Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Mars 2009
 

 

 

Lundi  30 mars, Les Galapagos (Équateur)
Les Galapagos
30 mars 09

Notre arrivée aux Galapagos s'est bien passée.  En fin de PM nous partons faire nos

procédures d'entrée via un agent.  Chemin faisant, nous voyons nos premières otaries.

Ces dernières sont tout-à-fait craquantes, elles ont l'air tellement malcommodes. 

Il y a certains bateaux abandonnés qui leur servent de 'banquise'.  Elles vont s'y

installer un peu partout pour se faire dorer la couenne.  On se demande par quel

moyen elles ont pu monter à bord, c'est que ça saute très haut ces créatures! 

Les eaux sont très poissonneuses, il y a des oiseaux magnifiques partout, des otaries,

des iguanes de mer, des pélicans en nombre, des crabes rouges et on a même aperçu

des tortues dans l'eau.  Il est étonnant de voir à quel point les animaux ne sont

pas farouches.
Le lendemain, après une matinée d'école, nous partons explorer la baie avec notre

'dinghy' afin de nous rendre à une petite plage mais cette dernière n'étant pas

facilement accessible par marée basse, nous revenons au bateau pour appeler le

'Water taxi'.  Ce dernier nous emmène à la fameuse plage et nous partons en excursion

vers les Grietas, des genres de crevasses géantes dans des rochers.  Pour s'y rendre,

il faut marcher dans des espèces de marais salants, l'endroit est très désertique. 

Il fait une chaleur étouffante ici et avec les cactus et les roches volcaniques qui

jonchent le sol, on se croirait dans le désert.  Nous marchons sur un terrain assez

accidenté pendant une bonne quinzaine de minutes pour aboutir sur un rocher géant

au centre duquel une large fissure plonge vers une lagon aux eaux cristallines, on

s'arrête pour s'y baigner.  L'eau est un mélange d'eau douce des montagnes et salée

de la mer.  Ca fait le plus grand bien.  

Le samedi matin, nous allons faire un saut au marché de fruits/légumes, viande et

poisson.  Ce marché est très intéressant, il regorge de tout ce dont on a besoin mais

les prix sont quand même assez élevés.  En PM nous prenons un taxi et partons,

entassés à 11 dans un 'pick up',  pour nous rendre dans une ferme de tortues géantes. 

Nous y voyons plusieurs tortues.  Certaines de ces tortues sont immenses.  Nous leur

donnons des goyaves que nous trouvons par terre et elles les mâchent allègrement. 

Nous trouvons même des tortues qui se font des petites caresses. Pour la deuxième

partie de la visite, nous allons explorer d'immenses tunnels de roches creusés par

la lave.  Ces tunnels sont noirs mais il y a quelques ampoules pour les éclairer. 

Par moments, il faut marcher à quatre pattes.  En sortant, Josée (d'Alexandre IV)

se rend compte qu'elle a perdu ses verres fumés.  Les hommes et les enfants retournent

dans le tunnel mais ils doutent fort qu'ils pourront retrouver les lunettes dans ces

tunnels noirs et boueux.  Ils traversent le tunnel une première fois sans succès mais

sur le retour, Antoine retrouve par miracle les fameuses lunettes.  Inutile de dire

que Josée était très heureuse de retrouver ses lunettes et Antoine fut chaudement

récompensé.  On se couche, épuisés de notre journée sous le soleil ardent, non sans

avoir préparé nos choses pour l'expédition du lendemain à l'île Seymour.

Au réveil, je trouve une Catherine brûlante de fièvre.  Elle a eu la diahrée toute la

nuit, elle n'en mène pas large.  Puis c'est le tour de Thomas, Nicolas et Antoine de

se plaindre de maux de tête et de ventre.  On se demande vraiment comment se passera

la journée.  Nous aimerions, idéalement, retarder notre expédition à une journée

ultérieure afin d'être à même de pouvoir de profiter davantage de notre visite mais

le guide ne coopère pas et nous explique que ce n'est pas possible.  Nous décidons

donc de partir quand même car l'expédition est déjà payée.  Nous partons en autobus

pour deux heures et c'est au cours de ce petit voyage que Thomas commence lui aussi

à être malade.  Il restitue ses fruits de la passion du déjeûner partout sur le

plancher de l'autobus.  Au secours!!! On arrive ensuite sur un bateau, genre bateau

moteur de pêcheur à deux étages.  Les enfants ont tôt fait de trouver un lit et vont

s'étendre.  Ils dépérissent à vue d'oeil, même Antoine est malade rendu au bateau. 

Ils ont mal à la tête et de fortes diahrées, et ne se rendent pas toujours à temps

au petit coin!  Mais tout de même, nous les emmenons à terre voir les différentes

espèces de la fameuse île Seymour qui est connue comme l'île la plus sauvage des

Galapagos.  Nous y voyons des otaries, des oiseaux de toutes sortes dont les fous

à pieds bleus, les frégates superbes (à gorge rouge), aigles, etc ainsi que des

iguanes marins, un requin et autre.  L'île est tout ce qu'il y a de plus aride mais

elle regorge d'oiseaux plus magnifiques les uns que les autres.  Nous assistons à

plusieurs rituels amoureux entre les fous à pieds bleus.  Nous voyons des femelles

couver leurs oeufs.  Leur territoire est délimité par des fientes et gare à celui

qui s'en approche de trop près.  A un moment, nous apercevons une femelle couvant

deux roches (une grossesse nerveuse probablement nous pensons). Ca fait presque

pitié à voir.  Nous assistons à plusieurs tentatives de séduction de la part des

oiseaux frégates mâles qui gonflent leur belle gorge rouge vif afin de séduire

une dame qui passe dans le coin.  C'est majestueux de voir de si près tous ces

oiseaux et animaux de toutes sortes.  Nous sommes assez près pour les toucher et

ils ne bronchent pas d'un poil, (sauf bien sûr les femelles couveuses) qui se

gardent une distance.  Les enfants font des efforts surhumains pour rester debout

et marcher mais s'écrasent d'épuisement chaque fois qu'ils aperçoivent une roche. 

Puis on retourne au bateau (Poseidon) pour y prendre le dîner (riz poisson et légumes)

pendant  qu'on nous emmène vers l'endroit où nous pourrons plonger en PM.  Lors de

cette expédition de snorkling nous voyons deux otaries nager sous l'eau,  trois requins,

une raie géante, des poissons de toutes sortes aux couleurs magnifiques, des étoiles

de mer bleues, des oursins différents de ce qu'on a jamais vu auparavant, bref

c'est magnifique.  La seule ombre au tableau est le fait que les enfants n'ont

pas eu la force de venir plonger.  Ils n'ont pas dîné et ont passé trois bonnes

heures couchés dans une cabine de Poseidon à ne pas bouger.  Il n'y avait rien à

faire pour les réveiller.  On se demande ce qu'ils peuvent bien avoir mais nous

avons tôt fait de découvrir qu'il s'agit d'un virus car en soirée c'est le tour

d'Isabelle du bateau Wasabi de devenir malade, puis René qui passe la nuit sur le

bol, puis Jacques.  Il devient évident qu'il s'agit du virus de la gastro qui court.  

Le matin venu, René se sent un peu mieux.  En fin de matinée nous partons pour la

ville où il va de son côté, chercher de l'eau pour remplir nos réservoirs pendant

que de mon côté je pars trouver une buanderie.  Notre journée de maintenance sera

moins efficace que prévu mais l'équipage a besoin de repos.  Il faut reprendre nos

forces pour faire l'expédition de deux jours à l'île Isabela.

Jeudi 26 mars, En route vers les Galapagos
Le passage de l'équateur
25 mars 09

Notre traversée depuis la province de Darien, Panama vers les Galapagos se passe
très bien.  Nous devrions arriver à destination pour la fin de la matinée demain
le 26 mars.  Les vents sont extrêmement faibles depuis une semaine mais nous
arrivons tout de même à hisser les voiles.  Avec moins de 10 nouds de vent, il
faut bien sûr souvent s'assister au moteur mais la traversée est extrêmement
confortable, ce qui nous donne l'occasion de faire un blitz école.  Les enfants
ont terminé leur fameuse lettre à M. Robillard de la Commission scolaire et y
ont mis énormément de cour et d'efforts.  Ce fut un très bel exercice de
composition et le résultat est franchement très surprenant.  J'ignore si je suis
normale mais j'adore les traversées.  Nous y retrouvons notre petite routine
familiale et ça fait du bien.  Par exemple, je trouve beaucoup plus facile de
me trouver du temps pour faire mes exercices de musculation lorsque nous sommes
en mer.  Nous avons du temps en famille le soir pour nous payer des visionnements
de films dont le Show de Céline Dion sur les plaines en juillet dernier ainsi que
celui de Paul McCartney.  Nous avons reçu de mon super beau-frère (CinéPhil), le
DVD de la première semaine de Star Académie, quelle belle activité comme je le
mentionnais dans mon dernier récit. Nous qui n'écoutions jamais la télé dans notre
ancienne vie, on se gâte, ça nous permet de nous garder à la page et de rester
branché sur la vie de chez nous.  Malheureusement nous ne recevrons pas la suite
des premiers épisodes avant notre arrivée à Papeete, Tahiti dans 3 mois alors SVP,
ne nous dites pas qui a gagné!  Être en mer, ça nous donne aussi plus de temps
pour lire.  Thomas est extrêmement fier d'avoir terminé, cet PM, la lecture de la
série complète de Harry Potter.  J'ai reçu plusieurs recommandations de lectures
ultérieures pour lui,  merci de vos conseils.  Entre autres, nous avons à bord
les 2 premiers tomes des Chevaliers d'Émeraude, les 3 premiers tomes de Will Ghundee,
les 3 premiers tomes d'Amos Daragon et le tome 1 du Seigneur des Anneaux.  Ainsi,
n'ayez crainte, il a bien d'autres lectures encore à faire avant que Thomas ne doive
s'en remettre à la lecture de La Petite Maison dans la Prairie.  

Les enfants s'occupent bien et deviennent de véritables loups de mer.  Nicolas,
Catherine et Antoine sont devenus des pros du lavage à la main.  Ils multiplient les
manouvres sur le bateau et nous surprennent de plus en plus.  Par exemple, l'autre
matin, alors que le capt dormait, le vent ayant changé de direction, il me fallait
descendre le spi, ouvrir le génois, monter la grand voile et en déplacer le chariot
afin d'avoir une allure de grand largue.  Croyez-le ou non, j'ai réussi à accomplir
tout ça seule avec les enfants alors que le capt dormait.  Inutile de dire que ce
dernier a manqué s'évanouir à son réveil.  Les enfants m'ont grandement surpris
au cours de ces manouvres, et ils sont devenus d'une aide précieuse.  D'ailleurs,
Thomas et Catherine ont, à tour de rôle, effectué leur premier quart de nuit la
nuit dernière.  Ils étaient pas mal fiers de leur coup.  Avant que j'oublie, le
capt se porte maintenant très bien.  Nous avons réussi à le débarrasser de son
infection de la peau (cellulite) au niveau du coude.  Merci infiniment à notre
équipe médicale à terre sous le contrôle de notre super Dr. Deegle.  Nous sommes
finalement venus à bout de cette foutue infection qui incommodait grandement le
Capt qui commençait à sérieusement s'irriter.  Grâce au ciel, nous avions à bord
les bons antibiotiques, sans quoi, il aurait fallu se trouver un hôpital de toute
urgence car quand ça part ces infections, ça progresse à la vitesse de l'éclair.  

Aujourd'hui nous avons vécu un événement très spécial, soit le franchissement de
la ligne de l'Equateur. La tradition maritime veut que Neptune, dieu de la mer
dans la mythologie romaine, nous octroie le droit de passer vers l'hémisphère sud
en arrivant aux abords de l'Équateur. Disons que nous devons de grands remerciements
à nos amis d'Alexandre IV (Jacques et Josée) qui nous ont permis de faire de cet
événement un souvenir qui restera longtemps gravé dans nos mémoires.  Nous savions
que Jacques avait le coeur sur la main mais aujourd'hui il nous a également prouvé
qu'il avait une imagination des plus fertiles. Je vais tenter de reconstituer
l'événement du mieux que je le pourrai mais je risque d'oublier certains détails.
Jacques avait pris un peu d'avance sur nous ce matin et nous savions qu'il préparait
un petit quelque chose mais nous étions loin de nous douter que son petit quelque
chose aurait une telle envergure.  A notre approche de ladite ligne, il nous a
contacté par radio VHF en se proclamant l'autorité en chef de la ligne de l'Équateur. 
Il nous a alors prodigué ses instructions.  Baisser les voiles, préparer nos passeports,
et nous tenir prêts pour des instructions à venir.  Puis il nous a demandé que l'on
s'identifie à tour de rôle et pour que les photos officielles soient prises via
satellite.  Ca avait l'air tellement vrai cette histoire, les enfants se demandaient
bien où se cachait cette fameuse caméra qui les photographiait supposément. Il nous
a ensuite recontacté pour nous indiquer l'endroit d'une bouée d'amarrage, peu avant
la ligne de l'équateur.  Il fallait s'accrocher à cette bouée pour attendre la visite
des autorités qui viendraient faire leur contrôle.  Évidemment, la dite bouée n'était
pas vraiment pour s'amarrer vous vous en serez doutés (en plein océan) mais nous
l'avons repêchée et remontée à bord.  Peu après, Neptune en personne (Jacques) et
son amiral (Josée) arrivaient à la nage pour monter à bord du Cat Mousses.  Je n'en
croyais pas mes yeux de les voir abandonner leur voilier à la dérive en pleine mer,
heureusement, la mer était calme bien que quand même houleuse.  Neptune avait mis
le 'pack', ce cher Jacques ne fait rien à moitié, il n'y a pas à dire.  Il était
déguisé de façon très originale avec sa chevelure aux cheveux blonds dorés, sa
couronne et sa fourche.  Il est monté à bord et nous avons dû nous soumettre à
toute une batterie de tests avant que nous soit octroyé notre droit de passage
dans l'hémisphère sud du globe. Il a d'abord fait le contrôle de nos passeports et
nous y a même apposé l'étampe officielle de l'Équateur (je serais curieuse de voir
ce qu'en dirait nos amis de l'immigration,  Oups!!!).   Ensuite avec ses instruments,
tous aussi sophistiqués, les uns que les autres, il nous a passé au détecteur
(GPS portatif) pour vérifier que nous n'avions pas baigné dans les eaux de l'hémisphère
sud au cours des six derniers mois.  Il nous a interrogé à savoir si nous avions
baigné dans les eaux de l'hémisphère nord, comme la réponse fut oui pour tous les
membres de l'équipage, il nous a alors soumis à un examen (à la loupe) des oreilles
question de voir si nous avions des Bernard l'Hermite de logés dans le conduit auditif. 
Il avait son outil (pic à huitre) pour les enlever, le cas échéant.  Il nous a soumis
à des tests de conductivité (avec un multimètre) , de compatibilité et d'ADN (avec
un verre d'eau douce chacun nous y avons inséré un doigt et il y a inséré un appareil
mesurant le niveau de salinité de l'eau) et nous a purgé de l'eau du Pacifique nord. 
Une fois la batterie de tests complétés, nous nous sommes vus accorder le droit de
passage et il nous a alors remis chacun un certificat de passage (superbe travail
artistique de la part de Josée).  Catherine et Nicolas avaient aussi préparés des
certificats pour Josée et Jacques, qu'ils leurs ont ensuite remis.  Ce n'est qu'une
fois tous ces tests terminés  que nous avons ouvert le champagne et passé à table
pour célébrer notre passage avec un super buffet que nous avions préparé pendant
une bonne partie de l'avant-midi. Toutes ces festivités ont duré  deux bonnes heures
au cours desquelles nous gardions un oeil sur Alexandre IV pour ne pas trop s'en
éloigner.  N'oublions pas qu'en mer, un vaisseau (bateau) abandonné peut être saisi
par le premier venu selon le droit sur les eaux internationales.  Neptune et sa
douce sont retournés sur leur voilier qu'ils ont retrouvé sain et sauf, attendant
sagement leur retour.  

Quel moment magique pour les enfants!  Merci mille fois Neptune.

 

Samedi 14 mars, Darien (Panama)




Darien
19 mars 09
En route vers les Galapagos (Panama)

18 mars 09

Et bien voilà!  Nous y sommes allés voir les rivières de la province de Darien

dans la partie sud-est de Panama.  Le Golfe de San Miguel est réputé pour sa myriade

de rivières et de criques.  Les eaux le long de cette côte sont dites très poissonneuses,

ou du moins, la vie marine y est très prolifique en passant du' jelly fish' à la baleine. 

René en a d'ailleurs vu une cet PM.  Ca faisait longtemps.  Plusieurs records de pêches

ont été enregistrés le long de cette côte, c'est ce qui explique peut-être le fait que

l'on voit autant de bateaux moteurs depuis notre traversée du côté Pacifique.  Les

rivières de la province de Darien abritent des tribus aborigènes dont les Embera,

Wounaan et autres, collectivement appelées les Chocoe. Nous nous sommes arrêtés à

Punta Alegre, tout près de la rivière Mogui.  


Notre guide Pili, se présente tel que promis, peu avant 07h00 AM.  Il monte à bord et

déjeûne avec nous.  A date, tous nos visiteurs depuis les San Blas se montrent très

empressés d'accepter tout ce que nous leur offrons.  Je ne sais pas si ça fait partie

de leur culture que d'accepter et s'ils le font par pure politesse, mais il reste qu'ils

semblent apprécier.  Grâce au fait que nous puissions communiquer en espagnol, il n'y

a pas de barrière de langue, ça agrémente grandement les échanges.  Pili nous informe

que plusieurs bateaux de croisière s'arrêtent dans la capitale à La Palma en janvier et

février mais pour ce qui est des voiliers, ils n'en voient qu'un ou deux par mois. 

Nous sommes donc les bienvenus et les rares touristes sont visiblement appréciés par ici.  


Pili nous fait monter à bord de sa longue barque de bois qui souffre de plusieurs fuites

d'eau.  Il faut écoper souvent.  Il a un beau petit moteur 20 forces (4 temps) dont il

est très fier.  C'est un homme de Panama, dénommé Vincent, probablement le gars que nous

avions rencontré au bureau du tourisme, qui lui en a fait cadeau.  Inutile de dire

qu'il voue un grand respect à ce Vincent pour lequel il n'a que des louanges.  Nous

remontons la rivière pendant tout près d'une heure au cours de laquelle nous apercevons

diverses espèces d'oiseaux : perroquets verts, canards, hérons, aigles et autres.  Au

bout d'une heure nous atteignons un petit village.  Il y a des cochons, Antoine pile

malencontreusement dans un petit dépôt laissé par une de ces petites bêtes. il n'est

pas content, son orgueil est touché à vif.  Le chef Cacique du village vient à notre

rencontre, affublé comme seul vêtement, d'une bande de mince tissu de coton rose fushia

qui part de son cou comme un foulard et qui va lui couvrir les parties.  Il nous offre,

moyennant une contribution financière, d'organiser une danse, ce que nous nous empressons

d'accepter.  Comment refuser.  Un homme se met à compiler de l'info et des noms sur un

petit calepin et peu de temps après apparaissent quatre hommes dont le Cacique qui se

mettent à jouer de la musique (que j'ai encore dans la tête depuis ce jour), puis se

joignent à eux un groupe de jeunes filles aux seins nus qui nous font des danses

traditionnelles.  Elles nous invitent ensuite à danser avec elles, c'est un moment magique.  


Antoine, est devenu le brave de la famille.  Il va de l'avant et n'a peur de rien.  Il

prend dans ses bras le petit singe que lui tend une petite fille.  Le petit singe grimpe

et s'agrippe sur son gilet et Antoine, de son côté, se laisse flatter à loisir par les

femmes du village. Il nous impressionne, il y a même une femme qui le prend dans ses bras. 

Les cheveux blonds des enfants sont à la source de bien des caresses et bien des compliments

et Thomas est ici aussi le petit Chinois de la famille. On nous dit en riant à plusieurs

reprises qu'ils veulent garder les enfants comme cadeau.. Hmmm!  Pas vraiment!  On les garde!


Suite à la danse, les femmes sortent leur artisanat et leur peinture noire à base de plantes. 

Les enfants et moi nous faisons peinturer un motif indien chacun, soit sur la jambe ou un

bras alors que René regarde les plats à fruit tissés d'une espèce de paille séchée teinte

de différentes couleurs.  René avait vu un plat aux motifs d'aigle lors de l'exhibition

artisanale mais ne l'avait pas acheté car la femme a plié bagage et est aussitôt repartie. 

Nous avons demandé à revoir cette femme et on nous a conduit à travers de petits sentiers

qui montaient dans la montagne jusqu'à sa maison.  On nous invite à monter.  Leurs maisons

sont juchées dans les arbres.  Il ne s'agit en fait que d'un plancher de bois et d'un toit

de paille.  C'est beau à voir.  Dans un coin, sur un tas de sable brûle un feu sur lequel

repose une énorme marmite, la dame cuit un riz qu'elle vendra dit-elle.  Elle est

accueillante et souriante.  Heureuse de nous vendre un panier d'osier, elle se laisse

photographier dans sa maison et nous explique comment elle procède pour fabriquer ses

paniers.  Elle montre aux enfants un bec de toucan, et  nous informe que cet oiseau

est délicieux au goût. 


Pili commence à trépigner d'impatience, il faut nous sauver rapidement, la rivière baisse

rapidement avec la marée.  Nous réussissons à quitter l'endroit de justesse non sans

avoir à marcher une partie de la rivière.  Somme toute, ce fut une expérience dont nous

nous souviendrons longtemps.  Ces gens sont accueillants et chaleureux et leur village

est visiblement très propre et bien organisé.  Avant de retourner au bateau, Pili nous

offre une visite de son village à Punta Alegre.  Nous acceptons d'emblée, d'autant plus

que nous avons besoin d'essence pour l'annexe.  Il nous emmène voir sa femme Jenny et

leurs deux fils âgés de 5 et 8 ans.  Il nous fait faire un petit tour à pied du village

et chemin faisant nous emmène voir un homme qui vend des langoustes.  A 5 dollars la livre

nous n'avons pas à nous faire prier!  Puis nous apportons le tout au chef cuisinier du

village qui nous prépare un festin de roi en moins de deux.  J'en ai encore l'eau à la

bouche, c'était indescriptible, divin. le goût qu'avait ce plat de langoustes qu'il nous

a préparé!  La sauce qui comportait une huile assaisonnée d'oignons et de fines herbes

était tellement bonne. Hmm!


Puis Pili nous ramène chez lui et offre aux enfants de continuer le film de Madagascar II

mais nous ne voulons pas ambitionner de sa bonté et demandons à retourner au bateau,

ce qu'il s'empresse de faire mais il emmène sa femme et ses enfants qui veulent visiter

le bateau.  C'est la première fois qu'ils visitent le bateau (catamaran) de touristes,

ils sont impressionnés.  Nous leurs copions quelques CDs, leur montrons des encyclopédies

et livres sur le Québec et le Canada ainsi que quelques photos et ils repartent en fin

de PM. Ce fut une journée inoubliable, ça valait franchement le détour!


19 mars 09

Il est 00h20, je suis de quart.  Il fait une nuit noire sans lune.  Je viens tout

juste d'apercevoir un bateau de croisière qui passe à notre tribord à moins de 2 miles

nautiques de nous.  Aucun signe de ce bateau sur le radar, c'est bizarre.  Comme quoi il

faut demeurer vigilant et surveiller.  Les appareils électroniques ne remplaceront

jamais nos yeux et nos oreilles. Ca arrive vite un bateau, vaut mieux garder l'horizon

à l'oeil.  Le vent n'est que très faible, tout-à-l'heure nous ne faisions pas plus de 5

noeuds et ça avec le Spi et la grand voile.  Comme le vent a encore faible, nous avons dû

baisser la grand voile au début de mon quart.  Je viens de partir un des moteurs car le

vent ne cesse de faiblir.  En tout cas à date, le Pacifique c'est pas mal tranquille côté

vent et ça risque de le demeurer selon ce qu'on en dit.  


Nous avons levé l'ancre vers 08h30 ce matin, direction les Galapagos.  Wow!  Nous

en avons tellement rêvé de cet endroit.  J'ai peine à croire qu'on est déjà rendus à cette

étape.  Nous y serons dans environ 8 jours dépendamment du vent.  Nous avons eu une petite

journée calme.  Ce matin lors de notre école, nous avons poursuivi  la rédaction de notre

lettre à M. Robillard, le nouveau responsable de la commission scolaire concernant les

demandes d'approbations pour l'enseignement à domicile. Ce dernier nous ayant demandé une

lettre de suivi, j'utilise ce prétexte comme exercice d'écriture pour les enfants.  Ils

ont eu à rédigé un plan ou squelette de leur lettre et travaillent sur la  rédaction de

ladite lettre depuis quelques jours.  Nous sommes agréablement surpris de voir l'étendue

des connaissances que nous avons acquises au cours des neuf derniers mois.  Je suis

maintenant à même de confirmer que les voyages forment définitivement la jeunesse et

que voyager c'est l'école de la vie.



Cet PM ma Catherine et moi nous sommes gâtées.  Nous nous sommes fait un spa

maison en nous prodiguant massages et soins esthétiques avec les petites crèmes offertes

par tante Chantal.  Au souper ce soir, nous avons poursuivi le visionnement du premier

gala et première semaine de Star Académie 2009.  Quelle belle activité de famille!  C'est

agréable de se reconnecter à la vie de chez nous de temps à autres.  Nous avons même

découvert que nous connaissions le père (militaire) du concurrent Jean-Philippe Audet. 

Le monde est petit.  Grâce à cette émission, nous pouvons faire connaître aux enfants

notre patrimoine québécois.  Aussitôt l'émission terminée ils étaient sur Encarta à faire

des recherches sur Félix Leclerc et nous demandaient de leur faire écouter des chansons

de Beau Dommage et de Jean-Pierre Ferland.  Quelle belle façon d'apprendre tout en s'amusant.


Nicolas, ces temps-ci est en grand questionnement.  Il se cherche une profession

pour quand il sera grand.  La semaine dernière il avait décrété qu'il serait chauffeur

de taxi, puis ce soir il me parlait de travailler dans un magasin.  Puis en faisant sa

lecture de son petit roman 'Mon pire prof' avant de se coucher ce soir, l'éclair s'est

fait.  S'il y a une chose qui manque à Nicolas depuis notre départ, ce sont ses cours

d'éduction physique.  Mon sportif est très nostalgique et me reparle souvent de ce qu'il

faisait au gymnase de son école.  Puis l'éclair se fit. il sera professeur d'éducation

physique quand il sera grand!  Il s'est endormi à mes côtés, le sourire aux lèvres,

faisant déjà sa planification de cours. cher Nicolas!  Antoine de son côté continue

ses efforts soutenus pour apprendre à lire.  Lors de nos lectures du soir, il est fier

de pouvoir lire de petits mots ici et là dans nos livres.  Thomas, pour sa part, ne se

lasse pas de lire.  Il terminera bientôt le dernier des sept romans de Harry Potter. 

La sorcellerie et la magie le passionnent au plus haut point.  Je me demande bien ce

qu'il trouvera à lire après.  Ce sera difficile de lui trouver autre chose d'aussi

accrocheur sur le bateau.  J'ai bien peur que 'La petite maison dans la prairie' ne

le passionne pas autant.

Assez de blabla, je retourne à mon poste.

Samedi 14 mars, Las Perlas (Panama)
De nouveau seuls
14 mars 09 
Las Perlas (Panama)

Nous revoici, de nouveau seuls mais cette fois-ci dans les îles Perlas du

Pacifique. Notre traversée du canal s'est faite sans anicroches. Nous étions

trois catamarans de large, nous au centre. Cette disposition nous protégeait

d'aller nous fracasser contre les murs de l'écluse car une fois les deux

autres bateaux accrochés à l'épaule, de part et d'autre de Cat Mousses, c'est

eux qui faisaient le travail de contrôler les lignes dans l'écluse. Nos

'line handlers' ont ainsi pu se la couler douce, ils n'avaient strictement

rien à faire mais il nous les fallait tout de même, au cas où. Le capt a eu

quelque sueurs froides à tenter de contrôler ce joyeux trio car c'est lui

seul qui conduisait les trois bateaux entre les écluses mais, somme toute,

tout s'est très bien passé. Nous avons fait la première partie du canal

(Gatun Locks) de soir à partir de 19h00 et vers 22h00 nous étions ancrés

pour la nuit dans le Lac Gatun. Nous pouvions entendre les singes dans la

forêt qui est apparemment très belle à explorer. Le lendemain matin nous

sommes repartis vers 07h45 AM pour arriver à la deuxième partie du canal

(Pedro Miguel et Miraflores Locks) vers midi. En milieu de PM tout était

terminé. Nous avons déposé nos 'line handlers' au quai du Balboa Yacht Club

et sommes allés nous mettre à l'ancre la Playita Flamenco pour une petite

soirée en famille bien méritée. Ce soir-là nous avons célébré notre traversée

avec un film et rien de moins que de bons nachos, comme nous avions l'habitude

de manger lors de nos soirées cinémas familiales du vendredi soir à la maison.

Hummmm!

Il y avait longtemps que nous avions mangé des nachos. Le lendemain matin nous

avons tôt fait de nous trouver un taxi. Nous avions la liste de tous les magasins

où nous devions nous arrêter pour acheter une mutltitude de petites choses pour

le bateau (impellers, seals, 'pins' de toile arrachées, cartouche d'imprimante,

guide de navigation, huiles à moteur, nouvelles défenses, etc.) la liste était

longue. Nous avons frappé un bon monsieur qui nous a trimballé dans sa petite

voiture qui tombait en morceaux mais qui a réussi à loger tant bien que mal 7

personnes. Au bout de cinq heures, nous sommes revenus au bateau, exténués,

les bras chargés de sacs mais combien heureux de cette journée hyper productive.


Nous nous étions donnés deux jours à Panama donc pour notre deuxième journée,

nous avions encore beaucoup de pain sur la planche. Nous avons commencé par

emmener les enfants voir les animaux de la région en allant visiter le parc

Summit pour quelques heures. Nous y avons vu les espèces propres à la région,

dont plusieurs singes, l'aigle harpie, tigre, jaguar, crocodile, toucan et

autres. Puis nous sommes allés faire un saut rapide dans la vieille ville pour

ensuite aller faire de petites emplettes pour remonter nos stocks de provisions

fraîches. Nous sommes allés au marché local, les fruits et légumes y sont

absolument magnifiques, à des prix tout-à-fait dérisoires. Par exemple, nous

avons pu acheter 4 ananas pour 1 dollar et une méga poche d'oranges pour 3$.

Ainsi, nous pouvons boire tous les matins un bon jus d'oranges fraîchement

pressées. Délicieux! Ce soir-là nous avons soupé avec les équipages du bateau

Alexandre IV, Wasabi et un autre bateau français dont j'ignore le nom. Nous

avons passé une soirée fort agréable et les enfants ont été gâtés par Jacques

d'Alexandre IV qui les a emmené se choisir une crème glacée de leur choix

(ils se sont payés la traite!). Le lendemain, nous avons repris la mer pour

nous retrouver dans une petite île des Perlas. Ouf ça changeait de la saleté

de Panama. On a beau trouver de tout à Panama, il reste que c'est sale. Il y

avait, partout sur le bateau, des résidus de papier brûlé qui en fait

s'avéraient être des cendres de canne à sucre brûlée. Ca fait tout un dégât,

sans parler de l'eau et des résidus qui y flottaient. Du jour au lendemain on

se retrouvait dans un paysage de carte postale dans les îles Chapera et Mogo Mogo.

C'est à cet endroit précis que Survivors avait filmé une des saisons de leurs

séries télévisées. Les Perlas ce sont de jolies petites îles qui tiennent leur

nom du fait que deux conquistadors Gaspar de Moralez et Francisco Pizaro y ont

volé une grande quantité de perles du roi indigène Toe. En 1515, ils ont battu

le roi et fait escalves ses plongeurs de perles expérimentés. Il est encore

possible, de nos jours, d'obtenir des perles à prix modique des locaux de

l'endroit. On voit déjà un changement drastique entre le Pacifique et l'Atlantique.

De un, l'eau est devenue très froide tout d'un coup, la température n'y est que

de 16 degrés celsius. C'est loin de ce qu'on était habitués. De plus, il y a

maintenant des marées de plus de 15 pieds à considérer lors des mouillages

(ancrages). Il y a des cormorans et des pélicans à profusion qui plongent de

toutes parts pour aller pêcher des poissons. Antoine les appelle les pingouins.

Il y a un an ce sont les canards du Vieux Port de Québec qu'il appelait Pingouins

et maintenant ce sont les pélicans!!! Nous avons aperçu des orphies volantes au

dessus de l'eau, une carpe qui faisait des bonds spectaculaires en dehors de

l'eau et des dauphins, c'est vraiment beau à voir tout ce cirque. Nous avons

pêché, peu avant notre arrivée en fin de PM, un 'Red Snapper' de 11 livres. Wow!!!

Nous ne savions pas que nous pouvions attraper du 'Snapper' à la traîne. Nous avons

mis beaucoup de temps à identifier hors de tout doute de quelle espèce de poisson

il s'agissait, il y en a tant de types. Puis pour confirmer le tout, nous avons

abordé une petite barque de pêcheur qui nous a félicité de notre prise et nous a

assuré qu'il n'y avait aucun risque de Ciguatera. Nous avons cuit notre prise sur

le BBQ avec les herbes fraîches et légumes frais que nous venions d'acheter au

marché la veille. Hmmm! Grosse vie sale!!

15 mars 09

Ce matin après avoir souhaité bonne fête (de 61 ans) à mon petit papa via le téléphone

satellite, nous avons mis le cap en direction des Dariens. C'est que Catherine Michaud

et Rémy ont remis leur visite à plus tard, nous n'avons donc plus à nous rendre aux

Galapagos pour le 28 mars. On nous a parlé des Dariens lors d'une visite dans un bureau

touristique à Panama et depuis ce temps j'en fais une fixation (au grand désespoir

du capitaine). Cet endroit, au cour d'un labyrinthe de rivières aux eaux brunes et

boueuses, cache des tribus que je dirais encore plus primitives que les Kunas. On nous

dit que c'est une expérience qui change une vie. On a bien hâte de voir ça. Cet

PM nous nous arrêtons à l'île Espiritu Santo, un petit oasis de paix des Perlas où la

pêche et le snorkeling sont apparemment très bons. Nous serons rejoints plus tard dans

la PM par Wasabi et Alexandre IV qui viennent prendre l'apéro sur Cat Mousses. On

s'échange quelques films et passons un bon moment. Demain nous devrions reprendre la

mer pour les îles Canas, dernier arrêt avant les Dariens.


17 mars 09

Nous repartons de Canas ce matin vers 08h30. Les Perlas ce ne sont pas les San Blas.

pour ce qu'on en a vu du moins. L'eau est trouble, plus froide et moins claire. Il y

a des plages de beau sable mais très peu de palmiers. Nous avons trouvé les Perlas

calmes et reposantes mais comme le snorkeling y est très peu attrayant et que le vent

est encore inexistant nous gardons notre idée première d'aller visiter les Dariens avant

de mettre le cap vers les Galapagos. Nous arrivons à Punta Alegre dans les Dariens en

fin de PM et une barque de pêcheur vient à notre rencontre. Autre preuve que le monde

est petit. le pêcheur se présente, il s'appelle Pili. Mais quelle coincidence! Justement

l'homme qu'on nous avait dit de contacter pour aller visiter la rivière Mogui. Nous

n'en revenons pas! Nous qui avions planifié d'appeler cet homme via le téléphone

satellite. mais ce ne sera pas nécessaire. Il nous est tombé du ciel. On lui présente

les enfants et il nous donne le poisson qu'il vient tout juste de pêcher. Ca augure bien.

Il nous recommande un endroit pour le mouillage, nous sommes donc en approche finale vers

le lieu qu'il nous a pointé. Nous avons bien hâte d'emprunter la rivière Mogui aux eaux

brunes avec sa petite barque de bois pour aller visiter les tribus aborigènes demain.

Ca c'est de l'aventure comme je les aime. Les chances sont qu'il faudra faire un peu

de portage dépendamment de la marée. Plus à suivre. Nous prendrons des photos c'est certain.

Lundi 9 mars, Colon Panama

Le canal de Panama
09 mars 09
Colon, Panama

D’abord pour ma fête le 1 mars, j’ai eu droit à un bon petit souper avec Lucey Blue au snack bar de la marina

avec un bon gâteau de fête au fromage. Mmm! Les filles (Catherine et Amanda) m’ont fait de belles cartes de

fête. Elles s’amusent tellement bien ensemble ces deux-là. Elles ne sont jamais à court d’idées et de projets

pour s’occuper. Elles portent le même linge, dorment ensemble, mangent ensemble… deux sœurs. On a

travaillé très fort ce jour-là (au grand désespoir de René qui aurait voulu me voir me prélasser dans un hamac)

mais on a eu une belle soirée. Ouf voilà une semaine déjà que nous sommes ici. Le moins qu’on puisse dire

c’est qu’on a travaillé fort pour faire diminuer la liste des réparations. On rêve toujours de faire comme tout

le monde et de siroter des petits cocktails en lisant un livre ou une revue ou de se prélasser au bord de la piscine

avec une crème glacée… mais sur Cat Mousses rien de tout ceci… ici on a trop de travail! Non mais sérieux

on est bien contents de nos accomplissements, surtout que chaque petite vis, qu’on tente de trouver en ville

est souvent à la source de multiples appels et e-mails non fructueux à tenter de s’expliquer en espagnol sur

‘Skype’ qui coupe à toutes les deux secondes. Disons que lorsqu’on a besoin de quelque chose il faut

compter au moins cinq jours d’efforts soutenus (dizaines d’appels et courriels) avant d’obtenir quoi que ce

soit.

Les travaux les plus majeurs que nous ayons accomplis sont les suivants :

- remplacer notre éolienne (Youppi, enfin une autre source d’énergie naturelle),

- réparer la fuite d’eau de la pompe à eau (refroidisseur) du moteur (quelle aventure!),

- réparer les ancrages de la trampoline avant,

- installer un ‘spotlight’ sur l’avant du bateau,

- coller, visser, réparer, placer, ranger, nettoyer, éponger l’eau infiltrée dans les cales.


Réapprovisionnement MAJEUR de nourriture, dont une visite dans un genre de Costco. Je vous épargne les

détails mais on est fiers de nos accomplissements. On devait traverser le canal le 9 mars mais on nous a

appris la veille au soir que c’était reporté d’une journée. Ca a l’air simple à prime abord mais là il nous faut

contacter nos ‘Line handlers’ et tout rechanger, et l’un d’entre eux n’est pas disponible le 10, il faut trouver

une solution. Je m’expliquerai ici-bas quant à la procédure de préparation pour la traversée du Canal de

Panama. C’est long et périlleux comme procédure mais nous tenterons de résumer le tout.

Sur les recommandations de Jacques, un Québécois sur le voilier Alexandre IV que nous avons rencontré

sur le réseau du capitaine, dès notre arrivée à Colon, nous tentons de nous rendre au Panama Yacht Club

mais lors de notre conversation matinale sur le réseau du capitaine, on nous avise que le club a été rasé (détruit)

par les autorités le jour précédent notre arrivée. Nous tournons donc de bord et nous nous rendons à Shelter

Bay Marina. Dès notre arrivé à la marina, nous contactons notre aviseur Tito à l’aide de Skype et il se présente

sur notre bateau en matinée. Cet homme n’étant pas un agent officiel, il ne faut pas mentionner son nom à qui

que ce soit de façon officielle dans les bureaux de la marina. Nous apprenons vite qu’il faut éviter de prononcer

son nom. Il nous avise, lors de sa visite, des procédures pour la traversée du canal ainsi que des frais associés à

cette traversée.

Visas de Panama pour 2 adultes = $40 US
Permis de naviguer pour 30 jours = $39 US
Services de notre aviseur = $100 US
4 lignes de 125 pieds pour le canal = $60 US
20 pneus pour protéger le bateau = $60 US
Frais de transit pour bateau moins 50 pieds = $609 US
Dépôt remboursable en cas d’accident = $891 US

Avant son départ nous payons Tito, un beau $300 (que nous devons emprunter à Lucey Blue car nous n’avons

pas encore eu la chance d’aller au guichet). Cet argent est pour ses services et nous lui donnons les papiers du

bateau et nos passeports pour qu’il puisse aller aux douanes et à l’immigration pour nous faire entrer officiellement

dans le pays. (Nous prions le revoir rapidement avec nos passeports, il promet de revenir le lendemain matin

mais mettra deux jours à revenir, il faut rappeler souvent). Tito est également responsable d’appeler le bureau

d’ACP (Autoridad del Canal de Panama) pour demander la visite du mesureur officiel qui a comme responsabilité

première de mesurer la longueur du bateau ainsi que de nous aviser des détails de la traversée. Le mesureur

officiel de l’ACP vient nous visiter mardi le 3 mars et après ses explications de routine, il a vite fait de me

demander si nous avons une toilette qui fonctionne à bord puisque certains bateaux qui ont traversé dans

le passé n’en avait tout simplement pas et l’aviseur avait du faire ses besoins dans une chaudière! De plus,

la toilette doit être propre et on me signifie clairement que je dois la nettoyer. Il m’avise également que la

cuisinière doit faire des repas qui soutiennent bien, un sandwich ce n’est pas assez, du poulet serait mieux!!!

Il nous avise également que lors de la traversée, nous devons avoir un total de 4 adultes en plus du capitaine

pour tenir les lignes d’amarrage (line handlers) pour contrôler la position du bateau dans les écluses. Nous

aurons sur le bateau 2 personnes de l’Afrique du sud (Mark et Vanessa) qui viennent nous rejoindre de Panama

City puis Ina et ses 2 enfants (Amanda et Simon) de Lucey Blue pour toute la traversée. Tout juste avant de

rentrer dans l’écluse, un aviseur de l’ACP montera à bord du bateau pour la traversée afin de conseiller le

capitaine sur les manœuvres à suivre. Jeudi le 5 mars, René quitte avec Ina de Lucey Blue pour aller faire

les virements nécessaires à la banque pour acquitter les frais de la traversée. Les frais de transit du canal et

le dépôt remboursable doivent se faire à la City Bank. Le $609 US doit se payer cash et le dépôt

remboursable avec la carte de crédit VISA.

Nous avons bien hâte que cette traversée du canal soit derrière nous car nous apprenons ce matin sur les quais,

qu’un catamaran français (qui était à nos côtés à la marina depuis une semaine) a subi des dommages majeurs

sur son bateau lors de sa traversée du canal samedi dernier. Nous ne connaissons pas les dommages exacts

mais nous aurons vite fait de le savoir en arrivant dans le Pacifique. Ce n’est pas la première histoire d’horreur

que nous entendons. Quand ça se passe bien c’est bien mais quand ça se met à mal tourner dans le canal,

ça peut avoir des conséquences extrêmement graves. Inutile de dire que nous respirerons mieux une fois de

l’autre côté.

Les enfants ont passé une très belle semaine à la marina. Il y a une quantité d’enfants impressionnante ici mais

surtout, ils viennent de partout : Canada, France, Nouvelle Calédonie, Guyane française, Argentine, Brésil, USA,

Norvège, Allemagne, Autriche, Belgique, Suède et j’en passe. Ca fait un beau mélange culturel. La marina

offre de superbes facilités, dont de belles douches, lavage à prix modique, piscine, bain tourbillon, salle climatisée

où les enfants pouvaient faire leur école tous les jours. Bref nous avons apprécié notre séjour et repartons fiers

du travail accompli. A nous les Galapagos!!!!



Catherine Michaud nous a écrit cette semaine et elle pense venir nous visiter aux Galapagos du 28 mars au 5 avril.

Ils sont à faire des petits calculs car disons que comme destination de voyage, il y a moins cher!!! Mais si ça marche

ce sera vraiment coo

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Oups j’oubliais! A propos du canal comme tel… Mardi le 10 mars nous entreprenons notre traversée. Nous quittons

la marina vers 15h00 et allons nous mettre à l’ancre en attente de passage. Le passage des trois premières écluses

se fera entre (plus ou moins) 19h00 et minuit. Puis on s’arrête au Lac Gatun pour la nuit et reprenons la traversée au

petit matin pour terminer vers la fin de la PM du 11 mars. A bord du Cat Mousses, nous serons, pour l’opération,

pas moins de 12 personnes à nourrir et coucher (la cuisinière sera occupée!!), il y aura : René en tant que capt, un

aviseur du canal, 4 ‘line handlers’ dont moi-même et 6 enfants (qui viennent dans le package). Il faut garder l’équipage

heureux donc bien hydraté et la panse bien remplie (prévoir breuvages et glaces en qté paraît-il).


Mes menus sont prêts :
Souper : Poulet et riz au curry avec salade verte et gateau au fromage
Déjeûner : muffins aux bleuets chauds sortis du four, toasts et céréales
Dîner : Casserole de saucisses/pommes de terre et maïs avec crudités et galettes pour le dessert
Snacks et breuvages en qté (Got to keep the advisor happy!)

Le canal se divise en deux parties. Il y a trois écluses dans chacune de ces deux parties. Du côté de

l’Atlantique se trouvent les écluses de Gatun qui sont toutes inter- reliées. De ce côté, les bateaux sont

élevés de 26 m et ce en trois 3 étapes. Chaque écluse mesure 33 m de large par 304 m de long

(pas mal gros pour un bateau de 6.5 m par 12 m!). Sur le côté du Pacifique, il y a également trois

écluses mais celles-ci sont séparées les unes des autres. La première s’appelle Pedro Miguel (pour une

descente de 9 m) et les deux autres sont les écluses de Miraflores (ces écluses possèdent le plus grand

dénivelé , dû aux importantes marées du Pacifique).