Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Novembre 2011

 

 

Mercredi 23 novembre , en navigation vers la Malaisie péninsulaire


Récit no 192 - Le Détroit de Malacca

Ouf, on vient de terminer le Détroit de Malacca! La mer a beau être belle, naviguer
de nuit en cet endroit n'est pas très rassurant je dois dire, surtout pour nous,
qui avons beaucoup navigué seuls, sans voir le moindre bateau des jours durant.
Hier soir, par exemple, juste au moment où j'entrais en poste pour que René aille
dormir, je voyais le ciel s'assombrir de façon menaçante.  René, vous le dira, ça
ne manque jamais, c'est toujours quand moi je suis en poste que tout se met à déraper,
on dirait que mère nature s'entête à me les garder... toutes, juste pour moi.
Quelle bonté!  Bon, je me dis... je suis capable, je suis assez grande, je ne vais
pas réveiller le capitaine, c'est son tour de dormir.  Mais j'ai la 'chienne'!  Le
ciel ne me dit rien de bon et je vous rappelle que notre radar ne fonctionne plus
depuis quelques temps.  Il y a des lumières partout devant, de toutes les couleurs,
de toutes les formes et grosseurs, qui clignotent et tout.  Notre appareil AIS a beau
nous informer sur les dizaines et dizaines de paquebots et cargos au mouillage ou qui
nous croisent de part et d'autre (à des vitesses atteignant les 35-40 km à l'heure
versus notre maigre 3 noeuds (même pas 5 km-heure)), sur cette autoroute maritime
qu'est le Détroit de Malacca; qu'en est-il des petits bateaux de pêches?  Il y en a
partout, sans parler des filets de pêche qu'on ne voit pas la nuit et oups!  Je viens
justement de passer en plein par-dessus une bouée d'indication de filet, et oups encore
deux autres.  Aucun moyen de les voir de nuit, celles-là.  Fiou, les hélices continuent
de tourner normalement.  Le ciel est criblé d'éclairs, il y a la foudre et parfois
même des trombes (tunnel) d'eau.  A cette époque-ci de l'année, il y a, tous les jours,
plusieurs orages inattendus qui se présentent à tout instant, sans crier gare.  Est-ce
que ça vous donne une petite idée pourquoi je ne me sens pas super rassurée?  J'ai
des palpitations, je ne quitte pas mon poste de surveillance dehors malgré la pluie qui
tombe.  Bon, René a-t-il bientôt fini de dormir?  Il y a un bateau de pêche et des flashs
droit devant, ouf René se lève enfin!  Il était temps car juste à cet instant, nous
entrions dans un labyrinthe de filets de pêches.
A ce moment, nous avons décidé de nous en retourner dans la voie principale, car, malgré
le traffic plus élevé, ça vaut mieux que de se promener à l'aveuglette au travers des
filets de pêche.  (Note: Quand je me relis, j'ai l'impression de lire un roman mais je
vous jure, je n'en rajoute pas.  Il y a des moments où la situation devient excatement
comme je viens de vous le décrire!)

Autre anecdote... Ce matin, alors que je piquais un petit somme, en douce, avant le
début des classes, sur les trampolines (après une dure nuit de veille), je fus réveillée
brusquement au sein de la corne de brume d'un gigantesque paquebot qui s'apprêtait à
couper notre route.  Ouf, comme réveille-matin, c'est assez efficace; j'ai levé comme
une balle! René a appelé le capitaine du paquebot sur la radio VHF.  Ils se sont jappés
deux ou trois échanges sur la radio mais en fin de compte, nous lui avons laissé la
priorité.  Un peu trop gros comme adversaire, on s'est tassés pour qu'il puisse mettre
son ancre.  Le capitaine n'était pas trop content, c'est comme se faire dépasser sur
l'autoroute et que celui qui te dépasse te freine dans la face!!

Bon à part ça, il nous reste encore une journée et une nuit de navigation avant notre
prochaine escale.  La routine est bien reprise.  Pour les quelques semaines à venir,
nous avons décrété que l'école ne se ferait pas que le matin mais aussi en PM, question
de se rattraper un peu avant l'arrivée de grand-papa et grand-maman.  Heureusement que
nous avons cet argument pour motiver nos troupes.  Nous ne sommes pas très populaires
avec cette idée de journée complète!  Le mouvement syndical des Cat Mousses s'anime.

Le capitaine a ressorti sa boîte à outils, comme dirait notre copain Hervé.  (En passant,
bonne fête cher Hervé, il y a un an, jour pour jour, on fêtait ta fête avec un petit
déjeuner aux brioches sur la plage de l'Ilôt Amédée en Nouvelle-Calédonie).  Que de beaux
souvenirs!  Mais je suis certaine que tu ne t'ennuies pas de ta fameuse boîte à outils. 
Encore cette semaine, René a dû tout démonter le coude du tuyau d'échappement car le
moteur n'arrêtait pas de caler.  Les accumulations de carbone obstruaient à nouveau la
chambre.  On vas-tu finir par les faire vérifier ces injecteurs qui 'boucanent' (ou plutôt
'fument' pour les Français)?  Ce n'est pas terrible que d'essayer de nettoyer ce bordel
de tuyaux encrassés en mer, il nous manque quelques outils dans la caisse pour s'acquitter
de cette sale tâche.  Ce serait bien plus simple de changer les injecteurs mais un peu
plus cher!  On finira bien par en trouver! En Thailande peut-être.

De mon côté, je suis heureuse de retrouver mes chaudrons.  En effet, avec tout ce temps
parti à courailler à gauche et à droite, le temps manquait pour cuisiner.  Cette semaine,
alors que nous sommes en navigation, et donc loin des restos et du 'prêt à consommer'
des épiceries, je peux enfin me remettre à popoter et manger notre bouffe normale
(comme tu disais Chantal).  Des bonnes salades et légumes frais, ça change des menus à
base de riz dans tout ce qu'on mangeait lors de notre escapade.

Bon, je retourne à mon poste de surveillance, il ne faut pas trop baisser la garde.
Mardi 15 novembre , dans l'autobus vers Johor Bahru


Récit no 191 -  Dernier leg de la visite de Luc, Chantal et Geneviève

Il est 10h30 AM, nous sommes sur l'autobus (VIP s.v.p., avec sièges inclinables,
style Lazy Boy) qui nous ramène au bercail.  Mis-à-part la vingtaine de coquerelles 
aperçues depuis notre départ, les bancs sont super confortables. Pour 6$ par personne
(pour un trajet de 3 heures), nous sommes plus enclin à partager l'autobus avec
ses locataires (les coquerelles), surtout que Chantal nous rappelait qu'il en coûte
actuellement tout près de 50$ pour un aller simple de deux petites heures sur
l'autobus (Québec- Montréal).

Comme dernier leg de notre escapade, nous avons passé une journée et demie à  Malacca,
une petite ville sur la côte ouest de la Malaisie péninsulaire. Fondée en 1403 et à 
proximité du Détroit de Malacca, cette ville fut, à l'époque, un important port où
les bateaux venaient des quatre coins du monde pour faire des échanges commerciaux.
Cette ville a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2008. Elle est reconnue
pour son charme, son histoire et sa diversité architecturale, résultat de siècles
d'occupation portugaise, hollandaise et britannique.

Bien que nous étions tous un peu en deuil de notre merveilleux séjour au Cambodge, nous
avons quand même eu du bon temps à visiter Malacca.  Dimanche soir, nous avons fait le
marché de nuit de Jonker Street, puis, lundi, à la demande générale des enfants, nous
avons loué des vélos pour visiter la ville, ce qui nous a permis d'aller un peu plus
loin et donc de faire plus de géo-caches.  Comme c'était des multi-caches, il fallait
se promener et zig-zaguer d'un endroit à l'autre à travers la ville pour trouver les
indices qui mèneraient à 'LA' cache finale. Les vélos furent donc d'une grande utilité.
Nous n'en avons pris que 7, le matin les femmes étaient donc à pied et en PM, Chantal
a pris le vélo d'Antoine car j'ai dû retourner à la chambre avec lui (soit notre
dortoir de 8 personnes).  On se doutait qu'Antoine n'allait pas bien le matin mais en
PM ça s'est détérioré et il s'est mis à avoir des diarrhées et de fortes poussées de
fièvre qui ont duré sur quelques jours.

Location de vélos pour la journée
Sur ce ... je redonne l'iPad aux enfants qui attendent docilement que je termine mon
récit pour continuer leurs jeux électroniques(tous plus éducatifs les uns que les autres,
bien évidemment). Espérons seulement que la diarrhée d'Antoine  saura attendre un peu
car notre super autobus VIP n'a pas de toilettes.

De retour au bateau, en deux temps trois mouvements, les valises étaient défaites dans
notre cas et restructurées dans le cas de Luc et Chantal.  Nous n'étions pas sitôt
arrivés que nous repartions déjà pour aller au cinéma, voir le film de Tintin, comme
nous l'avions promis aux enfants la veille. 

Le lendemain, avant-dernier jour avec notre belle visite, ce fut la plage pour Antoine,
Nicolas, Geneviève, Chantal et moi.  Depuis le temps que Geneviève en rêvait, ça aurait
été un péché de ne pas intégrer une journée de plage à l'horaire.  On pourra dire que
chaque minute des trois heures d'autobus requis (pour l'aller-retour) auront valu la
peine car Geneviève a profité de la plage à 200%.  Infatigable, elle n'a pas lâché ses
cousins d'une semelle, les priant de se baigner avec elle du début à la fin.  Ils se
sont bien amusés. René est resté au bateau avec Catherine car c'était maintenant elle
qui avait pris le flambeau pour la gastro. Thomas et son parrain, de leur côté, ont
passé la journée à Singapour pour faire.... talam!... des géo-caches!



Geneviève et Nicolas à la plage

La dernière journée s'est passée au bateau, mais en PM, Chantal est partie avec les filles
pour magasiner un peu, question de se sauver de la chaleur accablante sur le bateau. 
Ce jour-là c'est Luc et Antoine qui étaient (sur le cul) à cause des maux qui couraient.
Ils ont dormi toute la PM, même que je dirais que Luc a dormi toute la journée. Ça aura
au moins eu l'avantage de procurer à Luc, une petite cure de sommeil avant son retour à
la maison. René et Thomas, eux, ont passé la journée à Singapour pour récupérer les
radios laissées chez un technicien.  J'ai su par après, qu'ils ont fait tellement de
géo-caches (chemin faisant), qu'ils ont bien failli revenir au bateau bredouilles (sans
les radios).  Heureusement, ils les ont récupéré de justesse avant que ne ferme la boutique.

Et puis c'était déjà la fin; Luc, Chantal et Geneviève prenaient un taxi pour Singapour
à 04h30 AM.  Snif! Geneviève, qui pleurait à chaudes larmes, depuis la veille,  a généré
des petites larmes de chacun d'entre nous. Franchement, chaque minute de ces deux
semaines auront été mémorables.  Nous avons passé de super beaux moments ensemble et
garderons un doux souvenir de ces vacances, pour le moins intenses.  Des vacances peut-être
pas relaxantes mais qui auront permis à tous de décrocher, changer d'air, voir et essayer
de nouvelles choses.  Les bobos et les douleurs ont été ignorés et mis de côté. Malgré
les problèmes de dos (Chantal), pied écrasé (Geneviève), cuisse douloureuse (Luc), la
gastro et tout, tous ont marché du soir au matin sans jamais se plaindre.

Après leur départ, c'en était fini pour nous aussi des vacances, ce fut la reprise des
classes, ainsi qu'un blitz maintenance, ménage et administration. Nous avons fêté les
12 ans de notre Catherine le 18 novembre.  Pour sa fête, elle s'est tapée du ménage et
nettoyage plate pour une bonne partie de la journée mais elle avait mis ses conditions,
soit deux demandes spéciales:  du magasinage en PM (pour s'acheter des jeans) et un
souper-film (Quatre filles et un jeans pour le film et pizza-pouding chômeur pour le
repas). 

Lors de nos derniers jours passés à la marina, nous avons eu la surprise de voir arriver,
à Danga Bay, nos copains du catamaran (Pirates.com) que nous n'avions pas revus depuis
l'île aux tortues aux Philippines.  Les enfants se sont bien amusés avec Jonathan et
les parents en avaient long à se raconter lors des soirées passées ensemble.  Ils nous
ont invité à souper un soir, Magalie est un véritable Cordon Bleu. 

Finalement nous avons repris la mer lundi matin, le 22 nov.  Nous sommes en navigation
dans le Détroit de Malacca pour une navigation de 3 jours  jusqu'à Penang où nous
entreprendrons les démarches pour l'obtention du visa de 60 jours pour la Thailande. 
La navigation se passe bien, la mer est calme et nous arrivons à nous tenir un peu
à l'écart de l'autoroute des navires, cargos et paquebots, ce qui rend la navigation de
nuit un peu moins stressante.  Ensuite ce sera Langkawi (une île hors taxe), dernier
arrêt en Malaisie.

Mardi 13 novembre , dans l'avion au retour du Cambodge 



Récit no 190 - Le Cambodge
Lors de la planification de notre escapade, nous avons un peu hésité quant à l'idée
un peu loufoque d'aller passer deux jours au Cambodge.  Finalement, il ressort
que ce leg du voyage aura été, à l'unanimité, notre coup de coeur à tous.  Comme
l'a dit Chantal à plusieurs reprises: WOW!  Il n'y a pas de meilleur mot pour décrire
ce que nous avons ressenti pendant ces deux jours.

 

 


Aussitôt arrivés à notre auberge, le premier matin, nous nous sommes assis pour planifier
nos deux jours de visite et avons loué la van (9 passagers) de l'auberge (avec chauffeur)
pour deux journées.  Notre première journée fut consacrée à la visite du temple de Angkor
Thom, la plus grande des cités khmères,  en commençant par Le Bayon (un énigmatique temple
d'Etat). Ensuite, après un copieux dîner, où nous avons décrété que la nourriture cambodgienne
était la meilleure de toute (suivie de près par la cuisine indienne) nous sommes partis
explorer le temple Angkor Wat. Cet endroit est non seulement le plus grand et le plus sublime
de tous les temples khmers, mais aussi une ville au plein sens du mot.  A ce titre, Angkor
Wat signifie  "la ville qui devint une pagode".  Nous avons terminé avec Phnom Bakheng, ce
temple central de la première ville d'Angkor, qui telle une pyramide de terrasses carrées
entourée de tours, offre une vue spectaculaire sur le coucher du soleil auquel nous avons
eu la chance d'assister. Nous avons terminé cette journée avec un  souper-spectacle où on
nous présentait la très gracieuse danse traditionnelle Apsara.



Lever du soleil sur Angkor Watt
Le lendemain matin, ne voulant pas manquer une seconde, René, Chantal et moi étions debout
dès 04h45 AM car nous nous rendions au temple Angkor Wat en Tuk Tuk pour aller assister au
lever du soleil.  Pour cette deuxième journée de visite, nous avions réservé une guide
officielle cambodgienne (parlant le français) et ce fut une journée exceptionnelle (qu'il
me sera très difficile de décrire en mots pour lui rendre toute sa justice.). 
Nous sommes d'abord allés visiter le temple de Banteay Srei, un petit temple dont le nom
signifie "citadelle des femmes" ou "citadelle de la Beauté" sans doute pour faire référence
à la délicatesse de sa décoration. Notre guide, une bible sur deux pattes, était un trésor
d'informations,  ce qui a rendu nos visites d'autant plus intéressantes. Elle a donné une
allure campagnarde à notre journée, en intégrant dans les visites: la fabrication des pâtes
de riz, l'explication de la culture du riz, la fabrication artisanale du sucre de palme,
l'observation des plantes et des reptiles et des arrêts dans toutes sortes de marchés
locaux pour nous faire voir ou goûter des choses typiques au Cambodge.  Bref, une journée
d'immersion totale, au coeur de  la culture et de la  vie cambodgienne.
En PM nous sommes allés au temple Ta Prohm.  Comme c'est à cet endroit-même que le film Tomb
Raider de Lara Croft a été tourné, nous avions très hâte d'y aller, surtout qu'il y avait
une géo-cache sur le site.  Comparativement aux autres temples, celui-ci est un temple
monastère et il est en grande partie ruiné par les énormes arbres dont les racines sont
entrelacées entre les pierres.  Cette nature sauvage lui procure un aspect des plus mystique.
Pour terminer, après une dernière géo-cache dans un temple à 1 km de marche au fin fond d'une
forêt, nous avons demandé à aller jusqu'au lac Tonlé Sap, pour lequel nous avons exploré les
villages sur l'eau via une petite balade en bateau. Ce qui nous a le plus impressionné de
cette visite est, que non seulement le village est lacustre mais en plus, il est mobile;
c'est-à-dire que ses habitants se déplacent avec la crue des eaux au cours de l'année. 
L'école, les maisons, les services et autres sont en fait des bateaux et ils bougent tous
ensemble, au moment venu, au fur et à mesure que le niveau de l'eau varie.   Il fallait
voir les étincelles et la fumée au moment de partir le moteur de notre bateau,  tout un
spectacle. J'ai vu que finalement, il y a pire que Cat Mousses. C'est rassurant!
De retour en ville, nous avons soupé dans un chic restaurant pour une bouchée de pain
car tout coûte trois fois rien au Cambodge.  Avant d'aller nous coucher, il fallait
toutefois terminer la journée par un petit traitement spécial, soit se faire grignoter
les peaux mortes sous les pieds par de petits poissons après une grosse journée bien
remplie. 

Le bain de poissons au salon de massage
Assez unique comme "feeling" et  pas particulièrement relaxant je dirais. 
C'est que ça chatouille ces poissons! Chantal et moi avons fait une dépense folle, en
débloquant un budget de 3$, pour nous prévaloir d'un massage de pied de 30 minutes. 
Sublime! Quelle belle façon de terminer une journée!

Ces deux jours au Cambodge auront été, pour nous tous, le moment fort de notre escapade
et c'est non sans un pincement au coeur que nous avons quitté, à regret, ce pays que
nous avons tant apprécié.  Comme maigre consolation, nous pouvions au moins nous dire,
toutefois, que nous avions tout de même réussi, malgré un horaire très comprimé,  à
intégrer tout ce que nous désirions visiter.  
Je m'arrête ici. Dans nos prochaines aventures ... Malacca, sur la côte ouest de la
Malaisie, dernier leg de notre escapade.
Mardi 08 novembre , vers Kuala Lumpur Malaisie 

Récit no 189 - La visite de Luc, Chantal et Geneviève


Voilà, le jour tant attendu est arrivé et nous sommes allés ( toute la famille),
accueillir Luc, Chantal et Geneviève à l'aéroport de Singapour.  Inutile de dire
que nous étions tous très heureux de nous revoir.

Le lendemain, fut décrété journée de repos, question de laisser nos visiteurs se
remettre tranquillement du décalage horaire.  Nous avons passé une bonne partie
de l'avant-midi à déballer et ranger du matériel de tout genre, dont du matériel
scolaire et des pièces que nous leur avions demandé d'apporter pour le bateau. 
Avec tout ce que nous avons déballé,  nous avons allégé leurs bagages d'au moins
une grosse valise.  En PM, pendant que je travaillais à finaliser nos bagages en vue
de notre escapade de 10 jours, eux sont partis en ville à Johor Bahru pour faire
une géo-cache ou deux.  Luc en fait au moins une par jour depuis 322 jours en ligne.
Voyons s'il réussira à tenir la cadence (en Malaisie) de cet objectif qu'il s'est fixé.  

Ensuite nous sommes partis passer deux jours à Singapour où nous avons combiné (dans
un 'sprint' olympique),  en l'espace d'environ 30 heures, les visites du Chinatown,
Little India, Marina Bay (Helix Bridge), un Safari de nuit et une journée au zoo de
Singapour. Le tout, non sans terminer par une dernière petite géo-cache, car évidemment,
la journée n'aurait pas été complète sans cela. 






La fameuse géocache dans un tunnel
Il s'agissait d'une multi-cache dans le fin fond d'un canal sous-terrain, rempli
d'eau, de boue, de geckos et d'araignées. René, en tombant dans un trou, aurait
bien pu se casser une jambe; ils  sont revenus couverts de boue et l'expérience
aura été traumatisante pour certains mais... Ils ont trouvé ce qu'ils cherchaient,
car Luc, (avec les 2861 caches à son actif) est passé maître
de cette activité et il n'y a donc plus rien à son épreuve.  Il a le flair pour retrouver
les géo-caches.  Nous ne sommes pas rentrés au bateau avant 23h00 ce soir-là, heure à
laquelle il fallait refaire nos sacs en vue du départ du lendemain matin.  

Couchés à 02h00 AM et relevés à 04h00 AM, la nuit, fut ... Plutôt courte.  Nous prenions
le train à 05h35 AM vers le sanctuaire des éléphants à Kuala Gandah.  Je ne sais pas pourquoi
mais Luc et Chantal avaient la langue à terre et semblaient un peu essoufflés.  Horaire trop
chargé ... quoi qu'il en soit, c'en était enfin fini de la course et des réservations à
l'avance, nous étions désormais libres et sur notre propre horaire.  Allions-nous enfin
pouvoir souffler?  Hmm!  Grosse question.   

OK prenez un grand respire, on part... Pour vous mettre en perspective... Après une nuit
de deux heures de sommeil, on prend un train 3ième classe qui tombe en ruine pour 6 heures
(les tables pliantes sont toutes cassées et arrachées, les coquerelles courent sur les murs
et on manque tomber en bas du train en essayant de passer d'un wagon à l'autre pour aller
faire ses besoins dans une toilette turque ( belle façon de faire sa première expérience
de toilettes turques). Chantal qui avait déjà mal au dos en partant est sortie du train
avec le dos pratiquement barré et la situation empirait d'heure en heure. Rendus sur place,
des locaux s'improvisent et nous escroquent de 10$ pour nous amener au sanctuaire d'éléphants
où nous passons un super bel après-midi, si on fait fi du fait que Geneviève s'est fait
écraser le pied par un éléphant de 2 tonnes. 


Geneviève & Nicolas sur le fameux éléphant
Ayant cessé de tout planifier, on se ramasse, après la fermeture du parc, en plein coeur de
la jungle malaisienne, pas de couverture cellulaire et aucun moyen de rejoindre la dame de
l'auberge dont on ne connait que le numéro de téléphone.  On sait seulement qu'elle reste
à 10 minutes du parc.  On se quête un téléphone, puis un deuxième, pour finalement voir son
mari apparaître,  une heure plus tard, pour venir nous chercher.  Chemin faisant, on se
ramasse dans une mosquée improvisée, en plein milieu de nulle part, à genou à terre, à
manger des tripes de vache pis du riz cuit dans le bambou.  Bref, je ne sais pas si notre
voyage a pris une note plus relaxante mais chose certaine, c'est dépaysant.  Chantal, Luc
et Geneviève pourront toujours se reposer à leur retour à la maison.

Blague à part, voici maintenant la version détaillée des faits. Comme je le disais, le petit
tour à dos d'éléphants s'est soldé par un pied écrabouillé pour Geneviève. N'ayant pu
relever ses pieds assez vite, tel qu'expliqué (en anglais) avant de commencer,  la pauvre
s'est fait écraser le pied entre le mur et l'éléphant au moment de descendre.  Un médecin
chinois l'a pris sous son aile pour l'ausculter.  Heureusement, rien de grave, mis-à-part
un pied sensible et un peu enflé, elle a quand même pu continuer de marcher et s'est même
baignée avec les éléphants. Fiou!

Pour ce qui est de notre dégustation d'intestins de vache, voici la version officielle. En
chemin vers l'auberge, notre monsieur nous a proposé de nous arrêter dans une espèce de
mosquée où un groupe de proches et amis étaient rassemblés pour célébrer  une Fête nationale
musulmane: une célébration qui se pratique ici, une fois par année, pour ceux qui ne peuvent
se déplacer jusqu'à la Mecque.  Les gens nous ont accueilli à bras ouverts, ils nous ont
amené dans la cuisine à l'arrière pour nous montrer ce qui cuisait depuis le matin.  La
vache dont on avait tranché la gorge cuisait de diverses façons, dont des soupes et currys. 
Du riz cuisait dans des tiges de bambou, préalablement remplies de feuilles de bananier au
centre desquelles on versait un mélange de riz et lait de coco. La senteur était exquise et
on nous a fait goûter à tout, jusqu'aux intestins de vache.  Nous étions subjugués d'être
reçus de la sorte.  Nous les avons ensuite laissés à leur fête pour aller nous installer
dans notre auberge, une belle grande maison, super accueillante.  Ramlah, la femme du proprio
était super gentille.  Elle nous a préparé un assortiment de succulents plats typiquement
malais.  Plus tard elle nous a offert des petits paniers décoratifs. Elle les tresse elle-même,
à la main, à partir de simples languettes de papier journal qu'elle roule en petits rouleaux
serrés qu'elle tresse ensuite comme on le ferait avec de la paille. Un travail de moine!  

Notre hôte, lui, s'est avéré être un directeur d'école secondaire.  Ainsi, avant qu'on aie
le temps de s'en rendre compte, nous nous sommes retrouvés assis devant  l'assemblée générale
hebdomadaire de cette école.   Suivant leur hymne national et diverses allocations, le directeur
a invité Thomas sur le podium pour venir s'adresser, au micro, à plus de 640 élèves, sans
compter le corps professoral et tout le reste.  Ouf! Improvisation mixte, j'ai franchement
eu peur qu'il craque... Mais non, il s'est tranquillement mis à parler, prenant doucement
un peu plus d'assurance à chaque mot prononcé.  Pauvre Thomas, j'avais pitié de lui, d'être
jeté ainsi dans la fosse aux lions sans préparation, mais il s'en est très bien tiré en
nous présentant d'abord individuellement, puis en parlant un peu des endroits visités et
de l'école sur le bateau.  Ensuite, René a été invité à s'adresser à l'assemblée.  Il
nous a, à son tour, invité à nous joindre à lui pour chanter notre hymne national, puis
a enchaîné avec quelques mots sur nous et notre voyage. Je pensais, ou plutôt j'espérais
m'en sauver mais non, mon tour est venu aussi.  Ouf, on a perdu l'habitude de s'adresser
à des foules.  J'aurais, à ce moment,  donné cher pour avoir la verve et les qualités
d'orateur de notre ami Nicolas Eldaoud.  On nous a ensuite invité pour un copieux petit
déjeuner composé de divers plats malais dont du poisson, tofu, poulet, coeurs de bananiers
au cari, riz, curry et autre.  Délicieux mais, à ce moment, j'en connais qui s'ennuyaient
un peu  de leurs toasts au beurre de peanut.  Disons que Luc, qui n'est pas très fervent
de riz, trouve le menu assez... Axé sur le riz ces temps-ci.  Ensuite ils nous ont conduit 
à l'arrêt d'autobus pour se rendre compte que tout était complet pour les trois prochaines
heures. Le directeur lui-même et un autre prof sont donc venus nous reconduire, dans deux
voitures, jusqu'à la ville voisine, à 31 km de là.  Quelle générosité de leur part, j'ai
rarement vu pareille hospitalité.  Quelle chance nous avons eu de vivre cette expérience,
comme dirait Geneviève: nous sommes bien tombés!

Nous sommes arrivés à Kuala Lumpur, en plein centre-ville de la capitale de la  Malaisie,
vers 12h30.  Après un saut à notre auberge pour déposer les sacs, nous sommes repartis
explorer la ville en autobus  (Hop on - Hop off).   Heureusement que Chantal a pu se
trouver des compresses miraculeuses (des appliques de gel que nous lui collons dans le
bas du dos) sans cela elle n'aurait plus été capable de  marcher.  Elle tient le coup,
fort heureusement, car nous marchons à longueur de journée et elle fait ça comme une
grande. Pour nos trois jours à Kuala Lumpur, nous visitons la ville, les mosquées, les
tours Petronas, nous magasinons  dans les divers marchés à ciel ouvert (chinois et indous
et autre).  Les gars font des géo-caches pendant que les femmes papotent.  Bref on s'amuse
bien et surtout, on goûte à tout plein de choses dans les marchés, c'est un beau bain
de culture que nous prenons. Les enfants nous suivent et marchent  à longueur de journée
sans jamais se plaindre. Geneviève, avec son pied endolori, et Chantal avec son satané
dos, suivent super bien.  Fiou, on a eu peur de les perdre de l'équipe à un certain moment
donné, vu leur piteux état mais elles ne s'en laissent pas imposer et suivent.  Geneviève,
fidèle à elle-même, mord dans la vie, goûte à tout, essaye tout et les enfants ont beaucoup
de plaisir ensemble.

Dans mon prochain récit, le leg sur le Cambodge.