Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Juillet 2011

 

 

Jeudi 21 juillet ,  Palau en Micronésie



 

 
Récit 178 - Palau et ses magnifiques Rock Islands 

Nous avons atteint le port de Malakal à Palau, vendredi le 8 juillet et c'était

jour férié dû à la fête nationale du 9 juillet (Constitution Day).  Fort

heureusement toutefois,  nous n'avons pas eu à débourser de frais supplémentaires

comme nous le craignions.  Comme c'était aussi le festival du taro cette journée-là,

nous avons eu la chance de goûter toutes sortes de spécialités locales par le

biais de compétitions culinaires des hôtels participants.  Il y avait des

exhibitions d'art local de toutes sortes.  Leur art considéré le plus traditionnel

est appelé  'storyboard', soit une plaque de bois dont les multiples sculptures

représentent des légendes locales. Nous avons aussi eu la chance inouïe aussi

d'assister à une performance de chants et danses traditionnels. Disons que ça

tombait bien comme journée d'arrivée.



Danseueses Traditionnels
La république de Palau est le territoire le plus à l'ouest de la Micronésie et fait

partie des îles Carolines, elles constituées des  4 états des Etats fédérés de

Micronésie (dont Yap ) et de Palau, qu'on appelle aussi Belau dans la langue parlée

nationale ( le Palauan).  Etabli en 1982, ce pays est devenu la République de Palau

en 1994, une fois  son indépendance déclarée.  Palau consiste en six groupes d'îles

contenant plus de 349 îles individuelles, le tout totalisant un territoire de 191

miles carré.  Ce pays, comprenant 16 états, est une république constitutionnelle

en association libre avec les Etats-Unis, d'où la forte influence américaine que

l'on peut palper. Nous nous trouvons actuellement sur  l'unité d'îles principales,

soit l'île de Koror où se trouve l'ancienne capitale, aussi appelée Koror et maintenant

remplacée par Melekeok, nouvelle capitale officielle du pays.  A Koror vit la grande

majorité de la population, soit plus de 13 300 habitants (en 2000) sur un total

d'environ 17 225 sur tout Palau. La monnaie d'échange est ici le dollar américain. 

Fait intéressant, dans les civilisations anciennes, des billes d'argile ou de verre

de couleur orange ou jaune (appelées Udoub) étaient utilisées comme offrande ou

monnaie d'échange.  Plusieurs femmes  portent d'ailleurs un collier avec ce 'udoub'

comme pendentif.





Les monolithes de pierre

Bien que nous ne soyons pas dans la haute saison de tourisme, il est évident que

Palau est un endroit fort touristique.  On dit y recevoir plus de 80 000 visiteurs

par année.  La majorité de ces touristes proviennent du Japon avec 34%, mais aussi

de Taiwan (26%), Corée (18%) et Etats-Unis (10%).  Il y a d'ailleurs dans les

épiceries, un rayon entier consacré pour chacun de ces pays asiatiques, sans oublier

les Philippines car une très large portion de la main-d'oeuvre locale provient de

ce pays.  Nous avons passé beaucoup de temps à éplucher ces rayons à la recherche

de nouveaux produits.  Moi qui aime tant la cuisine orientale, je sens que je vais

bien me plaire dans les épiceries que nous croiserons cette année.




Le surlendemain de notre arrivée, nous avons loué une voiture pour explorer tous les

racoins de l'île. En l'espace d'une  journée, grâce à notre ami Lonely Planet et une

carte routière assez rudimentaire, nous avons pu localiser, non sans mal,  les

attractions les plus  populaires de l'île dont: les deux cascades d'eau,  la tombe

du légendaire personnage de Malsol (Malsol's tomb), le lac Ngardok  (plus gros lac

d'eau douce de l'île), les monolithes de pierre, village traditionnel, 'stonepath', 

cimetières et site mémorial, le plus ancien Bai de Palau (men's meeting House) soit

la maison traditionnelle de rencontre, des  vestiges d'anciens chars et armements

japonais, le National Capitol de Melekeok (plus ou moins le palais présidentiel du

pays) le tout ponctué de multiples arrêts tout au long de la journée pour trouver

les incontournables géo-caches de Thomas (sur les traces de son parrain qui a

2013 géo-caches à son actif).





Bai - Maison communautaire traditionnelle

    

Palau est considéré comme l'un des plus beaux sites de plongée au monde et ce, que

ce soit pour la plongée en bouteille ou le simple snorkeling.  Nous revenons tout

juste d'une escapade de 10 jours à explorer les Rock Islands, un jardin d'îles

flottantes et nous sommes en mesure d'affirmer que les eaux de Palau regorgent en

effet d'une faune et d'une flore aquatiques incomparables. Jamais dans nos trois

dernières années de navigation nous n'avons plongé dans des eaux aussi parfaites.

Nous nous sommes procurés un permis pour pouvoir naviguer dans les Rock Islands et,

mis à part les quelques bateaux de touristes offrant des excursions quotidiennes,

nous étions le seul et unique bateau à voile dans le coin. Seuls au monde nous

avions tous les Rock  Islands juste pour nous.  Véritable paradis, les Rock  Islands

sont considérés comme les joyaux de la Micronésie.  Ce sont des espèces de boules

de 'limestone', recouvertes d'une jungle d'un vert luxuriant, qui émergent, un

peu partout, des eaux turquoises de la mer sur environ 32 km de long.  Ils ont la

forme unique de champignons puisque le bas de ces îles a été grugé par l'érosion

naturelle de l'eau au fil des marées, ainsi que par les poissons qui les picorent

tranquillement.  Ces îles sont toutes inhabitées et certaines sections, comme

les 70 islands, sont interdites d'accès car déclarées zones protégées.  Les Rock

Islands sont tout un réseau d'îles, de cavernes, stalactiques, arches, canaux sous

terrains menant à des lacs salés intérieurs plages et autres.  Chaque jour des

centaines de touristes asiatiques payent le gros prix pour y faire des excursions

alors que nous avions la chance inouïe de nous y prélasser pour 10 jours, seuls

avec la nature inhabitée à son état le plus sauvage.  Fort heureusement, René s'est

procuré le guide de la navigation de Palau et c'est une bénédiction car sans ça

nous aurions eu beaucoup de mal à nous retrouver dans le labyrinthe de ces îles

champignons qui semblent toutes pareilles et qui se succèdent sans fin à travers

les haut-fonds.  La navigation y est très particulière et il faut tenir compte

des marées en plusieurs endroits pour pouvoir y naviguer l'esprit tranquille.
Grâce à notre guide nautique et grâce aux bateaux de touristes que nous croisions

quotidiennement,  nous avons pu facilement identifier les 'spots' les plus prisés

pour faire des plongées de snorkeling toutes plus extraordinaires les unes que les

autres, dont le :  Ulong Channel, Blue Pool, Blue Corner, Ngemelis Wall,  New Drop Off, 

German Channel, Cemetary Reef, Clam City et tout ceci sans compter les épaves,

tunnels, cavernes et autres.  Vous dire la richesse de ces plongées!  On se croyait

littéralement au beau milieu d'un aquarium exotique, il y avait des centaines

d'espèces de poissons de toutes les couleurs.  Thomas travaille ardemment sur le

dossier de la multitude de photos qu'il a prises.  Il tente d'identifier chaque

espèce grâce au guide de poissons des récifs coralliens offerts par son parrain

et sa marraine avant notre départ il y a trois ans.  En plus des milliers de petits

poissons exotiques ce sont des bancs de poissons de toutes sortes, des bancs de

carangues, des barracudas, napoléons, mérous géants, poissons perroquets de toutes

sortes, requins et autres.  Tout ceci de pair avec les anémones et coraux de toutes

les formes, sortes et couleurs qu'on ne se lasse pas de regarder, découvrant de

nouvelles espèces à chaque plongée.  Il y a aussi les majestueuses raies mantas et

    
quelques autres espèces de raies mais nous n'en avons pas croisé cette fois.



Poisson Clown

Palau est le lieu de rencontre de trois courants océaniques majeurs qui abondent en

nutriments pour supporter une variété impressionnante de vie marine.  On dit que

Palau offre plus de 1500 variétés de poissons avec un éventail tout aussi diversifié

de coraux durs, coraux mous, anémones et autres.  Il y a quatre fois plus d'espèces

de coraux que dans les Caraibes, soit plus de 625 types de coraux, ce qui explique

que cet endroit soit considéré comme l'un des sites de plongée les plus spectaculaires

    
au monde.  C'était d'ailleurs apparemment le site préféré de Jacques Cousteau.

    



Une Tortue Verte

Lors de nos plongées, nous avons, à plusieurs reprises, rencontré des tortues, 

requins à pointes blanches, à pointes noires, requins de récif, serpents de mer rayés

(venimeux), 'piperfish'  de la famille des hippocampes et autres espèces étranges. 

Il y aussi des bénitiers géants (clams tridacna).  Les plus gros que nous ayons vus

faisaient plus de 4 pieds de long.  Certains peuvent peser jusqu'à 500 livres, de quoi

nourrir plusieurs centaines de personnes avec une seule palourde.  Ces mollusques à

deux valves sont les plus gros au monde et peuvent vivre jusqu'à 100 ans.




    
Un Zancle



Encore plus féérique fut notre plongée dans le lac salé intérieur des 'jelly fish'. 

Dans ce lac on nage avec des millions de jelly fish transparents inoffensifs qui ont

perdu toute habileté à piquer et qui nagent en masse pour suivre la trajectoire du

soleil.  L'une des saisons de la série téléréalité 'Survivors' avait été tournée à

Palau il y a une dizaine d'années de cela et René s'était promis d'y venir un jour. 

Un autre rêve de réalisé! Nous sommes même allés à la plage où  la série aurait

été filmée, ça faisait drôle d'imaginer les concurrents de l'époque en mode survie

dans la nature sauvage de cette plage.





    



Jelly Fish


A part ça les enfants s'amusent à explorer le coin avec les kayaks et l'optimiste. 

Nicolas et Thomas nous ont attrapé plusieurs 'squids' qu'ils nous ont  préparés de

façon exquise, tantôt  comme apéro et tantôt en sauce béchamel pour un spaghetti aux

calmars.  A part ça ce sont les projets de tricot, de broderie et de couture qui se

poursuivent.  Catherine a réussi à accrocher ses frères et ils participent avec grand

intérêt à toutes ses initiatives de projets manuels.  Catherine et Antoine se sont

aussi partis une nouvelle entreprise, un 'Beauty Shop' cette fois.  Ils offrent

différents services dont des massages, manucures-pédicures, soins du visage, coupes

de cheveux, tressage de cheveux, coiffure au gel, etc.  Je me suis offerte plusieurs

gâteries dont des massages, manucures, pédicures et soin du visage alors que le

capitaine s'est fait faire une coupe de cheveux ce matin.  Entre vous et moi, je l'ai

trouvé pas mal brave mais je dois dire que nous avons tous été pas mal impressionnés

du résultat.

Côté température, nous avons vraiment été bénis des Dieux lors de notre petite escapade

dans les Rock  Islands.  Nous sommes au coeur de la saison mouillée (été) qui est à son

plus fort de juin à août.  La température moyenne quotidienne est de 30 degrés avec

un taux d'humidité de 80%.    Nous essuyons des averses parfois si intenses qu'il peut

tomber jusqu'à 1 pouce de pluie en moins de 15 minutes.  Fort heureusement, la

température a été parfaite pour nous lors de notre séjour dans les Rock Islands car,

depuis notre retour,  il ne se passe pas un jour sans averses violentes. Les vents

pour les prochains jours sont si forts que nous avons dû retarder notre départ pour

les Philippines jusqu'à la semaine prochaine où la fenêtre météo, nous l'espérons,

sera plus favorable pour cette traversée d'environ 6 jours.  Je m'arrête ici, prochain

rendez-vous dans les Philippines.


Vendredi 08 juillet ,  Entre Yap et Palau en Micronésie



 

 
Récit 177 - Yap sous sa facette plus urbaine

D'abord une petite portion d'histoire pour les intéressés? sinon passez directement
à la page 3.  L'état  de Yap consiste en 16  unités d'îles contenant 145 îles
individuelles. Ces unités comprennent les îles de  Yap proper, cinq autres formations
d'îles ainsi que dix atolls (dont celui de Woleai d'où nous arrivons).  Suivant les
premiers contacts  avec les Européens venus tenter d'établir (en vain) des liens
commerciaux avec Yap, d'abord  les Portugais en 1526, puis les Espagnols en 1731
puis en 1830, Yap, fut finalement vendu à l'Allemagne en 1899.  Un important commerce
de copra y fut alors établi par les Allemands.  Le contrôle de Yap est passé aux
mains des Japonais en 1914, alors que le Japon occupait la plupart des îles du
Pacifique ouest en ce début de la première guerre mondiale.  D'abord exploitées pour
fin de nourriture, les îles de Yap ont ensuite été utilisées comme bases militaires
clé par les Japonais qui tentaient désespérément d'étendre leur empire lors de la
deuxième guerre mondiale.  La seule île que purent capturer les Américains fut
Ulithi, soit le plus gros des atolls (habités) de Yap.  Ils s'en servirent comme
importante base militaire pour leur flotte de navires à la fin de la guerre, peu
avant la reddition des Japonais en 1945. 
Yap proper, où nous venons de faire escale, est composé de Rumung (l'île interdite)
et des îles de Map (Maap), Gagil-Tomil et Yap , lesquelles sont toutes reliées par
des ponts et  passages carrossables sur la terre ferme.  Nous avons d'ailleurs loué
une voiture pour une journée pour explorer tous les racoins de ce territoire couvrant
un total de 39 miles carrés. Yap proper possède dix municipalités réparties dans
plus d'une centaine de villages.  La population,  autrefois estimée à 10 000 habitants
en 1869, a subi un déclin sévère la réduisant a aussi peu que 2500 habitants suivant
les premiers contacts avec les Européens et la période de l'administration japonaise. 
Mais elle a heureusement pu se refaire suivant la guerre. D'ailleurs, lors du
recensement de 2000, on estimait à 11 200 les habitants du territoire appelé Yap proper
et ceci ne serait que 65% de la population totale de l'état de Yap. Lors de la semaine
que nous y avons passé, nous nous trouvions dans la baie de Tomil Harbor dans la
capitale, appelée Colonia 

Yap est reconnu mondialement comme le 'land of the giant 'stone money' (voire rai en
langue locale) soit d'imposantes pièces de monnaie de pierre en forme de roue percée
d'un trou au centre, dont le diamètre peut varier de 6 pouces à 12 pieds de diamètre. 
De façon surprenante, l'argonite,  matériel utilisé pour cette monnaie de pierre, ne
venait pas de Yap mais plutôt de Palau à quelques 300 miles de là.  Ce sont d'ailleurs
tous les efforts investis pour à la fois trouver la pierre, la sculpter et la façonner
en forme de roue pour ensuite la transporter jusqu'à Yap qui ont conféré à cette monnaie,
pour  le moins inusitée, toute sa valeur.  Évidemment, sa forme la rendait peu pratique,
ce qui fait qu'elle n'était pas manipulée à proprement parlé mais plutôt utilisée comme
un symbole de richesse, telle une statue que l'on plaçait bien en évidence sur son terrain. 
Il faut aussi mentionner que la plus importante forme de richesse pour les habitants de
Yap (appelés Yapese)  est la terre.  'The man is not the chief, the land is the chief'
disent-ils.  Le statut social d'un Yapese au sein de la communauté ou de sa caste est
directement relié au lopin de terre qu'il détient.  De plus, c'est le village d'où vient
une personne qui en détermine la caste. Les membres d'un village appartiennent tous à
la même caste et on estime de nos jours le nombre total de castes entre sept et neuf.

L'histoire de Yap ne serait pas complète sans mentionner le nom de Sa majesté, le capitaine
O'Keefe.  Cet Américain, après avoir fait naufrage à Yap en 1871, y établit son quartier
général d'échanges commerciaux.  Personnage très respecté, il y obtint beaucoup de succès. 
Il comprit vite l'importance de la culture et du 'stone money' et fut instrumental à
convaincre les Yapese de l'accompagner à Palau pour faire l'acquisition du fameux stone
money en échange de quoi les travailleurs lui fournissaient du copra et des concombres
de mer (bêche-de- mer) qu'il  revendait ensuite à prix fort à Hong Kong.  O'Keefe périt
finalement d'une tempête tropicale en mer, au cours d'un voyage commercial. René est
actuellement fort absorbé dans la lecture du roman relatant l'histoire vraie de cet
aventurier.
La langue parlée ici est le Yapese, un langage malayo-polynésien.  Cette langue extrêmement
complexe, composée de 13 voyelles et 32 consonnes est apparemment inintelligible des
autres Micronésiens. Fort heureusement, ils parlent aussi l'anglais ce qui facilite
grandement les échanges.  Nous sommes vraiment contents de nous être d'abord arrêtés dans
l'atoll de Woleai, sans quoi nous n'aurions pu goûter l'authenticité de la culture du pays. 
En effet, la culture et les traditions sont beaucoup moins présentes au sein de la capitale. 
On verra bien de temps en temps des hommes porter le thu et les femmes le lava-lava mais
plutôt rarement sur cette île où l'influence américaine est très  marquée. Nous l'avons
vu dès notre première visite à l'épicerie.  En effet, les tablettes regorgeaient de produits
américains dont nous n'avions pas vu la couleur depuis belle lurette, à commencer par les
Pop Tarts, les Lucky Charms, le Kraft Dinner et les guimauves.  Malgré tout, nous avons
quand même pu, grâce à nos diverses excursions sur l'île, voir des traces du passé. Nous
y avons vu les maisons communautaires traditionnelles, soit le faluw et le pebai, d'imposantes
constructions de paille au toit haut et pointu, supportés par d'énormes piliers de bois
dont les quatre  murs extérieurs sont ouverts.  Alors que le faluw, (plus gros et  construit
en hauteur au bord de l'eau, sur une imposante plateforme de roches), servait autrefois
d'école pour les jeunes garçons, de quartiers pour les bacheliers ou de lieu de rencontre
pour les chefs de village, le pebai, lui, est moins imposant et construit au centre des
terres.  Il servait et sert toujours d'endroit de rassemblement communautaire.  On peut
encore voir et marcher sur les 'stone footpath' où prennent encore place des danses
traditionnelles occasionnelles.  On retrouve encore aussi ce qu'on appelle les 'stone
money bank'  soit d'impressionnantes collections de 'stone money' alignées sur les abords
de certaines routes.
Assez parlé d'histoire, pour ce qui est de nous maintenant, et bien nous sommes arrivés
à Yap proper vendredi dernier, il y a une semaine, menant notre copain américain Sam à
bon port et à temps surtout pour revoir ses amis et faire la fête à souhait avant de
prendre son avion.  Notre arrêt dans la capitale nous aura permis de faire un peu
d'administration, soit de la lessive, de l'internet, une visite chez le médecin pour une
petite infection au pied pour Hugo, quelques emplettes mais surtout de finalement réparer
le problème de notre moteur défectueux.  Comme il y a ici une école de mécanique sur l'île,
René s'est retrouvé avec toute une équipe de jeunes apprentis à bord de Cat Mousses. 
Finalement c'est leur instructeur qui a trouvé le problème.  Il disait sentir une odeur
qui lui rappelait vaguement quelque chose du temps qu'il travaillait sur les gros bateaux. 
Et bien il avait du pif cet homme car il a mis le doigt exactement sur le bobo.  Fort
heureusement, ce n'était donc pas un problème avec les injecteurs mais simplement une
accumulation de carbone qui avait complètement obstrué la sortie de l'échappement. 
René a donc défait le 'mixing elbow' pour l'apporter dans une 'shop' en ville et pour un
gros cinq dollars, que les gars étaient tout gênés de réclamer, il a pu utiliser leur
atelier, leurs muscles et leurs outils pour défaire le morceau et nettoyer l'obstruction. 
Quel soulagement pour la capitaine.  Il y avait longtemps qu'il travaillait sur ce problème
dont il n'arrivait pas  à trouver la solution. Finalement pour remercier ses mécaniciens,
René les a invités à bord pour un cocktail samedi en fin de PM.  Ils ne se sont pas laissés
prier et la bière, à défaut du faluba (boisson locale), coulait à flots.  J'ai même pu
avoir un bon échantillonnage des chansons et danses locales, performances offertes par
notre mécanicien sauveur.  Nos visiteurs sont repartis assez ronds merci mais surtout bien
heureux de leur visite.  

Une fois l'administration complétée, nous nous sommes permis quelques sorties.  Hugo avait
repéré que le responsable de la 'shop' de plongée d'un hôtel avoisinant était belge comme
lui.  Ceci a grandement facilité les négociations pour nous 'bargainer' une sortie de
plongée pour pas trop cher.  Ainsi, moyennant une sortie de deux plongées de 45 minutes
avec bouteille pour René et moi;  les enfants et Hugo  eux, pouvaient nous accompagner
gratuitement pour faire du snorkeling, sortie qu'ils auraient normalement dû payer 50$
chacun.  Inutile de dire que le calcul ne fut pas difficile à faire,  ça faisait bien
notre affaire.  De mon côté, difficile à croire, mais il y avait bien 13 ans que je
n'avais pas plongé.  Heureusement qu'on ne m'a pas trop posé de questions sur mes
antécédents de plongeuse et que mes connaissances de plongée me sont vite revenues en
mémoires.  Rien n'a paru et j'ai pu remettre à jour mon CV de plongeuse.  Quelles belles
plongées nous avons faites.  La première plongée de 45 minutes avec les majestueuses raies
manta de Yap.  On nous avait dit que rien ne garantissait que nous puissions en voir mais
la chance nous a souri et elles sont venues.  Les enfants les voyaient d'en haut alors
qu'ils faisaient du snorkeling et nous d'en dessous, bien campés contre une patate de
corail.  Elles viennent à cet endroit appelé 'cleaning station', au dessus d'un petit
récif de corail très peu profond, pour se faire nettoyer et débarrasser de leurs parasites
par six espèces différentes de poissons qui ont chacune leur fonction et partie spécifique
à nettoyer.  Impressionnant à voir.  Nous les avons vues de très près.  Elles passaient
juste au-dessus de nos têtes.  Ensuite on nous a emmené faire une autre plongée de 45
minutes, mais cette fois avec les requins, des requins de récifs et des 'black tips'. 
On a vu des murnes et plein de beaux poissons, certains très gros, franchement c'était
super!  Finalement, nous avons aussi eu la chance d'assister à l'ouverture  des jeux de
Yap vendredi soir dernier et de voir quelques performances de volleyball, baseball et même
d'aviron dans la baie où on se trouvait.
Ainsi, après un peu plus d'une semaine sur le continent, nous avons repris la mer mardi
matin le 5 juillet pour une traversée de trois jours et trois nuits vers Palau à quelques
300 miles de Yap.  Le capitaine a eu beau investir plein de temps sur internet pour trouver
la meilleure fenêtre météo, les fichiers gribs étaient encore complètement à côté de la
'track'.  Alors qu'on nous prévoyait des vents du sud de l'ordre de 4-5 noeuds, nous écopions
de vents de l'ouest de plus de 20 noeuds.  C'est donc dire que, pour faire changement
(!!!), nous avions le vent dans le nez, sous la pluie et la merde,  à se battre à faire du
près pour se rendre à Palau.  Disons que les quarts de nuits sont plus pénibles dans ce
temps-là, quand les grains se succèdent les uns après les autres et que les vents ne cessent
de tourner, de mourir et de reprendre.  Il faut constamment ajuster le cap, réarranger les
voiles? même pas le temps pour écrire des récits, des emails ou écouter des films! Snif! 
Il faut dire que nous avons mis trois jours à vaincre le mal de mer.  Antoine, par-dessus
le marché, faisait de la fièvre pour les premiers 36 heures.  Un virus quelconque avec des
diarrhées qui a fini par partir comme il était venu. Antoine, Nicolas et moi faisions la
file pour vomir par-dessus bord à qui mieux mieux.  Bon j'exagère, nous n'avons été malades
que deux ou trois fois chacun mais quand même!  Ouach!!  Seul Hugo, avec son estomac de
béton, ne semblait pas trop affecté par la mer.  Des heures de plaisir comme le dit si
bien notre amie Karine Chayer (si elle nous lit).  Et toi aussi Hervé, si tu nous lis, le
capitaine commence à dire qu'il la prendrait bien ta nouvelle 'job'.  Il y a des jours
où il commence à en avoir assez des problèmes mécaniques de toutes sortes, il a bien hâte
de ranger sa boîte à outils (comme tu l'appelles).
Je dis ça, mais aujourd'hui le soleil brillait et le vent s'était replacé dans le bon sens,
tout comme nos estomacs d'ailleurs. Tout ça pour dire que nous avons enfin recouvré notre
appétit et notre bonne humeur et oublié les tracas des premiers jours.  Les enfants ont
ressorti les livres d'école et poursuivi leurs examens de fin d'année qu'ils devraient
terminer sous peu.  Bref, nous avons retrouvé le sourire et même célébré hier nos trois
ans de navigation pour entreprendre, d'un commun accord, les deux dernières années de
notre circumnavigation du globe.  Pour terminer, nous avons écrit quelques cartes postales
que nous avons tenté de mettre à la poste à Yap mais le Canada était barré des destinations
possibles de courrier (possiblement à cause de la grève j'imagine).  Elle est terminée je
sais, mais l'info n'a pas dû se rendre jusqu'ici encore.  Bref, pour les concernés,  ne
soyez pas surpris de recevoir en provenance de Palau, des cartes postales écrites à Yap. 
Sur ce, il est 03h00 AM, je vais me coucher un peu.