Journal de bord Mars 2010
Mardi 30 mars , Nouvelle-Zélande
30 mars 2010 Mouillage de Tutukaka, NZDe retour en mer après 4 mois d'arrêtEt bien c'est fait, nous avons enfin largué les amarres et coupé les racines qui
nous retenaient à Whangarei depuis si longtemps. Tel que promis, je reprends la
mer donc je reprends aussi ma plume pour un petit récit très attendu parait-il.
Est-ce que nous avons atteint le fond de la longue liste de choses à faire, presque.
mais il fallait s'en garder quand même! On a travaillé comme des forcenés à en avoir
l'air fou sur le quai. Comme d'habitude les gens nous demandaient ce que nous avions
à tant nous démener et tout un chacun nous invitait à prendre un ti-coquetail pour
essayer de nous arrêter un peu. On est durs à 'starter' mais une fois qu'on commence
à travailler on n'est pas arrêtables. Il y avait tant à faire. Au cours de la dernière
semaine il n'y a pas un soir où on se couchait avant 01h00 AM et même que la nuit
passée on s'est couchés passé 03h00 AM. Le réveil est arrivé vite à 06h30 AM. Qu'est-ce
qui nous pressait tant vous me direz? C'est qu'on avait dit qu'une fois le bateau de
retour à l'eau on se donnait deux semaines pour tout finir et partir. Sinon la coque
s'encrassait de résidus venus s'y coller. Jacques et Josée sont finalement revenus au quai du Town Basin hier, après un mois de
travaux sur le chantier. Comme nous, ils travaillent comme des fous. Alors que René
installait du nouveau filage pour le frigidaire à minuit hier soir, moi je nettoyais le
cockpit et Jacques et Josée de leur côté faisaient des couches de vernis sur leurs
boiseries (une couche aux deux heures) jour et nuit. Quelle bande de fous nous faisons!!
Je ne sais pas pourquoi mais notre nouvelle équipière Emie trouve que le temps passe
vite sur un bateau. Emie c'est une jeune fille de 19 ans de St-Rédempteur (Lévis).
Elle voyage en Nouvelle-Zélande avec un copain depuis trois mois et elle devait retourner
chez elle sous peu (6 avril) avec escale aux Fiji. Elle et Jean-François sont venus
nous rencontrer il y a une semaine, ils avaient entendus parler de nous via un ami
français. Suite à cette rencontre, Emie nous a écrit pour nous faire part d'une idée
farfelue qu'elle venait d'avoir. Jeff reprenant la route pour l'Australie et l'Asie:
elle de son côté, retournait à la maison pour reprendre ses études en psychologie en
juin. Son idée farfelue a été de nous écrire pour nous demander de nous accompagner
aux Fiji comme équipière, offre que nous sommes empressés d'accepter. Depuis son
arrivée sur le bateau il y a quatre jours, elle n'a pas arrêté deux minutes. Elle a
assisté à l'approvisionnement d'un bateau et m'a grandement aidé à comprimer et placer
la nourriture dans nos multiples cachettes toutes aussi originales les une que les autres.
J'en ai même dans la laveuse! Ce matin nous avons pris la mer vers 09h15. Les enfants avaient faits leurs au revoirs
avec les amis la veille au soir. Quitter leur énorme cercle d'amis aura sans doute été
l'aspect le plus difficile de notre départ. Comme première navigation, on pourra dire
qu'on ne l'aura pas eu idéale, ça brassait pas mal. On avait pas mal tous le mal de
coeur. C'était gris et très venteux mais on avait dit qu'on partait et on n'étirait
pas une journée de plus. C'est dur de partir! Il faut maintenant faire notre deuil
du luxe, de l'épicerie à deux pas du bateau, il faut ré-apprendre à gérer l'eau,
l'électricité et les déchets. Pour le dîner ce midi, les cours commençaient à vaciller
légèrement alors on a décrété que c'était un cas de biscuits soda. René a dû ajuster
en mer l'enlignement de l'indicateur de safran sur le pilote automatique car ce dernier
fonctionnait mal. On a eu une touche de poisson en PM mais on a manqué de vitesse
pour le remonter alors il a été plus vite que nous et s'est décroché. Ouf s'est
secrètement dit la cuisisinière! Je n'étais pas dans le 'mood' de cuisiner et
j'avais des fajitas en tête. Après sept heures de navigation nous avons décidé que
c'était assez pour aujourd'hui et nous nous sommes arrêtés à Tutukaka pour la nuit.
Nous rejoindrons 'Imagine' plus tard, ils sont une vingtaine de miles nautiques
devant nous. Quant à Alexandre IV, ils ont encore environ deux semaines de travail
devant eux alors on devrait partir tous ensemble vers la mi-avril pour traverser aux Fiji. Au petit matin, suivant notre réveil après une première nuit en mer, après un copieux
petit déjeûner de pains dorés, nous avons décidé de relaxer et de rester dans notre
mouillage une journée de plus. Fini la course et ça nous donnera la chance de
s'amariner tranquillement. Nous avons fait les classes ce matin. La professeur en
chef, moi en l'occurrence, a vu son 'staff' de 'un seul et unique professeur'
(moi et moi-même), tripler d'un coup. Quel bonheur! Pour les enfants comme pour moi.
Ce fut une avant-midi de maths très intensive. En après-midi on s'est payés un petit dodo pendant que les enfants ont fait des
ateliers de concours de dessins et de légos avec Emie (c'est qu'on leur a coupé les
Gameboys et le DS). Ca fait du bien de ressortir la créativité un peu.
Lundi 22 mars , Nouvelle-Zélande
03 mars
2010 Wangarei
, NZ
Depuis une semaine nous sommes de retour à l’eau et tout s’est très bien
déroulé. Nous nous sommes donnés un objectif de deux semaine pour reprendre la mer
afin d’éviter de trop resalir la coque du bateau qui est maintenant propre comme un sou neuf et d’un beau
bleu marin plutôt que notre ancien bleu Schtroumf. Nous avons travaillé toute la
semaine à remonter le casse-tête, c'est-à-dire rhabiller le bateau et remettre les morceaux en
place. Il commence à être pas mal prêt mais comme nous ne le trouvions pas assez
lourd, nous sommes à courir les supermarchés pour refaire nos stocks et remplir nos coffres de nourriture
pour les huit mois à venir.
La Cat Mousses Mobile est redevenue une ‘no name’,
on lui a retiré son ‘sticker’ de Cat Mousses hier puisqu’elle est en vente depuis
vendredi. De ce fait, René vient de quitter pour Auckland où un particulier l’attend
pour conclure le marché de la vente. Le gars n’a jamais vu la
'van' autre qu’en photo mais semble très sérieux alors on tente notre chance. On ne sait
jamais. Ce serait trop beau.
Ces jours-ci les enfants ont une opportunité en or de faire des classes avec un ange
tombé du ciel. C’est qu’ils ont la chance inouie de faire des sessions d’école privée
en ligne sur Skype avec une professeur de Mtl qui s’est offerte à nous dernièrement pour nous apporter son
support. Un peu de renouveau et de sang neuf ça fait un bien terrible autant pour les
enfants que pour moi. Une maman qui explique un concept n’obtient pas toujours la
même collaboration qu’un vrai professeur. Aline nous déniche des exercices, des
corrigés, des évaluations et j'en passe. Bref, un trésor de
ressources. Je trouve ça très rafraîchissant mais d’abord et avant tout, très
rassurant, d'enfin pouvoir obtenir des points de repères pour être à même de mieux sonder les forces et
faiblesses de mes étudiants selon leur niveau respectif.
Je vous laisse j’ai encore beaucoup à faire pour nos préparatifs de départ.
P.S.
Le fameux acheteur potentiel ne s’est jamais présenté à René pour leur rendez-vous à
Auckland. René est réapparu à Whangarei vers 17h00 non pas en autobus mais avec la
van! Ho well, quand on n’essaye pas c’est sûr que ça ne fonctionne
pas. On se sent un peu poisson dans tout ça mais il fallait donner la chance au coureur.
On ne pouvait lui demander un dépôt à distance et on n'a pas de compte de banque ici où il aurait pu
effectuer un virement. Ici en NZ les gens sont tellement forts sur la confiance et le
système d’honneur que nous avons endossé leur attitude. Le pire c'est qu'il nous a recontacté
suite a tout ça. Ca prend du gutts quand même! Le pauvre il avait perdu son sac avec tout son
argent et son cellulaire!! Ben oui!! On a tu l'air d'avoir une poignée dans le dos?
Ho well il reste une semaine quand même, tout
n’est pas perdu.
Mercredi 3 mars , Nouvelle-Zélande
03 mars
2010 Norsand,
chantier naval, NZ
07h45 AM, je suis sur le point de commencer les classes du
matin. Depuis une semaine et demi nous sommes sur le chantier, nous avons sorti le
bateau de l’eau le 23 fév dernier. On a aussitôt nettoyé la coque et depuis nous
tournons comme des abeilles à journée longue. On pourrait facilement rester 6 mois
dans un pareil chantier car quand on commence des travaux, on peut facilement s’emporter et en faire plus,
plus , plus pour ne plus repartir, mais comme notre but est de continuer notre périple le plus tôt possible,
on essaye de demeurer centrés sur les priorités. On rafistole les fissures ainsi que
les dommages survenus lors du tsunami des Tonga. On n’avait pas réalisé mais à voir
les dommages, il semble qu’on a été extrêmement chanceux dans notre malchance du
tsunami. Nous aurions frappé à quelques centimètres de l’endroit où on a frappé à
l’époque qu’on aurait défoncé la coque. Chanceux comme on est on a frappé à l’endroit
le plus fort de la coque. Ouf!! On refait l’epoxy, le gelcoat et
tout. On a descendu l’enrouleur pour en changer le câble d’acier, on refait les soudures de notre ‘frame en
‘A’ à l’avant du bateau, on change les hélices, on enlève et réinstalle les plaques de mise à terre (espérons
que les vis ne rouilleront pas cette fois). Armés d’un aimant on vérifie chaque vis,
chaque ‘washer’, chaque boulon. On trempera le tout dans une solution acide pour
neutraliser toute particule ferreuse. Bref, si ça rouille c’est pas qu’on aura pas
tout mis en notre pouvoir pour éviter la rouille. Vincent, j’ai pensé à toi de
longues heures durant, hier, en sablant ma table de cockpit. Je vais essayer de la
refaire aussi belle que ce que tu avais fait il y a deux ans. J’ai l’impression que
ça fait un mois que je sable des garde-mains, plates-formes et table. Ça ne finit
plus mais j’aime bien ce genre de travail. Ça me fait pensé à notre menuisier André
aussi. On espère encore un jour être l’une de tes destinations voyages cher André. A
part ça quoi d’autre?… On refera évidemment la peinture anti-salissure de la
coque. On remonte d’ailleurs la ligne d’eau, il faut donc sabler la ligne blanche de
gelcoat. Une chance qu’on avait commencé les travaux avant notre tournée de la
NZ. Au moins mon grand ménage a été fait de fond en comble, les moteurs sont à jour,
ainsi que les voiles, les toiles et le gréement. Ça fait au moins ça de fait. Notre
liste de plus de 100 items est maintenant rendue à une cinquantaine d’items. Bref, les travaux avancent bien,
sans trop de pépins et on vise à remettre le bateau à l’eau dès le 16 mars si tout va bien.
A ça s’ajoute l’administration et les rendez-vous, dentiste pour hygiènes dentaires,
orthodontiste, chirurgie mineure pour Antoine, optométriste et tout. J’avais un RV
pour Catherine et Nicolas cet PM et ça leur aura valu à tous les deux une paire
de lunettes de lecture. Ils se plaignaient d’avoir mal aux
yeux quand ils lisaient longtemps.
J’ai encore à vous taper les aventures de notre voyage de deux mois à sillonner les
terres de la NZ mais je n’ai pas encore trouver le temps de le faire, c’est qu’il y en a pas mal
long. J’imagine que je le ferai en reprenant la mer vers la mi-avril.
Salutations du Cat Mousses.
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