Journal de bord Juin 2010
Vendredi 25 juin , Fidjis
25 juin 2010
Fidjis
Sur nos derniers milles aux Fidjis
Bon je reprends ma plume, j'ai un peu de matériel à raconter. Notre arrêt à Savusavu
s'est avéré un peu plus long que prévu et pour cause. encore des soucis de frigo.
Ainsi, nous y avons passé près de 10 jours et bien des sous et finalement, nous
avons décidé que c'était assez; ainsi, malgré que le frigo ne fonctionne présentement
que sur le respirateur artificiel, nous partons quand même. Nous en avons assez de
perdre notre temps et notre argent dans le vide. Nous sommes quand même contents
d'être arrêtés à Savusavu qui est un arrêt fort prisé par les navigateurs, chose que
j'ignorais personnellement. La petite baie dans lequel nous étions mouillés sur
corps-mort s'est vite remplie par une quantité très impressionnante de voiliers, tous
plus gros les uns que les autres. C'est que Savusavu est un des arrêts de World ARC,
cette flottille qui fait le tour du monde en 18 mois. Nous avons été heureux de
pouvoir échanger avec ces navigateurs. Thomas et Catherine ont fait connaissance avec
deux enfants de leur âge, Ferdinand et Marguerite du bateau Noeluna, deux petits
Français présentement domiciliés à Singapour dû au métier de financier de leur papa.
Ces enfants parlent français mais aussi parfaitement anglais et espagnol ayant également
vécu à Miami. De beaux échanges culturels, ils ont eu beaucoup de plaisir ensemble.
Une traversée de cette envergure avec le groupe ARC (Atlantic Rallye for Cruisers)
coûte 9 000 Euros soit environ 12 000$, c'est beaucoup de sous mais il parait que ça
en vaut la peine. C'est d'ailleurs avec ARC que nous avions fait notre traversée entre
les Canaries et Ste-Lucie dans les Caraïbes.
Savusavu c'est un petit village où on trouve de tout mais à plus petite échelle qu'à Lautoka.
Un endroit très amical, nous avons d'ailleurs remarqué que plusieurs Australiens et
Américains y ont élu domicile en s'y bâtissant une maison. Josée et moi allions marcher
tous les matins et nous y avons vu de forts belles maisons. Les gens y sont très aimables
et accueillants et la vie sociale et communautaire est très active.
Un autre des points positifs de cet arrêt a aussi été l'achat d'un petit voilier pour les
enfants, soit un optimiste, une petite boîte à savon. Nous avons trouvé dans l'arrière
cour de la marina, une pile de ces petits optimistes dont certains étaient à vendre.
A force de pourparlers avec le propriétaire de la marina, nous avons fini par dégoter
tous les morceaux pour se monter notre propre optimiste. Depuis le temps que nous en
cherchions un usagé, nous avons fini par le trouver. Jacques notre débrouillard 50,
avait sur Alexandre IV, le petit kit parfait pour équiper un optimiste alors René et
lui ont passé au moins trois après-midi, parfois sous la pluie battante, à rafistoler
et équiper notre petit optimiste que les enfants ont baptisé Mini Mousses. Ils ont
d'ailleurs mis beaucoup de temps à nettoyer leur optimiste, ils ont peinturé eux-mêmes
leur dérive et ont apposé chacun une main enduite de peinture bleue sur le devant de
leur Mini Mousses. Tous ces efforts ont été récompensés par une petite activité de
voile organisée par le proprio de la marina, à laquelle ils ont pu prendre part samedi.
En effet, ils ont pu naviguer leur Mini Mousses jusqu'à la petite baie/plage de Cousteau
à trois milles de notre marina avec des petits Fidjiens, une très belle expérience.
Ils ont joué dans l'eau ensemble, mangé des hot dogs et se sont amusés comme des petits
fous. Nicolas et Thomas ont eu le bonheur de revenir, à tour de rôle, à bord d'un Laser
avec un garçon local du nom de Ratu, âgé de 13 ans, fort habile. Le Laser, c'est ce
qui vient après l'optimiste chez les jeunes qui apprennent à faire de la voile. Les
garçons ont eu la 'ride', de leur vie à bord de ce laser. Bref, une belle journée pour
les adultes comme pour les enfants, Josée et Jacques étaient de la partie et ensemble,
nous avons aidé, avec nos annexes à contrôler ce groupe de joyeux lurons et à les ramener
au bercail contre le vent en fin de PM.
Après 10 jours à Savusavu à faire du 'trouble shooting' et à tout essayer pour réparer
le frigo, nous en avions assez, nous avons repris la mer vers Galo Galo. Advienne que
pourra avec le frigo, car la dernière chose que l'on veut c'est de compromettre notre
navigation vers les îles Marshalls. Cet PM de voile aura été haute en émotions. Nous
avons d'abord eu une mer déchaînée pendant les premières heures le temps de contourner
la baie puis ça s'est calmé un peu. On a attrapé une belle dorade mais en essayant de
la remonter. Moi, sur la ligne et René sur le patin, elle nous a échappé, ainsi que
notre précieuse puisette. René en est ressorti indemne avec quelques égratignures
résultant de son combat avec la dorade, sûrement des coups de nageoire dorsale. Plus
tard nous avons eu une autre touche, d'un monstre de la mer cette fois, mais elle aussi
s'est décrochée, et ce avant même qu'on puisse essayer de la remonter.
Ensuite nous avons atteint la passe de Galo Galo. Ce n'est pas large, on étudie l'entrée,
ça devrait bien se faire mais on a le soleil dans les yeux, on ne voit rien. Résultat.
on cogne le fond. On a collé un peu trop sur notre tribord et nous avons touché un corail.
Une inspection rapide à notre arrivée nous a permis de voir que le dessous de la quille
est égratigné (pas trop trop grave) mais on a aussi accroché le safran qui est un peu
écaillé (un peu plus grave mais pas dramatique non plus). On réparera ça en Australie,
il faut bien commencer à se faire une liste de réparations, sinon on risquerait de
s'ennuyer. S'il est vrai de dire que nous ne sommes pas de vrais navigateurs tant que
nous n'avons pas touché le fond, je pense qu'on commence à avoir pas mal d'expérience avec
les tsunamis et ce petit incident. Le lendemain matin nous sommes partis en annexe avec
Alexandre IV explorer cette rivière d'eau salée et l'avons remontée jusqu'au lac d'eau
salé. Joli.
Puis nous reprenons la mer pour rallier la baie de Viani, dans le détroit de Somo Somo.
Nous avons passé le reste de la PM à nous adonner à diverses activités: optimiste, kayak,
planche, frottage de coque, lecture et autre. Puis les hommes sont allés à terre rencontrer
les locaux, question de s'informer sur la possibilité de nous faire un feu sur la grève,
car aujourd'hui c'est la St-Jean Baptiste. Pas de problème, ils (Jack, sa femme Sophie,
leurs amis et enfants, au nombre de 7 ou 8) nous ont accueilli à bras ouverts. J'avais
apporté de la banique et des guimauves et les enfants se sont vite empressés de trouver
des bâtons pour se prêter au jeu de griller leur banique et leur guimauve au feu. Puis
ils ont joué plusieurs jeux ensemble dont celui de se fabriquer un espèce de charriot avec
une branche de palmier tirée par tous les autres enfants. Antoine, tel Benhur, a eu
droit à toute une 'ride'. Que de rires. Ce fut une très belle soirée de la St-Jean, ou du
moins certainement très spéciale.
Au petit matin nous avons largué les amarres pour partir se mouiller sur le récif non loin
(Great White Wall) où nous avons eu une très belle plongée en apnée. Nous avons vu de
magnifiques coraux aux teintes de mauve, de rose et de vert lime. Nous avons vu tout
plein de beaux poissons, Thomas a vu un requin et nous avons même vu la belle Doris,
la grande amie de Némo, toute de bleu vêtue. Toutefois, nous avons eu un peu de mal à
relever l'ancre une fois venu le moment du départ car la chaîne de Jacques s'était coincée
sous un corail. Au fruit de nombreux efforts et de quelques plongées, Jacques et René
ont réussi à déprendre la chaîne sans la couper. Fiou! Heureusement qu'ils avaient
une bouteille pour plonger sinon.
Bon alors ça fait le tour du jardin sauf que. seule ombre au tableau. ce matin notre
frigidaire a officiellement rendu l'âme. Nous sommes en période de deuil mais aussi en
processus décisionnel. Que faire? Continuer sans frigo et poursuivre notre route en
dehors des sentiers battus vers les Marshalls ou ralentir et couper sur notre plan de
navigation à venir pour avoir droit à un frigo opérationnel et un horaire plus relaxe.
Il faut voir revoir nos priorités. Je sens qu'on va appliquer notre cours d'état-major
de Kingston et faire un peu d'OPP pour ceux qui connaissent. Ils nous avaient dit aussi
que ça nous servirait pour le reste de nos jours. Ha il faut bien en rire!
Vendredi 11 juin , Fidjis
En route pour Savusavu
Nous revoici avec des nouvelles fraîches. Nous avons éprouvé certaines difficultés
avec les deux frigidaires de Cat Mousses mais ils sont finalement de retour à la
vie, fiou! On n'est pas encore assez 'hard core' pour voyager sans frigo comme
certains bateaux le font. Je leur lève mon chapeau car franchement je me trouverais
bien mal prise sans frigo.
Enfin, nous voilà de nouveau réunis avec Alexandre IV. La dernière semaine a été
dédiée à l'entretien de nos bateaux. D'ailleurs, Thomas a été engagé par Jacques
comme main-d'oeuvre pour l'aider à avancer dans les travaux sur Alexandre IV.
Inutile de dire que Thomas en a été fort heureux. Il dormait sur Alexandre IV car
nous avions déjà quitté pour Lautoka alors que Jacques était encore à la marina
de Vuda Point. Thomas nous est revenu deux jours plus tard, tout souriant, avec
plein d'histoires à raconter et des petites surprises pour ses frères et sa soeur.
Après avoir terminé le réapprovisionnement à Lautoka, nous avons repris la mer avec
grand bonheur hier matin. Nous nous dirigeons actuellement vers Savusavu que nous
atteindrons après-demain pour attendre la bonne fenêtre pour faire la traversée
vers Wallis et Futuna. A part ça pas grand-chose, mis à part peut-être l'achat
d'une nouvelle paire de skis nautiques. Les enfants ont beaucoup de plaisir à faire
du ski soit avec notre annexe ou celle de Jacques. Alors c'est ça qui est ça, c'est
ça qui est l'histoire du Canada, comme dirait mon père.
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