

Puis on nous a envoyé voir un doc qui a prescrit une radiographie.  Je suis retournée payer

un autre 20$ US et la radiographie fût prise.  

Verdict... roulement de tambour...  C'est cassé.  C'est le radius qui a été touché, à une

couple de centimètres de la tête, on voit une cassure mais ça n'a pas complètement sectionné

l'os, seulement la moitié.  Donc un plâtre s'impose.  Après avoir réglé la facture de 40$ US,

le plâtre est fait, en fibre de verre sur ma demande et nous pouvons enfin quitter.  Nous

n'avons pas attendu très longtemps, juste quelques heures.  Le plâtre sera nécessaire pour

trois semaines et pourra être enlevé le 7 janvier.
 On a déjà planifié quel outil utiliser pour ce faire... probablement le Dremel.  A suivre! 


Billy se porte bien, quoiqu'il a eu un petit épisode d'hyperventilation à l'hôpital où je

pensais bien le voir s'évanouir.  J'ai su par après que c'était qu'il craignait qu'on lui

fasse un piqûre.  Fort heureusement, avant de quitter le matin, j'avais obtempéré à sa

demande de se baigner une dernière fois dans la piscine de la marina... juste au cas où il

reviendrait avec un plâtre. 
Sur le chemin du retour, tant qu'à payer 45$ US de frais de taxi, j'ai décidé de couper le

voyage en deux et de m'arrêter au marché local que j'avais aperçu, sur la route vers l'hôpital,

pour refaire le plein de fruits et légumes.  Quelle belle expérience! Nous avons acheté au

moins trois nouvelles choses que nous ne connaissions pas:  Sour Sop (fruit), Okra (légume),

Golden apple (fruit).  Il nous reste à les essayer.  Nous avons appris plein de choses en

parlant avec les femmes du marché qui nous expliquaient comment apprêter les légumes et

fruits que nous ne connaissions pas.  Pour souper ce soir un bon spaghetti puis mes parents

partent avec Thomas et Antoine pour les emmener coucher à leur chambre d'hôtel.  Les enfants

sont forts heureux de cette sortie.  Demain ce sera le tour Nicolas et Catherine puis mes

parents coucheront au bateau et ce sera René et moi qui pourrons profiter d'une vraie chambre

et vraie douche.


17 déc 08

Nous sommes arrivés vers 07h30 hier matin.  Tout un comité d'accueil il y avait.  Des amis de

toutes sortes, les parents de Malik et …  Amanda!  Amanda (l'amie norvégienne de Catherine)

est venue avec son père nous rejoindre en dinghy, ils se sont accrochés et ils sont montés à

bord pour passer la ligne d'arrivée avec nous.  Ils ont retardé leur départ d'une journée afin

que Catherine et Amanda puissent se revoir.  Les filles étaient aux anges.  Elles ont passé le

reste de la journée collées l'une sur l'autre à se tenir la main et à se donner des cadeaux. 

Elles sont allées à la piscine, puis à la plage, puis à la crème glacée…  

En PM, les enfants et Amanda me demandent pour aller se baigner à la piscine de la marina.  Je

me prépare et on part mais ils me devancent et arrivent un peu avant moi.  En arrivant je perçois

des cris et des pleurs…  Tout le monde semble agité, je presse le pas.  En arrivant sur les lieux

les enfants s'élancent vers moi.  Thomas et Nicolas sont en pleurs.  Il y a un petit garçon

étendu sur le bord de la piscine… inerte.  C'est Thomas qui l'a trouvé, gisant au fond de la

piscine.  Son père a plongé pour aller le récupérer et des adultes sont massés autour de l'enfant

à tenter de le réanimer.  Mes mousses sont bouleversés et veulent quitter l'endroit mais je refuse,

j'ai moi-même les larmes aux yeux.  Je veux voir… il faut voir s'ils réussiront à réanimer le petit

garçon (il est âgé d'environ  4 ans, c'est un local).  Des minutes interminables s'écoulent… puis

finalement, le mucus se met à sortir du nez du garçon.  Ses yeux commencent à cligner, l'eau

jaillit de sa bouche,  il revient.  Ouf!!
On a eu peur.  Reste à voir s'il s'en sortira sans séquelles car l'attente a paru interminable. 

Ses parents et sa petite sœur n'arrêtent pas de pleurer.  Cet incident restera gravé au fond de

notre mémoire et bien sûr nous rappelle que la vie ne tient qu'à un fil.  Nous resterons

vigilents sur la surveillance à la piscine.

En fin de PM, qui ne voit-on pas apparaître?  Mes parents sur le bout du quai!  Hourraaaa!  Les

retrouvailles sont touchantes.  Mon Dieu que nous avons attendu ce moment avec impatience!  On

en a long à se raconter, ils ont les bras chargés de tout ce que nous leur avons demandé

d'apporter et même plus. Le soir pour souper, les parents d'Amanda, Buck et Ina nous ont demandé

si nous étions intéressés à aller souper au resto.  Après trois semaines en mer nous n'avions

pas besoin de nous faire tordre un bras.  On nous avait recommandé un resto indien mais après

près de 30 minutes de marche, bien que nous trouvons l'endroit (dans un petit racoin)… nous

devons rebrousser chemin, c'est fermé.  Nous avons donc soupé dans un petit resto de fruits

de mer juste à côté.  Fait cocasse… malgré que la spécialité de la place était le poisson et

les fruits de mer, personne n'a choisi de poisson sur le menu… Aurait-on trop mangé  de poisson

en mer!  Parlant de poisson,  depuis quelques jours, ça fait la file à la porte pour venir

rencontrer le Capt du Cat Mousses afin d'avoir les conseils et trucs du parfait petit pêcheur. 

Ils veulent tout savoir, voir nos leurres, voir nos lignes et tout.  C'est drôle!  Faut croire

qu'on nous a vendu de l'équipement miracle lors du 'Boat Show' à La Rochelle donc juste pour

ça ça valait la peine d'y aller.

 

Jeudi 18 décembre, Escale à Ste-Lucie
État de santé de Nicolas
Salut Dr Deegle,
Bon alors c'est fait.
Hier matin j'ai pris un taxi, je suis partie avec Billy et Catherine et, chemin faisant,
j'ai ramassé ma mère à son hôtel. Je suis arrivée à l'hôpital public et de là voici ce qui
s'est passé. J'ai payé les frais d'administration, 20$ US, puis nous avons attendu un peu
avant que Billy soit évalué au triage. Puis on nous a envoyé voir un doc qui a prescrit
une radioagraphie. Je suis retournée payer un autre 20$ US et la radiographie fût prise.
Verdict... roulement de tambour... C'est cassé. C'est le radius qui a été touché, à une
couple de centimètres de la tête, on voit une cassure mais ça n'a pas complètement sectionné
l'os, seulement la moitié. Donc un plâtre s'impose, après avoir réglé la facture de 40$ US,
le plâtre est fait, en fibre de verre sur ma demande et nous pouvons quitter. Nous n'avons
pas attendu très longtemps, juste quelques heures. Le plâtre sera nécessaire pour trois
semaines et pourra être enlevé le 7 janvier. On a déjà planifié quel outil utiliser pour ce
faire... probablement le Dremhole. A suivre. Billy se porte bien, quoiqu'il a eu un petit
épisode d'hyperventilation à l'hôpital où je pensais bien le voir s'évanouir. J'ai su par
après que c'était qu,il craignait qu'on lui fasse un piqûre. Fort heureusement, avant de
quitter le matin, j'avais obtempéré à sa demande de se baigner une dernière fois... juste
au cas où il reviendrait avec un plâtre. Donc, malgré toutes mes mises en garde au docteur
et au radiologue quant à la difficulté de repérage pour les cassure au niveau du Scaphoide,
tous furent formel, le Scaphoide n'a pas été touché. C'est une chance! Le doc et le radiologue
souriaient à m'écouter leur parler des os et des mouvements d'adduction et d'abduction. On m'a
demandé à plusieurs reprises ce que je faisais dans la vie. J'avais l'air very 'Professional'
I guess!
Merci Doc Deegle!
Imagine au Botswana, l'hôpital va m'engager... Merci Doc!

Mardi 16 décembre, Approche finale vers Ste-Lucie


Ca y'est on y est presque!

16 déc 08 Sur la route des Alizées, Atlantique, vers Ste-Lucie

Bon et bien voilà, cette traversée tant redoutée prendra fin d'ici quelques heures. Il est
03h18 AM et nous devrions arriver d'ici cinq heures, soit vers 08h00 - 09h00 AM, heure
locale. Je commence à percevoir des lumières au loin, la côte sûrement. Terre!!! Et oui
c'est ça! La Martinique à tribord et Ste-Lucie à babord. Youpppppiii! Je connais des enfants
qui seront heureux à leur réveil!
Ce serait mentir que de dire que nous avons eu de la misère au cours de cette traversée.
Franchement nous sommes bénis des Dieux. Tout s'est bien passé et je touche du bois en disant
cela. Je le redis, rien à comparer avec notre traversée de l'Atlantique nord l'été dernier.
Mais tout de même, nous ne serons pas fâchés d'avoir droit à une VRAIE nuit de sommeil
ininterrompue. Enfin!!!
Notre journée du 15 déc a été fort occupée. De un, nous sommes fiers de dire que nous avons
enfin terminé, après un dur labeur, la moitié de notre année scolaire. Les enfants ont
travaillé d'arrache-pied, sans relâche, au cours de cette traversée et n'ont pas eu beaucoup
de répit mais ça a donné des résultats exceptionnels et nous sommes maintenant en avance sur
notre année scolaire. Ils ont fait des pas de géants et ont appris énormément. Antoine dit
qu'il a fini sa maternelle et qu'il est en première année maintenant. Le pire c'est qu'il a
raison. Il est rendu à apprendre à lire. Il faudra décider si on pousse ou si on attend.
Cet PM, ce fut le branle-bas de combat sur le bateau. Tous ont mis la main à la pâte et on a
fait un méga grand-ménage. Ouf, on était dus! C'est agréable d'arriver tout propre. Il restera
à faire le lavage et nous serons propres comme un sous neuf. Ainsi, on pourra se concentrer
sur les travaux et réparations à faire sur le bateau ainsi que sur le réapprovisionnement. Si
tout se passe bien, nous voudrions repartir au plus tard le 21 déc afin d'aller explorer les
différentes îles du sud des Antilles (St-Vincent, les Grenadines et la Grenade puis de retour
au nord sur la Martinique, la Dominique et finalement la Guadeloupe). Mes parents arrivent
également aujourd'hui, nous devrions les voir arriver en fin de PM si tout va bien. Ils
dormiront à l'hôtel pour la semaine à venir. Nous avons un Arnaud content d'arriver et qui a
hâte de voir ses cousins. Il part rejoindre Pierre sur son bateau le 21 déc, date à laquelle
mes parents emménageront sur le bateau. La chambre d'amis reste chaude. Aussitôt que mes
parents quitteront le 21 janvier, ce sera le tour de Chantal et Luc qui viennent passer une
semaine du 23-30 janvier.
Nous sommes bien heureux d'avoir pu compter Arnaud comme membre de l'équipage au cours de
cette traversée, il nous a donné un fier coup de main. Il faudra s'habituer à son départ.
Les enfants s'en ennuieront c'est certain et la multitude de tâches qu'il effectuait nous
reviendra à nouveau. Snif! On commençait à prendre goût à cette aide supplémentaire. Merci
Arnaud! Tu as été un super équipier et compagnon de traversée! Notre seule déception est
d'avoir loupé l'espadon hein! Ce sera pour une autre fois.
Si j'ai le temps aujourd'hui, je partirai en taxi avec Nicolas pour aller faire des examens
radiographiques à l'hôpital le plus près. Sinon ça ira à demain. J'avoue que je suis anxieuse
d'obtenir le verdict.
Sur ce, je retourne à la barre et je tenterai de ma discipliner à écrire périodiquement pour
les semaines à venir. C'est toujours plus difficile lorsqu'en escale. En mer, nous avons des
journées de 24 heures, ça donne plus de temps. Une fois à terre les journées raccourcissent
car on dort la nuit!
Dimanche 14 décembre, Milieu de l'Atlantique, En route vers Ste-Lucie
Encore des poissons!

14 déc 08 Sur la route des Alizées, Atlantique, vers Ste-Lucie

Ce matin à mon réveil, je trouve le Capt en train de remonter un poisson. C'est que j'ai

finalement levé le moratoire sur la pêche…puisque j'ai finalement réussi à écouler mes

stocks de viande du congélateur. Le Capt ne s'est pas fait prier, il a mis sa ligne à l'eau

sitôt le soleil levé. La ligne ne touchait pas encore l'eau qu'il avait déjà sa première

prise, un beau petit thon jaune de 5 lbs. Puis en PM, ce fut le tour de notre plus belle

coryphène à ce jour, soit une belle grosse coryphène de 1 mètre 15 (45 pouces) - 14 lbs ,

que j'ai préparé au presto dans une sauce aux tomates, le tout servi sur de la polenta

(la polenta c'est de la semoule de mais, c'est nos amis roumains qui nous ont fait connaître

ça accompagné de délicieux cigares aux choux). Arnaud commence à aimer la coryphène un peu

plus, il mange toujours toute son assiette… mais disons qu'il a moins d'appétit un peu quand

le repas se compose de coryphène. Notre collection de queues de poisson est florissante, sauf

qu'on en a perdu une partie dans un coup de vent lors d'un grain. On continue de prier le ciel

pour compter un espadon dans l'ensemble de nos prises. On va finir par l'avoir, j'peux pas

croire! C'est plus sportif un peu comme pêche comparé au reste, la pêche à l'espadon. En effet,

attraper des thons et des coryphènes n'a plus de secret, ce n'est plus un défi, c'est devenu un

jeu d'enfants, ils mordent à tout coup. Parlant de poisson, je termine bientôt la compilation

de mes meilleures recettes de poisson. Ca vient, ça vient! J'avais fini la section des pains

mais il me reste à terminer celle des recettes de poisson. C'est que je mène plusieurs projets

de front ces temps-ci pour occuper mes temps libres. Lorsque je ne suis pas dans mes chaudrons,

mes livres d'enseignante, en train d'écrire ou en train de prendre quelques heures de sommeil ici

et là, je m'avance dans mes divers projets. Qui a dit qu'il n'y avait rien à faire en mer? J'ai

terminé, hier, de rédiger ma fameuse lettre de Noël annuelle. Je me suis longuement interrogée

sur la pertinence de rédiger une lettre de Noël cette année. En effet, depuis quelques mois,

notre vie est étalée au grand jour via nos nombreux récits parus sur notre site web, récits au

nombre de 63 depuis notre départ le 6 juillet dernier. Mais tout-de-même, je me suis dit qu'il me

fallait couvrir la période de janv à juil 08. Voilà un projet que je voulais faire depuis

longtemps question de faire le point et de consigner par écrit, l'ensemble des préparatifs que

nous avons réussi à compléter en moins de quatre mois. En effet, entre le 12 mars et le 6 juillet

08, il n'y avait même pas quatre mois et je dois dire, en rétrospective, qu'il n'y a pas de

meilleurs mots que 'course folle' pour décrire ces courts mois qui ont précédé notre départ. A

tous nos proches, parents et amis, cette année notre lettre de Noël ne vous sera pas acheminée

par la poste comme par le passé. Elle paraîtra sur le site 'web' pour en faciliter la

distribution. Luc la placera à un endroit (à être annoncé) et vous pourrez aller la lire à cet

endroit. Ca fait moins personnel, j'en conviens mais c'est simple et efficace. P.S . Pendant notre

douche, nous avons croisé un navire cet PM. Ca faisait une éternité que nous n'avions pas croisé

âme qui vive.
Samedi 13 décembre, Milieu de l'Atlantique, En route vers Ste-Lucie

Plus que 4 jours tout au plus!
13 déc 08 Sur la route des Alizées, Atlantique, vers Ste-Lucie

Petit train va loin, on poursuit notre route et égraine les miles nautiques parcourus. Il ne

reste plus que 415 MN (miles nautiques) à franchir. Ca va trop vite, je n'ai pas encore

complété tous mes projets que je m'étais promis de faire durant la traversée. Nous sommes

juste sur le point de finir le trimestre d'école d'avant les Fêtes. Nous sommes toujours

supposément sur la route des Alizées et roulons sur spi et grand voile. Le vent bien

qu'arrière, est très instable et variant. Pierre serait fier de voir que nous passons nos

journées entières à ajuster les voiles. Ben oui t'avais raison! On ne peut pas juste installer

les voiles et les laisser ainsi des jours durant, ça ne marche pas comme ça. C'est que depuis

trois jours les grains se succèdent à longueur de journée (ces gros nuages chargés de vent et

parfois de pluie). Ces grains ne sont que passagers et durent parfois l'instant de quelques

minutes seulement, juste pour faire du mal! Mais ça ne change pas qu'il faut constamment être

à l'affût et suivre leur évolution pour évaluer s'ils vont nous toucher ou non et quels effets

ils auront sur nous. Ainsi, depuis trois jours nous travaillons sur les voiles à longueur de

journée. Monte le spi, baisse le spi, prend un ris sur la grand voile, enlève le ris, roule le

génois, sort le génois… Arnaud se fait aller les muscles sur la 'winch' et travaille ardemment

sur son 'tan'. Tout ceci pour dire que tout va comme sur des roulettes. Le moral est excellent,

nous sommes à la chaleur et au soleil, on mange super bien et la vie est belle. Tout est

tellement pur sur l'océan, le soleil, la lune, les étoiles et les arc-en-ciel, plus

spécialement, semblent si beaux et purs. On peut presque les toucher. Nicolas nous demande

régulièrement d'aller chercher le 'Pot of Gold' au bout de l'arc-en-ciel.

En ce qui a trait à notre blessé, à la lumière de photos et des descriptions des symptômes et

douleurs que nous lui avons fournies, notre super Doctor Deegle nous a brossé un tableau de

son pronostic pour Nicolas. Voici en gros ce qu'il nous dit : Je constate que Nicolas alias

" Billy the Fisher " et notre Chef Singe grimpeur a une diminution dans les " Amplitudes de

mouvements ", de la douleur localisée et une enflure qui est sous le site de la fracture

potentielle : Je crois donc que nous avons affaire à ceci : 1) Il s'agit probablement d'une

fracture par " impaction " du scaphoïde, et je crois aussi qu'il y en a une autre potentielle,

celle-ci à la tête du radius qui a absorbé le choc de la chute sur la main en angle de 90 degré.

2) L'énergie absorbée par le bras à sans doutes fracturé la tête de l'humérus et la structure

osseuse directement sous celle-ci, le scaphoïde. La fracture du scaphoïde est typique des

chutes avec "réception" sur la main, notamment à vélo, en patins ou lors de matchs de football,

hé oui bien sur un catamaran.. : Le diagnostic de fracture est difficile à réaliser car les

lésions éventuelles peuvent ne pas être immédiatement visibles sur les radiographies standards

du poignet de face et de profil. On pratique aussi une radiographie avec incidences spéciales

qui permettent de dérouler l'os et ainsi de visualiser plus précisément le trait de fracture.

Les symptômes ressemblent à une simple entorse et le diagnostic doit être fait grâce à l'examen

radiologique. Bref, il semble qu'une visite chez le docteur s'imposera à Ste-Lucie pour une

radiographie en règle! Aujourd'hui, tel que décrit par Thomas dans son journal de bord, Nicolas

lui a fait une passation de responsabilité intérimaire en ce qui a trait au grand titre de

'Billy the Fisher', et ce jusqu'à son rétablissement complet. C'est qu'avec le bras pris dans

une attelle, il n'est pas facile de s'acquitter de ses fonctions de pêcheur. Nous continuons de

consacrer le plus clair de nos journées à l'enseignement, tant et si bien que d'ici quelques

jours, nous serons prêts à fermer les livres pour toute la période des Fêtes pour un repos

bien mérité. La traversée aura vraiment été hyper bénéfique côté académique. Un travail

incroyable a été accompli autant en math qu'en français. Je constate que bien des choses

n'avaient pas été maîtrisées par les années précédentes à l'école. Nous avons fait énormément

de rattrapage sur des choses souvent très banales mais combien importantes. Parfois dans une

classe, tout va trop vite et l'enseignement ne peut pas, pour des raisons fort évidentes, être

aussi personnalisé et adapté aux besoins spécifiques de chaque enfant. Dans notre cas, nous

avons tout le loisir, lorsqu'on constate une lacune, de s'acharner sur un sujet et ce jusqu'à

ce qu'il soit complètement assimilé et compris. C'est la beauté de l'enseignement à la maison.

La vie de tous les jours offre tant d'opportunités d'apprentissage, que ce soit dans la cuisine,

la navigation ou dans nos discussions, nous utilisons régulièrement des situations concrètes

pour nous aider à assimiler la matière. Catherine et Nicolas prennent tranquillement plus

d'autonomie afin de pouvoir avancer seuls dans leurs livres. C'est qu'il faut apprendre à

lire, lire et relire les consignes et la question demandée et non juste se fier à papa et

maman pour tout nous expliquer. Il faut se faire confiance et oser essayer. Nous avons bien

hâte de rencontrer grand-papa et grand-maman, l'excitation est à son comble. Ca commence à

sentir l'esprit et la féérie de Noël!

J'allais oublier, les cheveux des gars poussent tellement que j'ai même réussi à leur faire

des tresses françaises.
Mardi 9 décembre, Milieu de l'Atlantique, En route vers Ste-Lucie
Du nouveau sur le site, un nouvel onglet!

08 déc 08 Sur la route des Alizées, Atlantique, vers Ste-Lucie

La route des Alizées??? Is there such thing? Pas vraiment, on l'a oublié celle-là. On roule

encore à moteur cette nuit. Monte les voiles, baisse les voiles, monte le spi, baisse le spi.

Le vent tourne en rond et n'est pas du tout constant, tantôt dans le derrière, tantôt dans

le nez, sinon inexistant. Mais ce n'est pas grave, il fait beau, on est bien et on a encore

de l'eau, du diésel, du butane et du propane pour longtemps, il n'y a pas de souci de ce

côté. C'est juste que notre traversée va s'être étirée en longueur et nous avoir coûté cher

en Gazoil comme dirait les français. Tant qu'on arrive à Ste-Lucie d'ici au 20 déc… pas de

souci comme dirait mon ami Abdul Ben Moussa, grand guerrier africain, chasseur de mouches!

Bon, à la demande générale, je vais plier et faire ajouter un onglet sur notre 'site web'.

Ca doit bien faire une dizaine de personnes qui nous demandent nos recettes de poisson.

Alors me voici une nouvelle occupation de nuit, soit transcrire mes recettes de poisson

pour que Luc les affiche dans l'onglet recettes qu'il va créer. Surveillez cette nouveauté,

ça viendra sous peu! Je me limiterai bien sûr strictement aux recettes de poisson, autrement

je passerais ma vie à transcrire des recettes et je ne suis déjà pas chaude à l'idée. C'est

que ça prend du temps tout ça, surtout quand on tape comme un ordinosaure comme moi! Ha et

puis tiens, je ferai les recettes de pain aussi, c'est toujours très utile en bateau. A part

ça je n'ai pas encore levé l'embargo sur la pêche. Je suis à écouler du stock de mon

congélateur. Ca fait du bien de changer de menu un peu. On est vraiment chanceux côté

nourriture d'avoir encore autant de frais, soit des fruits/légumes, viande et yogourts après

plus de deux semaines. On est bien équipés et on l'apprécie. Toujours pas de vent aujourd'hui,

c'est le calme plat. Nous décidons donc de nous arrêter cet PM question de prendre une pause.

Les enfants avaient très hâte de se baigner dans la mer et nous en profitons également pour

faire un brin de toilette tandis que le Capt change une des deux anodes à laquelle il manque

une vis (probablement tombée avec la vibration). Nos réserves d'eau vont tellement bien que

dorénavant nous nous permettons une douche aux deux jours, c'est le luxe. De toute façon,

l'eau avec laquelle on se rince est de l'eau de pluie chauffée au soleil. J'avoue cependant

que nous sommes un peu plus réticents qu'avant à nous baigner au milieu de l'océan. On a beau

dire que rares sont les espèces de requins dangereux et qu'ils n'attaquent pas sans raison,

ce que j'ai lu dans le livre d'Évangéliste ne m'a pas rassuré et m'a rappelé les dangers de

la mer. Dans son livre, il raconte l'histoire d'une fille et de son copain qui plongent d'un

bateau de croisière pour une petite baignade… elle n'en sortira jamais. Un requin qui passait

par là l'a ramassée… ainsi que la jambe de son petit copain si je me souviens bien. Brr, ça

ralentit les ardeurs de baignade! Je n'ai pas voulu faire peur aux enfants avec ces histoires

mais je surveille de près lorsqu'on se baigne. Aujourd'hui, l'un de nos quatre singes grimpeurs

acrobates a compris pourquoi papa ne cessait de leur répéter d'arrêter de se pendre après les

barreaux de notre toit de 'cockpit'. Le seul qui ne s'est jamais rien cassé, Nicolas, a été

surpris par une vague et est tombé… tombé assez mal. Il s'est tenu le bras pour le reste du

souper et n'a même pas réagi quand j'ai demandé qui voulait du gâteau aux bananes pour dessert….

Connaissant Nicolas, c'est un signe, ça doit être grave! René lui a fait une attelle et nous

suivrons l'évolution de près mais si ce n'est pas cassé, ça doit sûrement être 'fêlé'. Ce sera

une bonne leçon pour tout le monde.


Nouvelle de dernière minute, le vent s'est rétabli d'Est alors on monte le spi à 06h00 ce matin,

on peut finalement éteindre le moteur!!

Samedi  6 décembre, Milieu de l'Atlantique, En route vers Ste-Lucie
Un petit muffin au thon avec ça?

05 déc 08 Sur la route des Alizées, Atlantique, vers Ste-Lucie

Comme quoi on n'a pas tous les mêmes problèmes… Moi ce soir mon dilemme n'est pas de savoir

ce que je porterai pour le Party de Noel annuel du bureau… non plutôt c'est de savoir ce que

je ferai de ce méga thon de 22 lbs qu'on a pêché cet PM. Ca commence à être de la pêche ça

mes amis! Même qu'au cours des derniers jours, on a eu deux touches sur des espadons. Les

deux ont toutefois réussi à nous faire faux bond et à se décrocher alors qu'on tentait de

les remonter. Ouf que Billy the Fisher n'en menait pas large… pauvre ti-pit! Il ne pleurait

pas mais il est resté assis à fixer l'océan pendant une grosse heure cet après-midi là. Il

a eu du mal à avaler cette déception mais il s'en remet. Non mais farce à part, ça se mange

tu des muffins au thon?… parce que là, hormis le petit déjeuner, on mange du poisson à tous

les repas que cette terre emmène. Des pâtes au poisson, des Acras (genre de Fish & Chips),

filet de thon et sa mousse avec sauce à la mangue (recette Thermomix à venir), thon aux

fruits des îles cuit à la vapeur, thon Thai sauce Satay, sushis, ceviche… les recettes ne

manquent pas mais… Arnaud qui n'est pas fort fort sur le poisson va commencer à s'ennuyer

de sa poutine bientôt. Mais tout de même, disons-le, un thon ça fait changement des huit

coryphènes qu'on s'est tapés dans la dernière semaine. Non mais est-ce que c'est ça se

plaindre le ventre plein? Dernièrement, Luc, notre 'super manager' nous a aussi trouvé

des recettes de poisson volant. C'est que certaines nuits on en retrouve de trois à quatre

sur le pont. L'autre matin, il y en avait un dans la poche que forme la grand voile lorsqu'on

prend un ris. Une vraie comédie! Maintenant que j'ai mes recettes, il ne reste plus qu'à

attraper 8 poissons volants (vivants) car le lendemain matin, ils sont raides un peu nos

poissons volants. Ce soir on fête notre 'Half Way', soit 1400 miles nautiques (MN) et douze

jours derrière nous. On se fait un petit repas spécial, Nachos, 'finger food' et bien sûr…

encore des sushis. Au rythme auquel on avance, on ne s'attend pas d'arriver avant le 16 déc.

Les alizés sont fortement perturbés cette année et on n'avance pas aussi rapidement que prévu.

Côté navigation, Arnaud nous donne un bon coup de main. Il fait son deuxième quart de nuit

seul ce soir, ce qui me laisse prendre un peu de sommeil de 21 heures à minuit. Hier il avait

aussi accompagné René à braver les éléments de la tempête jusqu'à minuit. Il y a quelques

jours que je n'ai pas écrit car les nuits étaient trop mouvementés pour que je puisse me

permettre de quitter la barre. Victor notre pilote avait besoin d'assistance. Il est 01h20 AM,

je suis assise à la barre en short et en camisole, inutile de dire que les calendriers de

l'Avent des enfants commencent à manifester des signes de coup de chaleur… les petits motifs

dans le chocolat deviennent méconnaissables et fondent comme beurre au soleil. Heureusement

que Thermomix est là pour nous préparer des petits 'Smoothies' rafraîchissants aux fruits

lors des chauds après-midis. Serait-ce qu'on a enfin trouvé la chaleur? Ce qu'il nous faut

maintenant c'est le vent. On roule à moteur sans les voiles cette nuit tant c'est mort côté

vent. C'est tout ou rien. Hier on avait du 25 nœuds de vent et là c'est mort pour les 2 ou 3

jours à venir. Heureusement que les courants marins nous sont bénéfiques, ça nous permet de

gagner presqu'un nœud supplémentaire de vitesse. Hier matin, l'écran du radar est devenu tout

vert, c'est que nous étions entourés de toutes parts par des grains (averses de pluie

accompagnées de vents parfois forts). Ne pouvant les éviter, nous en avons profité pour

sortir sur le pont sous la pluie en maillot afin de faire un peu de toilette. Quoi de mieux

qu'une bonne douche sous la pluie! Ca permet également de remplir nos réserves d'eau douce

pour la douche. Comme ces grains laissent des vagues résiduelles un peu inconfortables, nous

donnons congé d'école pour le reste de la journée car le mal de mer semble guetter les enfants.

Ces derniers consacrent ensuite leur après-midi à la confection et construction de différentes

embarcations flottantes, toutes aussi originales et ingénieuses les unes que les autres. En

fin de journée, alors que nous sommes à souper avec des 'fajitas', nous sommes à nouveau frappés

par un bon grain. Nous traversons une zone de perturbation. Nous en bavons toute la nuit à

braver les éléments, fort heureusement Arnaud accompagne René jusqu'à minuit ce qui me permet

d'essayer de dormir un peu avant cette nuit qui s'annonce pénible. 25 nœuds de vent dans le

nez! Non mais nous ne sommes pas sur la route des Alizées? Où est notre vent arrière? C'est à

n'y rien comprendre, il semble que les systèmes sont un peu déstabilisés dû à des dépressions

qui frappent non loin d'ici. Bon, il est près de 03h30 AM, je vais devoir aller réveiller le

Capt. C'est que nos deux dernières nuits ont été pas mal mouvementées et René et moi n'avons

dormi que très peu. René a bien essayé de dormir cet PM mais ça ne faisait pas une heure qu'il

dormait que nous n'avons pu résister à envoyer les enfants le quérir quand Arnaud et moi avons

remonté notre 'méga thon' de 22 lbs. Évidemment, le Capt s'est retrouvé à passer le reste de

la PM à nettoyer et découper notre prise. Ha mais quelle vie! Les enfants étaient tristes de

ne pas avoir de professeurs disponibles pour leur enseigner, un autre PM de congé.


P.S. Notre régime de bananes diminue de jour en jour. Nous n'avons jamais mangé autant de

bananes, elles sont divines, mûres à perfection. Des bananes au petit déjeuner, des bananes

pour collation, des bananes au dessert… des muffins thon et bananes peut-être??
Jeudi 4 décembre, Milieu de l'Atlantique, En route vers Ste-Lucie
Récit de Arnaud

Une semaine au beau milieu de l'Atlantique Après avoir passé du temps à Las Palmas à se faire

griller et à fêter avec des gens de partout autour du globe, il était impératif que nous

soulignions ce pourquoi nous nous trouvions à Las Palmas en premier lieu : la traversée de

l'Atlantique sous la bannière du ARC (Atlantic Rally for Cruisers). Nous avons eu la chance,

à Las Palmas, de nous faire de nombreux amis d'ethnies tout à fait différentes les unes des

autres et certains, désireux de vouloir garder le contact durant la traversée, ont fait des

préparatifs nécessaires afin de pouvoir parler aux autres yachts avant le grand départ. Après

de nombreux jours à travailler sur le bateau pour qu'il soit fin prêt pour cette épreuve, nous

étions tous prêts mentalement à entreprendre la transat tant attendue. Le jour du départ, nous

sommes partis dans les derniers de la section des Catamarans. Cela ne faisait que me confirmer,

malgré mon esprit compétitif, que nous allions arriver dans le fameux groupe des retardataires.

Je me dois de vous dire que, même si je le souhaitais très fort, René m'as expliqué que nous

n'allions certainement pas être capables de faire compétition aux gros yachts qui ont une

vitesse de coque beaucoup plus élevée que la nôtre. Alors j'étais dans un état résignation :

il fallait que j'accepte le fait que nous n'étions pas de taille. Il y a en tout 225 yachts,

qui comme nous, s'enlignent vers Sainte-Lucie dans le cadre du ARC. Parmi toutes ces petites

habitations flottantes, nous devrions être dans les 10-15 derniers qui arrivent, selon

l'estimation du Capitaine. Semblerait-il que, dès la première journée, selon une manœuvre que

le Skipper a baptisée " La Passe du Coyote ", nous aurions peut-être une chance d'échapper à

ce triste sort! Je crois que j'ai arboré un de mes plus gros sourires pour le reste de la

journée en sachant cela. Nous devions être dans le peloton du milieu alors. Les journées

suivantes se sont déroulées assez facilement, malgré le fait que le vent était quasiment

absent. Le mal de mer avait touché Thomas et Catherine la première journée, mais nous a

épargné pour le reste de la semaine. Nous n'avons eu de touches sur nos lignes à pêche

qu'au cinquième jour… et quelle journée!! Nous avons eu le droit à 5 prises sur une

possibilité de 6 (la deuxième touche s'étant défaite de l'emprise de l'hameçon) ce qui

est vraiment excellent! Bref, nous étions satisfaits… tellement que nous avons dû retirer

les lignes le lendemain après avoir ce jour-là attrapé un autre! Moi qui ne suis pas un

grand fan de poisson! Pourtant, il faut que je l'avoue : jamais n'ais-je mangé d'aussi

bons sushis (mon mets favori)! Je me suis également trouvé un nouveau job sur le bateau :

DJ. Je me suis fait engager à la suite de nombreuses plaintes concernant la répétition

plus que lassante de la musique jouant à bord du Catmousses. Je dois avouer qu'entendre

Céline, Garou et Dany Bédard 4 fois par jour devenait lassant à la longue! Alors c'est

avec joie que je me suis emparé de leur impressionnante collection de musique située sur

un disque dur de 120 GB!! Catherine danse de manière incontrôlable depuis! Je prends cela

comme un compliment! Durant ces deux dernières journées, nous sommes passés très près d'avoir

rempli nos panses de gros espadons voiliers juteux à la Cajun (clin d'œil à Luc). Moi et

René avons décidé que l'objectif de pêche était au minimum un - excusez-moi pour le langage -

" gros fucking espadon " et nous sommes toujours en attente de celui-ci!! Mais ne perdons pas

espoir, nous avons eu deux touches sur le gros appât de 50 euros jusque-là!! Nous avons

également relâché environ quatre ou cinq coryphènes ce qui est bon puisque sinon nous ne

trouverions plus de place pour les mettre! Enfin, il nous reste encore environ deux semaines

sur la grande étendue d'eau qu'est l'Atlantique et nous comptons bien ne pas arriver dans les

derniers à Sainte-Lucie… enfin, je l'espère!! Pour ma part, je trouve que tout se déroule très

bien jusqu'à maintenant, notre gros régime de bananes commence tout juste à perdre du poids,

mais c'est le contraire pour nous : nous mangeons tellement bien que ce n'est pas ici que

René perdras un autre 25 livres, non Monsieur!! Je crois que nous avons tous hâte d'arriver

à Sainte-Lucie pour retrouver les autres participants ARC - notamment André & Lise, Pierre &

Céline ainsi que tous les amis que nous nous sommes faits à Las Palmas - afin de passer du

bon temps au chaud soleil des Caraïbes! J'ai bien aussi hâte de retrouver mes cousins et

mononcle Pierre à Saint-Martin par après et tout le monde à Québec pour finir. C'est ainsi

que se finit ce court récit sur mes impressions de la première semaine en mer.

Fin
Lundi  1 décembre , Milieu de l'Atlantique, En route vers Ste-Lucie
La belle vie !

01 déc  08
Sur la route des Alizées, Atlantique, vers Ste-Lucie

Au réveil ce matin nous trouvons un poisson volant sur le pont.  Dès 07h42 nous remontons notre
première coryphène ( 33' et presque 4 lbs).  En la nettoyant, René trouve dans son estomac,
deux poissons volant encore intacts qu'elle vient d'ingurgiter.  C'est beau le cycle de la
chaîne alimentaire. Le reste de l'avant-midi est consacré aux maths.  Après le dîner nus avons
droit à une douche bien méritée, quelle bonheur!  Ce faisant, un poisson mord à notre ligne mais
nous le perdons.  Il y en aura d'autres.  En fin de PM nous remontons deux autres coryphènes
mais l'équipage, voyant que ce ne sont encore que des bébés, votent à l'unanimité pour leur
rendre leur liberté.  Finalement, nous en attrapons une dernière, la plus grosse à date, mais
elle ne se rendra pas à bord puisque nous l'échappons au moment de la prendre dans la
puisette.  

Ce soir c'est un souper spécial.  Toutes les raisons sont bonnes en mer pour célébrer.  Ainsi,
nous célébrons la première semaine, maintenant dernière nous, et le fait qu'il reste moins de
2000 MN à parcourir puisque nous sommes passés sous la barre du 1900 et même 1800 miles à
l'heure où j'écris.  Au menu de ce souper spécial, les sushis sont à l'honneur, accompagnés
de Ceviche et de brushettas.  C'est fou tout ce qu'on peut faire avec du poisson.  Comme
dessert on sort une gâterie du fond de nos réserves.  Soit des mini tablettes de chocolat. 
Après deux, les enfants nous supplient pour une troisième.  Je lance un défi à Antoine, lui
promettant une barre supplémentaire pour toute la famille s'il arrive à m'écrire toutes les
lettres de l'alphabet… No pressure!  Je ne voyais pas grand risque à mon défi pensant qu'il
lui serait impossible de le faire.  Et bien non, aussitôt dit, aussitôt fait, voilà Antoine
qui accourt avec papier crayon et qui se met au boulot.  A ma grande surprise, je suis obligée
(à une ou deux lettres près) de lui accorder la victoire.  Il a tellement travaillé fort.  

J'ai peu parlé d'Arnaud dernièrement mais ce n'est pas qu'il ne soit pas impliqué.  Bien au
contraire, il se voit chargé de plus en plus de responsabilités, ses journées commencent à
être bien remplies et il gagne peu à peu la confiance du capt.  Ca va être un gars à marier,
il est maintenant maitre-couturier!!!  Durant la journée, on récupère ou on enseigne et
Arnaud est à la barre.  D'ailleurs, Arnaud reçoit une promotion au cours du souper spécial
et se voit chargé de son premier quart de nuit à la barre ce qui nous permet, à René et moi,
de nous coucher à 20h30.  A 22h50, nous nous réveillons en sursaut, une des écoutes de spi
s'est relâchée.  Nous accourons tous les deux à la rescousse et la situation est vite rétablie. 
Merci Arnaud, tu vas contribuer à nous laisser dormir des petites heures supplémentaires qui
seront fort bienvenues.  Je remarque alors que notre plus grosse ligne à pêche a été laissée
à la traîne.  Bizarre, on ne laisse jamais les lignes sorties une fois la noirceur tombée. 
Mais que vois-je? L'élastique (amortisseur) qui tient la ligne est tendu… S'agirait-il enfin
de notre espadon… c'est big… c'est 'huge', ce n'est pas une coryphène c'est certain! Billy
the Fisher va en avoir pour son argent.  Vite, vite, branle-bas de combat à bord… mais au
moment de commencer à remonter la ligne… plus rien.  Bon c'est une chose d'avoir perdu le
poisson mais on craint le pire,  soit d'avoir perdu notre super méga 'dupper' hameçon (leurre). 
On remonte la ligne et nous constatons avec soulagement que notre gros monstre a eu la décence
de nous laisser notre leurre intact ( mis-à-part quelques trous et déchirures, laissés par ses
dents acérées sur le caoutchouc qui tient les hameçons).  Ouf!  Fiou comme dirait Nicolas!
Les enfants pendant le jour, s'en donnent à cœur joie et établissent de nombreuses
communications radios avec les enfants des bateaux environnants.  Catherine doit bien parler
3 à 4 fois par jour avec son amie Amanda sur Lucey Blue.  Thomas de son côté, entretient des
conversations de gars avec ses amis norvégiens (Lucey Blue) et américains (Gone Native) aux
cours desquelles les histoires de pêcheurs fusent de toute part.  Pour la première fois de
notre vie de navigateurs, nous naviguons au spi (pendant la nuit).  On commence à être un peu
plus téméraires.  Avec la grand voile nous atteignons des vitesses de 7 à 8 nœuds mais gardons
une moyenne de 6 nœuds.  On se croirait flotter sur un nuage tant c'est 'smooth'.  Mais ceci
ne durera pas car au petit matin, le vent tourne et vient maintenant du sud-est.  Nous ne
l'avons donc plus dans le dos mais de côté et ce pour au moins les 24 heures à venir selon
les rapports météo. 
Côté température,  il fait maintenant tellement doux que c'est rendu que Catherine couche dehors
le soir, disant qu'elle a trop chaud en dedans.  Elle va trouver ça dure les Antilles!  C'est
vraiment la belle vie!  Dans ces moments, nous remercions le ciel de nous permettre de vivre
une aussi belle expérience.  On prend bien soin de régulièrement nous remémorer notre ancienne
vie et le fait que nous devrions être assis derrière un bureau.  Nous voulons nous assurer
de ne jamais oublier notre chance afin d'être à même de mieux apprécier chaque seconde du
bonheur que nous vivons.