Autour du monde avec ...

 
 
Journal de bord
Juillet 2008


Jeudi, 31 juil 08, En direction de Ponta Delgada,  Açores

Debout à 07h00 AM ce matin, nous avons complété notre chef-d'œuvre. 
(Voir photo sur le site web).  Nous avons aussi eu droit à notre meilleur 
spectacle de dauphins sur la proue du bateau ce matin, un bon 15-20 minutes.  

Nous avons largué les amarres vers 09h30 AM, ce fut une belle journée
ensoleillée ( notre plus chaude à date), à naviguer le long des côtes
des différentes îles des Açores.  Un arrêt s'est imposé en PM pour une
baignade en mer.  Nous avons mis les enfants au défi de faire la vaisselle
du midi s'ils voulaient arrêter se baigner, ils l'ont fait!

Somme toute ce fut une très belle escale, très dépaysante.  Ca faisait
drôle d'avoir quitté les Iles de la Madeleine et tout d'un coup, 16 jours
plus tard, de se retrouver sur une Ile volcanique du Portugal.  Le fait de
parler français, anglais et espagnol ne fut pas d'un grand secours sur cette
île, mais nous nous sommes débrouillés. Ce soir le pilote automatique est
branché pour la première fois et nous filons à moteur vers Ponta Delgada,
Sao Miguel.  P.S. Nous avons fait une brassée de lavage
dans la laveuse cet PM.

Mercredi  30 juil 08, Port de la Horta, Ile de Faial,  Açores

Ca y est, nous avons fait notre première escale depuis que nous avons
quitté le Canada il y a  de cela 16 jours.  Au réveil, nous avons trouvé
sous les nuages, la vue de l'Ile volcanique de Faial et nous y avons mis
pied vers 13h00.  Une pure beauté.  Les enfants trépignaient d'impatience. 
Aussitôt réveillés, ils se sont habillés… pour une fois qu'ils ne passaient
pas la journée en pyjama!  Ils ont fait leur toilette, se sont habillés,
ont sortis leurs chaussures d'excursion, chapeau, sac à d'eau,
bouteille d'eau, caméra et tout et se sont assis sur le pont à attendre
(au moins 4 heures), mais ils étaient prêts.  Ils ont hissé avec papa le
drapeau jaune de quarantaine (drapeau qui indique aux douaniers que nous
voulons faire nos procédures d'entrée), le drapeau du Portugal, la
bannière du Retour aux Sources ainsi que le drapeau du 400 ième.  

Note du capitaine : En arrivant dans un pays, le capitaine doit se présenter
au bureaux de l'immigration, des douanes, du port et parfois de la police
avant que l'équipage puisse mettre un pied sur le plancher des vaches
alors les enfants ont dû attendre mais que de sourires m'attendaient
lorsque je suis revenu au bateau, ils pouvaient finalement débarquer!

En PM nous sommes allés nous promener en ville.  Nous avons trouvé de
la peinture et des pinceaux, pris bien des photos et avons bien sûr pris
soin de se payer une petite crème glacée.  C'est, on ne peut, plus européen
comme endroit.  Semblable à Chypre j'ai trouvé.

De retour au bateau nous avons commencé notre œuvre d'art de peinture du
CatMousses (sur le quai), pris une douche et à 18h30 nous étions sur la
terrasse du Peter's Café Sport.  'Been there done that', 'check in the box'
comme de vrais touristes typiques, mais bien honnêtement, rien d'époustouflant
(y'a quà demander à Pierre)… mais nous sommes contents de dire que nous y sommes allés.  

De retour au quai, nous avons… fidèles à nos habitudes… vers 23h00-00h00,
armés de nos lampes frontales, continué notre œuvre, assis sur le quai
avec nos amis les coquerelles.

Mercredi  30 juil 08, En approche de l'Ile de Faial  aux Açores

Ouf la fée des dents est pasée cette nuit!  Elle a payé en Euros en plus! 
Ca tombe bien, c'est justement la devise des Açores.

Avant-hier avec les enfants j'ai fait une recette de pâte à modeler bleue. 
Ca divertit les troupes.

Déjà la faune aquatique a changé.  A l'approche des Iles les oiseaux sont de
retour.  Des dizaines et des dizaines d'oiseaux, genre nos mouettes mais brun. 
Hier nous avons vu des bancs de dauphins mais ils étaient différents et plus
gros que les précédents.  C'était beau à voir.  En groupe de 5 ou 6 ils 'surfaient '
les vagues et bondissaient hors de l'eau, ensemble dans un synchronisme parfait.

Ce midi nous allons nous faire des 'crab cakes' à la Cajun.  Nous devrions
arriver à destination pour environ 14h00 cet PM.  Ce sera une courte escale
mais suffisamment longue  pour aller peinturer le nom du bateau sur la célèbre
digue de la Horta et aller souper chez Peter's Café Sport.
 
Anne et moi avons fait notre super séance de 'Ab Ripper' ce matin!  Pierre
se bidonne à la barre à nous regarder débouler en bas de notre tapis pendant
qu'en équilibre on essaie de faire nos exercices.  Dans la cassette ils sont
'shapés' comme des Dieux grecs et font les mouvements les deux yeux fermés,
sans aucun point d'appui…. Mais ils n'ont pas les vagues… ce qui ajoute un
coefficient de difficulté non-négligeable.

Mardi 29 juil 08, A 60 Miles nautiques à l'ouest de l'Ile de Faial


Ce matin à notre réveil, nous avions finalement la côte en vue, nous sommes
passés tout près de l'Ile de Flores mais sans toutefois s'y arrêter car nous
avons choisi l'Ile de Faial comme destination.  Nous y serons en début de PM demain.

Anne et moi avons pris la résolution de débuter notre programme de raffermissement
des abdominaux (Ab Ripper) dès ce matin.  Ainsi, à 06h30 ce matin, nous étions installées
sur nos matelas à faire une petite séance d'exercices dirigées (les DVD P90X offerts par
Nicole  font office d'entraîneur privé).  Nous verrons dans deux jours si nos abdominaux
ressentent de la douleur.

Nous avons commencé la germination de fèves rouges et en verrons les résultats d'ici
quelques jours si tout va bien.  Nous avons réussi à nous cuire un pain mais le résultat
fut loin d'être extraordinaire.  Vraiment il faut trouver une solution à ce foutu four
qui ne cuit pas.  Ce soir Nicolas nous a fait des Brownies pour dessert.  Malgré que nous
ayons augmenté la chaleur du four et presque doublé le temps de cuisson, nos brownies
étaient comment… dirait-on… bon mais un peu coulant.  Ils n'avaient
pas cuit… au grand bonheur des enfants.  J'ai eu une pensée pour toi mon Phil!

Cet PM, un grand événement s'est produit dans la vie d'Antoine le pirate.  A cinq ans
et cinq mois, il a perdu sa première dent.  Fier comme un pape, il a fait ni une ni deux,
il s'est dépêché d'aller enfouir sa dent sons son oreiller et s'est couché… à 14h39 PM. 
Ben oui quoi!  Il attendait la fée des dents!  Il était mourant à voir.  Il avait les
yeux tout plissés car il se forçait à  les garder fermés pour s'endormir.  Mais en prime,
il avait  la bouche tout grande ouverte.???  Finalement, nous l'avons convaincu d'attendre
à ce soir car la fée des dents ne passe que lorsqu'il fait noir lui avons-nous dit.  Il
était un peu sceptique et inquiet que la fée des dents puisse venir, nous rappelant que
comme il y a toujours quelqu'un qui doit conduire le bateau (même la nuit) la fée des
dents ne pourra pas venir (il y a toujours un parent de réveillé!).  Au souper je lui
ai demandé pourquoi il avait la bouche ouverte cet PM pendant qu'il essayait de s'endormir….
Antoine de me répondre : 'Ben maman, pour que la fée des dents voisse que j'ai perdu une
dent!'  Lui c'est une  Fée des dents de pirate qui viendra lui porter un sou qu'il dit.

Bon assez,  je ne respecte pas ma résolution de rester brève et de garder mes messages
plus courts.  Je vais aller faire la suite dans mon journal personnel et élaborer sur
mes états d'âme.


Lundi 28 juil 08, près de Acores

Le soleil brille toujours ce matin.  C'est vraiment une bénédiction d'avoir
enfin du soleil, de ne plus geler et de ne plus être humides et transis.

Depuis notre départ, nous avons avancé l'heure de trois heures et il nous
reste une autre heure à avancer d'ici notre arrivée aux Açores.  Décider ce
qu'on va manger et à quel moment de la journée nous changerons d'heure sont
désormais nos points de décisions les plus importants de la  journée.  L'équipage
s'arrache la barre.  A quatre barreurs c'est vraiment agréable.  On est gâtés,
j'ai bien peur que l'on trouve le départ de Pierre et Anne difficile.  La
traversée ARC (Atlantic Rally for Cruisers-Iles Canaries aux Antilles) risque
d'être un peu plus fatiguante.  J'avoue qu'elle me tracasse déjà un peu cette traversée.

Nous avions planifié arriver aux Açores pour demain matin mais nous avons modifié
notre destination pour l'ile de Faial plutôt que Flores, ce qui nous rajoutera un
autre 24 heures.  Les enfants commencent à être impatients d'arriver, mais surtout
de revoir leurs copains du voilier 'Malik'. Ils s'amusent bien sur le bateau. 
Ce matin c'est Nicolas qui a préparé la table et le déjeûner pour les enfants. 
On ne les a pas entendu de l'avant-midi.  Je ne sais pas ce qu'ils mijotaient
mais à un certain moment donné, ils sont retontis avec leur pyjama bourré de
coussins et de toutous.  Ils se sont alors mis à faire de la lutte 'Sumo' sur
le pont.  C'était assez cocasse.

Bon, je dois aller préparer le dîner.  Au menu ce midi, des chicken wings et des nachos.

Note du capitaine :

Il y a 2 sujets de discussions qui reviennent toujours depuis
le début entre les 4 adultes, quelle heure est-il et la fameuse ligne à suivre sur
la carte électronique.  Le sujet de l'heure a déjà été couvert par Dany mais
mettons que nous avons omis de suivre les changements d'heure et afin de s'ajuster
à notre arrivée à La Horta sur l'Ile de Faial, nous avons changé trois fois d'heure
dans les 3 derniers jours, tout pour bouleverser un horaire!  L'autre sujet est la
fameuse ligne. Nous avons à bord un lecteur de carte électronique qui identifie le
chemin le plus rapide entre 2 points normalement à courte distance c'est la ligne
droite mais sur une longue distance et la projection Mercator des cartes, c'est la
route orthodromique alors la carte électronique nous donne donc cette ligne courbe
jusqu'aux Açores mais pour ceux qui connaissent la voile vous comprendrez que la
ligne peut être difficile à suivre tout dépendant de la provenance des vents alors
à chaque changement de barreur, nous embarquons dans une discussion assez épicée
parfois à savoir pourquoi on est si loin de la ligne.  Je vous épargne les commentaires
mais pour ceux qui connaisse mon frère Pierre, mettons qu'il a toujours son opinion
sur le sujet …

Dimanche  27 juil 08, Au large en route vers les Açores

Le soleil est encore radieux ce matin.  Nous en profitons pour faire une
petite toilette.  Il n'y a rien comme une bonne douche à l'eau de mer
(suivie d'un petit rinçage à l'eau douce).  Ce matin alors que je barrais,
Thomas s'est réveillé et est venu me rejoindre.  Il a alors décidé d'écrire
dans son journal de bord.  Au moment où il s'apprêtait à s'asseoir, quelle ne
fut pas sa surprise de voir un poisson volant qui gisait sur le pont.

Inutile de dire que ce fut le plus beau des réveils pour Nicolas de faire cette
découverte.  Son poisson volant s'est vite recyclé en appât pour la pêche à la
traîne mais la pêche ne fut toujours pas fructueuse.  Il faut être patient pour
être pêcheur.

Pour dîner nous nous faisons une fondue au fromage en se servant de notre pain
raté de la veille. A ceci nous ajoutons quelques pommes et du saucisson et le
tour est joué. Un autre succès culinaire! Tous sont ravis. Pour souper ce sera
des filets de porc sucrés et de l'orzo.  Vraiment on ne crève pas de faim.  Par
contre les portions sont contrôlées et nous voyons certains membres de l'équipage
fondre tranquillement pas vite.  Le capt entre autre, a bien dû perdre 10 lbs à
date.  Malheureusement,ça ne semble pas être mon cas car mon appétit à moi
n'est pas facilement perturbable.  Au contraire, au lieu d'avoir moins faim comme
les autres, on dirait que je mangerais un ours la plupart du temps.  Mais je suis
stable, c'est au moins ça.  Du moins je pense être stable, la balance n'a pas
suivie sur le bateau.  C'est un autre sevrage.

Samedi  26 juil 08, Au large en route vers les Açores

Plus que trois jours et nous serons à Flores aux Açores.  Comme la majorité
des bateaux ont été retardés par les deux ouragans, nous avons appris à notre
plus grand bonheur que les cérémonies d'arrivée prévues pour le 1 août ont
été reportées au 3 août à Ponta Delgada à l'île de Sao Miguel aux Açores. 
Ceci nous permettra de faire un arrêt à 'Flores' et Ile de Faial, endroit
très populaire pour les marins.

Après la salade de légumineuses préparée par Anne pour le dîner, Anne et
moi nous sommes lancées dans le projet de se cuire du pain. Expérience
peu concluante pour le moment.  Aucun des deux pains n'a levé.  L'un a
fini en méga galette ultra consistante et massive.  Voyant cela, nous
n'avons pas perdu de temps à faire cuire le deuxième  pain et en avons
fait des petits pains pitas.  Nous ne nous laisserons pas abattre par ces
petites défaites.  Dès demain je retente l'expérience.  Disons que ça aiderait
grandement d'avoir un four mais nous y arriverons c'est certain.  

Ce soir pour souper, nous nous sommes contentés de ribs et chicken wings
sur le BBQ, le tout accompagné d'une salade de chou et de pommes de terres
frites dans la poêle.  C'est dur la vie!

Les enfants se comportent bien en général.  Ils arrivent à se divertir
ensemble et ont bien du plaisir à s'inventer des jeux fort simplistes. 
Ils se plaignent de moins en moins du mal de mer.  Lorsqu'ils ont un trop
plein d'énergie, ils sortent sur le pont pour venir faire des stepettes,
des exercices et parfois se faire des concours de danse.  Antoine s'habille
toujours en pirate.  Il a passé la PM à faire un casse-tête.  Lorsqu'il l'a
complété, il a entrepris de se faire un casse-tête avec les
morceaux de factures que René venait de déchirer.



Vendredi  25 juil 08, Au large en route vers les Açores

Les nouvelles du matin sur le réseau du capitaine laissent voir que nous
ne sommes pas seuls à se faire brasser.  Deux voiliers ont vu leur bôme
se sectionner en deux lors de la tempête.

On prend la journée pour récupérer un peu. Tous et chacune dorment à
tour de rôle.  Un petit riz Lipton pour dîner question de se replacer
l'estomac et on relaxe.  En fin de PM, nous avons le bonheur de voir
passer 5  beaux cachalots à notre babord.  Inutile de dire qu'à chaque
apparition, nous sortons notre guide des mammifères marins afin d'identifier
avec précision ce que nous venons d'apercevoir

Jeudi 24 juil 08, Au large en route vers les Açores

La journée fut assez turbulente.  Les eaux tumultueuses du Golf Stream mêlées
aux relans de Crisobal ont généré une soupe dans laquelle ont s'est fait
brasser le camarade comme dans une machine à laver.  En fin de PM, les choses
se sont tassées un peu mais on se fait brasser pas mal.  Le repas de côtelettes
prévu s'est transformé en quelque chose de beaucoup plus simple… Un gros merci
à Ann Delaney.  Les repas tous préparés offerts sont parfois notre planche de salut.

Mercredi 23 juil 08,  Au large en route vers les Açores

Journée haute en rebondissements aujourd'hui qui a débuté avec un réveil brutal vers
05h18 AM pour René et moi.  Les vents avaient augmenté à 35 nœuds et l'éolienne menait
un train d'enfer.  Finalement, en essayant d'éteindre l'éolienne nous avons grillé
le module de régulateur de vitesse… bref nous n'avons plus d'éolienne pour le moment
pour recharger les batteries.  Il nous reste quand même les panneaux solaires et la
génératrice.  Une autre affaire à réparer… Dieu sait que nous avons peiné plusieurs
mois sur cette fameuse éolienne avant qu'elle soit finalement réinstallée et remise
en fonction.  Après coup toutefois, il semble que ce soit moins pire que nous pensions.
L'éolienne s'est remise à fonctionner… pour le moment du moins. Un peu plus tard c'est
la drisse de la grand voile qui s'est coincée dans une barre de flèche du mât. 
René a dû grimper dans le mât en pleine mer.  Il me lâchait des cris à l'occasion pour
me demander de ne pas 'pogner' de vagues…. Facile en plein milieu de l'Océan Atlantique!
Inutile de dire qu'il avait le teint un peu malade en redescendant du mât. Puis , ce fut
le tour du genois et du nerf de chute.  En termes plus simples, le bas de la voile d'en 
avant se décousait.  Les hommes ont tenté une réparation de fortune en utilisant du bon
vieux 'tape' mais ce dernier n'adhérant pas, ils ont dû se résoudre à passer un avant-midi
assis sur le pont en avant à faire de la couture entre frères.  Ils ont fait du bon
travail, ça semble tenir le coup.
Cet après-midi là nous avons eu droit à de belles observations.  Nous avons vu une
tortue de mer qui se laissait flotter à la surface de l'eau, ainsi que des poissons
volants.  Nous avons aussi croisé une énorme baleine qui est passée à environ 10 pieds
à côté de nous, à notre gauche (babord).  Cette dernière qui allait en sens contraire
et nous a d'abord poussé un jet, pour ensuite nous laisser voir sa silhouette majestueuse.
Toujours aussi impressionnant. Pour souper nous avons mangé des hamburgers steaks
avec oignons et sauce brune ainsi que des patates dauphinoises  gratinées au fromage
faites maison (par Chef Dany).  Je dois dire que c'est impressionnant de voir la
variété et la qualité des repas que nous sommes en mesure de nous offrir.  Il y a
longtemps que je n'avais pas cuisiné et je dois avouer que parfois, je m'impressionne
moi-même.  

Dans la soirée Pierre a exprimé le désir d'écouter du Frank Sinatra et Louis Armstrong.
Ne faisant ni une ni deux, René est allé fouillé dans sa banque de musique et en deux
temps trois mouvements Pierre ne fut-il pas surpris de voir son souhait réalisé. 
Note du capitaine : Merci Jeff pour ton super répertoire de musique!!

Puis, vers 02h00 AM, René et moi nous sommes réveillés.  Les vents ayant considérablement
augmenté, nous avons affalé la grand voile en pleine nuit.  Ce fut une opération assez
périlleuse que Pierre a exécuté d'une main de maître.  Ca brassait à un point tel que
tous les plats de Pirex qui se trouvaient sur le comptoir se sont fracassés en mille
miettes sur le plancher de la cuisine.  Ho well!  L'expérience commence à rentrer!

Mercredi 23 juil 08, Au large en route vers les Açores

Aujourd'hui nous avons eu droit à une belle journée ensoleillée.  Nous avons sorti nos maillots et ce fut la
journée  du grand ménage pour tous.  Nicolas a proposé qu'on se lave alors nous l'avons pris au pied
de la lettre et Pierre a supervisé les opérations de douchage à l'eau de mer sur la trampoline de
babord, suivi d'un rinçage à l'eau douce sur la quille arrière.  Pierre avait aussi de gros projets
personnels, il  m'a chargé de l'aider à faire son rasage/trimage de barbe et nuque.  Il m'a affublé
du titre de meilleure coiffeuses entre l'Atlantique et les Açores.  Tout un compliment!

Notre chef cuisinière nous a préparé, rien de moins, que des choux à la crème pour le dessert
du souper.  Si j'avais imaginé manger des choux à la crème maison en bateau!  Je ne ferais
même pas ça à la maison.  Une réussite encore une fois mais notre petit four à convection ne
cuit vraiment pas bien.  Il faudra se trouver d'autres alternatives pour cuire le pain. Thomas et Pierre
se sont disputé une partie de Otello. La partie a été longue et serrée mais Pierre a gagné.
Apparemment que Pierre n'a, à ce jour,  jamais été battu à ce jeu.  Finalement,  pour clore la soirée,
nous avons eu la visite d'un oiseau sur le pont.   Un genre d'hirondelle/pigeon de mer à pattes
palmées. Il était visiblement sonné mais après quelques heures, il a retrouvé la force de s'envoler.

L'équipage du Cat Mousses

Mardi 22  juil 08,  Au large en route vers les Açores

Depuis deux jours, je suis en remise en question.  J'aime beaucoup écrire nos péripéties mais je
crains que ces derniers ne deviennent lourds à lire pour nos lecteurs assidus car j'ai souvent
tendance à me lancer dans de grandes romances.  D'un côté j'aime raconter ce qui nous arrive et
de cette façon, en écrivant régulièrement comme je le fais, je m'assure de garder nos mémoires
par écrit, par contre, je crains  que ceci ne porte atteinte au projet que je caressais d'écrire
un livre.  Au rythme où je suis partie, je n'aurai plus rien à écrire lorsque viendra le moment
de rédiger un livre,  tout aura été dit. Il faudra que j'arrive à trouver un certain équilibre. 

Ce matin Pierre et moi avons fait un peu de gestion des déchets.  La journée s'est terminée par
un bain de minuit forcé pour le capitaine…. C'est que notre ligne de pêche à la traîne s'est enroulée
dans le safran de babord.  Le capt a donc dû plonger , ce dernier avait la bas golf ravalé comme
dirait l'autre…


Dimanche, 20 juil 08,  Au large en route vers les Açores

Il semble que j'ai peut-être parlé un peu trop vite hier et que l'amarinage ne soit pas encore
tout-à-fait à point.  En effet le capt ce matin n'en menait pas large et a eu une petite rechute
d'amarinage subissant certains reflux gastriques.  Note du capitaine : sans commentaire. 
C'est quand même la première fois de tout le voyage!  Une chance que je n'avais pas
encore déjeuné.

Les jours passent et ne se ressemblent pas.  Ce matin nous sommes passés par toutes
les températures.  Le temps que j'ai été à la barre j'ai eu tous les types de vent variant
entre 5 et 30 nœuds et j'ai atteins le 9.2 nœuds de vitesse.  Il a plu par averses, où j'avais
l'impression que quelqu'un me déversait des poubelles d'eau sur la tête.  Puis un peu
plus tard, nous étions  en maillot de bain sur le pont.   Une première pour le maillot, on
voit que la température se réchauffe grandement.

Ce matin le capt a pris une grande décision.  Après la discussion quotidienne de 08h00
AM avec nos confrères de voile sur le réseau radio du Capitaine,   il a décidé que c'en
était assez de descendre et que nous changions de cap pour viser les Açores en ligne
droite donc franc 'EST', ce qui se résume à un vent arrière.   Ca ne change rien à la
houle, ça brasse quand même mais ça ne tape pas.  Comme on était sur un vent arrière,
nous avons hissé le spi mais malheureusement le spi n'est plus, alors pour employer les
termes de Anne, nous avons maintenant un 'Spu ' plutôt qu'un Spi.  Nous avons été assez
éprouvés aujourd'hui et avons essuyé quelques pertes.  Notre Spi s'est sectionné dans
le haut et sur toute sa longueur, ce qui le rend inutilisable.  Heureusement c'était notre
petit et nous en avons un deuxième que nous avons hissé plus tard en PM.

Les enfants aident de plus en plus et démontrent un intérêt à apprendre et prendre part
aux tâches quotidiennes.  Hier Thomas a fait de la couture pour 'rac'moder' (comme aurait
dit ma grand-mère) son pantalon de pyjama qui s'était décousu. Il a aidé à faire l'omelette
au jambon fromage du dîner pendant qu'Antoine coupait les légumes. Comme d'habitude,
il est toujours préférable pour mon cœur de mère et ma pression sanguine de ne pas observer
Antoine de trop près.  En effet, il est toujours aussi cascadeur et ces temps-ci il se plante souvent. 
Il va finir par piler sur son orgueil et se tenir dans le bateau… il va finir par comprendre non!
Ca doit faire 4 fois qu'il passe droit et tombe en bas des marches, pauvre ti-prout!  Pour
souper Anne nous a préparé des spaghettis nappés d'une sauce rosée aux tomates séchées
(faite maison) le tout saupoudré de chair de crabe. Un délice, elle se surpasse à chaque fois. 
Catherine et moi de notre côté, avons préparé des pains pita maison à l'ail et au persil.  C'est
Catherine qui a roulé la pâte et elle s'est très bien débrouillée. 
Nous jouons beaucoup de jeux de société éducatifs.  

Aujourd'hui nous avons changé notre technique de pêche en y ajoutant unh poids de 20 lbs.
En remontant notre ligne, nous avons constaté que notre ligne avait subi un stress intense
et au grand désaroi de Nicolas, notre ligne avait été sectionnée en bas du poids et l'appât
était manquant.  Avait-on attrapé quelque chose?  Quelque chose de gros sûrement. 

Ce soir sur le net du radio amateur j'ai pris une recette de pain maison sur les ondes. 
J'ai l'intention de m'y lancer bientôt car nos réserves de pain sont basses.

P.S .  Thomas a décidé de se faire pousser les cheveux.

Samedi, 19 juil 08,  Au large en route vers les Açores

Aujourd'hui aura été notre meilleure journée de voile à date.  Avec un vent de 15 à 20 nœuds
(atteignant les 23 noeuds ce soir), nous arrivons à faire du 7 à 8 nœuds de vitesse.  Nous aurons
parcouru en une  journée, environ 120 miles nautiques.  A ce rythme, nous devrions atteindre les
Açores dans 9 jours.  Ils annoncent encore du bon vent pour au moins les quatre jours à venir. 
L'allure portante est pour nous l'allure de choix, celle avec laquelle le bateau se comporte le
mieux.  Le portant c'est quand le vent vient du côté (à 90 degrés).  De cette façon on ne se bat
pas à frapper contre les vagues et c'est beaucoup plus 'smooth' et on se fait moins déporter par la mer. 
Avoir une quille de 3 pieds (faible tirant d'eau) comporte ses avantages quand vient le temps de naviguer
en eau peu profonde mais en mer, nous pouvons moins fendre l'eau, donc en d'autres mots, on dérape avec
les vagues.  Sauf que je n'échangerais pour rien au moins la stabilité d'un catamaran, la gite est
de 5 % (moins), ce qui est négligeable et rend le quotidien beaucoup plus confortable.  

Je viens de terminer mon quart à la barre et je me sentais comme un pilote de formule un. 
C'est un feeling incroyable que de sentir ce vent siffler et de fendre l'eau en filant à toute allure. 
Il semble qu'une deuxième tempête se prépare mais aux dires du capt, nous les évitons toutes deux.  Nous
avons entendu parler ce soir d'un des participants du Retour aux Sources qui s'est fait prendre par Bertha. 
Apparemment, qu'avec des vagues de 8 à 9 mètres, la meilleure chose que l'on puisse faire est
d'affaler les voiles et de s'enfermer dans le bateau en attendant que ça passe.

On peut maintenant dire que nous avons réussi à nous établir un semblant de routine.  Il n'était pas
trop tôt car Pierre et Anne (faisant les quarts de nuit), avaient bien hâte qu'on parte pour de bon. 
En effet, chaque nuit où l'on s'arrêtait, était pour eux un autre recommencement qui bousillait leur
horaire de sommeil.   Pour les quarts de travail nous fonctionnons de la manière suivante :  Pierre et
Anne font ensemble le quart de nuit de minuit à 06h00 AM (Anne dort quelques heures le matin et
de 19h00 à 23h00) (Pierre lui dort de 14h00 à 23h00).  René et moi faisons le quart de 18h00 à minuit.
Nous dormons nos nuits, je me lève le lendemain vers 05h45 pour relayer Pierre à la barre, René lui se
réveille pour faire le rapport de position quotidien de 08h00 et pour s'occuper des enfants à leur réveil,
nous réussissons parfois à se voler une heure de sommeil ici et là pendant la journée.  Le reste de la
journée on s'échange la barre à tour de rôle, il y a toujours au moins deux adultes dans les parages. 
A quatre adultes, on ne se sert pas du pilote automatique qui grugerait inutilement les batteries. Je
commence tranquillement à me sentir moins rouillée et plus à l'aise à la barre. (Mon coach Pierre y est
pour beaucoup).  Anne et moi prenons de l'autonomie un peu, nous pouvons maintenant partir et étrangler
les moteurs en cas de besoin.  Nous avons eu droit à quelques cours de lancer de lignes de vie et amarres….
On loft, on abat…  on prend le 'beat' et le langage.

Côté nourriture, nous mangeons comme des rois.  Anne nous a concocté deux merveilleux repas aujourd'hui. 
Un macaroni au fromage maison pour dîner et pour souper, des filets de porc (porto et framboise) avec un
medley de pommes de terres grelot, brocoli et carottes comme accompagnement.

Les enfants de leur côté ont fini par s'amariner et ne semble plus trop souffrir du mal de mer. Ils ont
vite compris l'importance de la gestion des ressources en eau et en électricité et font très attention. 
Ils savent maintenant comment trouver une pinte de jus dans l'une de nos 40 petites cachettes en consultant
nos 14 pages d'inventaire de nourriture et commencent à s'impliquer dans les tâches quotidiennes… et Dieu
sait qu'il y en a des tâches.  Nicolas continue d'observer les oiseaux, les dauphins et les marsouins
consultant nos différents livres régulièrement.  Il choisit avec soin l'appât du jour que nous utiliserons
pour la pêche à la traîne.  Avant de se coucher ce soir, il est venu choisir l'appât de demain en me
l'exhibant fièrement avec son plus beau sourire.  Il est vraiment dans son élément pour savourer sa passion
de la nature et des animaux.  Comme disait Pierre ce matin, en dedans de notre petit bateau de 40 pieds, il
y en a pour tous les goûts.  Pendant que l'un pêche, l'autre lit, l'autre joue au Gameboy, d'autres jouent
à des jeux de société, d'autres cousent, cuisinent, dorment, etc.  

Nous recevons quotidiennement des nouvelles de vous tous par le biais de notre 'manager', mon super
beau-frère Luc… qui passe apparemment bien des heures sur son ordi pour nous.  C'est que nous n'avons
évidemment pas internet en mer donc nous nous servons de notre radio HF pour envoyer ou recevoir des courriels. 
C'est donc Luc, qui à partir de chez lui, fait le relais et passe à travers chacun des courriel reçus
ou envoyés, un par un.  Nous lui envoyons quotidiennement  nos récits courriel via la radio et il se charge
d'afficher le tout sur notre site de Cat Mousses.  Une chance qu'il est là notre Luc. Nous  vous remercions
tous chaleureusement pour vos bons mots, ça nous fait sourire d'avoir de vos nouvelles.  Vous comprendrez
que dans le but de préserver la vie familiale de Luc et de ne pas tout lui gruger ses rares minutes de
temps libre mais aussi pour ne pas passer  nos journées entière sur l'ordi, nous ne répondons pas individuellement
à vos courriels. Hier par exemple nous avons eu (de mémoire) des nouvelles de Rita, Abdi
(Grand Guerrier africain, chasseur de mouches), Nathalie Collard, Karine Pellerin, Vince, Phil, Céline et
j'en passe car la liste est longue.  Merci infiniment de nous suivre aussi avidement.  Nous suivons aussi
avec engouement les récits de voyage de Catherine et Rémy en périple de vélo en Europe (de six mois si je ne m'abuse)
avec leurs deux bébés Etienne (deux ans) et  Marie-Eve ( 4 mois).   Il faut le faire… franchement ça c'est
tout un défi!  Nous pensons régulièrement à Isabelle partie le jour de sa fête faire la marche
(de Mtl à Cap de la Madeleine) et espérons que tout se passe bien pour elle.  Bref, nous sommes loin mais
pensons à vous car du temps pour penser on en a, croyez-moi  On n'a que ça à faire penser lorsqu'on est seul
à la barre à fixer l'océan à perte de vue.

Note du capitaine 

Perte de vue, on pousse mais pousse égal,  ça fait 4 jours que nous sommes dans le brouillard!!

Luc, tu peux dire aux filles que Thomas et Nicolas pensent et parlent très souvent de leurs vacances au chalet. 
Ils ont vraiment trippé.  Nicolas me disait l'autre jour qu'il n'aimerait pas être un parent car un parent ça
travaille tout le temps et ça n'a jamais le temps de s'amuser.  (On dirait bien qu'il faisait référence à ses
parents qui n'avaient pas beaucoup de temps pour leurs enfants depuis quelques mois….  Il disait aussi que,
au moins au chalet, mon oncle Luc et ma tante Chantal jouaient
avec eux.  Inutile de dire qu'ils ont beaucoup aimé leurs vacances.

Vendredi, 18 juil 08,  Au large en route vers les Açores

Ce matin c'est le calme plat sur la mer et ce jusqu'à ce soir selon les prévisions météorologiques. 
Il y a des dauphins partout autour.  En sortant vers 06h30 ce matin j'ai eu droit à un magnifique
spectacle sur la poupe du bateau.  Il devait y avoir une douzaine de dauphins qui dansaient et
valsaient avec la bateau.  C'est rendu qu'Antoine ne prend même plus la peine de sortir pour voir
les dauphins.  Ha je sais encore des dauphins qu'il dit quand on l'appelle!

Anne, avant d'aller s'étendre nous a fait une 'batch' de muffins ce matin. René va devoir retirer ses
paroles car ça s'adonne que ses muffins sont sortis tout aussi 'mouelleux' (définition ci-dessous)
que les miens et je dis bien mouelleux plutôt que moelleux car ça fait plus mou ainsi.  En tout cas,
le moins qu'on puisse dire c'est que ça ne fait pas de graines à terre.

Légende  -   
Mouelleux : muffin insuffisamment cuit, mangeable à la cuillère après une cuisson de 50 minutes à 450.

Pierre a décrété que ce serait une journée 'tune up'.  Il a touché l'eau ce matin et il semble que
ce soit assez chaud pour s'y plonger pour aller se laver un peu. Si ça fonctionne, ça nous fera le
plus grand bien car le sel rend les cheveux quelque peu collants, voire même d'une apparence assez
grasse.  Anne à son réveil a eu la surprise d'avoir comme première instruction d'aller enfiler son
maillot de bain pour prendre un bain de mer.  Elle et moi en avons d'ailleurs profité pour faire une
séance de rasage en règle.  Quel bien ça peut nous faire.

Pierre a aussi décrété, qu'aujourd'hui, il réparait le pilote automatique car il a eu une vision au
cours de la nuit.,,,  Finalement, René et lui ont taponné sur le pilote mais leur réparation semble
assez éphémère à première vue.

Nous avons passé à un cheveu de perdre une latte de grand voile ce matin ( longue tige de graphite). 
Pierre l'a récupéré de justesse avant qu'elle ne tombe à l'eau.  Par contre, nous avons perdu une de
nos deux lignes à pêche. 

Nous avons sorti les livres d'activités ce matin question de s'occuper un peu.

Ce soir, c'est une soirée magnifique.  Le vent se lève graduellement (6-7 nœuds) et souffle du sud-ouest. 
On coupe les moteurs, question d'économiser nos précieuses réserves de diésel.  On pourrait entendre une
mouche voler tant le temps est doux et c'est silencieux. Nous n'allons qu'à une vitesse de 2 à 3 nœuds
mais c'est une soirée exceptionnelle.

Note du capitaine

Aujourd'hui j'ai réussi à me lever suffisamment de bonne heure (grâce au changement d'heure) pour
écouter et participer à la rencontre matinale sur le réseau à ondes courtes du capitaine basé à Montréal. 
Pour les non-initiés, le réseau du capitaine est un réseau à but non lucratif opéré à partir de Montréal
promouvant les communications HF.  A 07h00 chaque matin, c'est la rencontre au 14,118 MHz et nous avons
la chance de recevoir des nouvelles sur la météo, Bertha, les icebergs et les autres navigateurs
de la flottille, c'est merveilleux.

Jeudi 17 juil 08, Au large de la N.E et T.N

Comme ça je serais rendue susceptible au mal de mer!  C'est vrai, j'avoue que je ressens des choses
jamais ressenties auparavant.  C'est qu'on vient avec le 'moton' par moments à force de rester en dessous
à faire de l'entretien, des repas et de la vaisselle.  Heureusement qu'on est quatre pour se relayer…
ça brasse en bas.  En fait il faut être honnête, ce n'est pas que ça brasse tant.  En effet le vent
est clément avec une moyenne de 15 nœuds, la mer n'est pas agitée non plus.  Le problème c'est
que le vent vient du sud depuis plusieurs jours et c'est justement là qu'on veut aller!  Ainsi on se
ramasse à faire du près d'est en ouest en attendant d'avoir notre fenêtre de vent pour finalement
descendre, et ça s'adonne qu'avec notre catamaran… faire du près se résume à faire du 'tape-cul'. 
Heureusement, au moment où j'écris, le vent vient finalement de changer sa trajectoire, provenant
maintenant du sud-ouest.  Enfin on peut se remettre à descendre.  

Tous les matins depuis quelques jours, nous avons rendez-vous à 11h00 AM pour une communication radio
HF sur le radio amateur.  C'est agréable de pouvoir prendre des nouvelles de nos confrères du Malik. 
Les enfants de nos deux familles se sont parlés ce matin.

Cet PM Nicolas a été victime du mal de mer, et à son tour, a restitué son dîner.  Le couscous aux épinards
ne passait pas!

Aujourd'hui nous avons sorti notre livre sur la pêche en haute mer, question de raffiner et d'adapter
nos techniques.   Toujours pas de prise mais nous avons eu droit à au moins deux superbes spectacles
de dauphins.  Que c'est magique!  Personnellement,  je n'ai jamais eu tendance à m'émerveiller très
facilement mais j'avoue que quand je vois des baleines et des dauphins, je redeviens une enfant.

Notes du capitaine

Je ne sais plus si j'en ai parlé mais depuis au moins une journée, nous naviguons dans la brume et à
chaque fois que je regarde le Radar pour voir si un navire s'approche trop de notre position, je m'émerveille
par cette technologie qui nous a évité à plus d'une reprise des collisions avec des chalutiers et barges
de toutes sortes.  Lorsque je suis à la barre, j'aime m'imaginer ce que les navigateurs d'antan devaient
posséder comme connaissance et courage pour entreprendre une traversée telle la nôtre.  Aujourd'hui avec
toute la technologie que nous possédons, mis à part le fait que nous prenons la même route que Champlain a
pris à l'époque, la comparaison s'arrête la!

Mercredi 16 juil 08, Au large de la N.E et T.N 

Donc au départ des Iles on vise Sydney, mais chemin faisant, ce matin le capt a modifié le
cap pour qu'on poursuive notre route plutôt que de s'arrêter.  En effet, la mer est belle
et plus on analyse les rapports météo, plus on se rend compte qu'on est mieux de continuer
que d'attendre.  En continuant notre route, on a de meilleures chances de passer juste
derrière Bertha, à 200 miles nautiques au sud, tandis qu'attendre pourrait signifier de se
ramasser au cœur de la tempête ou encore d'attendre
des jours et des jours pour ensuite se lancer dans une mer agitée de toute façon.

Ce matin, à la barre, j'ai aperçu des jets d'eau de baleine juste devant pas très loin. 
Un spectacle à vous couper le souffle.  Puis une baleine est venue passer juste en avant
du bateau.  Je ne crois pas mentir en disant qu'elle faisait au moins 40 pieds de longueur.
Plus tard, nous avons vu de petits rorquals qui s'amusaient à pêcher. Pierre a tenté sa
chance à la pêche à la traîne ce matin mais la pêche fut tranquille.  J'attends toujours
mon thon pour me faire des sushis.

Pour ceux qui ont entendu parler de mon achat de Diva Cup.  Et bien je vous annonce que mon
essai a été positif.  Fidèle à mon habitude, je n'ai pas essayé avant alors je me suis lancée
tête première dans l'expérience au plus fort du moment, à essayer de déchiffrer les instructions
d'installation, ceci en équilibre dans la salle de bain pour ne pas tomber avec le mouvement
des vagues …du Dany à son meilleur avec ses traitements choc. Après trois jours, je me
considère déjà une experte et j'annonce
officiellement que j'adopte le Diva Cup, ce qui me sauvera l'achat de serviettes sanitaires. 
Le seul malheur c'est que la Diva Cup, n'a pas d'incidence positive sur l'humeur.  J'avoue
que depuis 2-3 jours, j'ai une humeur…. assez à pic!  J'en avais assez des curieux, je ne
voulais plus parler à personne et le bordel du bateau me cause certaines frustrations.  Un
bateau c'est pas gros.  Les enfants m'ont vu sortir un sac de vidanges… ils sont mieux de
commencer à se ramasser.

Anne a réussi à coudre deux ensembles de courroies pour nos nouveaux coussins ce matin, 
'works like a charm',  c'est parfait.

Notes du capitaine

Tel que mentionné par Dany, j'ai pris la décision de me diriger vers les Açores sans arrêter
en Nouvelle-Écosse.  Le plein de diesel et d'eau ayant été fait à Grande-Entrée en prévision
de cette décision, m'a beaucoup aidé.  Avant notre départ de Rivière-au-Renard, nous avions
établi des fréquences sur la radio à ondes courtes et lors de ma première connexion sur ce
réseau aujourd'hui j'ai réussi à entrer en communication avec Magibourg III et Malik.  En
parlant avec Magibourg III, ils m'ont informé de leur décision de se diriger vers les Açores
se basant sur une évaluation du réseau du capitaine.  J'ai donc sorti ma carte et mon dernier
rapport météo sur Bertha et j'ai tracé sa trajectoire sur la carte de l'Atlantique.  J'ai
rapidement réalisé qu'avec ma vitesse de pas de tortues, par le temps que j'arrive à la
hauteur de 40 degrés N et 50 degrés W (position recommandée par Jimmy Cornell pour se rendre
aux Açores à partir du Canada) que la tempête tropicale m'aurait devancée de plus de 200
MN alors j'ai décidé de suivre sa progression journalièrement tout en faisant chemin m'éloignant
de la brume et du temps frais qui nous suit depuis notre départ de Québec. 

Pour ceux qui nous connaissent, savent très bien Dany se vante régulièrement qu'elle n'a pas
le mal de mer mais que le restant de la famille est affecté par le mal de mer.  Je lui ai
toujours rappelé que tout le monde est susceptible au mal de mer mais qu'il fallait que ça
brasse plus pour d'autres pour qu'ils ressentent les effets.  Laissez-moi-vous dire que ce
jour est venu pour Dany.  Vers 20h00, elle apparait dans la porte à la recherche d'air. 
Je lui offre évidemment de venir barrer et elle
accepte volontiers.  Elle a officiellement eu le mal de mer sans toutefois être malade. 
J'ai eu de la misère à reprendre la barre plus tard en soirée car elle ne ressentait pas
le désir d'aller s'enfermer dans le bateau pour écrire son récit…


Mardi 15 juil 08, Iles de la Madeleine

Ce matin il n'est pas encore neuf heures, qu'une autre âme charitable débarque pour aider René
à faire des voyages à la station service la plus près pour faire le plein de diésel.  René
avait appelé un monsieur pour se faire livrer l'essence mais ce dernier n'a pas accepté. 
Nous faisons donc le plein à la 'jerry can', toujours en vue de faire le 'trip' jusqu'aux
Açores d'une traite si c'est possible mais pensons devoir nous arrêter à Sydney Cap Breton
pour ré-évaluer la situation.  Après dîner le
Capt, voyant que la mer s'est calmée, décide de reprendre la mer.  Nous partons donc en fin
de PM après s'être laissé offrir une dernière crème glacée par Anne et avoir refait le plein
d'eau (on en a aussi profité pour se laver les cheveux à l'eau douce et débarrasser le pont
du sable et du sel accumulé).

Ca fait du bien une belle mer calme…. Mais ça ne durera pas longtemps.  Mettons qu'on se fait
brasser pas mal.  Un catamaran c'est stable mais en revanche c'est une belle surface en dehors
de l'eau qui ramasse les coups que les vagues nous assènent … alors ça tape.

Lundi 14 juil 08, Iles de la Madeleine

Quel bonheur pour les enfants ce matin de se réveiller amarrés à un quai.  Thomas dit que la veille,
il avait prié à genoux pour qu'on s'arrête aux Iles de la Madeleine.  Son rêve s'est réalisé. Il devait
être 01h00 AM quand on est arrivés et malgré cette heure tardive, il y avait un homme sur le quai et il
nous a aidé à s'amarrer.  Avec le vent et mes talents de lançage d'amarre… il a bien fallu se reprendre
par 10 fois.

Les curieux ont tôt fait de commencer à défiler le matin venu.  Toutefois, il faut dire que les curieux
des Iles de la Madeleine ont le cœur sur la main et sont d'une gentillesse.  Un homme (autorité du quai)
est passé pour collecter son dû de 30 $/jour mais il a ensuite emmené René en ville, qui en a profité pour
refaire un peu d'épicerie.  Un autre qui partait pour Cap aux Meules s'est offert pour chercher de nouveaux
ancrages de trampolines.  Lui non plus n'a pas eu de chance toutefois et n'en a trouvé qu'un seul. 
A ce rythme, nous en aurons un de tous les ports de mer sur notre chemin.  

Nous avons pris la journée pour remettre un peu d'ordre et faire sécher nos choses … sous les averses
passagères qui nous accompagnent à longueur de journée depuis le début du voyage et de l'été.  Après une
visite à une station internet, mon homme s'est attaqué aux sacs de papiers et de 'junks' qui jonchent encore
la plancher de notre chambre (on s'entend qu'il n'est pas grand d'avance).  C'est comme dire que nous n'avons
pas encore complété notre déménagement.  Nous sommes sortis d'une maison en quatrième vitesse  avons 
rentré des quantités de stock sur le bateau et avons quitté le port tout aussi vite sans avoir terminé
de tout ranger.  Il faut fermer les yeux sur le bordel pour ne pas venir fou mais on va s'en sortir.

Pierre de son côté est parti avec les enfants sur une super expédition à la plage, que les enfants ont
raconté dans leur journal de bord (aussi sur notre site).  Ils ont trouvé plein de trésor et ont relevé
quelques défis lors de l'expédition.   Pierre en a profité pour leur prodiguer quelques enseignements subtils
comme l'évaluation du danger, le travail d'équipe, etc.  

L'expédition s'est soldée par une douche bien méritée.  Une douche comme personne n'en a jamais pris auparavant. 
Nous sommes partis avec nos serviettes, du savon et un bout de 'hose'.  Nous nous sommes arrêtés dans le
carré d'un bateau de pêche ( sur le pont d'un crabier).  On y a pris une douche bien glacée mais combien
rafraîchissante.

Au retour Pierre était en feu et s'est mis à réparé toutes sortes de choses, dont l'étagère de livres
tombée.  A mon plus grand bonheur, j'ai pu 'scratché' des choses de sur ma liste de 'things to do'… une jouissance.

Pour souper on s'est fait des fajitas de luxe, un délice.  Deux couples de visiteurs sont débarqués en
soirée. L'un des Iles et l'autre de Shediac, ils sont aussi sur un périple de voile.   Qu'ils sont aimables
ces madelinots!

Note de Anne :
Hum, hum, précisions, nous  étions 2 à ne pouvoir lancer les amarres sur le quai à notre arrivée;
résultat : Pierre (capitaine Haddock avec sa bonne humeur légendaire) n'était vraiment pas impressionné,
nous a convoqué Dany et moi le lendemain matin pour une pratique de lançage d'amarre.

Dimanche 13 juil 08, Iles de la Madeleine

Journée mouvementée aujourd'hui, on s'est tenus aux biscuits soda, riz et grill cheese.    
On s'est fait brasser le 'Canayen' comme on dit.  Le capitaine en a assez et a décidé qu'on s'arrêtait
pour la nuit à Grande Entrée aux Iles de la Madeleine.  Les vents atteignent les 33 nœuds par moment et
les vagues sont d'au moins deux mètres.  On a encore 3 ou quatre ancrages de trampolines de cassé. Une
des étagères de livres a cédé et est tombée sur le lit. Heureusement, il n'y avait personne de couché
dans cette chambre à ce moment car les gars ont couché dans notre chambre à l'arrière.  Bref, le capt
en a marre et avant de tout casser on s'arrête.  On va attendre que le vent tourne un peu et nous soit
plus favorable.  Ce soir on a aussi assisté au sauvetage d'un voilier en panne de moteur que la garde
côtière est venue remorquer.

Antoine a eu une petite aventure juste avant d'aller se coucher.  Il descendait pour aller faire son
pipi mais ça brassait tellement dans le bateau qu'il a fait un vol plané pour aller s'écraser en plein
sur le nez en bas des trois marches.  Il ne l'a pas trouvé drôle.  Il avait le visage plein de sang. 
Il va devoir apprendre à se tenir.  Lui qui est habitué de tout faire vite et qui ne touche pratiquement
pas à terre.  Il ne s'est jamais tenu dans les escaliers et ce depuis qu'il est bébé.  Je sens qu'il va
devoir changer ses habitudes un peu.  Pauvre pitou!

Je vais laisser le soin et le plaisir au capt de vous parler de mon exploit culinaire de ce matin. Moi
qui pleine de bonne volonté leur a fait de bons muffins frais… Comme quoi on se fait toujours critiquer…

Note du capitaine
La départ de Rivière-au-Renard c'est bien déroulé mais rapidement le vent a grimpé et les vagues courtes
se sont mis de la partie rendant la fin de notre traversée vers les Iles très inconfortable, j'ai donc
décidé d'accoster à Grande-Entrée.  Il fallait attendre le développement de Bertha anyway.  Mettons que
pour baptême de croisière nous n'avons pas choisi la meilleure température.  C'est un peu plus " tough "
comme début de périple que de descendre lentement l'Intracoastal…

Pour ce qui est des muffins à Dany, ils étaient un peu plus moelleux qu'à l'habitude …  Mettons que le fait
que Dany ai mis 2 fois plus d'eau dans la recette et qu'elle a ajouté de la sauce aux pommes pour rendre le
tout plus moelleux comme les muffins de chez Tim Horton n'a pas aidé...  Après avoir essayé de les cuire 3
fois et n'obtenant pas le résultat escompté, Dany a eu un flash et a demandé à Anne de vérifier la quantité
d'eau requise.  Je vous laisse le plaisir de finir l'histoire … Mettons
qu'avec une cuillère le tout était encore mangeable!

Note de Anne :
Tout en respectant l'avis du capt, je vous certifie qu'à mon avis les muffins étaient tout à fait délicieux
et surtout très moelleux.

Samedi 12 juil 2008, entre Gaspé et les Iles de la Madeleine

Il y a un moment déjà que je n'ai pas écrit.  Je viens de relire mon dernier récit et
c'était bourré de fautes d'orthographes.  Je tenterai de faire mieux cette fois-ci. 
Je viens de quitter la barre, il est 23h00.  Il fait un vent du sud de 10 nœuds, une
belle nuit calme.  La lune et son reflet sur la surface de l'eau répand une douce lueur.
J'avais même la chance d'avoir étoile juste pour moi comme point de référence dans le ciel. 
Je préfère de loin avoir un point de mire au sol ou dans le ciel que d'avoir le nez rivé
sur la boussole lorsque je barre.  Je zigzag beaucoup moins ainsi.

Où en étais-je?  Guy est arrivé tel que prévu jeudi soir avec les bras chargés de tout
ce que nous attendions avec impatience.  Enfin nos coussins de 'cockpit' sont arrivés. 
Ca fait pas mal chic.  Anne a entrepris un projet de couture pour fabriquer des sangles
pour maintenir les coussins en place et éviter qu'ils ne partent au vent.  Ingénieuse
et débrouillarde cette Anne.  Nous avons également reçu notre fameuse membrane pour
le désalinateur d'eau, qui en était à son second voyage entre Toronto et Québec puis
vers Rivière au Renard!!!!  Nous avons eu l'honneur d'être invités à notre premier
'Cocketail' officiel chez nos voisins d'épaule Judith et Marc (Malik), sous la pluie,
mais ce fut fort agréable.  Le premier de plusieurs j'en suis certaine.  Ensuite nous
avons eu droit à un souper de roi.  Guy nous avait apporté du bon bœuf canadien, nos
derniers vrais bons steaks avant un bon moment qu'il disait.  Des steaks marinés et
cuits à la perfection… à la Guy quoi!  Nous avons essayé de l'impressionner avec nos
fameuses frites au presto mais malheureusement ce ne fut pas un gros succès comme sur
une vraie cuisinière.  Ho well!

Les enfants se sont vite liés d'amitié avec leurs amis du voilier Malik (Sébastien (12 ans),
Pascale (10 ans) et Amélie (5 ans).  Ils ont passé des heures et des heures sur la grève et
se sont construit une cabane assez impressionnante avec une vielle table à picnic à moitié
calcinée qu'ils ont déplacée puis recouverte d'herbes (un camouflage parfait).  Ils avaient
pensé à tout allant jusqu'à placer un panneau solaire sur le toit de leur cabane
(une vieille porte de micro-ondes en fait.  Ce faisant, leur ami Sébastien s'est
malheureusement ouvert le genou avec une bouteille, se payant une demi-journée à l'hôpital
et quatre points de suture mais rien de grave.  Les adultes en ont profité pour faire  des
travaux et du réapprovisionnement de leur côté, comblant ainsi Pierre qui a finalement eu
droit à son FAMEUX '7-Up' qu'il attendait avec tant d'impatience.  Une vraie femme enceinte…
René ne s'en pouvait plus d'entendre les requêtes de Pierre pour son Sapré  '7-Up' :. Le soir
venu, nous avions un souper du pêcheur traditionnel gaspésien… un délice.  Nous y avons même
gagné une belle aquarelle que nous avons offerte à Guy.  Catherine a couché sur Malik avec
son amie Pascale.  Elle était aux anges.  Nicolas lui a perdu une dent hier qui a mis de
longues semaines à tomber, elle a rendu les armes sur un 'hot dog' à la crème glacée …
il semble que la fée des dents passe aussi sur les bateaux.

Aujourd'hui, suivant le 'brieifing' météo, nous avions à décider si nous partions ou non
et pour quelle destination.  C'est ce foutu ouragan Bertha qui cause bien des soucis aux
skippers depuis deux jours.  Notre skipper a décidé de lever l'ancre à 13h00 aujourd'hui
avec le Détroit de Canso comme destination visée.  Nous verrons où le vent nous portera
mais à date ça regarde bien.  Nous nous y arrêterons pour ré-évaluer la trajectoire et
le comportement de Bertha.  

Ce soir les enfants sont beaux à voir, comme si nous n'avions pas assez de quatre couchettes
double sur le bateau…  Ils ont décidé, ce soir, de se coucher (de se corder) tous les quatre
dans un lit.  Ils ne risquent pas d'avoir froid.  Antoine a vécu une grande tristesse ce matin…
il pensait avoir perdu son chapeau de pirate.  Il l'a finalement retrouvé coincé dans son
capuchon.  Ouf qu'il ne l'a pas perdu… comme qu'il dirait!

Bon assez pour ce soir.  C'est l'heure du dodo avant mon prochain quart.

Note du capitaine
Notre départ de Rivière au Renard marque une étape importante dans notre périple, notre
départ du Québec et dans quelques jours notre départ du Canada.  Ca faisait un drôle de
feeling de voir le soleil se coucher sur la baie de Gaspé.  Nous avons officiellement un
horaire pour les différents quarts de travail sur la bateau et la routine s'installe à bord. 
De mon coté, mes côtes commencent à me faire moins mal grâce aux précieux conseils de
docteur deegle.  Merci Doum!  Nous avons bien hâte de traverser le golfe Stream pour
que la température se réchauffe car malgré un mois de juillet, c'est souvent pas très
chaud pour la pompe à l'eau sur l'eau!!  Continuez à nous envoyer des courriels, ça fait
du bien d'avoir de vos nouvelles.  On tentera de vous répondre lors de notre prochaine escale.

A plus!!


Jeudi 10 juil 2008, Rivière au Renard, Gaspé

Nous sommes arrivés hier vers 13h00 à Gaspé.  Nous avons profité de la PM pour refaire le
plein de diesel.  Mais nous n'avons malheureusement pas été chanceux pour se faire sécher
car pour faire  changement, il pleuvait.   Ce matin, je me suis sauvée en douce du bateau pour venir écrire. 

On pense avoir du temps en bateau mais la journée passe et il semble qu'on a jamais assez
de temps pour tout faire.  Je dois dire par contre qu'on doit 'down shifter' de vitesse… beau français
hein!  Je m'explique avec un exemple très simple.  Sur le bateau, chaque petite tâche, ne serait-ce
que de déjeuner, semble prendre une éternité.  Se faire quelques toasts peut prendre une heure, si
on compte la vaisselle et tout.  C'est comme du camping quoi.   Il semble que juste de subvenir à
nos besoins primaires comme manger par exemple prend la moitié d'une journée.  Bref,  on a pas
le choix de ralentir et de prendre le 'beat' du bateau.  Tout est plus lent et c'est bien comme ça. 
On avait si hâte de pouvoir ralentir.

Aujourd'hui nous recevons de la visite spéciale.  Mon beau-frère Guy Bourassa conduit de Québe
à Gaspé, pour nous faire une livraison spéciale.  En effet, le jour de notre départ il nous manquait
encore certaines petites choses que nous nous étions fait livrer mais qui ne s'était pas rendues à
temps par la poste.  A notre grand bonheur, Guy s'est offert pour venir nous porter nos choses avant
que nous ne quittions le pays.  A l'heure où j'écris, Guy doit d'ailleurs être chez Boulet et Lemelin ou
la Quincaillerie Martin pour acheter de nouveaux ancrages pour la trampoline pour remplacer ceux
qui sont brisés.  Il devrait arriver en fin de PM.  Nous en serons 'quitte' pour une bonne bouffe
et même une Petite Veuve Cliquot.  C'est ce soir qu'on la sabrera celle-là pour célébrer notre départ.

Bon je me sauve, je me sens un peu étourdie comme si j'avais la vague.  Je suis mieux sur le bateau
….déjà!   On s'amarine vite hein!

<pre>Mercredi, 09 juil 2008

Hier matin, la mer était d'huile avec à peine quelques frissons.  Nous avons mis de la
musique et nous sommes lancés dans un peu d'entretien et de ménage.  Puis les baleines
sont arrivées pour s'amuser à pêcher le caplan.  Quel spectacle extraordinaire, le tout
entrecoupé d'apparition de loups-marins ça et là.  Avec une mer d'huile pareille c'était
magnifique, on les voyait tellement bien.  Elles sont si énormes mais en même temps si gracieuses.

Les enfants ont demandé à pêcher à la traîne mais la pêche n'a pas été fructueuse. 
Nicolas qui comptait attraper un crabe ou du saumon fumé… pauvre petit chou!  Il attend
avec impatience que ses deux dents tombent. On dit souvent le calme avant la tempête,
eh bien nous en avons eu un bel exemple hier dans la nuit.  Il faisait si beau le matin,
puis le soir venu, le vent s'est levé atteignant les 27 nœuds par moment, le tout
accompagné de fortes pluies et brume.  Il a fallu ressortir les bons vieux biscuits soda. 
Pierre et Anne en ont bavé toute la nuit, Pierre a même fait un 'rescue'.  C'est que Thomas
s'est réveillé, chancelant au milieu de la nuit.   Pierre a pensé vite et a sorti Thomas
dans le cockpit et ce dernier a vomi dans le cailli botis.  Pierre nous a sauvé d'un beau
dégât, c'est certain.

Ce matin, la pluie a cessé, la mer s'est calmée mais c'est encore gris.  J'ai sorti les
enfants sur le pont un à un et ils ont fait un party aux biscuits soda, question de se
replacer l'estomac un peu car ils avaient comment dire…l'estomac un peu barbouillé.  Nous
constatons ce matin que la tempête nous a laissé quelques dégâts.  L'eau s'infiltre par
plusieurs  des 'hatchs'.  Il fallait s'y attendre.  Les ancrages et cordes des trampolines
ont mangé une claque et au moins 5-6 des ancrages ont cassé rendant les trampolines hors
d'accès pour le moment.  Snif!  Ce fut vraiment une nuit d'action.  Même a trois ris sur
la grand voile, nous avions peine à barrer.  C'est vraiment une chance inouïe d'avoir un
équipage de quatre adultes à bord.  Nous formons une bonne équipe.

Côté santé, Dr Deegle :  Tu as bien raison pour le médicament contre la douleur de René,
j'avais regardé ton document et vu que le médicament de choix était bien le ratrio-emtec 30,
mais à trois heures AM, je m'était découragée de chercher.  René est présentement sur le
Voltaren et il voit une différence marquée.  Il ne survivrait pas sans médicament, il souffre
en silence et ne dit rien mais on voit que ça lui gruge toute son énergie.

Bon les yeux me ferment, je vais aller piquer un petit snooze.

Nous devrions arriver à Rivière aux Renards à Gaspé avant la fin de la journée aujourd'hui.

 

7 Juillet 2008 --

Il est présentement tout près de minuit, mon chiffre de soir est sur le point de se terminer mais je prends le temps d'écrire mes impressions des deux derniers jours. C'est avec un immense bonheur que nous avons finalement largué les amarres hier le 6 juil 2008, à 18h00 précisément. Quel bonheur et quel soulagement! Tous ces interminables préparatifs qui finalement se concrétisaient. Finalement on pouvait partir.Nous avons travaillé d'arrache-pied pour se rendre à ce jour. Tous les jours, sept jours/semaine, nous mettions d'innombrables heures. Nous sommes arrivés au jour du grand départ vannés et épuisés mais combien heureux. Le matin du départ il restait encore tant à faire. Nous avons travaillé jusqu'à la dernière seconde et c'est le cas de le dire. J'ignore encore si nous avons mal planifié notre temps ou si nous étions simplement trop débordés pour pouvoir penser s'occuper de ces détails maisil n'en demeure pas moins que le matin du départ… René n'avait toujours pas de sandales pour partir… petit détail important. Pas qu'il l'avait oublié car ça faisait bien sûr parti de ma LISTE. Toutefois, il n'avait toujours pas trouvé ce qu'il cherchait. Ainsi, c'est donc notre fidèle 'Manager' Luc qui fut chargé de trouver les 'parfaites' sandales et ce à quelques heures seulement du départ. Comme toujours, il a réussi sa mission haut la main.  Les 'au revoir' ont été plus déchirants que prévu. Nous avions les nerfs à fleur de peau, les larmes étaient donc difficiles à contrôler. Je n'en reviens pas encore de tous les visages que nous pouvions apercevoir du fond de l'écluse. C'était vraiment touchant de voir tous ces parents et amis nous accompagner dans notre départ. Cette image restera à jamais gravée dans ma mémoire mais je devrai me contenter de ce souvenir car, bien que bien des gens ont pris des photos du haut de l'écluse, nous étions trop excités pour penser à faire de même du bas de l'écluse. Ho well! Nous avant pris l'éclusage de 13h00 pour se rendre au Yatch Club de Sillery pour un BBQ de PM. Ce fut une bonne chose car nous avons pu manger et relaxer un peu et se baigner avec les enfants une fois à Sillery. Sauf que…. un problème restait à régler. L'un des moteurs refusait de coopérer, là… à la minute où finalement nous mettions la clé dans le contact. On appelle ça de la chance hein! Nous nous sommes rendus à un seul moteur à Sillery et…notre fidèle mécanicien/électricien (Daniel) nous attendait au quai. Il ne pensait pas que nous le prendrions au mot quand il nous avait dit que l'on pouvait l'appeler n'importe quand! Comme à l'habitude, il a trouvé la cause du problème en deux temps trois mouvements et réparé le tout (un filtre encrassé rien de plus). Après la photo avec Mr. le Maire, nous avons largué les amarres de Sillery à 18h00, pour le départ officiel du Retour au Sources et la famille nous a suivi avec leurs banderoles le long de la côte, à Ste-Pétronille et à St-Laurent. Plus rien ne nous surprend maintenant. Pour Dr Deegle : Figure-toi Dominic que j'ai déjà commencé à jouer à l'infirmière et à me servir de LA super trousse médicale Two Thousand Eight. Ca marche tes petites maisons (pilules anti-inflammatoires contre la douleur). René, à la fin de son chiffre de nuit hier, a, lors d'un empannage accidentel , reçu un coup de chariot de grand voile qui l'a projeté dans le filet, lui coupant le souffle. Il est venu se coucher se plaignant de douleurs atroces. Il s'agit, selon mon évaluation d'infirmière novice, d'une côte fêlée. Il va s'en remettre. Quelques 'penunes' pendant quelques jours l'aideront toutefois à passer au travers. De là l'importance d'un frein de bôme. Bon à part ça… La température… Ce fut une très belle journée quoique humide et frisquet un peu mais nos vêtements et manteaux nous servent bien.  Les enfants… Les gravols et les biscuits soda ont été nécessaires à quelques reprises mais ils vont déjà mieux et s'amarinent rapidement. Ils sont bien heureux d'avoir deux mamans et deux papas pour s'occuper d'eux et en profite pleinement. La bouffe… On ne manque de rien. Ce soir on s'est fait du poulet oriental, riz et brocoli, délicieux! On s'est même fait une platée de biscuits aux brisures de chocolat cet PM, question de célébrer un peu. Nous avons également goûté nos Cretons (en pot Masson), un autre succès inescompté! Ca passe le test! Les aventures… Aujourd'hui nous avons vu une baleine et un loup-marin. Ca commence bien. Bon enough! Je m'en garde à raconter pour la prochaine fois.

L'équipage du Cat Mousses vous salue.