Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Février 2009
 

 

 

Samedi 28 février, Dans les San Blas
Derniers jours aux San Blas
Iles San Blas

27 fév

Comme nous nous plaisons beaucoup dans les San Blas, nous décidons de prolonger

notre séjour de deux autres jours avant de reprendre la mer vers le canal de Panama.  Le

diagnostic est confirmé, le capt souffre bel et bien d'une cellulite (infection de la peau)

au niveau du coude.  Fort heureusement nous avons à bord tout ce qu'il faut pour contrer

à ses microbes qui se multiplient à une vitesse vertigineuse.  La rougeur s'amplifiant

d'heure en heure nous avons hâte  que l'antibiotique fasse effet mais nous devrions

voir une différence dès demain.  Grâce au ciel nous avons, à date, réussi à nous

auto-traiter pour tous nos petits bobos.  Une chance car les hôpitaux ne sont pas toujours

très à portée de main.  

 Nos deux derniers jours dans les San Blas ont été partagées entre l'école et les

nombreuses plongées.  Nous avons passé bien des heures, assez pour être très ratatinés,

sous l'eau.  Nos habits de plongées sont une pure bénédiction.  Nous explorons les fonds

coraliens magnifiques, à la recherche de LA proie.  Nous avons aperçu quelques raies mais

elles nous ont toutes fait faux bond.  C'est que c'est rapide ces créatures.  Nous avons

sillonnés les fonds marins autant comme autant, espérant revoir un requin mais le seul que

nous ayons vu était à partir du Dinghy, l'espace d'un instant.  René, armé de son super

harpon a cherché vainement une proie pour le souper mais est toujours revenu bredouille. 

Aucun signe de langouste ou autre.  Il s'est bien essayé à quelques reprises sur des

barracudas mais ses tentatives furent non fructueuses et de toute façon, nous soupçonnons

le barracuda de ce secteur d'être atteint de Ciguatera.

28 fév        

Aujourd'hui nous recevons la visite de trois petites barques.  Des vendeurs de molas, des

marchands de fruits et légumes et finalement des pêcheurs.  A chaque j'explique que nous

n'avons plus d'argent liquide.  Mes arguments ne semblent pas les convaincre et ils ne me

croient pas mais bon.  J'imagine que tous les plaisanciers leur servent cet argument mais

dans notre cas, c'est pourtant vrai.  Je réussis tout de même à acheter quelques fruits et

légumes (payés par notre cher Antoine), puis lorsque les pêcheurs nous offrent leur

langoustine à 10$ je leur explique que nous n'avons plus que 5$.  Ils nous offrent donc

un superbe crabe pour 5$.  Antoine est fou comme un ballet de pouvoir acheter un crabe

avec ses sous, surtout que les gars nous font également cadeau d'une petite langouste. 

Wow!  Pour 5$!  J'ai déjà payé pas mal plus cher pour ces chers créatures de la mer! 

Nicolas et Antoine passent le reste de la PM à jouer avec le crabe et la langouste dans

la chaudière tandis que le Capt s'évertue avec Thomas et Catherine à frotter la coque,

au niveau de la ligne d'eau, pour la débarrasser de ses algues.  Vers 16h45, nous levons

l'ancre et entreprenons une traversée de nuit vers Panama avant d'y arriver au petit matin. 

Nous devrions y être pour une bonne semaine, le temps d'obtenir une date (fenêtre) pour

notre passage.  Nous profiterons de cette semaine pour faire un blitz réparations mais

aussi pour faire le plein de provisions.  Nous avons souvent fait du réapprovisionnement

pour des périodes de 3 à 4 semaines de traversée mais cette fois nous devons faire des

provisions pour 90 à 100 jours étant donné les endroits reculés où nous nous trouverons

dans les mois à venir.  

Il est 23h30, je suis de veille depuis 21h30.  Nous sommes sur un vent au portant avec la

grand voile et le génois et faisons une moyenne de 5 nouds.  Je retourne à mon poste car

il commence à y avoir pas mal de bateaux autour de nous.  Ca arrive vite ces monstres,

vaut mieux les surveiller de près, je n'aimerais pas me retrouver en danger de collision.

Vendredi 27 février, Dans les San Blas


Plongées de la famille Cousteau
Iles San Blas

24 fév (Holandes Cays)
Ce matin nous déménageons nos quartiers des Holandes Cays vers les Lemon Cays.  Chemin

faisant je fais l'école aux enfants mais Thomas n'y arrive tout simplement pas.  Il est

encore épuisé de sa fièvre et retourne se coucher.  Nous commençons à nous rendre à

l'évidence que cette fameuse fièvre ne pouvait être nul autre que la fièvre de dengue. 

Il survivra mais ça frappe fort cette fièvre.  Il commence à se décourager et à croire

que c'est toujours lui qui attrape tous les microbes bizarres.  En tout cas, une chance

qu'il a appris à avaler des pilules car des 'penunes' il en prend!

Cet PM, après dîner, la famille Cousteau, AKA (also known as) Gigabou part en excursion

de plongée sur l'épave d'un bateau qui git tout près de l'île Dog Island depuis 54 ans. 

Nous y plongeons, c'est magnifique pour les enfants.  C'est pratiquement sur la plage

dans à peine quelques pieds d'eau.  Antoine a un peu peur, lorsqu'il passe au dessus de

l'épave, d'être aspiré par les trous du bateau!  Je lui ai changé mon tuba contre le sien.

J'ai perdu dans l'échange!  Maintenant il est devenu super bon et ne remonte plus toutes

les deux minutes.  Il avait raison, son tuba prenait l'eau!  Pauvre ti-prout!  Il est pas

mal fier d'être devenu un champion de plongée.  Nous avons vu de superbes choses et avons

aussi rencontré Michel et Céline du bateau Allie Cat au cours de notre excursion de Dinghy

à travers les îles de Lemon Cays.  Ce sont des canadiens francophones de Welland.  Le capt

aurait bien voulu réussir à pêcher un poisson pour souper mais ses techniques de harpon

sont encore trop primitives. Nous avons décidé de rester ici pour la nuit mais cet ancrage

est supposé être un ancrage de jour seulement.  Nous verrons si ça brasse trop cette nuit

mais déménager de nuit dans les bancs de corail ce n'est pas l'idéal.

25 fév (Carti)

Finalement notre ancrage n'a pas trop brassé.  René a essayé son système de 'Breeze Booster' 

la nuit passée.  Ca faisait une telle 'draft' d'air dans sa cabine qu'il a dû sortir les

grosses couvertures.  Je connais des visiteurs qui auraient bien aimé avoir ça dans leur

cabine lors de leur passage sur Cat Mousses.  Il faudra qu'ils reviennent pour essayer

notre nouveau système.  C'est pas mêlant, parfois on gèle avec cette invention.  Il était

temps qu'on pense à le sortir de son emballage!  Ce matin Thomas fait encore de la fièvre

mais ça s'estompe rapidement.

Ce matin nous partons pour Porvenir dans le but d'aller y faire nos procédures d'entrée à

Panama mais tout est fermé.  C'est qu'aujourd'hui est une fête nationale.  C'est l'anniversaire

de la révolution du 25 février 1925.  Nous relevons donc l'ancre (qu'on avait mis 3 fois

à faire prendre dans le fond) pour l'île de Carti où on nous a dit qu'il y avait fête

aujourd'hui.  A notre arrivé, un homme de 76 ans vient nous accueillir dans sa petite barque

'ulu'  pour nous guider dans l'ancrage.  Après 4 tentatives, on parvient à s'ancrer solidement. 

Puis il monte à bord de Cat Mousses.  Il baragouine un peu d'anglais mais ne parle pas

beaucoup espagnol.  J'arrive tout de même à communiquer avec lui en espagnol. Je remercie

le ciel tous les jours d'avoir appris cette langue.  C'est une bénédiction de pouvoir

communiquer avec les gens.  On bénéficie tellement plus de notre séjour lorsqu'on est en

mesure de discuter.   Le septuagénaire nous invite à nous joindre à la fête cet PM.  Il nous

explique qu'il est guide dans le jungle sur une île non loin d'ici où il pousse des milliers

d'ananas.  Son fils est également guide touristique.  Il possède également une auberge où

logent les 'backpackers'.  Leur île est très prisée par les bateaux de croisière mais nous

avons la chance d'être trois bateaux tout au plus au mouillage aujourd'hui.  Cette île a

l'air surpeuplée.  Il y a des huttes partout.  Le fond de l'eau est jonché de vidanges de

toute sorte.  Nous avons bien fait de ne pas remettre nos vidanges au monsieur comme il

nous le proposait.  Bon assez parlé, allons faire un tour sur l'île pour voir ce qu'il en est.

Nous avons eu une superbe journée.  Cette fête se passe en fait sur trois jours.  Aujourd'hui

le cœur est à la fête, tout le village a revêtu ses plus beaux habits traditionnels. 

Nous débarquons sur l'île vers 14h00 et constatons que les villageois, incluant, les

grands-mamans dans leurs molas, commencent à avoir de la difficulté à marcher droit. 

On voit clairement qu'il doit souvent y avoir des touristes ici car contrairement à notre

premier village (Niadup), les gens ne nous regardent pas comme des extra-terrestres. 

En fait, ils ne font pas de cas de nous et ne nous regardent pour ainsi dire pas, à moins

que nous leur adressions la parole.  Ils sont beaucoup plus avancés côté technologique

dans ce village.  Il y a ici quelques lumières de rues et de l'électricité ici et là. 

On voit parfois des vieilles dames Kunas parler au téléphone cellulaire, ça fait drôle

de voir ça.  On a presque l'impression qu'il s'agit d'un anachronisme.   

Catherine et moi, ainsi que Nicolas et Antoine, nous achetons un petit bracelet de cheville

traditionnel.  Egalement, nous ne pouvons venir aux San Blas sans s'acheter une 'molas' ou

deux, ce que nous faisons évidemment.  C'est très joli mais surtout c'est fou les heures

de travail qu'il y a dans ces broderies fines.  On a beau vouloir marchander, rien n'y

fait.  Ils sont très stricts sur leurs prix mais il faut dire que c'est dérisoire comme

prix de vente pour le travail qu'il y a dans ces œuvres d'art.  On zigzag tout l'après-midi

entre les huttes du village qui sont cordées les unes sur les autres.  On va jusqu'à

visiter leurs toilettes qui sont comme celles que nous avions dans l'arrière cour dans

l'ancien temps.  Sauf que contrairement à nous, le trou de leurs toilettes  donnent

directement sur la mer et les poissons rayés jaune et noir s'en donnent à cœur joie

pour déguster les numéros deux!!!

Nous passons un beau moment et rencontrons également un couple d'Américains de Seattle

et leurs deux enfants de 9 et 6 ans.  Lui est photographe et ils sont ici pour une

dizaine de jours.  Comme ils sont ici depuis une semaine déjà, la mère et la fille de

9 ans nous servent en quelque sorte de guides touristiques.  Vers 17h00 nous décidons

de revenir au bateau avant que l'état d'ébriété des locaux ne dégénère trop.  On a aussi

droit à une démonstration de danse lascive que trois ados travestis 'en devenir' font

au centre de la route devant leur hutte. Je finis par me trouver des bonnes baguettes

de pain Kuna chaud, à force de persévérer dans mes recherches.  Encore une fois je suis

reconnaissante de mes connaissances de la langue espagnole, qui me sont d'une utilité

infinie.  Il n'y a plus de pain nulle part à cette heure du jour mais je finis par

en trouver à force de me faire diriger d'une hutte à l'autre.  C'est un peu comme

de la bannick, c'est délicieux. Thomas de son côté nous a accompagné pour la première

heure de visite mais à ensuite demandé à retourner au bateau pour aller se reposer. 

Au retour sur le bateau nous le trouvons à lire et il est fier de nous montrer qu'il

a cousu deux autres écussons sur son sac de couchage pour sa collection.  Nos autres

mousses ont tôt fait d'eux aussi se lancer dans l'apprentissage de la couture.  Ils

veulent coudre sur leurs sacs de couchage les mini molas qu'ils viennent d'acheter

avec leurs sous.

26 fév - ( île perdue dans les San Blas)

Ce matin pas de fièvre pour Thomas, même qu'il sort de lui-même son sac d'école.  Enfin,

on va finir par le réchapper.  Après le déjeûner nous levons l'ancre pour aller explorer

la partie centrale des San Blas.  Nous trouvons en endroit tranquille ou encore une

fois nous sommes seuls au monde mais par la fin de la journée il y a trois autres bateaux

au mouillage.  Quelques minutes après avoir jeté l'ancre, alors que je prépare le dîner,

René m'appelle car un petit bateau 'ulu' s'approche.  Mais c'est Lisa! Quelle chance

nous avons.  Cette femme (travestie) est une 'Master Mola Maker' très connue.  Sa photo

apparaît d'ailleurs dans notre guide de navigation.  Elle et un autre homme montent

à bord du Cat Mousses pour nous montrer leurs molas.  Nous en achetons évidemment quelques

unes encore.  Comment faire autrement!  C'est le prix à payer pour avoir des échanges

enrichissants.  Au début elle me parlait anglais.  Elle le parle très bien mais voyant

que je parle espagnol aussi, nous nous en remettons à l'espagnol.  A force de jaser, je

lui demande si elle a fêté la fête de la Révolution dans son village de Rio Sidra mais

elle m'explique que non.  Il y avait quatre jeunes filles qui célébraient leur puberté

au cours des 4 derniers jours et hier c'était la journée de sa nièce.  Je lui demande

si elle s'est fait percer le nez et elle me répond que oui.  Elle me parle aussi d'un

autre rituel selon lequel les petites filles (agées entre 2 et 10 ans) quand leur famille

a assez d'argent, organisent une fête au cours de laquelle la petite fille se voit raser

les cheveux complètement.  Je n'ai pas réussi à savoir toutefois la signification 

exacte de ce rituel. Elle avait quand même de la 'business' à faire avec nous, elle est

donc revenue sur le sujet de ses 'molas'.  On commence à rouler sur les 'fumes' côté

liquidité en dollars américains.  Une chance qu'on a notre vieux riche de 'Antoine'. 

C'est lui qui nous fait vivre ces temps-ci avec sa fortune de dollars américains.  Il en
est pas mal fier et insiste pour acheter des cadeaux à son parrain et sa marraine avec

ses sous.  Le plus dur c'est de l'arrêter… acheteur compulsif qu'on dit???  

Nous passons la PM à explorer les fonds marins, Thomas reste sagement au bateau  pour

lire. Son Harry Potter (no 5) avance bien.  Vers 16h30 je reviens au bateau avec Nicolas,

Antoine et Catherine mais Nicolas et René continuent leurs plongées.  Nous regrettons

amèrement de ne pas avoir continué car Nicolas nous annonce fièrement, à son retour,

qu'ils ont vu un barracuda, une raie et …. Pas un mais deux requins, probablement des

'white tips'!  Bien qu'il avait son harpon et son 'Hawaien Sling' le Capt a jugé les

requins trop gros pour 'fiter' dans le BBQ et n'a pas osé pas non plus pourchasser les

amis poissons qui les accompagnent de peur de froisser les requins.  Il revient encore

une fois bredouille de sa pêche.  On s'en remet donc à une bonne platée de riz pilaf

maison et quelques saucisses mais nous sommes au bout de nos réserves de viande.  Le

capt commence à trouver qu'on mange souvent des saucisses et qu'on devrait aller vivre

parmis les Allemands au retour à force de manger autant de 'Bratwurst'.  Non mais

sérieusement c'est que les saucisses c'est la viande qui se conserve le plus longtemps

alors c'est pratique.

En soirée je ressors ma trousse médicale pour un tout autre dossier cette fois.  C'est

que le Capt a comme une ex-croissance (bosse) qui lui pousse sur le coude.  On croirait

qu'il lui pousse un genou sur le coude.  Avec les maigres connaissances médicales que

nous possédons, notre diagnostic très primaire  serait soit une flébite du coude...

à moins que ce ne soit un cancer du coude...(Joke). Son coude est rouge et enflé et

il est très chaud, probablement une bursite ou une cellulite.  René peut faire des

mouvements simples mais ne peut plus forcer... (il va devoir prendre une pause du

lever du coude on dirait!).  Nous en informons immédiatement notre équipe médicale

(notre Dr Deegle national) et attendons ses instructions.  En attendant,

un anti-inflammatoire, de la glace et un peu de sommeil feront l'affaire.

Sur ce, je vais aussi me coucher.  Assez pour aujourd'hui!

Mardi 24 février, Dans les San Blas

Premier contact avec les Kunas
Iles San Blas

21 fév (Niadup)
Nous avons atteint les San Blas en milieu de PM le 21 fév et avons choisi l'île de
Niadup comme premier arrêt.  Quelle expérience inoubliable nous y avons vécu.  Ca
c'était exactement le genre de dépaysement que nous recherchions lorsqu'est née
l'idée de notre projet de voyage autour du monde.

Les îles des San Blas sont uniques au monde.  Ce sont des bandes de terre occupées
par des forêts vierges de palmiers, des eaux naviguables d'une beauté incroyable,
mais d'abord et avant tout, ce sont des îles occupées par des tribus d'indigènes
appelés les Indiens Kunas.  Les Kunas, au nombre d'environ 55 000, vivent  sur
les îles des San Blas qu'ils appellent 'Kuna Yala'.  Ils ont choisi d'y vivre 
pour trois raisons majeures.  Ces îles n'avaient pas d'insectes ni animaux sauvages
mais surtout, offraient une excellente protection contre les autre tribus.  Les
San Blas font officiellement partie de la république de Panama, toutefois le
gouvernement panamien est tenu de respecter les lois, cultures et traditions des
Kunas.  Depuis 1925, il est interdit aux Kunas de se marier à des non-Kunas sous
peine d'expulsion des San Blas.  Ces mariages entre Kunas ont eu pour effet toutefois
d'engendrer certains débalancements génétiques qui ont fait que certains des enfants
naissent albinos.  Nous en avons d'ailleurs vu lors de notre visite.  On ne peut
les manquer, ils ressortent du groupe de façon marquée avec leur peau très pâle,
cheveux très blonds et yeux pâles très sensibles à la lumière.  En voyant Catherine,
Nicolas et Antoine,  les enfants du village ont pointé deux de leurs amis albinos
en disant qu'ils pourraient très bien passer pour un frère et une sœur
supplémentaires au sein de nos enfants.

Bien qu'il soit interdit pour un étranger de s'installer dans les San Blas, les Kunas
sont extrêmement gentils, pacifiques et accueillants.  Ils sont timides et réservés.  
On s'y sent très en sécurité et le crime et le vol ne semblent pas faire partie de
leur vocabulaire.  Ces tribus sont organisées selon un système de hiérarchie très
structuré.  Chaque village possède trois 'Sailas' (chefs) qui font office d'autorité
suprême au sein du village.  Nous avons vu les huttes dans lesquelles ils tiennent un
genre de conseil 'congreso', tous les soirs de la semaine avec tous les membres du
village.  Les 'Sailas' sont non seulement des leader politiques mais ils sont également
l'autorité suprême en matière de spiritualité, poésie, médecine, connaissances et
histoire.  A plus haut niveau, trois autres chefs 'Caciques' dirigent la nation,
chacun d'eux représentant une partie des terres.

Les Kunas sont une société matriarcale.  Les femmes contrôlent l'argent et suivant
un mariage,  le mari doit venir vivre dans la famille de sa femme.   Il n'y a pas
d'âge fixe pour se marier.  Ils se marient lorsqu'ils se jugent assez matures et
c'est souvent la femme qui choisit son mari.  L'économie des Kunas est basée sur
les coconuts qui poussent sur leurs îles.  Gare à celui (touriste) qui tentera
de s'approprier d'une noix de coco qu'elle soit tombée au sol on dans un arbre. 
Jusqu'à tout récemment les noix ce cocos étaient la monnaie d'échange officielle. 
Chaque palmier appartient à un membre de la tribu.  Ces noix de cocos sont vendues
ou échangées contre des produits colombiens qui sont transportés par bateaux venus
de la Colombie.  Les femmes de leur côté, font également de l'argent en vendant
leurs fameuses 'molas' véritables œuvres d'art de broderie indienne.  Ce sont
des blouses fabriquées à partir de la juxtaposition d'un savant mélange d'étoffes
aux couleurs vives.   Les femmes se promènent en petits bateaux appelés 'ulu' pour
aller vendre leurs molas.  Il arrive que ces vendeuses s'avèrent être des travestis. 
En effet, il ne semble pas y avoir de stigmate envers l'homosexualité dans cette
société et on dit qu'il n'est pas rare de voir des hommes Kunas aux longs cheveux,
s'habiller en femmes et porter les 'wini beads' bracelets faits de perles de
couleurs aux bras et aux jambes.

A notre arrivée à Niadup, nous approchons prudemment de l'île, cherchant un endroit
où jeter l'ancre.  Les enfants Kunas sont les premiers curieux à accourir, puis
on entend quelqu'un sonner une cloche.  Un véritable attroupement s'approche pour
venir assister à notre arrivée.  Nous finissons par oser briser la glace pour
amorcer un premier contact en leur demandant si nous pouvons venir nous ancrer
ici.  Ils nous font signe que oui et nous indiquent dans quel secteur nous placer
en nous mettant en garde de ne pas nous approcher du tuyau sous-marin qui les
approvisionne en eau depuis la rivière d'une île voisine.  Aussitôt ancrés,
un homme apparaît dans son petit bateau 'ulu' et nous demande s'il peut monter
à bord.  Il parle un peu d'espagnol et d'anglais alors nous arrivons à nous
comprendre.  Il est le secrétaire du 'sahila' et il vient nous collecter un
frais de 5$.  Il a un petit calepin de reçus avec lui mais demande à René
de remplir toute l'info lui-même.  C'est que notre monsieur ne sait pas lire,
ni écrire, il se contente de signer à la fin est nous demande un dollar
supplémentaire, celui-là est pour lui dit-il.  Il reste un moment avec nous
et lorsque je lui offre un verre d'eau, il me demande du jus.  Je lui apporte
un verre de jus qu'il cale en moins de deux secondes.  Je lui en offre un
deuxième qu'il cale tout aussi vite.  Je lui en offre un troisième mais
il décline.  Nous en profitons pour nous informer des mœurs et coutumes de
l'endroit.  Avant de partir il nous demande des bonbons ou biscuits pour ses
enfants et des revues.  Nous lui faisons cadeau de deux revues, de toute façon,
français ou anglais, il ne sait pas lire. L'une des revues est le Times Magazine
sur lequel on voit le nouveau président des Etats-Unis en page couverture. 
J'en informe notre monsieur qui me répond … ha oui il est mort celui-là.  Non,
non il n'est pas mort lui disons-nous, c'est Barack Obama, le nouveau président
des USA. Après qu'il ait quitté, nous mettons notre annexe à l'eau pour gagner le
rivage où nous attendent encore les enfants du village et même certains adultes. 
On y apporte des biscuits pour les enfants.  Au début ils attendent sagement leur
tour mais l'excitation s'élève rapidement, j'ai hâte d'arriver au fond du sac, je
me sens envahie.  Nous avons également apporté un ballon de soccer.  Les enfants
nous attirent vers leur terrain de foot.  Ils sont justement en train d'y jouer
une partie.  Ils sont pieds nus mais portent tous un bas dans le pied droit pour
pouvoir mieux botter le ballon.  Thomas n'est pas avec nous.  Il est resté au bateau
car aujourd'hui encore il est brûlant de fièvre et cloué au lit.  Il fait entre
102 et 104 degrés F et je ne réussis à lui faire baisser sa température que pour de
brèves périodes en lui donnant du tylenol.  Serait-ce la fièvre de Dengue?  On
ne sait pas.  Ce sont les mêmes symptômes mais comment le prouver.  Notre super
'Doctor Deegle' nous suit de très près et nous prodiguent de multiples conseils. 
Nous sommes entre bonnes mains.

Un jeune homme de 21 ans se propose pour nous faire faire un petit tour à pied du
village.  Il nous montre comment sont faites les maisons, à partir de matériaux
strictement naturels, bois, paille et lianes (aucun clou).  Ces maisons sont
apparemment très solides et étanches et leur durée de vie peut atteindre les
quinze ans.  Impressionnant.  Il n'y a pas d'électricité dans ce village.  Tout
est extrêmement traditionnel.  Les femmes plus âgées sont toutes vêtues de
la mola.  Les femmes ont les joues maquillées de rouge et portent parfois une
ligne noire sur le nez.  La ville se prépare pour leur fête annuelle visant à
célébrer la révolution de février 1925.  Ils sont à décorer leur village de rubans. 
Des hommes s'approchent et nous invitent à la fête via notre guide interprète
(jeune homme de 21 ans dont j'oublie le nom).  On nous demande une contribution
de 2$.  Nous leur répondons que nous serons sur une autre île le soir de la fête
mais leur promettons de revenir demain matin pour les payer, en compagnie de Thomas
cette fois.

Au cours de notre tour du village, on nous montre d'abord les enfants du village
jouant au football.  Puis on marche, les petites filles ont adopté Catherine et ne
lui lâchent plus la main.  Les plus jeunes ont adopté René qui prend plusieurs
photos d'eux.  Ils adorent se faire photographier et rigolent lorsque René leur
montre la photo sur l'écran de la caméra.  Certains adultes s'approchent, ils sont
surpris de voir ce que peuvent faire ces petites machines et trouvent que ça va
vite.  On nous montre les trois églises (anglicane, catholique et mormon), l'école,
la clinique médicale, la hutte des conseils 'congreso' journaliers et  le magasin
général (ouf, on est loin du Loblaws!).  Nos moussaillons sont décontenancés de voir
un si petit magasin.  Ils se demandent bien ce qu'ils mangent dans ce village. 
Ils vivent du poisson qu'ils  pêchent ça c'est certain.  D'ailleurs, on nous
informe que du 1 mars au 31 mai, il y a à chaque année un moratoire sur le pêche. 
Interdiction formelle de pêcher.  C'est bon à savoir.  Finalement,  on nous fait
visiter un petit musée où l'on voit les instruments utilisés dans la fabrication
des hamacs et molas.  On nous y explique également comment se fabrique le 'Chicha'
genre de boisson alcoolisée faite de canne à sucre fermentée (pendant  un mois). 
Ils en préparent justement pour la fête à venir.

Nous revenons au bateau encore tout émerveillés de notre visite.  Quelle expérience! 
Nous sommes heureux de notre choix de destination.  Nous voulions sortir des sentiers
battus et nous y sommes arrivés car ici, paraît-il, il ne vient que 3 ou 4 bateaux par
mois.  De retour au bateau nous retrouvons Thomas, encore fiévreux.  Au moins il se
lèvera ce soir-là pour venir prendre quelques bouchées.  Il n'a pas mangé depuis les
cinq derniers repas.   En tout cas, nous sommes heureux de voir qu'il va un peu mieux
ce soir.  Ce soir, alors que tout le monde se couche tôt, je me lance dans une petite
séance d'entretien, de nettoyage et de séchage du bateau pour reprendre le contrôle
sur l'avarie créée par notre dernière traversée (déluge).

22 fév  (Holandes Cays)

Comme je n'étais pas de veille cette nuit, j'ai dormi ma nuit sans interruption et je
ne me suis donc pas réveillée pour administrer du tylenol à Thomas.  Ouf!  Il n'en
mène pas large ce matin.  Il fait 104 degrés F.  Il a rêvé (ou déliré) toute la nuit
passée le pauvre.  Il commence à m'inquiéter.  Je prends le taureau par les cornes,
il faut le réhydrater.  J'entreprends de lui concocter un de mes traitements chocs
comme moi seule sait les faire.   Pas un grand succès.  Il vomit  les deux fois que
nous tentons de lui faire ingurgiter ma super potion visant à le réhydrater un peu. 
Son système n'a définitivement pas aimé le traitement choc que je tentais de lui
imposer.  Moi et mes traitements chocs… faut croire que ça ne marche pas tout le
temps.  En tout cas, nous réussissons quand même à lui faire remonter la pente
un peu.  Il vient très brièvement avec nous sur l'île.  Nous devons aller payer
nos dettes.  Puis nous partons pour les îles 'Holandes Cays' après avoir fait
quelques heures d'école.  Nous y arrivons en milieu de PM.  

Nous nous ancrons dans un premier endroit mais déménageons ailleurs car le courant
y est trop fort et les enfants n'auraient pas bu s'y baigner.  Nous trouvons un
endroit plus tranquille, à l'écart des escadrilles de plaisanciers.  C'est que
nous sommes dans des endroits très populaires auprès des plaisanciers ici.  Nous
nous rendons sur une île appelée BBQ island avec l'annexe.  C'est tout-à-fait
magnifique comme endroit.  A l'heure où nous y allons, les nombreux plaisanciers
sont déjà retournés à leur bateau nous y sommes donc pratiquement seuls à part
trois Allemands.  Il semble que ce n'est pas ce soir qu'il y aura un BBQ
communautaire ici.  Nous sillonnons l'île et nous assoyons au bord de la mer
sur un palmier tombé pour siroter un ti-cocktail de fin de PM.  Sur cette île, 
il y a un espèce de tapis de gazon très court et de beaux petits palmiers un
peu partout.  C'est d'une propreté impeccable.  Il y a au centre un petit trou
d'eau mi-douce et mi-salée où les plaisanciers viennent faire leur lavage. 
Nous repartons au bateau satisfait d'avoir vu l'île et décidons que demain
nous partirons en excursion de snorkeling avec le dinghy car nous ne voyons
rien d'intéressant à proximité.  Je couche avec Thomas ce soir, question de
garder un œil sur lui.  Cette nuit sa température ne monte pas.

23 fév  (Holandes Cays)

Au réveil ce matin, Thomas va beaucoup mieux.  Il n'a plus de température mais
il n'est pas encore assez fort pour reprendre l'école.  La tête continue de
lui faire terriblement mal et il a des douleurs dans le dos (son point faible
lorsqu'il est malade).  Je le remets sur les tylénols mais suis soulagée de
voir un répit au niveau de la fièvre.

En fin de matinée nous paquetons les petits et partons en excursion de snorkeling
avec l'annexe.  Nous sortons, pour la première fois, le kit officiel de snorkeling
(nos wet suit).  Cette décision se révélera une idée extraordinaire.  En effet,
nous avons ainsi pu passer la majeure partie de notre journée à patauger et à
nous promener sur l'eau sans greloter.  Quel confort, moi qui pensait que c'était
un luxe de s'acheter ces habits!  Non c'est un 'must' pour être confortable
dans l'eau sur les longues périodes.  Nous avons passé une journée magnifique,
seuls au monde.  Nous avons vu de superbes coraux, de multiples poissons aux
multiples couleurs et même des raies.  Oui oui!  De gigantesques raies!  Antoine
a finalement appris à respirer dans son tuba.  Il prend l'eau un peu mais se
débrouille bien.  A un moment, nous avons cru apercevoir des requins.  Nous
pensions avoir affaire aux fameux requins 'white tips' de l'endroit.  Nous nous
sommes approchés pour découvrir qu'il s'agissait de poissons.  Le capitaine a
sorti son harpon mais est revenu bredouille.  Il nous a bien fait rire avec
ses techniques de chasse.  Il a encore du travail à faire pour raffiner sa
technique.  A certains endroits, il y avait si peu d'eau qu'il fallait débarquer
de l'annexe pour la tirer car elle touchait le fond.  Nous avons marché jusqu'à
des épaves non loin du récif entourant  les Cays. 

Bref, nous avons eu une journée formidable mais le clou de la journée fut sans
aucun doute notre pique-nique sur une petite île déserte.  Nous avions apporté
des saucisses et des guimauves et nous nous sommes arrêtés sur une île pour
le dîner.  Nous avons creusé un trou dans le sable et avons fait un feu au
milieu de l'île.  Quel bonheur!  Seuls au monde en famille sur notre petite
île déserte.  

Thomas a réussi à faire sa journée.  Il va définitivement mieux mais se sent encore
faible et fatigué.  Sa peau lui piquait aujourd'hui.  Sûrement son rash qui réagit 
au sel et au soleil.  Il est minuit passé.  Assez pour aujourd'hui.  Tout le monde
dort à poing fermé.  Mon tour maintenant.  Je réalise que mon texte est long mais
je tenais à raconter en détails notre aventure ainsi que le mode de vie des Kunas. 
Ce sont mes notes personnelles.

Samedi 21 février, En route pour les San Blas

Notre visite à Cartagène                                      
En route pour les San Blas 

Ce matin, 20 fév, nous reprenons la mer, direction San Blas, dernier arrêt dans
l'Atlantique avant de traverser le canal de Panama pour le Pacifique.  C'est
avec grande tristesse que Catherine et Amanda sont à nouveau séparées mais
nous nous reverrons à  Panama dans une semaine s'ils réussissent à obtenir
leur passage pour le début mars.  Lucey Blue est bien triste de devoir se
résoudre à ne pas s'arrêter aux San Blas mais le temps les presse. 

Les enfants font leur journal de bord et racontent leur beaux moments vécus à
Cartagène.  Le vent est absent, il fait une chaleur étouffante.  Nos quatre
Mousses sont accablés par la chaleur et la petite houle leur rentre dedans, nous
sommes forcés d'arrêter l'école. Un peu plus tôt ce matin, Catherine et moi
avons cuit un gâteau aux carottes Suprême de luxe pour papa, car il a 40 ans
aujourd'hui.  Alors que papa se repose un peu,  Nicolas, Catherine et moi en
profitons pour décorer le gâteau.  C'est un gâteau sur lequel nous dessinons
un poisson ainsi que des équations de mathématique ce qui représente bien deux
des rôles secondaires du capt, soit pêcheur et prof de math.  Thomas ce matin
s'est levé avec un rash qui lui couvre le dos, la poitrine, les aines et  le
dessus des yeux. Un petit traitement de BuroSol, Bénadryl et tylénol ont tôt
fait de clamer les démangeaisons mais il couve visiblement autre chose.

Au dîner nous fêtons les 40 ans de papa qui est bien ému de sa carte et de son
gâteau.  Après dîner les troupes et lui se font des danses dans le cockpit au
son de la musique laissée par notre DJ Arnaud.  Papa espère beaucoup un poisson
pour son souper de fête mais le vent s'est levé pour atteindre les 25-30 nœuds
et les vagues sont monstrueuses.  Nous doutons de réussir à pêcher et la
cuisinière ne s'en plain pas.  Elle n'insiste surtout pas pour s'enfermer dans
sa cuisine avec cette mer qui se déchaîne.  Ainsi nous convenons de nous faire
un souper spécial cinéma avec chips et pop corn à écouter Water World avec
champagne s.v.p. pour fêter les 40 ans du capt.  Il nous manque un joueur,
toutefois qui est affalé sur le divan.  Thomas fait de la fièvre.  Son rash
s'est calmé mais il fait tout près de 103 degrés F de fièvre.  Je lui fais des
compresses d'eau fraîche, la tête veut lui fendre le pauvre.  Au moins en
naviguant ainsi jour et nuit, il y a toujours quelqu'un avec lui pour le surveiller.
 Je vais justement aller lui donner un peu de tylenol avant de revenir pour raconter
nos deux derniers jours (18 et 19 fév) à Cartagène.

Cartagène :

Notre arrivée se fait sans anicroche et une fois les papiers faits, un copieux dîner
pris à bord ainsi qu'un peu de repos pour les capts, nous sommes prêts à partir
pour aller explorer Cartagène, la capitale de la Colombie.  Ouf j'arrive d'une
petite ronde!  Les vagues sont terrifiantes la nuit, parfois elles passent
littéralement par-dessus bord.  Il est préférable de ne pas choisir ces moments
pour sortir dans le cockpit pour faire sa ronde car ces vagues vous fournissent
une douche un peu inattendue et désagréable.  Ca fait un peu peur mais au moins
de cette façon on avance avec une moyenne de 7 nœuds sur allure de grand largue
(entre le vent arrière et le vent de travers).  Une chance que nous avons trois
ris sur la grand voile, autrement on atteindrait facilement les 9 nœuds.   Il
faut à tout prix arriver aux San Blas de clarté demain.  Tous les livres
recommandent d'y arriver de jour et préférablement  au moment où le soleil est
le plus haut dans le ciel (midi) de façon à bien discerner les fonds de coraux. 

Cartagène, bien que très touristique, est une ville d'une grande beauté avec un
petit cachet tout-à-fait charmant et romantique.  Son architecture est très riche
d'histoire, cette ville devait être d'un chic incroyable avec ces magnifiques
constructions, balcons, fleurs et jardins.  On se fait harceler à tous les pas
que l'on pose par les vendeurs de toutes sortes mais c'est bien de pouvoir
communiquer en espagnol, les gens sont d'une gentillesse peu commune et les prix,
ma foi, sont tout-à-fait raisonnables, pour une fois!  

Cette ville fut fondée en 1533 par un dénommé Pedro Heredia et devint rapidement
une ville très riche qui fut malheureusement détruite par un grave incendie en
1552.  La ville fut rebâtie mais le bois des bâtiments, par décret de la ville,
fit place à la pierre, brique et tuile comme matériaux de construction.  Principal
port espagnol de la côte des Caraïbes, les indiens y cachaient des trésors qui
faisaient de cet endroit une cible de choix pour les pirates.  Au 16ième siècle
seul, la ville a été le siège de cinq attaques de pirates dont celle de Sir Francis
Drake.  La plus grosse de toutes les attaques fut celle d'Edward Vernon en 1741. 
Ce sont ces nombreuses attaques qui ont entraîné la construction de forts et de
murailles tout autour de la ville.  Nous avons d'ailleurs visité la forteresse
de San Felipe qui nous en a beaucoup appris sur l'ingéniosité des constructions
de l'époque.  

Cartagène est aujourd'hui le plus grand port de Colombie et un centre industriel
spécialisé en pétrochimie.  Sa vieille ville 'Old Town' en demeure toutefois
l'attraction principale.  Nous en avons sillonné les rues deux jours durant visitant
le musée maritime, la forteresse de San Felipe et nous imprégnant de la culture de
cet endroit.  Nous avons vu des danseurs et danseuses colombiennes, nous avons fait
un tour de calèche, avons vu la maison de Shakira ainsi que celles d'un autre
célèbre chanteur et peintre dont j'oublie les noms.  Les prix très abordables nous
ont permis de nous payer des gâteries que nous ne nous permettons pas normalement. 
A titre d'exemple le tour de ville en calèche ne nous en a coûté que 15$ pour toute
la famille.  Je voudrais bien voir ce qu'il en coûte pour un tour de calèche dans
le Vieux Québec.  De même, un repas au restaurant incluant soupe, salade, riz,
viande et légumes vous revient à 4$.  Une course de taxi coûte un gros 2$

De façon générale, les navigations me plaisent mais il y a de ces moments où  l'on
se sent misérable et ce soir en est un…  Vers minuit, alors que c'est le changement
de quart et que René devrait en principe me remplacer pour que j'aille me coucher,
une des pompes de cale se met à sonner, puis au moment de sortir pour aller vérifier,
 une méga, ultra, super, gigantesque vague vient se fracasser dans le cockpit.  Il
y a de l'eau par-dessus le bas de la porte, donc 1 ½ à 2 pieds d'eau dans le cockpit.
La vague dans sa course a fait sauter au moins quatre des 'pins' retenant la toile
(enclosure) qui ferme le cockpit.  Elle a failli emporter deux de nos coussins et
il y a tellement d'eau dans le cockpit que ça passe par-dessus la porte et inonde
le carré. L'eau ruisselle et coule jusque dans l'escalier menant à la cuisine,
les tapis sont détrempés.  Catherine et Antoine reçoivent une douche dans leur
cabine, par le trou d'aération. Catherine pleure, elle a peur.  Thomas grogne,
lui qui avait déjà mal à la tête, il n'avait pas besoin de ça.  Tout déboule et
dégringole dans le bateau, il n'a à peu près que le Thermomix qui n'aie pas
dégringolé.  Il  faut éponger tant bien que mal et ramasser du mieux qu'on peut. 
René doit descendre dans la chambre des moteurs éponger l'eau car une des pompes
n'aspire plus.  Des heures de plaisir!  En tout cas, on ne devrait peut-être pas
se plaindre d'avoir trop de vent car dans le Pacifique on n'en aura plus paraît-il. 
Thomas se réveille vers 04h00 AM.  Il va un peu mieux sa température est enfin
baissée mais il a mal au cœur et sa tête lui fait mal encore. Mais qu'est-ce
qu'il a enfin?

P.S .  René remercie tout le monde pour les bons vœux de bonne fête qu'il a réussi
à prendre entre deux épongeages de cales.  Claire et Phil me disaient qu'ils
avaient hâte d'entendre le menu de la cuisinière pour le jour de la fête du capt…
J'ai bien peur de les décevoir.  Le menu de la journée a bien commencé avec des
œufs et muffins anglais pour le déjeûner sauf que… rendu au dîner, les vagues
nous ont dicté un menu simple de pain baguette, biscottes, fromages et pâtés….
Et pour le souper? Chips, pop corn, chocolat!  De la gastronomie à son meilleur!

En se lavant ce matin, les enfants ont bien fait de trouver 9 poissons
volants dans le cockpit qui ont dû y arriver avec la super méga vague de la nuit. 
Nicolas et Antoine s'amuse à les vendre à René et finissent pas les arranger
pour le dîner …  Pas sur que la cuisinière est prête à ça encore.

Mercredi 18 février, En route pour la Colombie


De retour en mer
15 fév 09
En route pour Carthagène
Me revoici, 15 fév, nous avons finalement repris la mer avec quelques jours

de retard.  Nous sommes partis plus tard que prévu car nous avons dû attendre

un peu, le vent étant trop fort.  Nous sommes en direction pour Carthagène

(Colombie) pour une navigation de trois jours.  Nous sommes avec Lucey Blue. 

Et oui!  Bien des choses ce sont passées depuis notre arrivée à Aruba. 

J'imagine que la fièvre de Dengue c'est comme un accouchement et on finit par

oublier.  A notre arrivée, Ina n'en menait pas large.  Elle passait ses journées

entières couchée, Buck de son côté avait la larme à l'œil.  Son rêve venait

de s'écrouler… un rêve qu'il chérissait depuis 20 ans.  Ina ne voulait plus

traverser et voulait rester du côté de l'Atlantique.  C'était déchirant à voir. 

Buck respectait Ina et ne voulait surtout pas l'influencer mais secrètement il

nous donnait la mission de parler à sa douce moitié.  Il espérait que nous

puissions la rassurer et la faire changer d'idée.  Qui sommes-nous pour essayer

d'influencer cette femme.  Toujours est-il qu'au fil des jours.  J'allais la

voir de temps à autres et nous avons réussi à réveiller ce bateau qui nous

semblait endormi et paralysé depuis plusieurs jours.  Au début nous invitions

Buck et les enfants à manger, nous allions à la piscine à la plage et puis

finalement j'ai réussi un soir à faire sortir Ina de sa chambre pour venir

souper (le fameux soir des lambis).  Petit à petit la vie a repris son cours,

je suis allée à la plage avec elle et les enfants une PM et puis miracle… on

a fini par apprendre que Buck quitterait son travail de pilote et qu'ils

traverseraient avec nous du côté du Pacifique.  Il quitte son travail car Ina

n'en peux plus de passer deux semaines et demie sur trois, seule à attendre

dans une marina.  Comme pilote d'hélicoptère, il trouvera bien à se placer

au retour, bien que les horaires ne seront pas aussi alléchants.  Il n'a pas

encore la confirmation que sa compagnie acceptera de le laisser partir mais

il doit quitter le 3 mars pour aller arranger ses affaires.  Cette date nous

contraint dans le temps et nous force à partir.  C'est que le coin de la

Colombie vers où nous serons d'ici 2 jours est réputé pour être très vilain,

d'où lui vient le nom de petit Cap Horn des Antilles.  Nous attendions une

fenêtre météo pour y passer avec un 15 à 20 nœuds de vent mais après une

semaine d'attente, le vent y est toujours de 35 nœuds et ce pour au moins

encore une semaine  à venir.  Ho well!  Il faudra vivre avec, on va se faire

brasser le camarade!  C'est ce qui arrive quand on est deux bateaux.  On

est moins libres de ses décisions.  On sera plus en sécurité à deux à longer

la côte de la Colombie mais il faudra se presser et simplement effleurer

Carthagène et les San Blas faute de temps.  Il faudra tout mettre en notre

pouvoir pour avoir complété la traversée du Canal de Panama pour le 3 mars,

date du vol de retour de Buck vers son travail en Norvège.  Après cette date,

nos chemins devraient se séparer.  Ina restera àPanama pour quelques semaines

à attendre le retour de Buck puis ils s'amuseront dans les îles en vue

d'atteindre l'Australie pour Noël et y terminer leur voyage.  
 Ce matin, juste avant le dîner, nous pêchons un petit Mahi-Mahi de

2.5 lbs.  Nous en faisons cadeau à Lucey Blue qui vient à notre rencontre

pour faire l'opération de transbordement d'un bateau à l'autre sous spi. 

L'opération est un succès, ils accueillent notre poisson à leur bord.  Plus

tard dans la journée ils pêchent un Albacore (genre de petit thon).  Ca

finit qu'ils ont trop de poisson et nous aucun mais nous sommes heureux

de manger des bonnes côtelettes de porc sur le BBQ devant un film (Mama Mia). 

Ca fait changement du poisson.

Lundi 16 fév

Ce matin pendant que je fais l'école aux enfants alors que le capt dort,

un bateau avec 4 ou 5 hommes à son bord nous aborde.  Ces derniers semblent

porter des vestes (genre de chasse) avec plein de poches.  Ils s'approchent,

se mettent à me parler espagnol et à me poser des questions sur notre

provenance, destination et équipage à bord.  Finalement, je leur demande

qui ils sont, c'est la garde côtière colombienne me disent-ils.  Je ne

l'aurais pas deviné, disons que ce n'est pas très clair et qu'ils ne se

présentent pas.  Aussitôt qu'ils repartent j'appelle Lucey Blue pour les

aviser que notre bateau suspect n'était finalement que la garde côtière.

Après l'école du matin, Lucey Blue nous appelle pour nous proposer un

échange d'enfants.  La mer est calme, il n'y a pas de vent.  Ainsi,

après dîner, Lucey Blue s'approche, nous lance une ligne de vie et

Catherine traverse sur Lucey Blue à la nage en s'agrippant à la corde,

puis c'est le tour de Simon de traverser pour monter sur Cat Mousses. 

Les enfants sont contents et passent un bel après-midi et sont d'autant

plus heureux d'apprendre que nous devrons attendre au lendemain pour

refaire l'échange car la mer a grossi.  L'échange se refera demain

midi si tout va bien.  Catherine devra nous appeler demain matin pour

recevoir ses tâches ou exercices scolaires via la radio.  Elle qui

pensait s'en sauver!  Ce soir Thomas et Simon dorment à la belle étoile,

chacun sur leur coussin bleu dehors.


Mardi 17 fév 

Ce matin je charge Thomas de faire une recherche sur le canal de Panama dans

le but d'en faire une présentation orale à ses frères et sa sœur.  Toujours

très ouvert à mes idées de projet, il s'exécute avec entrain.  Simon est

encore avec nous et ceci jusqu'à Carthagène car la mer est trop grosse pour

refaire le transfert des enfants.  En entendant mon idée de projet sur la

radio, Ina charge Simon d'en faire autant.  Simon et Thomas passe donc le

reste de l'avant-midi à faire des recherches et à travailler sur leur projet. 

Catherine, de son côté, a été chargée de travailler sur ses tables à partir

de Lucey Blue.  Les tables! Son sujet préféré!!!


En fin de PM, les gros vents que l'on appréhendait se matérialisent.  On

comprend maintenant l'appellation du petit Cap Horn des Antilles.  On en

aura pour 12 heures à braver de vents de 25 à 35 nœuds.  C'est impressionnant! 

Les vagues sont très courtes et la mer très agitée, ça nous rappelle un peu

l'Atlantique nord!  On se fait pas mal brasser le canadien!  C'est un peu

comme le cycle de rinçage dans la machine à laver. Mettons qu'une chance

que nous avons gardé notre enclosure dans le cockpit car nous nous serions

fait sérieusement mouiller!  Les vagues passent par-dessus bord, les poissons

volants sautent sur le pont mais réussissent tant bien que mal à retourner à

l'eau, Nicolas en sauve un d'une mort certaine lorsqu'il le relance à l'eau

après qu'il soit atterri dans le cockpit.  Les dauphins sautent de tout bord

tout côté et des fois tellement haut qu'il demande à René si c'est possible

qu'un d'eux saute sur les trampolines.  Il parait que ce passage est un des

10 passages les plus tumultueux au monde.  Je n'ai pas de misère à le croire.


Si tout va bien, nous devrions arriver très tôt demain.  Sur ce, il est

1h18 AM et je n'en peux plus… Je meurs de fatigue.  C'est le moment de réveiller

le Capt je crois.

Lundi 16 février, Départ de Aruba


Viva Aruba
12 fév 09
Nous avons rencontré Lucey Blue le matin de notre arrivée à Aruba, le 9 fév. 
Ina n'en mène pas large, elle passe ses journées au lit dans le congélateur
'Ice Box' comme dit son mari Buck.  Etre à la marina à Aruba nous donne accès
à la piscine de l'hôtel Renaissance donc nous profitons de la piscine pour
quelques heures en PM et invitons Buck et ses enfants à souper sur Cat Mousses
d'un Rosti au saucisses et saumon fumé.
Aruba c'est une île néerlandaise de 70 km de long.  Elle est voisine de Bonaire
et Curraçao.  Aruba est apparemment la plus belle des trois îles.  En tout cas
c'est certainement la plus touristique.  Elle est la seule à avoir sa propre
devise, soit le Florin. C'est le paradis des bateaux de croisière qui y défilent
quotidiennement pour venir visiter l'île.  C'est également le paradis des condos
de 'Time Sharing'.  Nous n'avons jamais vu autant de Mc Donald, Burger King,
Wendy's, Pizza Hut et KFC en si peu de km carrés.  Les gens sont sympathiques,
les langues parlées sont diverses.  Hollandais, anglais et un peu d'espagnol
à cause de la proximité du Vénézuela. Nous sommes sur le quai des pêcheurs avec
qui nous nous faisons amis.  Tous les jours ils partent pêcher dès 05h40 AM. 
Ce sont des excursions de pêche en haute mer avec les touristes de la place. 
Ils reviennent toujours verts comme des poireaux de leur expérience en mer et
comme ce sont des touristes de bateaux de croisière, les pêcheurs restent
collés avec leurs prises (souvent des Wahoo) qu'ils doivent alors vendre
sur les quais.  Ils ont bien essayé de nous en vendre mais sans succès.  Nous
préférons les pêcher nous-même.
Le 10 fév, après l'école du matin, nous partons pour 'Paradise Island' avec
le bateau taxi de l'hôtel, un autre service gratuit qui nous est offert. En
mettant le pied sur l'île, on comprend vite pourquoi l'île est baptisée d'un
tel nom.  Il y a sur cette île des iguanes à profusion que les enfants
nourrissent de salade et flattent allègrement, il y a des flamands roses, des
Bernard l'ermite, des crabes, c'est paradisiaque.  Le sable est super fin et
blanc comme neige, la plage est magnifique, il y a de belles chaises longues
mais surtout des hamacs de rêve.  Quel bonheur!  Les enfants partent en
expédition de snorkeling et surprise, Thomas revient tout excité brandissant
un lambi vivant qu'il vient de trouver caché dans le sable au fond de l'eau. 
Je lui dis, si tu veux le rapporter au bateau et que je le cuisine, il te faut
m'en trouver d'autres.  Inutile de dire que ça ne tombe pas dans l'oreille d'un
sourd.  Lui et son ami Simon partent en expédition et dans le temps de le dire,
nous avons sept énormes lambis pour le souper.  Nous trouvons une noix de coco
que nous ouvrons et satisfaits de notre après-midi de rêve, revenons au bateau. 
René aide Buck à une petite tâche et grâce à notre super 'kit' de
compresseur/respirateur, ils remontent à bord triomphants, ils ont réussi à
dévisser et changer l'hélice tribord de Lucey Blue qui était presque impossible
à enlever!  Buck est fou de joie, c'était un problème qui lui pesait sur les
épaules depuis plusieurs mois et son dernier recours était de sortir le bateau
de l'eau, ce qui lui aurait coûté quelques Pétro dollars.  Pour souper nous
revenons tous sur Cat Mousses pour nous faire  un Spaghetti.  Mais avant….
Il faut trouver un moyen de sortir les lambis de leur coquille.  Ca a l'air
bien facile dans les livres mais… c'est plus facile à dire qu'à faire.  Nous
essayons toutes les techniques possibles et imaginables.  La technique du
livre… pas faisable, René frappe de toutes ses forces avec son marteau pour
ouvrir les coquilles… pas faisable… Finalement nous nous rabattons sur la
technique donnée par une locale sur la plage.  C'est que c'est fort un lambi,
il y a toute une ventouse là-dessus!  Un lambi c'est un amas de muscles qui
s'agrippe dans sa coquille.  Nous ébouillantons les lambis, un par un, dans
un chaudron d'eau bouillante, pour ensuite les extirper de leur coquille. 
C'est une opération qui requiert une grande patience et dextérité mais René
finit par y arriver au bout de quelques heures.  Il est rendu pas moins de
21h00.  Heureusement ma béchamel est prête.  Reste à attendrir ces fameux
lambis.  Buck emprunte un 2 x 6 de bois à un des menuisiers qui s'affairent
justement à réparer un quai.  Nous trouvons la situation assez cocasse.  C'est
qu'il leur dit :  Nous sommes à préparer le souper, nous serait-il possible
de vous emprunter un morceau de bois?  Ils devaient se demander ce qu'on
mangeait!  Donc, les lambis sont frappés pour être attendris et peu de temps
après le souper est servi.  J'étais pas mal fière de ma béchamel aux lambis. 
Des lambis c'est très semblable à des pétoncles comme goût et couleur mais
c'est plus caoutchouteux un peu.  Le reste des lambis sera préparé en soupe
'Corn and Lambi Chowder' le surlendemain.  Il n'était pas question de gaspiller
le moindre petit morceau de ces lambis, ç'aurait été un péché de pêcher ces
lambis sans les manger.  Dans un de nos livres, on explique comment couper
les lambis et quoi garder.  On y parle du pied de crystalline ou 'pistol',
un espèce de filament transparent semblable au ver de terre qu'il est fortement
recommandé à l'homme de consommer à cause de ses propriétés aphrodisiaques,
apparemment de loin supérieures au viagra.  Il aurait été amusant de voir nos
deux lurons Buck et René ingurgiter ce 'pistol' mais Ina et moi les décourageons
de le faire.  Wo la libido, pas nécessaire, pas intéressées!

Après notre fameuse journée de pêche aux lambis sur la plage, nous avons occupé
notre temps de la façon suivante.  Nous sommes allés au RV chez le dentiste de
Catherine, c'était bien une carrie que nous avons fait plomber mais contrairement
à ce que nous avions cru, ce n'était pas une dent d'adulte.  Ensuite nous
avons fait la tournée des épiceries.  Impressionnant!   Trois méga surfaces
d'épicerie, comparables à nos épiceries je dois dire, sinon plus grosses. 
Nous y avons trouvé de la cassonade, des guimauves, de la vraie crème sûre et
autre , bref une panoplie des produits dont nous n'avions pas vu la couleur
depuis belle lurette.  Nous nous sommes contentés de regarder pour cette fois,
nous reviendrons faire l'épicerie dans deux jours.  Ce soir Buck nous invite à
souper sur Lucey Blue.  Nous acceptons et convenons que j'apporte le dessert. 
J'achète une superbe tarte aux 4 fruits que je transporte dans une énorme boîte
des heures durant cet après-midi là.  Le soir venu, au moment de monter à bord
de Lucey Blue en marchant en équilibre sur une planche… je ne vois-tu pas la
planche se dérober sous mes pieds et tourner me faisant perdre l'équilibre. 
Tout se passe au ralenti, je tente d'avertir René, de m'agripper… mais Plouf! 
Me voici à l'eau avec le dessert dans une assiette que je tiens comme un serveur. 
Je n'ai pas eu le temps de penser faire le saut d'arrêt.  Il m'a semblé rentrer
très profond sous l'eau avant de remonter à la surface.  Quel horreur!  Mon
dessert!  Je retourne au bateau me doucher à l'eau douce toute habillée sous
le regard des clients du restaurant juste en face qui me regardent éberlués,
assis sur leur terrasse.  Je suis pliée en deux de rire, je ris toute seule
depuis que c'est arrivé depuis 30 minutes maintenant.  Enfin je suis de retour
sur Lucey Blue et nous décidons que le Saran Wrap a sauvé mon dessert et que
nous le mangerons quand même.  Il n'est pas trop trop mouillé… un peu salé mais
bon… on s'en contente!  Bien sûr cet événement restera sous couvert…Ya right! 
Voilà pourquoi je choisis de le raconter moi-même avec MA version des faits.

Le reste de nos journées à Aruba sont passées à faire de l'école le matin,
de la plage ou piscine en PM, des réparations et de l'épicerie.  Un après-midi,
René part à pied avec Buck pour trouver un magasin qui n'est supposément pas
trop loin.  Ils marchent, marchent et marchent pour arriver à un magasin qui
n'est pas celui qu'ils cherchaient mais bon.  Découragés ils ne veulent pas
vraiment faire le chemin du retour à pied alors René use de ses techniques
de négociateur pour convaincre un local de les embarquer dans sa voiture
jusqu'à un tel endroit.  Puis il en trouve un autre, lui tord presqu'un
bras mais réussit quand même, bien qu'il n'allait pas du tout dans cette
direction.  Buck n'en revient pas.  Il en est presque gêné.  Ils font le reste
du chemin à pied.

 Pour notre dernière journée du samedi le 14 février nous avons un programme
chargé.  Nous louons une Jeep et nous entassons tous les 6 dans un Jeep
pour 4.  Du Gigabou à son meilleur encore une fois!  Nous partons dans le
parc national d'Arikok visiter les grottes appelées 'Indian Caves' qui
comportent des dessins indiens vieux de 1200 ans.  On y voit aussi des noms
gravés dans la pierre de gens du gouvernement hollandais et autres visiteurs
qui datent d'aussi loin que 1816.  Ensuite nous nous arrêtons sur une plage
ou deux, puis sur le point le plus élevé de l'île (Jamanota) où nous
pique-niquons.  Après dîner nous visitons les formations rocheuses
(Ayo Rock formation), le pont naturel de roche (maintenant effondré), les ruines
de Bushiribana Golrmine, la chapelle Alto Vista et le Phare California.  Nous
terminons avec un arrêt à l'épicerie afin d'aller y faire des provisions de
yogourt sans réfrigération.  Nous avions ce yogourt en Afghanistan et le goût
me convenait à l'époque quoique que je n'avais jamais remarqué qu'il s'agissait
de yogourt longue conservation.  Avec une date d'expiration de juin 09, nous
devrions faire un petit bout avec nos yogourts. Ce soir nous célébrons la
St-Valentin avec un gâteau que j'ai cuit la veille au soir et taillé en forme
de cœur.  Les enfants le glace et le décore.  Ils s'en donnent à cœur joie. 
J'invite les enfants (Simon et Amanda) de Lucey Blue à souper avec nous. 
Avec des tacos au menu, ils ne se font pas prier.  Après souper, nous partons
à pied, nous trouver un petit trou dans la foule pour observer la parade qui
a lieu ce soir car c'est le Carnaval.  Il n'était pas question de quitter ce
matin.  Il fallait voir cet événement.  En fait ceci n'était qu'un prélude à
la vraie parade qui aura lieu dans une semaine.  Comme prélude ça nous convient
amplement.  L'atmosphère est à la fête.  C'est vraiment impressionnant de voir
tous ces gens, surtout des femmes, parées de superbes costumes flamboyants,
danser au rythme de la musique sur leurs talons aiguilles pour marcher au moins
4 heures durant.  Ils n'ont pas peur de ça la marche.  Je pense que je préfère
encore mes bons vieux 13 km comme sport. J'ai tu dis ça moi là là?  Brainwashé! 
On peut sortir la fille du militaire mais pas le militaire de la fille.  Assez
de bla bla.  On part demain matin le 15 fév.  

P.S. Nous avons commencé nos pilules de malaria depuis hier et à notre grand
bonheur les 4 enfants sont passés maîtres dans l'art d'avaler des pilules. 
Heureusement car ils en auraient bavé à trois pilules à prendre à tous les
jours!  A part ça mes ti-namis les fourmis font maintenant partis de la famille,
je suis à mijoter un plan de traitement choc.

Lundi 9 février, En approche de Aruba
Reprise de la routine
09 fév 09

 

Il est 02h39 AM, nous devrions atteindre Aruba vers 08h00 AM après 4 jours en mer.


Cette navigation aura été sublîme.  En cette nuit de pleine lune, nous naviguons sous

spi.  Les grains qui se pointent parfois le bout du nez, passent toujours à côté de

nous sans nous toucher donc on laisse le spi faire l'ouvrage, jetant un petit coup

d'œil occasionnel dehors et on peut finalement reprendre notre petite routine.  On a

repris le dessus sur nos courriels et récits.  L'école a repris à pleine vapeur, on

fait du temps plein depuis trois jours et les enfants coopèrent bien.

On a pêché, avant-hier, (après s'être fait casser notre leurre à espadon par un autre

monstre de la mer),  deux poissons en même temps, soit une coryphène de 8 lbs ½ et un

Wahoo (thon banane) de 29 lbs.  La cuisinière a encore dû faire preuve d'une grande

imagination pour réussir à consommer tout ce poisson rapidement afin de le cuisiner

alors qu'il était encore tout frais.  Fort heureusement, (après trois copieux repas

de poisson : coryphène à la sauce Satay sur riz, wahoo au four dans une chapelure de

Corn Flakes et wahoo au cari cuit au presto), le capt a enfin donné son 'GO' pour

rejeter à la mer le reste du poisson.  Ouf!  J'étais à la veille de ressortir ma

recette de muffins au  thon et bananes!  Non mais j'aime ça le poisson mais vient un

moment où il faut varier le menu un peu.  

Ce qui a décidé le capt à rejeter le poisson à la mer est que lui et quelques membres

de la famille avaient de légers, je dis bien légers, problèmes de diarrhée.  C'est qu'il

faut rester sur  nos gardes à cause d'une maladie appelée la Ciguatera.  La ciguatera

c'est une intoxication provoquée par la ciguaterine, une toxine ingérée par le poisson

qui en contamine la chair.  L'origine de cette toxine  provient de micro-organismes marins,

présentée sous forme d'algue microscopique qui prolifère sur les coraux cassés ou abîmés.

En mangeant cette algue, les poissons stockent la toxine tout au long de la chaîne

alimentaire, ce qui explique une toxicité plus forte chez les gros poissons et grands

prédateurs comme les barracudas et espèces volumineuses.  La ciguatera dépend du type de

poisson, de la taille du poisson, de la localisation géographique et de la période de la

pêche.  Inutile de dire que nous sortons les livres pour étudier nos prises à chaque fois

qu'on attrape quelque chose au bout de notre ligne.  L'incubation des premiers symptômes

de  l'intoxicatioon est souvent très rapide (en dedans de 30 minutes).  Les symptômes

sont à la fois digestifs : nausées, vomissements, diarrhées et crampes abdominales et

neurologiques: picotements, engourdissements.  Il n'y a pas de traitement proprement dit

contre la ciguatera mais dans les cas d'intoxications légers les antihistaminiques et

anti-diarrhées peuvent aider et enrayer le problème à l'intérieur de 24 heures.  Nous ne

croyons pas avoir jamais été infecté et ne sommes plus dans une zone considérée à risque

une fois au sud de Ste-Lucie mais tout de même, quand on parle de poisson de 30 livres

et de Wahoo (thon banane) qui fait partie des espèces réputées à risque, on aime mieux

ne pas prendre de chance.  Le capt dit avoir été victime de diarrhée immédiatement après

avoir mangé notre fameux wahoo, les deux fois où il en a mangé alors il n'y aura pas de

troisième fois, on rejette.  Bon débarras! (dit la cuisinière qui ne s'est pas fait prier).

Lucey Blue nous a contacté aujourd'hui pour nous annoncer qu'ils ne traverseront plus du

côté du Pacifique.  C'est qu'Amanda (l'amie de Catherine), son frère et sa mère Ina viennent

de vivre un épisode de fièvre de dengue à cause de piqûres de moustiques.  Ils vont peut-être

faire la Colombie (Carthagène) avec nous à cause de son caractère très dangereux et nous aider

à passer le canal de Panama quand même mais après, ils retourneront sur leurs pas et ne

continueront pas.   La dengue, assez fréquente aux petites Antilles, est propagée par un

moustique identique à celui de la fièvre jaune.  Les symptômes sont généralement ceux d'une

forte grippe : courbatures et fièvre.  Il n'y a pas de vaccin contre cette maladie tropicale 

on ne peut que se protéger à l'aide de chasse-moustique et vêtements longs. Ina craint de

retomber malade, surtout si c'est un moustique d'un différent endroit qui leur retransmet

la fièvre (différente souche).  Dans ce cas les effets pourraient devenir plus sérieux et elle
ne veut pas courir ce risque.

Alors que j'avoue que j'aurais aimé m'arrêter au Venezuela et à Bonaire et Curraçao plutôt

que de faire la traversée d'une traite en 4 jours comme nous la faisons présentement, je

me dis que nous avons déjà vu le Venezuela et il faut dire que cette destination est

fortement déconseillée aux plaisanciers par les temps qui courent.  On nous conseille

également de traverser le canal de Panama au plus vite car dès le mois de mars, le temps

d'attente passera d'une semaine à un mois,  ce que nous voulons éviter.   Il y a tant à

voir de l'autre côté, nous ne voulons pas gaspiller de temps précieux.  Reste à prier

que ce malheur de fièvre ne nous touche pas.  On ne met peut-être pas beaucoup de crème

de bronzage mais on va dorénavant forcer la note sur le chasse-moustique (Watkins). 

Je touche du bois, mais à date on a été chanceux car en fait, les moustiques porteurs de

cette fièvre sont présents depuis Ste-Lucie et nous avons été exposés tout au long de

notre périple dans les Antilles.  Il faut également commencer à considérer prendre les

pilules de malaria. Il faut étudier le besoin en fonction de où on compte s'arrêter.

On a aussi eu la visite d'un visiteur inattendu pour près de 24 heures sur le bateau,

soit un oiseau, visiblement épuisé.  Il s'est installé, perché en équilibre sur une

filière, à essayer de dormir.  Ca avait vraiment l'air reposant comme position… Il rasait

de tomber à l'eau à tout moment en perdant l'équilibre.  Il a refusé toutes nos offres

de poisson comme nourriture, peut-être était-ce la preuve que notre poisson était infecté

de la toxine de ciguaterine.  Non mais blague à part, parait-il que les fourmis sentent

si le poisson est infecté ou non et s'en éloignent s'il l'est.  Peut-être pourrais-je

utiliser mes ti-namis fourmis de mes armoires pour faire mes tests de dépistage de la

ciguatera sur les poissons qu'on pêchent.  Comme quoi il y a une utilité pour tout! 

Toujours est-il que notre visiteur (l'oiseau) que René avait, à l'aide de gants de

caoutchouc, relocalisé sur le pont, (plus confortable que perché sur une filière), s'est

révélé assez salissant.  Il nous a laissé sa marque partout sur le pont…
Bon il est 09h22, nous venons de compléter nos procédures d'entrée au pays et nous nous

dirigeons vers la marina avant de repartir d'ici quelques jours.  Ina de Lucey Blue, a

réussi à prendre un Rendez-Vous chez le dentiste pour le 10 fév pour Catherine via le

cousin de son beau-frère qui vit à Aruba.  Plus à suivre!

Vendredi  6 février, En route vers Aruba

Petit blitz d'entretien
05 fév 09

Il est 06h15 AM, nous venons de quitter Ste-Lucie pour aller rejoindre Lucey Blue qui

nous attend à Aruba pour faire la traversée du canal de Panama.  Nous prévoyons mettre

4 jours pour nous rendre à Aruba. Bien qu'il m'attriste un peu qu'on doivent mettre

une croix sur le Vénézuela je me dis qu'on y est déjà allés, on ne peut pas tout faire. 

Le fait de voyager à deux bateaux nous permettra de passer le canal de Panama plus vite

car nous avons une réservation et nous avons, (avec Ina et Buc de Lucey Blue), l'équipage

de quatre adultes demandé selon les procédures des autorités du canal.  Nous sommes

aussi bien heureux de remettre sur notre itinéraire la Colombie que nous avions

initialement écartée des plans.  A deux bateaux ce sera plus sécuritaire.

Je reviens en arrière un peu… Nous sommes arrivés en Martinique de soir vers 22h00 le 2

fév dernier.  Le lendemain matin dès 08h30, René est à la 'shop' de réparation pour

l'enrouleur.  09h15, le bateau est amarré devant la 'shop' et les travaux commencent. 

Le monsieur qui effectue les travaux est un peu découragé de voir l'état de l'enrouleur

mais il réussit à faire des miracles et nous avons peine à y croire, mais à la fin de la

journée, la réparation est complétée et bien d'autres choses également… ce fut une journée

assez efficace.  Tant qu'à enlever le génois pour la réparation de l'enrouleur, nous en

profitons pour le faire recoudre, René répare la connection du guindeau électrique de

l'ancre et  trouve un bout de chaîne pour remplacer celui qui bloque constamment dans le

guindeau.  De mon côté, je fais l'école aux enfants tout l'avant- midi et, en PM, pendant

qu'ils s'amusent sur l'ordi à s'entraîner sur le programme pour apprendre le 'typing', je

fais des lavages (5 ou 6 en tout) et je purge mon frigo de son vinier de vin rosé.  18h00

nous courons à l'épicerie du coin pour se ravitailler, (en vins et liquides surtout),

19h30 nous sommes de retour au bateau, on range le gros des emplettes puis on se campe

devant un souper cinéma parce que ça doit faire 4 jours en ligne qu'on remet à plus tard

le visionnement de Robinson Crusoe.  On en écoute une petite partie puis les enfants vont

se coucher.  Les parents aimeraient y aller aussi mais pour nous le coucher n'ira pas

avant 01h00 AM, pour faire changement… il reste beaucoup à faire si on veut repartir dès

demain… reste à voir si la voile sera prête.

Le lendemain, 07h00, tout le monde debout, on réussit à se faufiler dans les douches en

suivant de près des gens qui ont la carte d'accès pour entrer.  08h15 on doit quitter le

quai pour céder la place au prochain client de la 'shop' et aller se mettre au mouillage. 

Bonne nouvelle, le génois est prêt.  Quel bonheur!  Le gars nous avait dit jeudi et nous

sommes mardi.  Ouf!  Après quelques autres emplettes pour finir de dépenser nos Euros,

nous reprenons la mer vers 14h15, après avoir réinstallé le génois.  La seule chose que

nous n'avons pas pu accomplir c'est de faire plomber la carie de Catherine car le temps

d'attente est apparemment de trois semaines pour un RV chez le dentiste.  Nous verrons

cela au prochain arrêt à Aruba, Ina nous prendra un RV là-bas.  Juste avant d'arriver à

Ste-Lucie, bien que nous ayons des steaks au programme pour le souper, le capt n'en peut

plus, il ne peut plus résister, il met les lignes à pêche à l'eau et … il attrape un thon

jaune de 8 lbs et demi, peu après.  Nous tentons par tous les moyens de rejoindre Malik par

radio pour les inviter à souper avec nous d'un repas de thon mais rien n'y fait.  Ils sont

à Rodney Bay eux aussi mais on ne les retrouve qu'un peu plus tard.  Malik nous invite tout

de même pour un dessert, on ne se fait pas prier.  Le thon attendra au lendemain.  Au retour

au bateau je dois finaliser le gâteau de fête à Antoine, quelque chose de simple… il veut

un Kung Fu Panda.  Je réussis ma mission tant bien que mal et ce tout en aidant à déménager

le bateau à deux reprises car l'ancre chasse.  Il est plus de minuit déjà.  Ha… j'oubliais,

ce soir c'est le tour de la pinte de lait de se vider dans le frigo et ensuite de la marinade

teryaki du thon.  Beau mélange!  Il est 02h00 AM, on verra ça demain.

4 février… enfin… cette journée tant attendue par Antoine, sa fameuse fête de six ans!   Il

décore la bateau et attend ses amis de Malik avec impatience pour le dîner au cours duquel

le menu est le suivant :  hot dogs pour les enfants, thon en papillote, riz au curry et raisin

et salade de fromage et tomates. Antoine est gâté et reçoit pour sa fête,  un livre de pirate

de Malik, un jeu d'équilibre de papa et maman, des sous de son parrain et marraine et diverses

surprises de ses frères/sœur et amis de Malik. Nous passons le reste de la PM à faire du

'refuelling' et de menus travaux et pour souper Malik prépare une pâte à pizza maison qu'ils

apportent sur CatMousses.  On se fait un délicieux souper pizza, on s'échange une couple

d'enfants pour la nuit qui sera très courte et dès 05h55 AM Malik est de retour pour refaire

l'échange d'enfants car nous partons à 06h00 AM.  Ils nous ont apporté pour notre départ une

de leurs fameuses brioches à la cannelle maison, une tradition familiale de Noël qu'ils ont. 

Un pur délice.  Nous nous quittons à regret, nos retrouvailles sont toujours brèves mais

combien intenses.  Les enfants se sont échangés quelques livres qu'ils avaient respectivement

fini de lire et nous avons fait cadeau à Sébastien de notre leurre de pêche chanceux avec

laquelle nous avons pêché tant de beaux poissons.  Espérons qu'il sera aussi chanceux que

nous l'avons été.  Reste à espérer que nos futurs leurres seront aussi chanceux.

Notre première journée de navigation est passée à prendre un peu de repos et relaxer en faisant

de la lecture, des e-mails, des récits, etc.  C'est une journée absolument magnifique.  Un

beau vent arrière de 20 nœuds …(on pense 20 nœuds mais la réparation de la girouette n'a pas

fonctionné).  Les vagues sont assez grosses mais sur vent arrière c'est tellement confortable. 

On se croirait au paradis, le soleil est  radieux, les conditions sont idéales.  Nous naviguons

avec le spi et faisons du 6 nœuds, c'est magique.  Ca fait du bien d'avoir une navigation

confortable.  On est seuls au monde, en petite tenue très légère, on profite de la vie.  

Catherine apprend à faire des tresses. A un certain moment donné, elle entend un bruit sec! 

Ho un mastodonte a mordu à l'hameçon à espadon et l'espace d'un instant, la ligne a cédé…

fort heureusement encore... on n'aurait jamais pu le remonter  On aura essayé fort mais là

on commence à penser abandonner le projet de l'espadon.  C'est peut-être un peu ambitieux pour

nos moyens!  En fin de PM, vers 17h30, alors que je suis toute fière de dire que mon souper

sera prêt dans 5 minutes (pour une fois qu'on est tôt et que c'est simple)… j'entend crier

'Fish' puis 'un deuxième 'Fish'.  Deux poissons du coup!  La cuisinière est un peu débinée

mais surtout attristée de voir qu'on a essayé de pêcher si fort avec Luc et Chantal et là,

au moment où on s'en attend le moins, les poissons fusent de partout.  Ainsi, nous remontons

nos prises à bord pour découvrir une belle coryphène jaune et verte de 6 lbs et un Wahoo de

29 lbs.  35 livres de poisson comme ça, en un clin d'œil.  Il faut être flexible, je change

mes plans de souper, range ce que j'avais de prêt et prépare une coryphène fraîche à la sauce

Satay.  Lucos, le wahoo a été attrapé avec ton super hameçon de l'Australie dont la tête était

brisée…  Encore des leurres chanceux!
Lundi 3 février, Québec, dans le froid....

Vivre l'expérience du CatMousses
Un mot : WOW !!!
C'est une expérience extraordinaire à vivre avec des gens extraordinaire. Vivre sur l'eau
c'est génial. Dany et René vous êtes vraiment aux bons endroits aux bons moments. Vous
vivez une expérience tellement enrichissante et nous sommes tellement heureux d'avoir pu
vivre, si brève soit-il, un petit bout de votre grande aventure. Une semaine à Ste-Lucie
ça passe tellement vite. Mais on les a vécus tellement intensément nos petits moments de
bonheur que nous en ressortons tout plein d'énergie et de paix. Une semaine de repos,
pas d'horaire, de l'apnée en fin de journée, du vent, du soleil et quelques grains de
pluie mais surtout des hôtes extraordinaires. René est un capitaine hors pair qui prend
soin de la sécurité de tous ces passagers. Dany une cuisinière hors du commun avec son
Thermomix qt qui vous cuisine des petits pains pendant que l'on est en mer et que ça brasse.
Les enfants, ils sont tout simplement adorables. On voit qu'ils sont heureux et qu'ils
profitent de tout ce que leurs parents veulenet bien leur montrer et faire découvrir.
Ils grandissent tellement bien, imaginer 4 ans... Je vous le redis Dany et René, mille
mercis pour cette belle semaine. Je ne crois pas que nous ferons un voyage de la sorte
d'ici peu à moins que l'avenir nous ramène de nouveau sur le CatMousses. Je souhaite à
tous de vivre l'expérience CatMousses ! Les enfants n'attendent que vous car lorsqu'il
y a de la visite et bien...C'est congé d'école !
Nous vous adorons et nous vous souhaitons une très belle continuité dans votre rêve que
vous vivez. Profitez du cadeau que vous fait la vie de vivre au gré des vagues car dans un
monde comme aujourd'hui le temps file si vite et on ne prend pas le temps de vivre.
Feel the wave !
A bientôt, Chantal et Luc

Dimanche 1 février, Ste-Lucie
Changement de plan…fort agréable!
01 fév 09
Ste-Lucie 

Vendredi soir dernier (30 janv) nous avions planifié un départ pour la Martinique dès le

lendemain matin, sauf qu'en me couchant ce soir-là, René accourt pour m'annoncer qu'il a

reçu un courriel de Malik.  Ils sont à Ste-Lucie, aux Pitons, à quelques baies d'où nous

sommes.  Le lendemain matin, nous ne réussissons pas à communiquer avec Malik, ni par

radio, ni par e-mail alors nous prenons la décision de retourner sur nos pas et d'aller

les retrouver.  L'école et la Martinique attendront.  

En nous promenant dans les différentes baies des Pitons, nous finissons par les retrouver. 

Nous sommes tous tellement contents de nous revoir enfin.  Malik avait justement besoin

d'un petit remonte-moral.  C'est que leur traversée d'hier a été pénible mais surtout

mouillée!  C'est que plus de 100 litres d'eau se sont infiltrés par la valve du lavabo

qui était restée ouverte.  Toutes les calles doivent être vidées, séchées, aérées, les

pompes de réfrigération doivent être séchées….  Pour en rajouter, une vague perdue est

venue s'infiltrer dans le carré, trempant du même coup l'ordinateur portable qui ne semble

maintenant plus vouloir fonctionner… Ho la la le bordel!

Dès qu'on arrive, les enfants sautent à l'eau pour nager à la rencontre de Malik. Puis Malik

viennent nous rejoindre en dinghy.  On passe le reste de la PM à siroter des drinks et grignoter

des Touskis (tout ce qui reste dans le frigidaire).  Puis en fin de PM on se fait une petite

séance de snorkling au pied des Pitons.  Quelle vie!  Pour le souper Malik viennent manger un

spaghetti sur Cat Mousses, ils apportent le dessert.  Nous passons une superbe soirée à nous

raconter nos aventures respectives. Ce soir Thomas invite Sébastien à coucher alors que Catherine

couche sur Malik avec Pascale.

Ce matin, dimanche 1 fév, Malik nous invite à manger des crêpes pour le petit déjeûner. Mmmm! 

Comment refuser, j'apporte de la crème anglaise, on se régale… mais toute bonne chose ayant une

fin… Il faut définitivement partir pour la Martinique, nous y avons un rendez-vous pour 08h30

demain matin pour nos réparations.  On part vers 12h30 et on se tape du près (le vent dans le nez)

pour faire changement!  Ai-je déjà dit à quel point je peux haïr cette allure.  On tape, on a

l'impression que tout va casser et arracher, tout déboule de sur la table qui rebondit allègrement

dans le carrée.  Grrr! On devrait y être pour 21h00 ce soir.

Côté température, nous venons de vivre deux journées et nuits magnifiques, sans pluie…. Ça faisait

longtemps que nous n'avions pas eu de nuit sans pluie.  Le plan est de compléter nos réparations

en Martinique subito presto pour repartir vers le sud dès que possible… reste à voir comment vite

nous y parviendrons.  Aurons-nous les bonnes pièces, faudra-t-il les commander… on verra. Go with

the flow qu'ils disent!

Ce soir avec les conditions de la mer, la gastronomie sera très simple, des 'beans' en can pour

souper, chose que Thomas aura tôt fait de rendre au 'splash pit'.  

A part ça deux potins…
1. Mes amis qui avaient trouvé refuge dans mes armoires ne nous ont toujours pas quittés… même

après le super traitement choc que je leur avais servi.  Mais contrairement à ce que je disais,

ce ne sont pas des pucerons, ce sont des fourmis comme je l'avais initialement cru.  De minuscules

fourmis, toutes petites, qui se promènent partout de façon bien inoffensive mais je suis bien

en peine de trouver une solution, j'ai épuisé toutes mes ressources.  Comme dirait mon père…

'Je suis au bout de mes études'.  Rien n'y fait, les feuilles de Laurier, les pièges à fourmis,

les insecticides, l'eau de javel… Ha on va attendre encore un peu, je suis certaine qu'elles

finiront par partir…  non pas vraiment!  Je vais devoir les aider un peu je pense.

2. Ce soir, en allant se chercher une liqueur, le capt me demande ce qui s'est passé avec le

vinier de 5 litres de vin rosé qu'il y avait dans le congélateur.  Je lui dit l'avoir ouvert

hier soir, Judith et moi avons pris chacun un verre dedans.  Et bien apparemment, il ne reste

plus qu'un fond ridicule dans le vinier… Mystère!   Ce cher vinier s'est complètement vidé de

son contenu dans notre méga congélateur /frigidaire… Quel bonheur!  Je cherchais justement quoi

faire demain après l'école.  Vider tout le contenu des trois étages de mon congélateur/frigidaire

pour y plonger tête première pour un super nettoyage… y'me semble que j'étais dûe pour un plongeon

dans le frigo pour aller éponger avec une petite éponge insignifiante chaque petite goutte du

précieux nectar de ce vinier.  Comme quoi le bateau ce n'est pas que du sirotage de 'ti-ponch'

étendu dans un hamac sous un palmier.  Il faut en rire… il y a pire c'est sûr!

3. Ha et puis en voilà une troisième!  Décidément, une connerie n'attend pas l'autre aujourd'hui,

j'ai encore fait une gaffe… Ce midi en partant j'ai voulu bien faire et débrancher la télécommande

électrique de l'ancre pour éviter qu'elle ne se mouille en mer, sauf que… j'ai oublié de remettre

le petit bouchon… Résultat :  Les vagues ont inondé le pont toute la journée et la connection de

la télécommande du guindeau électrique ayant été submergée d'eau salée est maintenant

court-circuitée.  Elle ne fonctionne plus, il faut que je monte et descende l'ancre à la main. 

Championne avec mes conneries aujourd'hui!  Mais on est arrivés à bon port, il est 22h00 et je

vais aller faire la vaisselle et aller me coucher avant de commettre une autre impasse.