Autour du monde avec ...

 
 
Journal de bord
Octobre 2008

Vendredi  31 octobre , Quinta do Lorde, Îles Madères,  Portugal

    

    

    

    
Nous sommes ici depuis deux jours maintenant.  La première journée après une 
arrivée dans des vents de trente nœuds, nous nous sommes arrêtés au ponton à
essence et le vent s'est maintenu toute la journée avec des rafales violentes
et de la pluie occasionnelle.  Nous avons donc fait une journée école, suivie
d'une séance de scrapbooking (Antoine a fait Paris et Catherine a travaillé
sur notre escale en Espagne).  Thomas de son côté s'est lancé dans la couture
et a patiemment cousu le premier écusson de sa future collection sur son sac
de couchage de polar.  La fin de la journée arrivée et les vents n'ayant pas
descendu, nous avons dû tout de même bouger le catamaran, une belle expérience. 
Un des employés de la marina nous a aidé à nous stationner avec son zodiac, le
capitaine est pas mal chauffeur! Nous sommes dans une marina qui a été inauguré
en 2002 dans le cadre de la construction d'un grand complexe hôtelier toutefois
6 ans plus tard c'est encore un grand chantier de construction et encore pas de
vacanciers. Malgré le calme de cette marina, il est très difficile d'en sortir
sans prendre un moyen de transport public, taxi ou louer une voiture.  Les employés
nous offrent toutefois un transport au magasin si nécessaire mais l'ère d'internet
n'est pas encore arrivée ici dans cette marina, bizarre quand on considère que
chaque parc municipal de l'île est une zone Wifi!!!! 

Le lendemain, après l'école du matin, nous sommes partis explorer la ville la
plus proche à pieds.  On nous parlait de trente minutes de marche tout au plus… 
Après au moins une heure de marche, et ce en prenant des raccourcis à travers
champs, nous avons atteint la ville mais il n'était pas question de revenir à
pieds car beaucoup trop dangereux.  En effet, il n'y avait pas de trottoirs,
nous marchons donc pratiquement sur la route directement et nous arrivions souvent,
dans les détours, nez à nez avec des camions filant à toute allure.  Bref nous
avons trouvé un chaffeur de taxi mexicain pour le retour.

Puis le 30 oct, après quelques heures de maths, nous sommes partis (à sept personnes)
dans notre petite voiture louée (Fiat Clio) pour explorer l'île.  Nous avons passé
beaucoup de temps à Funchal (la capitale), nous payant même un tour guidé d'autobus
de cette ville.  Nous avions hâte d'arriver dans des endroits plus exotiques pour
être dépaysés un peu.  Et bien depuis notre arrivée aux Madères, c'est fait.  On
ne se sent plus chez nous.  Madères est extrêmement exotique avec sa végétation si 
abondante et diversifiée.  L'île est jonchée de plantation de toutes sortes mais les
bananes sont celles que nous voyons le plus souvent.  Nous ne cessons de voir de
nouvelles variétés d'arbres en fleurs.  Le sol est très fertile sur cette île
volcanique.  Au marché local nous avons acheté des fruits de la passion.  Nous
en avons acheté pas moins de 5 sortes dont je ne connaissais même pas l'existence. 
Fruit de la passion banane, tomate, citron, régulier et j'en oublie. Nous avons
aussi deux autres sortes de fruits dont j'oublie déjà le nom.  Nous avons aussi
été initié à la canne à sucre par un marchand et il nous en a donné un gros morceau.  

Cette île volcanique possède un réseau routier complexe ponctué de dizaines et
dizaines et dizaines de tunnels.  Arnaud nous a initié à sa tradition familiale. 
Soit ouvrir sa fenêtre et crier dans chaque tunnel que nous avons croisé sur notre
route… Quelle belle tradition!  Ca n'a pas été long qu'on avait tous mal à la tête
mais j'avais bien confiance que le niveau de décibels s'ajusterait de lui-même et
que les troupes allaient vite s'épuiser de s'époumoner de la sorte dans autant de
tunnels, dont certains atteignant les 2 km.  Puis nous avons soupé dans un petit
resto sur le bord du port à Funchal.  Un petit resto très original où nous avons
goûté les spécialités locales assis dans une petite barque dans l'eau.

Bon je dois y aller, car Antoine est levé.  C'est l'Halloween aujourd'hui et il a
de grosses intentions.  D'abord, il insiste pour être chef cuisinier pour préparer
un déjeuner spécial.  Ensuite nous repartions explorer l'île pour revenir pas trop
tard pour se déguiser et passer l'Halloween… Passer où c'est ce qu'on ne sait pas
encore mais les gars seront déguisés en espions et Catherine en fille des îles.

    
Mardi 28 octobre , Porto Santo, Îles Madères,  Portugal

Ce matin au réveil, notre île, sous les rayons du soleil paraissait déjà un
peu moins austère.  René, après être passé aux douanes, se rend en ville sur
le pouce pour y étudier les différentes possibilités pour visiter l'île.  Il
opte pour des billets d'autobus, un tour guidé.  Après une bonne douche, nous
quittons donc pour la ville.
Découverte un an avant Madère et étant la seule autre île habitée de
l'archipel, Porto Santo a toujours fait figure de parent pauvre à cause de son
climat aride et de sa petite taille (11 km de long par 6 km de large).Cette île
est d'origine volcanique et plusieurs de ses hauts pics sont des cônes
volcaniques.  Porto Santo est totalement différente de Madère tant par son
apparence que par son caractère et ne semble qu'être une longue plage de sable. 
Notre tour d'autobus nous mènera vers les plus beaux points panoramiques de l'île
en passant par Vila Baleira, une petite ville de style méditerranéen avec des
maisons blanchies à la chaux, palmiers et poussière.  On raconte même que
Christophe Colomb avait sa maison sur cette île.  Comme Madère ne possède pas
de plage à proprement parler et qu'elle connait un ciel beaucoup plus nuageux
en raison des montagnes, Porto Santo est une destination de week end et de vacances
très populaire pour les Madériens.  Thomas et Catherine, au cours de la visite,
apprendrons de la dure manière, qu'on ne lésine pas avec les cactus, même les
plus inoffensifs laissent de petits souvenirs partout dans les doigts.

Au retour, Thomas et moi nous lançons dans la grande gastronomie.  Nous
préparons un souper composé d'un velouté d'épinards et ses lardons et timbales
de brocoli en utilisant bien sûr le Super Thermomix TM 31, le tout accompagné
d'une salade méditerranéenne fromage et tomates.  Antoine m'avait dit, le jour
où j'ai reçu mon Thermomix, qu'il allait pouvoir dire si c'était vraiment une
bonne machine si je réussissais à lui faire aimer les brocolis. Ce soir ce fut…
presque totalement concluant avec les timbales de brocoli.  En passant Nicollll,
j'ai bien ri en lisant que je t'avais influencé à acheter un Thermomix cette s
emaine. LOL.  Je savais que j'allais réussir à mousser les ventes de cet appareil,
dommage que je n'en possède pas de parts.

Il est minuit et nous nous apprêtons à larguer les amarres pour notre
prochaine destination aux Madères.  C'est qu'ils annoncent des vents de 28 à
30 nœuds pour 06h00 AM demain matin et nous trouvons d'avance qu'il vente à
écorner les bœufs ici alors mieux vaut nous sauver tout de suite pour cette
petite navigation de 30 miles nautiques.  Les enfants, à leur réveil demain,
seront aux Madères et n'auront rien vu.

07h00 AM, 28 oct, nous venons de lancer les amarres… ouf c'était 'tight'. 
C'était le temps qu'on arrive, la météo n'a pas menti, des vents de 30 nœuds, ça
dépeigne.  Voici ce que le guide de navigation des Madères disait de la marina où
nous nous sommes arrêtés.  Bien que l'entrée porte des feux, une fois à l'intérieur
la place pour manœuvrer est limitée et il vaudrait mieux éviter une première
approche de nuit…. Sauf par temps très calme… Oups!  On avait oublié de relire
le guide hier soir avant de se coucher.  Si tout va bien on repart le premier
novembre, le temps d'avoir visité les Madères. 

P.S.  Un petit mot pour Hortense :  On voit tout de suite que tu as eu une bonne
influence sur la préparation de notre équipier qui est arrivé avec son linge tout
bien trié dans des 'Ziplocs' et surtout avec ses super Gants de 'Rubber' Orange
comme les vrais de vrai!

    

    
Mardi 28 octobre , Porto Santo, Îles Madères,  Portugal
Texte de Arnaud :
Ma première traversée

À mon arrivée à Lisbonne, il faisait bon vivre : les plages, le soleil, les
monuments historiques, les attractions touristiques, etc.  J'ai pleinement
profité de mon séjour de pacha dans la capitale portugaise et ses municipalités
et franchement, j'en redemandais.  Or, René et son équipage m'avaient pourtant
avisé de la durée de vie éphémère de cet épanouissement, mais comme je suis
parfois têtu, la notice m'avait passée d'une oreille à l'autre. Alors que
je m'enjolivais d'avantage au fur et à mesure que mon séjour à la marina
d'Oeiras vieillissait, le jour du départ fit son apparition trop tôt. Ça
ne servait à rien de se faire des histoires, il fallait partir. 

Alors donc, nous somme partis, un jeudi midi ensoleillé, pour l'inconnu -
les Madères - avec un certain pincement au cœur, masqué d'une joie motivée
par la découverte d'une nouvelle et excitante destination. La sortie de la
marina se fît avec aisance, relativement.  C'est après que les choses se
sont gâtées : mal de mer, étourdissement, respirations en petit chien, etc.
Le premier jour était, en toute honnêteté, le plus dur. C'est le jour où
tout le monde s'habituait à l'ambiance qui persiste jusqu'à ce que terre
soit atteinte et c'est le seul où j'ai gerbé comme un arrosoir. Le Skipper
nous a expliqué que ça brassait ''pas pire'' durant les 3 jours. Même si
je suis entouré de 6 joyeux - pas tant durant les deux premiers jours (voire
mêmes raisons que moi) - lurons, ils ne partagent pas les mêmes champs
d'intérêts que moi. Je ne les blâme pas, loin de là, mais je dois dire que
ma principale source de distraction fût de la part de ma chère Christine qui,
avec son apport quotidien dans ma traversée,
m'a fait retrouver le sourire, qui était brun.

Les deux autres jours ce sont passés dans une routine qui se décrit de la
sorte : réveil, déjeuner, vaisselle (si le mal de mer s'était estompé),
présence à la barre, dîner, vaisselle, allongement dû au mal de mer, présence
à la barre, souper, vaisselle, allongement dû au mal de mer, dodo. Répétez
ceci 2 autres jours et vous avez une traversée qui ressemblait à ce que je
m'attendais. Tout l'équipage, y compris le Capitaine, ont eu leurs hauts et
 leurs bas durant ces 3 petits jours. Tout le monde était bien content de
voir la terre. J'ai tout de même aimé ma traversée, quoique quelque peu
éprouvante, car c'est une bonne façon de s'acclimater avec la transat qui
va durer environ 21 jours. 

Maintenant je suis mieux préparé pour ce qui s'avère être une longue épreuve
d'endurance en mer (Pas de vraie douche pendant 21 jours minimum! Waaaashhh).

J'aimerais également envoyer mes meilleurs sentiments aux gens qui lisent
ce récit et qui rient de mes déboires!!

À dans deux mois environ!  OK OK, je promets de vous écrire de temps à autres.

Arnaud
Lundi 27 octobre , Porto Santo, Îles Madères,  Portugal
Nous y voici… enfin.  Inutile de dire que tous étaient fort heureux, après
trois jours en mer,  d'apercevoir les pics volcaniques de l'impressionnante
île de Porto Santo.  Nous avons atteint notre destination juste avant la
noirceur.  A 20h10 nous étions enfin attachés à un quai de fortune après un
amarrage quelque peu périlleux dus à des vents assez violents.  C'est à se
demander si nous ne serions pas plus en sécurité au mouillage tant les
installations semblent austères.  Qu'à cela ne tienne,pas question de passer
à côté d'une bonne douche.  Comme c'est dimanche tout est fermé à la marina
mais René sort sur le ponton et fait la rencontre de Jérôme un Français qui
accepte gentiment de nous prêter la clé des douches.  

Ce fut une journée bien remplie.  Au réveil les membres de l'équipage sont
en assez bonne forme, le Capt prépare des pains dorés.  Toutefois Arnaud subi
une petite rechute après le déjeuner.  C'est qu'il doit commencer à s'intégrer
davantage dans la routine et les tâches quotidiennes.  Il semble que faire
la vaisselle dans le fond du bateau ne lui ait pas fait bon effet mais une
heure ou deux plus tard il est de retour sur pattes.  De mon côté, j'ai fait
l'école pour la plus grande partie de la journée puis en fin de PM s'est
tenue la fameuse compétition de mathématique qui devait initialement avoir
lieu à Lisbonne.  Catherine vs Nicolas, Catherine remportant la victoire et
Thomas vs Arnaud.  Force fut de constater que ça s'adonne qu'Arnaud était
lui aussi champion de ce genre de compétition dans son jeune temps alors,
malgré qu'il laisse plusieurs chances à son adversaire, il remporte tout de
même la victoire.  Les gagnants seront récompensés demain.  Thomas nous a
également fait la présentation de sa fable, Le chat, le rat et le souriceau. 
Fable qu'il préparait depuis maintenant deux semaines.  Sa prestation soulève
bien des applaudissements, ouf c'était pas mal long à apprendre cette fable
de deux pages de près de 4 min 30.  Bravo Thomas!

Nous sommes tous prêts pour une bonne nuit de sommeil, plus spécialement le
Capt et moi.  Enfin une nuit sans interruption.  Demain nous nous promettons
une visite de l'île en taxi.

P.S . Paule et Guy :  Je me rappelle encore, Guy, le jour où tu disais de ma
Catherine, qui n'avait deux ans à l'époque, qu'elle briserait bien des cœurs. 
Et bien je te retourne le compliment.  Votre grand garçon qu'on ne connaissait
pas énormément nous fait très bonne impression.  De un, il est très beau garçon,
qu'on se le dise.  Il est très cultivé et intéressant à jaser et il semble
beaucoup aimer les enfants.  Il est très délicat et aimable en leur présence
et sait bien les divertir et les faire rire.  J'ai toujours préféré les
gardiens aux gardiennes car j'ai toujours trouvé que les gars (ado en
l'occurrence) ont le don de se remettre au même niveau que les enfants. 
On dirait qu'avec eux ils retombent en enfance et c'est beau à voir.  Chapeau
pour votre fils!  On fera de lui un marin sous peu.

    
Dimanche 26 octobre , Au large en route pour les Madères, Portugal
<pre>Il est 01h24 AM, je suis de quart. C'est notre troisième nuit, nous filons à
6 -7 nœuds  sous un vent arrière de 10 à 15 noeuds.  Nous pourrions faire plus 
vite encore mais la nuit nous réduisons les voiles, donc la vitesse par
conséquent.  A ce rythme, nous pourrions arriver vers 20h00 demain soir, avant
la noirceur si le vent collabore.  Nous avons décidé de nous arrêter dans la
première île des Madères, soit Porto Santo avant d'aller  rejoindre la suivante
30 miles plus loin.  Finalement, on sent que la température est un peu moins
froide.  Cette nuit je ne porte  plus qu'une seule épaisseur de caleçons longs
(sous-vêtement thermal) et je suis confortable.

Moi qui me croyais invincible, j'avoue que je dois piler sur mon orgueil et
avouer subir, moi aussi, les affres de ce sournois mal de mer. Je ne suis pas
malade… mais je me suis déjà sentie mieux!  Le souper de ce soir (filets de
porc marinés et pommes de terre Scallops), était le premier vrai repas que
je prenais avec appétit depuis notre dîner de départ.  Je crois ou j'espère
m'être finalement débarrassée de la majeure partie des odeurs et senteurs qui
me provoquaient des maux de cœur. Faire une traversée en famille, contrairement
à la faire en couple célibataire, implique des responsabilités familiales. 
Le matin les enfants se lèvent, frais et dispos pour entreprendre une nouvelle
journée.  Ainsi, mal de cœur ou pas, pas question de s'adonner à la farniente
et de passer ses journées (évachées).  Il y a de l'ouvrage à faire, des enfants
à s'occuper.  Faim pas faim, malade pas malade, il faut préparer à manger à
ceux qui ont faim.  Heureusement, René et moi alternons la tâche de cuisiner
selon nos états respectifs.  Il n'est pas rare toutefois que le cuisinier une
fois son repas servi, sorte sur le pont prendre l'air n'arrivant pas à avaler
une seule bouchée du repas préparé.  Hier soir, par exemple, René après avoir
servi son souper est sorti pour faire une visite au 'Splash Pit', après quoi
il pu enfin manger. Cristiana :  En passant, Thomas et moi avons finalement
essayé ta recette de muffins à la canneberge.  Tu comprendras que je n'avais
pas vraiment ce qu'il fallait sur le bateau pour réduire en poudre fine du gruau. 
Mais grâce à mon super Thermomix, nous avons accompli cette tâche en un tour de
main et les délicieux muffins furent appréciés de tous.

Ce matin au réveil, les troupes allaient finalement mieux alors nous avons pu
reprendre l'école. Nous avons fait une journée complète question de rattraper
le temps perdu.  Arnaud semblait lui aussi replacé aujourd'hui, c'était la
première journée qu'il ne passait pas allongé.  Ainsi il a pu barrer quelques
heures de jour, aider aux manœuvres en donnant un peu de jus de bras et même
essuyer la vaisselle à une occasion.  Maintenant qu'il est remis du choc de sa
première traversée, nous pourrons commencer à l'utiliser et le faire participer
davantage aux diverses tâches.  C'est qu'il ne faudrait pas qu'il s'ennuie tout
de même.  Il y a toujours du travail à faire sur un bateau… pas besoin de trop
d'imagination et d'initiative pour se trouver quelque chose à faire.  La
vaisselle, les repas, le nettoyage, aider les enfants dans leurs travaux d'école
(enseigner à quatre enfants de niveau différent c'est beaucoup de gestion pour
une personne seule quand l'autre dort).  Surveiller Victor (le pilote), scruter
l'horizon à la recherche de bateaux, filets de pêches ou tout objet flottant sur
l'eau.  Occuper les enfants et jouer avec eux quand ils sont en panne d'idées.
Vérifier les lignes à pêche.  Et ça c'est sans compter les manœuvres sur les
voiles au cours de la journée et les diverses réparations à accomplir.

Ce matin nous avons aperçu un banc de petits dauphins qui sautaient par vingtaine
non loin du bateau mais ce fut assez bref.  La pêche loin des côtes n'est toujours
pas très fructueuse, nous attendons toujours notre prochain thon maintenant que
nous avons refait nos réserves d'algues et riz à sushi.  Arnaud a constaté lui
également qu'il est impossible de trouver quelque restaurant que ce soit  ou
comptoir offrant des sushis.  Les épiceries ne vendent donc rien pour la
préparation de sushi.  Il semble que cette mode ne ce soit pas rendue en Europe,
ou du moins pas en France, Espagne et Portugal jusqu'à maintenant.  Difficile à
croire avec tout le beau poisson disponible, c'est étrange.

Antoine le pirate est toujours aussi grimpeux et cascadeur.  Je ne sais pas
pourquoi mais Arnaud l'appelle parfois le singe.  Cet PM, Antoine était assis
avec moi à la barre et je lui demandais ce qu'il ferait quand il serait grand. 
Il m'a répondu qu'il travaillerait à l'épicerie (comme caissier).  Tu parles! 
Il a de la mère dans le nez celui-là, moi qui a toujours rêvé d'être caissière
chez Provigo comme seconde carrière.  Ensuite il a décrété que Thomas serait
agent secret ou qu'il travaillerait
dans les toilettes car il parle toujours de crotte et crottes de bœuf.  Mais à
bien y penser, ce travail serait peut-être plus approprié pour Nicolas, puisqu'il
est le spécialiste de pompage de toilette.  Que de discussions enrichissantes! 
Reste à voir pour Catherine.  

Hortense, un petit mot pour Pierre:  Je suis à lire le roman Le Tour d'un Monde
d'Evangéliste St-Georges, que Pierre avait laissé à bord. On pense à vous autres
très souvent et votre hommage dans le Livre d'Or nous avait grandement touché
mais n'oublions pas que cette traversée c'est en équipe avec vous que nous
l'avions faite.  C'est vraiment Pierre qui nous a initié aux rudiments de la
traversée océanique.  Grâce à lui nous avons bâti une certaine confiance et
expertise, ce qui nous aide grandement dans nos navigations et nous fait apprécier
encore davantage les deux mois passés en votre compagnie.  Les verres à Cognac et
le vin laissé par vous attendent sagement votre arrivée. Il faut dire que nous
n'avions pas réussi à faire notre dégustation de Cognac avant votre départ. 
Ce n'est que partie remise.

    
Vendredi 24 octobre , Au large en route pour les Madères, Portugal

    
Nous avons fait notre dernière excursion à Lisbonne hier.  Nous repartons satisfaits de notre visite au cours
de laquelle nous avons réussi à voir le Château St-Georges, la Cathédrale de Lisbonne, l'élévateur de Santa
Justa, la Place de Commerce, le célèbre Tramway 28 et funiculaires panoramiques, le monument des
Découvreurs (navigateurs), la Tour de Bethléem, le Monastère des Jeronimos, le Campo Pequeno (arène de
corridas), la Gare de l'Orient et son Centre commercial Vasco de Gama tout près de la Tour du même nom. 
Arnaud a finalement trouvé une nouvelle paire de chaussures à son goût.  Et je dois rectifier mon dernier texte
en disant qu'en fait il a de très bonnes chaussures de course dans ses bagages, ce qu'il cherchait à s'acheter
n'était donc pas des chaussures de marche mais des chaussures 'Fashion'.

Notre fenêtre météo est là, c'est donc aujourd'hui le moment du départ.  Le vent a faibli,  la mer subi encore la
houle résiduelle des deux derniers jours de vent à 30-35 nœuds mais c'est le moment où jamais.  Nous larguons
les amarres vers 12h30 PM après un arrêt pour faire le plein de diésel.  L'équipage est fébrile, Arnaud joue aux
cartes avec les enfants alors qu'Antoine et moi nous affairons à concocter (au Thermomix) une crème d'épinards
et pommes de terre nappée de petits morceaux d'omelette à la crème  ainsi qu'une trempette aux crabes servis
avec pain et crudités.  Nous avons tout juste le temps de dîner que les troupes commencent à faiblir.  C'est qu'il
y a longtemps que nous n'avons pas fait de navigation hauturière.  Il ne s'agit plus de navigation côtière mais de
haute mer et notre dernière remonte à la traversée entre La Rochelle en France et La Corogne en Espagne..  Le
vent souffle entre 15 à 20 nœuds, nous faisons, sur une allure de grand largue, une vitesse de 7 à 8 nœuds allant
jusqu'à du 9 nœuds par moments.  C'est merveilleux mais ouf, c'est pénible!  Catherine n'avalera rien pendant un
bon douze heures et passe sa journée étendue sur un coussin du 'cockpit'.  Catherine d'un côté et Nicolas de
l'autre, fort heureusement 'l'enclosure' (toiles fermant le cockpit) les protège des embruns et  leur permet de rester
au sec.  Nous retrouvons Antoine, en fin de PM,  endormi à terre sur le plancher dans le carré à l'intérieur du
bateau et allons le porter dans son lit. Nicolas est malade à une occasion tout comme Arnaud qui, depuis le
dîner est disparu dans sa cabine et n'en ressort que pour de très brèves apparitions.  Mais il ne se plaint pas et
fait le brave malgré tout. C'est juste que ça brasse un peu plus qu'il se l'imaginait.  Demain s'il ne va pas mieux,
nous lui donnerons du gravol, aujourd'hui il aimait mieux ne pas en prendre.  Inutile de dire que nous le laissons
libre et ne lui donnons pas de tâches ou de quart pour le premier 24 heures.  Il a tout de même aidé à monter la
grand voile et sortir le genois, tâches assez demandantes, après ça il fut bon pour une petite pause.  De mon côté,
comme Thomas, j'ai le cœur un peu sensible mais je m'en sors bien malgré tout.  Seul le Capt ne semble pas
affecté, c'est le monde à l'envers.

Avant que la noirceur ne tombe, nous décidons d'être sages et d'enlever un peu de toile (réduire la voilure)  pour
la nuit, de sorte que notre vitesse ne soit pas plus de 7 nœuds.  Évidemment l'opération, qui au départ devrait être
simple, se complique un peu lorsqu'il faut réinsérer une latte de Grand Voile dans sa 'track', encore une fois elle
tentait de sortir.  Au menu ce soir…des biscuits soda.  Quoi de mieux que des bons sandwichs de biscuits soda
au creton ou beurre de peanut ou des biscuits soda nature tout simplement pour certains (moi en l'occurrence). 
C'est tout ce que nos estomacs peuvent prendre.

Le ciel est magnifique avec ses milliers d'étoiles, la mer très formée et  agitée ne nous laisse pas voir la faune
aquatique mais on peut voir dans la nuit le plancton phosphorescent dans l'écume des vagues, ça fait de minuscules
étincelles vertes dans l'eau.  C'est de clarté que nous avons traversé l'autoroute des mers la plus achalandée au monde.
Cette route est dans les 2 sens, à une dizaine de miles des côtes du Portugal.  En effet c'est la voie qui relie
principalement la mer méditerranée par Gibraltar et le nord de l'Europe et l'Angleterre.  En la traversant nous avons
croisé plusieurs cargos et un immense bateau de croisière.   Nous avons beaucoup pensé à Michel de Maringouin
qui avait traversé cette autoroute de nuit, sans vent alors que son moteur lui faisait défaut quand un filet de pêche
s'était empêtré dans l'hélice.  Il avait compté 63 bateaux sur son radar à un certain moment donné et il faut mentionner
que c'est en solitaire qu'il fait sa traversée.  Ce soir-là, je ne sais pas pourquoi, il a cru bon ne pas dormir et rester
aux aguets. Bonne idée!

Depuis notre départ le GPS qui est interfacé avec notre E80 (système de cartes électroniques) nous fait défaut.  Nous
arrivons encore à voir notre route, soit d'où nous sommes partis et où nous allons mais nous n'avons plus d'indication
de notre position.  Heureusement, avec notre GPS portable (E-trex) nous pouvons de temps à autres vérifier si nous
sommes toujours sur notre route.  Dire qu'il n'y a pas bien des années, il n'y avait rien de tous ces appareils.  Je lève
mon chapeau aux braves qui naviguaient à cette époque, ça c'était de vrais navigateurs!

Il est 02h00 AM, je viens d'enrouler le génois qui claquait un peu trop, et je suis à écrire mon récit quand Victor (le pilote
automatique) se met à 'bipper'.  Je sors sur le pont et allume un moteur, puis un deuxième pour reprendre ma course. 
Le Capt, qui ne dort que sur une oreille, accoure.  Nous rectifions la course mais le vent étant devenu plus arrière, Victor
me fait le coup trois fois.  Bon il est 03h30 AM, je vais dormir un peu.  Nos tours à la barre reviennent vite.

07h00 AM, me revoici de retour.  Le vent a beaucoup faibli, à 10 nœuds c'est plus confortable. Ca m'étonne de ne pas
voir de note du capitaine dans mon récit.  Je pensais qu'il profiterait de mon sommeil pour ajouter une note à l'effet que
la seconde a failli être malade.  Je dis bien failli, c'est que lorsque j'ai le cœur sensible, les odeurs me lèvent facilement
le cœur.  Hier avant d'aller me coucher, en allant à la salle de bain,  une odeur de Purell m'a provoqué  trois ou quatre
violents haut le cœur… mais fidèle à moi-même… je n'ai pas été malade.  Des fois ça me ferait du bien d'être moins
'tough', ça fait du bien d'être malade.

Hier, juste avant notre départ nous avons reçu un courriel de notre ami Michel qui était aux Madères, nous annonçant
qu'il n'y serait peut-être plus à notre arrivée dans quelques jours.  Une fois en mer, René me disait que l'avoir su avant,
il aurait peut-être pris le bord du Maroc plutôt que les Madères.  Wow!  A ces mots je me vois déjà en Afrique, ça
doit être plus dépaysant que l'Europe.  Mais je me ravise vite.  Nous aurons bien le temps d'y retourner, le Maroc
étant une destination voyage très prisée.  Les Madères par contre, je ne suis pas certaine que nous ayons bien des
fois la chance d'y aller dans notre vie.

    
    
    
    
    
    
    
    
    Mercredi 22 octobre ,
          Lisbonne Portugal
          
    

    
Ce matin, 05h22 AM, je n'arrive plus à dormir, le vent souffle à écorner les bœufs dehors et on se demande
si le bateau ne va pas arracher le quai.  Nous sommes bien contents de ne pas être en mer avec ce vent de
35 nœuds et plus.  C'est la raison pour laquelle nous attendions à demain pour partir.  Aussitôt que ce vent
se calme nous larguerons les amarres pour les Madères, une petite traversée de cinq jours tout au plus. 
Ce sera parfait pour Arnaud avant d'entreprendre la traversée jusqu'aux Canaries.

Avant-hier nous avons donné congé d'école aux enfants pour aller visiter Lisbonne.  Ce fut une très belle journée. 
Nous avons pris la passe donnant accès à tous les transports tel que le tramway, Métro, funiculaire, etc et avons
sillonné une bonne partie de la ville.  Sur les conseils de Luc (notre super manager) nous avons pris le Tramway
numéro 28.  Wow quelle belle expérience!  Ce Tram très typique, circule dans des rues toutes aussi étroites
les unes que les autres du centre-ville mais des rues qui, surtout, sont très en pente.  Nous étions bien heureux
de les visiter assis plutôt qu'à pied et de plus, les rues sont tellement étroites que les rares piétons que nous y
voyons se font pratiquement écraser les orteils et étamper dans les maisons lorsque le Tram passe.  C'était
vraiment très beau.  Nous avons aussi essayé les marrons grillés qu'ils préparent sur la rue.  Depuis que je suis
toute petite que je voulais y goûter car ils en parlaient dans les livres de la Comtesse de Ségur.  Finalement
l'expérience fut décevante, le goût n'a vraiment rien d'extraordinaire, c'est très  pâteux.

Nous étions bien heureux de retrouver le bateau après cette longue journée de marche.  C'est après cette première
journée de marche avec la famille Gigabou, qu'Arnaud a décrété qu'il n'avait peut-être pas la chaussure idéale et
qu'il devait peut-être s'équiper d'une nouvelle paire de Running.  Ses 'Lacoste' sont pas mal 'fashion' comme dirait
Catherine, mais ils sont fatigués un peu.  Parlant de fashion, depuis l'arrivée d'Arnaud, je dois dire que le bateau
embaume le 'Acqua Di Gio' de Giorgio Armani. En effet, comme son parfum s'était un ti-peu renversé dans son
sac… nous sentons encore les effluves de son parfum dans l'air ambiant du bateau.  Non mais je dis ça pour
rire et me moquer un peu car en fait ça sent très bon, cette odeur me manquera. Aujourd'hui nous retournons
à Lisbonne pour y compléter notre visite. Au programme il y aura un peu de magasinage pour Arnaud.  Ce
dernier se porte très bien, il a déjà pris notre petite routine familiale et participe activement aux tâches
journalières. Il souffre encore du décalage horaire et se promène encore la nuit mais si je ne m'abuse,
cette nuit il ne s'est pas levé.  C'est bon signe.  Les enfants s'amusent beaucoup en sa présence, il est
vraiment fin avec eux. Hier, alors que René et moi sommes allés refaire le plein de nourriture, fruits et
légumes, Arnaud a pris le bord de la plage avec les enfants et ils s'y sont amusés comme des fous tout
l'après-midi.  Antoine est revenu avec une coupure qu'il s'était faite en tentant d'arracher de longs herbages
pour la cabane qu'ils construisaient.  Il n'avait pas remarqué les épines lacérantes de ces fameuses herbes. 
Il avait les mains pleines de sang mais il a été bien brave.

Moi qui trouvais que je parlais beaucoup de nourriture dans mes récits, il faudra que je me contrôle car avec
mon nouvel appareil de cuisine  révolutionnaire 'le Thermomix' il me semble que j'en aurai long à dire.  Il ne
faudrait pas croire que l'on ne fait que ça manger sur le bateau mais, c'est que je suis tellement contente
d'avoir enfin le temps de cuisiner un peu.  Et en même temps je suis tellement fière de mes réussites
culinaires avec des moyens aussi rudimentaires.  Anne et moi, lors de la traversée, avons faits des
miracles avec pas grand-chose (seulement un rond de poêle et pas de four ou du moins un four qui ne
fonctionnait pas).  Mais maintenant que nous avons un vrai four et un Thermomix, nous n'aurons plus
vraiment de mérite.  En tout cas, cet PM, j'ai longuement sillonné les rangés de l'épicerie afin de me
monter des stocks d'ingrédients de base pour être en mesure d'effectuer mes recettes de Thermomix. 
Encore une chance que nous soyons en Europe car cet appareil vient justement d'Europe.  Quand les
livres de recettes me parlaient de sucre vanillé et de Maïzena j'étais un peu embêtée mais maintenant
j'ai tous ces ingrédients sous la main.  Je suis prête!

Hier soir, Arnaud est resté sur le bateau avec les enfants.  Ils ont écouté un film ensemble et René et moi
sommes sortis au restaurant.  Nous avons essayé le Peter's Café Sport de la place et René a finalement
pu goûter sa fameuse morue salée.  Puis, au retour, par le biais de Skype, nous avons donné une entrevue
d'une heure pour la revue Espace.  Il s'agit d'une revue et d'un site internet pour les gens de plein air.  Nous
verrons ce que ça donnera. Sur ce je vous laisse.  J'ai encore des courriels à rédiger.
P.S. Pour Luc et Chantal:  Tous les jours nous passons devant le site du cirque Cavalia qui est ici en tournée
pour une semaine supplémentaire.  Ca nous gratte pas mal d'y aller mais ce ne serait pas raisonnable pour le
portefeuille.  Ma gang de chanceux!  Je n'oublierai jamais ces tickets qu'il a fallu se résoudre à donne.  Une
chance qu'on vous aime, vous les méritiez grandement ces billets, même si ça faisait un certain pincement
au cœur de les donner.

    
Dimanche 19 octobre , Lisbonne Portugal

    
Ce matin après un avant-midi de français, c'est un Arnaud tout souriant et heureux qui  s'est
finalement pointé le bout du nez vers 12h30.  Les enfants l'attendaient impatiemment depuis leur réveil. 
Nous étions bien contents de l'accueillir.  Le pauvre était trempé de sueur car le taxi a dû le débarquer
à une bonne distance de la marina dû à un événement sportif (course).  Les rues étant barrées à la
circulation automobile, il a dû finir le chemin à pied, chargé de ses deux énormes sacs à dos et d'une
grosse boîte qui contenait… je ne peux pas encore y croire… mon fameux Thermomix.  Ha, mais quelle
surprise!  Je sautais partout dans le bateau!  Je ne m'en doutais pas une minute.  Je continuais d'en
rêver et d'espérer et j'essayais très fort d'abandonner l'idée mais cet appareil me harcelait.  Je le voulais. 
Et pour faire exprès, je l'avais revu à Porto dans un kiosque à la station de métro dans le cadre de la
semaine de la santé.  Eux, l'appellent Bimby et la dame m'expliquait que c'était la voie de l'avenir et
me vantait les mérites de l'appareil.  Je lui ai dit, ne vous en faîtes pas je connais et j'en rêve mais il aurait
fallu que je l'achète avant de quitter le Canada.  Anyways… que je suis contente, j'ai enfin ma machine. 
Je vais arrêter de me tracasser avec ça, c'est fait je l'ai.  Hortense, attends de voir ça!  J'te dis que je
pensais à toi en cuisinant aujourd'hui.

Arnaud est parti prendre sa douche, j'ai mis des pizzas au four et à son retour, le Thermomix était
déjà en fonction pour mon premier essai culinaire, un velouté de tomate rapide que nous avons mangé comme
entrée au dîner.  Inutile de dire qu'il n'y a pas eu de restes et que j'ai réussi à gagner tous les membres de
l'équipage sur les mérites de ma super machine.  Après dîner, Arnaud qui n'avait pas fermé l'œil sur l'avion,
est allé s'étendre.  Les enfants ont pris le bord de la plage pour tout l'après-midi alors que René travaillait dans
ses drapeaux et farfouillait comme un enfant dans les trésors envoyés par son frère Luc.   Merci Luc pour toutes
tes commissions, tout était parfait et merci pour les photos de famille.  Superbes et plus spécifiquement Geneviève. 
Un ange tombée du ciel. 

Moi de mon côté, cet PM… allongée dans ma chaise/ hamac au soleil, je feuilletais mes nouveaux livres de
recettes. La grosse vie!  Je me suis ensuite lancée pour un souper entièrement fait au Thermomix.  Au menu,
Roulés de blancs de poulet en robe de jambon et sauce chasseur, le tout accompagné de pommes de terres
en cubes  et champignons cuits à la vapeur, le tout nappé d'une savoureuse sauce chasseur veloutée et
crémeuse.  Vraiment je me suis surpassée.  J'ai bien sûr expliqué à Arnaud que l'on mangeait toujours des
repas aussi  élaborés!!  Nous avons, à la lueur de la chandelle, porté un toast à  l'arrivée d'Arnaud.  Pour dessert,
rien de moins que des flans au chocolat maison, faits au Thermomix avec du chocolat pur.  J'ai quand même
triché… je n'ai pas pulvérisé mon sucre granulé en sucre en poudre maison.  J'ai pris du sucre en poudre du
magasin.  Quelle honte!  Quand on peut le faire au Super Thermomix TM 31!!!!  Le Willy Waller 2006.  Heu
non… j'veux dire le Bimby T31!

En tout cas, changement de sujet, on a beau payer ici cinq fois le prix de notre dernière marina de
Povoa, l'endroit est vraiment magnifique, très propre et très chic.  Il y a une superbe terrasse le long de la mer
avec un bar Peter Sport Café en beaucoup plus beau que celui de la Horta.  Ici aussi les gens commencent
la tradition de peindre le nom de leur bateau sur les murs de béton.  Après souper ce soir,  Arnaud et les enfants
sont allés faire une ballade au bord de la mer avant de se coucher.  Demain nous partirons en train visiter Lisbonne. 
Demain c'est également le grand jour, c'est-à-dire le jour de la compétition de mathématique.  En effet, depuis une
dizaine de jours, René tient des concours de math aux deux jours en vue de la grande compétition qui avait été
fixée pour le 20 oct à Lisbonne.  Nicolas vs Catherine pour les additions et soustractions et Thomas vs Arnaud
pour les tables.  Avant Thomas compétionnait contre sa maman… et c'était serré mais il n'avait jamais réussi
à me battre.  Reste à voir comment Arnaud se débrouillera, Thomas espère beaucoup pouvoir le battre. 

    
La suite demain.
 
Samedi 18 octobre , Lisbonne Portugal

    
Tel que prévu, nous avons quitté notre dernier port (Povoa de Varzim) le 16 oct vers 18h30.  La première
soirée a été un peu difficile sur le cœur puisqu'à chaque fois il faut s'amariner à nouveau, mais le lendemain
matin au réveil tout le monde allait déjà mieux.  Congé d'école ce jour-là, le seul travail obligatoire fut le
journal de bord.  Comme il n'y avait pas une once de vent, nous n'avons roulé qu'à moteur, avons laissé Victor
barré et nous sommes payés le luxe de lire, lire et lire.  Nous avons bien essayé de pêcher un autre thon
mais la chance n'était pas de notre côté alors à part trois oiseaux nous n'avons rien pris.  Fort heureusement,
les oiseaux n'ont qu'effleuré l'hameçon et se sont dépris par eux-même en l'espace de quelques secondes
seulement.  Pour ce qui est de la fameuse morue séchée/salée achetée par René, elle trempait depuis deux
jours.  Elle commençait à sentir pas mal et je craignais le pire, me demandant comment il l'apprêterait.  À
mon réveil à 04h00 AM, pour mon quart de nuit, j'ai constaté avec bonheur que la morue avait été jetée
par-dessus bord…Fiou!!!!  Nous avons vu beaucoup de dauphins au plaisir de tout l'équipage et j'ai vu des
poissons qui laissaient sortir leur aileron similaire à ce que René et Pierre ont vu dans le golfe de Gascogne,
des thons, on ne le saura jamais ou des petits requins?  Pour mon quart de nuit je me suis payée un luxe
incroyable.  Je me suis pour la première fois, puisqu'on était à moteur, offert le luxe d'écouter Tchack Bauer….
Quatre épisodes de 24 Hours… J'ai eu une petite pensée pour Claire et mon beau-frère versatillll qui m'ont
fait découvrir cette série.  La dernière fois où j'avais visionné des 24 Hours datait de l'Afghanistan avec mes
confrères de tente à qui j'ai également fait découvrir cette série palpitante.  Merci beau-frère! Et non le
caramel magique de l'Espagne n'arrive pas à la cheville du tien!

Ce matin vers 11h30 nous avons atteint Lisbonne et nous nous sommes arrêtés à la Marina
de Oeiras sur les conseils de notre ami Sylvio de Brania et du réseau du capitaine.  C'est en effet une
superbe marina et nous avons la chance d'avoir un rabais de 50% (grâce à notre inscription à la traversée
ARC) ce qui la rend plus abordable.  Cet PM nous avons exploré la ville de Oeiras à pieds et investigué
sur les endroits à visiter et les prix des trains, nous sommes donc prêts à débuter la visite officielle
des lieux et attendons avec impatience l'arrivée de notre équipier Arnaud qui devrait être ici pour demain
midi le 19 oct.  Bon je repars lire un peu avant le dodo.  Je suis actuellement prise dans un roman
québécois prêté par Michel de Maringouin, qui s'intitule Belle comme un Naufrage par Romain St-Cyr.

    
Mercredi 15 octobre , Póvoa de Varzim Portugal

    
Où en sommes-nous?  Au cours des trois derniers jours nous continuons la petite routine des travaux
d'entretien avant de reprendre la mer.  Le lavage, nettoyage, finir les travaux d'entretien, etc.  Hier René
s'est enfin décidé à faire un changement d'huile sur un des moteurs.  Il a sorti ses manuels d'instructions
du moteur et des cours de mécaniques qu'il avait pris.  Même avec trois livres, la mémoire ne lui revenait
plus et après avoir fini le changement d'huile… le moteur  ne partait plus! Bon la gorge serrée, j'ai tenté de
me convaincre qu'il faisait du Réjean Giguère (On est feni, on est pardu!)  Puis, après quelques heures et
plusieurs essais pour 'bleeder' la ligne à fuel de son air, le moteur a fini par repartir.  Few!!! Inutile de dire
que le mécanicien a décidé de reporter le changement d'huile du deuxième moteur à plus tard au cas où
la 'job' se révèlerait un échec.  Comme ça il nous restera au moins un moteur sur lequel rouler.  

Note du capitaine : Le problème de démarrage du moteur n'était pas causé par le changement d'huile mais
bien le changement du filtre à fuel, j'imagine qu'un peu trop d'air s'était infiltré dans la ligne, oups, je vais
réajuster ma technique pour la prochaine fois. 

Note de la rédactrice :  Bon, bon, bon!   

Nous planifions reprendre la mer demain soir avant la tombée de la noirceur car il faut aller chercher Arnaud 
à Lisbonne.  Arnaud est notre neveu, il fera partie de notre équipage pour la traversée de l'Atlantique vers les
Antilles.  Arnaud, autant que tu le saches tout de suite, les enfants ont déjà mis ton nom sur la liste de devoir.
Sors tes livres de recette car apparemment le samedi ce sera toi le chef cuisinier sur le bateau.  

Ainsi nous partons demain soir pour un petit 'leg' d'environ une journée et demie jusqu'à Lisbonne au Portugal. 
Il n'y a pas un brin de vent dans l'air mais nous n'avons plus le choix, il faut partir.  Ce départ fera un  petit 'break '
d'école pour les enfants qui n'ont eu qu'une journée de congé d'école depuis les 10 derniers jours passés ici. 
Parlant d'eux, ils ont vraiment la piqûre de la lecture depuis quelques semaines.  Ils lisent de plus en plus et
sont très fiers de signer et de cumuler les romans dont ils ont terminé la lecture.  Ils ont déjà la fièvre de Noël. 
L'autre matin, à mon retour de ma course, ils brandissaient fièrement chacun une lettre qu'ils avaient écrit pour
le Père Noël.  C'est qu'il ne faut pas prendre de chance, c'est loin du Portugal le Pôle Nord….  Les lettres sont
adorables, je travaille à convaincre les enfants pour les afficher sur leur journal de bord.  Plus à suivre la-dessus.  

A part ça, hier j'ai sorti mes ciseaux pour retrouver les yeux de Nicolas et Antoine.  En effet ils avaient le toupet
pas mal long alors il fallait que je fasse quelque chose.  Je les ai assis sur un trampoline et leur ai fait une super
'trim' de toupet.  Ouf, pas de danger que je sois coiffeuse dans ma seconde vie!

Aujourd'hui après l'école du matin, nous sommes allés dévaliser l'épicerie pour remonter nos stocks car la dernière
épicerie datait d'au moins trois semaines.  René, qui revisait la facture ce soir, veut que je spécifie que nous avons
payé 11 Euros (18 dollars) pour 24 canettes de Coke Zero.  Oups!  On n'avait pas vu le prix!  Qu'importe, je l'aurais
acheté quand même!  Il faudrait que je me mette à boire de la bière et du vin un peu plus car ici c'est presque donné.  
Egalement,  j'en ai profité pour tout remettre ton inventaire à jour ma chère Isabelle.  Demain je vais l'imprimer mais
je dois bien être rendue à 22-25 pages.  Tout le bateau figure maintenant sur la liste.  Tout a été inventorié de fond
en comble.  Avant l'épicerie nous avons fait une sortie spéciale…  Nous sommes allés dîner au Mc Do.  Ca faisait
bien trois mois que les enfants n'y avaient pas mis les pieds, ils étaient donc fort heureux et nous avions l'air à des
extra-terrestres de prendre des photos de nous en train de
manger nos frites.

    
Dimanche 12 octobre , Póvoa de Varzim Portugal 
Dimanche!   C'est tranquille le dimanche au Portugal.  Ce matin tel que prévu, j'ai sorti notre super bicyclette
du 'Dinghy' (notre petit bateau gonflable) pour faire une sortie et joindre l'utile à l'agréable soit aller 
m'entraîner tout en explorant la ville.  Il y a vraiment beaucoup de gens le matin sur cette fameuses
promenade longeant la mer.  Les gens font surtout de la marche rapide mais il y en a de tous les genres.

A mon retour, les enfants sont à faire des maths avec leur prof de Math alors je sors mon super CD 'PX 90'
pour compléter mon entraînement sur le pont du bateau.  Le 'Cockpit' ce n'est pas très privé comme 'gym'
alors c'est gênant un peu de faire des 'steppettes', des 'kicks', des 'jabs', des 'upper cuts' et autres mais
heureusement il n'y a pas trop de curieux autour.

Après l'école du matin, Catherine et moi cuisinons des galettes de thon en souvenir de celles qu'Anne et
moi avions faites juste au moment de notre arrivée aux Açores.  C'est toujours un grand 'hit' ce repas.  Après
dîner le temps étant aussi chaud qu'hier, les enfants demandent à retourner à la plage mais nous déclinons. 
De un, la mer est vraiment très vilaine par ici alors pas questions de se baigner.  De deux, nous avons du
travail à faire.  Toute la famille met la main à la pâte pour faire un méga frottage de la coque extérieure du
bateau que nous avions passé tant d'heures à cirer un certain weekend (les concernés s'en souviendront). 
On met le dinghy à l'eau et Thomas, Nicolas et moi faisons le tour du bateau en frottant frénétiquement
chaque centimètre carré alors que René et Catherine se concentrent sur le pont et sur les tâches de
rouille récalcitrantes.  Le Capt est très fier du résultat car il attendait ce nettoyage depuis fort longtemps. 
Après trois mois de navigation ça n'était pas un luxe.

Plusieurs bricolages se sont encore faits aujourd'hui. Le bateau va bientôt ressembler à une citrouille
ambulante.  Ca fait drôle de fabriquer et installer des décorations d'Halloween en bikini!  Ce soir nous
nous sommes faits une autre soirée cinéma.  Catherine et moi avons préparé un souper spécial pour
l'occasion : des pâtes au basilic et parmesan, pain/fromage des chips et du popcorn.   Puis pour le dessert
Catherine a fait une recette qu'elle avait déniché dans un livre d'activités pour enfants : une coupe de fruits
spéciale avec coulis de chocolat et caramel, crème fouettée et décorations (petits bonbons à gateau).

Demain matin je fais une classe de français, alors comme premier exercice, les enfants ont été avertis
avant de se coucher, qu'ils auront à résumer le film que l'on a écouté ce soir.  Leurs résumés se
trouveront dans leurs journal de bord respectifs et ce sera aux lecteurs de deviner de quel film il s'agit. J
'ai hâte de lire ça!

    
Samedi 11 octobre , Póvoa de Varzim Portugal

    
J'avoue qu'on commence à faire la belle vie pas mal.  Ca commence presqu'à  être relaxant…
moi qui ne voyait pas le jour où ça arriverait.  Couchée (dans mon cas du moins, vers 22h00 en moyenne),
j'arrive même à lire le soir, ça fait changement de ma vie d'antan.  Avant je lisais deux pages et je m'endormais
dessus alors que maintenant je dois me forcer à arrêter.  Serait-ce que je suis enfin reposée?  Le matin
c'est les séances de marche ou de course (à ma grande surprise, je n'ai pas tout perdu et cours encore
sans trop de mal).  Ce matin Hortense je pensais à toi très fort en faisant ma séance de Body Sculpt
Phase I and II (PX90 suivi du bon vieux Ab Ripper (version abrégée de 4 min 39).  Il me semble que je
t'entendais rire à côté.  Et Nicole, je te suis très reconnaissante de ce cadeau, je pense à toi à chaque
fois, c'est grâce à toi que j'ai mon entraîneur personnel à bord!  Aujourd'hui René a finalement tout recollé
les bouts de bois de votre chambre (Hortense et Pierre) et réparé les lumières alors nous avons beaucoup
pensé à vous.  Surtout qu'aujourd'hui c'était la journée de Pierre comme chef cuisinier.  Antoine s'est porté
volontaire avec empressement pour le remplacer pour préparé ses nouilles préférées dans une béchamel
blanche assaisonnée de saumon, oignons et piments.  Au souper ce soir une fondue au fromage suivie
d'une petite 'game' familiale de UNO.

Hier soir René a préparé avec Nicolas une Paëlla de fruits de mer (Marisco), une spécialité
portugaise.  Ils ont très bien réussi leur recette. Ils ont passé l'après-midi à parcourir les quatre coins de
la ville à pied pour trouver leurs ingrédients et sont même revenus avec une citrouille pour l'Halloween. 
Pendant ce temps, Thomas et moi avons ré-installés, pour la troisième fois, le réflecteur radar dans le mât
(moi dans le mât et Thomas pour me sécuriser).  J'ai aussi, figure-toi Hortense, remplacé les velcros sous les
coussins du salon.  On commence vraiment à arriver à la fin de notre liste de choses à faire.  Il y en aura
toujours et ce n'est pas terminé mais nous commençons à en voir la fin… il n'était pas trop tôt!

Cet PM, après un avant-midi intensif de français, il fait tellement chaud que les enfants et moi
prenons le bord de la plage.  Les enfants font des fortifications dans le sable que la mer englouti tout aussi
vite… la mer est tellement forte ici, c'est vraiment impressionnant.  On joue au football, baseball, corde à danser. 
Antoine fait de grands progrès, il attrape le ballon et saute à la corde à danser, tout fier de lui.  Au retour, après
une bonne douche, j'obtempère aux multiples demandes des enfants et sors les bricolages.  Ils entreprennent
alors de multiples projets de décorations d'Halloween : guirlandes, chauve-souris, citrouilles, fantômes, balais
de sorcière et j'en passe.  Arnaud commence à se faire attendre.  Les enfants ont déjà décoré sa chambre et
comptent les jours avant son arrivée.  Attention de ne pas avoir les cheveux trop longs surtout Arnaud, car
Catherine fait des couettes et des coiffures à ses frères depuis quelques temps.  Juste pour ton info!

Bon, il est 21h00, assez tard, je vais aller lire au lit.  Pas pire pour un samedi soir non!  Demain matin
j'aimerais bien aller faire une balade en vélo le long de la promenade qui longe la plage pour voir jusqu'où ça mène. 
A suivre.  Oups, j'entends quelqu'un qui se lève…  C'est Thomas.  Il vient encore de perdre une dent!  Il l'a travaillé
fort, elle ne bougeait pourtant pratiquement pas,  ce matin encore.  Encore la fée des dents.  Les enfants
s'achètent parfois des pins de Crocs à l'effigie des pays que l'on visite.  A date on a le Canada, la France et le
Portugal comme drapeau, ça fait beau sur les Crocs.  Antoine rêve toujours d'avoir le drapeau de l'Angleterre.
Il l'avait vu à Québec et s'est résigné à contrecœur à acheter celui de la France mais il aurait préféré l'Angleterre…
il le trouve tellement beau!

    

    
Jeudi 09 octobre , Póvoa de Varzim Portugal

    
Ce matin j'ai pris une décision car je devenais de plus en plus marabout le matin à mon réveil.  Il manquait
quelque chose à ma vie…  J'ai fini par comprendre ce qui m'arrivait.  Il me manquait mon entraînement. 
Comme nous sommes encore ici pour une semaine, j'ai ressorti mes espadrilles.  Surtout qu'avec le
changement d'heure, il fait clair plus tôt et, il ne fait pas aussi froid ici le matin alors ça aide sur la motivation. 
Il y a une promenade magnifique qui longe la mer pour les piétons et les cyclistes.   Depuis deux matins
je vais marcher et je suis aux anges de me promener ainsi sur le bord de la mer à observer les gens,
la morue qui sèche sur des fils, les gars qui font du surf sur les vagues, les femmes âgées, coiffées d'un
chignon, qui portent une robe bleue marine par-dessus laquelle elles portent un tablier à carreaux bordé de
frisous et aux pieds elles portent des chaussettes vertes et des sandales.  C'est vraiment très typique.  Le
seul problème c'est que c'est tellement beau que je ralentis constamment ma cadence perdue dans mes
rêveries.  Parfois même, je me retrouve perchée sur un rocher, perdue dans mes pensées, à rêvasser et
observer les vagues aller se fracasser sur les rochers et les barques de pêcheurs. 


Aujourd'hui pendant l'école, René part avec Antoine et ils reviennent  portant fièrement un sac contenant une
morue séchée.  Ca fait longtemps qu'on les observe du coin de l'œil ces morues et on ne se décide pas.  Ce
n'est pas particulièrement attirant car il faut l'avouer, ça ne sent pas très bon.  Il se décide quand même non
sans s'informer un peu de comment manger ça.  René regarde la dame et lui dit dans son meilleur espagnol,
Comer?  Elle le regarde avec de grands yeux disant… non.  Elle luibaragouine en Portugais qu'il faut faire tremper
pendant deux jours dans l'eau.  René de répondre… Ha!!!  Et despuès Comer???  Et la dame de répondre …. Non!! 
Il semble qu'il faut faire cuire après un trempage de deux jours.  Donc pour le moment, la morue traîne sur le
comptoir en attendant qu'on se décide  à l'apprêter.

A part ça,  je réussis tranquillement à convertir mes troupes aux légumineuses.  Ce midi j'ai fait un couscous aux
tomates, piments et poulet avec des fèves rouges comme ingrédient spécial et le tout a très bien passé.  Comme
apéro en fin de PM  j'ai utilisé le reste des fèves rouges que j'ai mis en purée avec de la crème sûre et des
assaisonnements à tacos.  C'est délicieux comme trempette avec des chips.

Ce soir nous avons assisté à notre premier 'potluck' officiel avec la communauté de bateaux de la marina.  Nous
avons grandement apprécié.  Surtout que les gens proviennent (principalement) des quatre coins de l'Europe :  Suède,
Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne sans oublier les USA bien sûr.  Ca donne un beau mélange de nourriture différent
de ce qu'on voit normalement.  Pour notre part nous avions apporté des brownies au chocolat encore chaud et un peu
coulant qui ont fait fureur.

    
Mercredi  08 octobre , Póvoa de Varzim Portugal

    
Aujourd'hui, nous quittons le bateau vers 08h30 pour aller prendre le métro et passer la journée à Porto. 
Quelle belle journée nous avons eu.  Porto est sans contredit une ville absolument magnifique.  Nous 
sillonnons la ville, passons par le marché, ses fleurs, fruits et légumes, poissons, viandes.  C'est beau à
voir.  Pour dîner nous décidons d'essayer une spécialité de la place qui nous avait été recommandée par
nos amis Catherine et Rémy.  Un espèce de hot chicken pas de poulet pas de pois (heureusement pour René)
mais à la place il contient de la bologne, steak, saucisses, jambon, fromage, le tout recouvert de sauce brune
un peu épicée.  Sur le dessus trône un œuf et le tout est accompagné de frites.  Tout un mélange mais nous
sommes heureux de n'en avoir commandé qu'un seul.  C'est un peu trop riche!  René se commande des
sardines et les enfants des burgers et on s'en tire pour moins de 16 Euros.  Les prix sont vraiment abordables
ici.
En PM nous faisons la visite de la maison de Porto Sandeman et rencontrons bon nombre de
Canadiens et certains Québécois.  Puis nous continuons à fouiner un peu partout, faisant les funiculaires
et les Tramways.  Encore aujourd'hui, on se fait aborder à plusieurs reprises au sujet de nos petits blonds. 
Les gens sont vraiment aimables.  On se ramasse une croûte dans une épicerie et reprenons le métro bondé
de gens pour revenir au bateau vers 20h45, exténués mais combien heureux de la belle journée que nous avons
eue.  Il reste beaucoup de travaux à effectuer sur le bateau d'ici notre départ prévu pour le lundi ou mardi 13 ou
14 oct mais si nous avons une petite chance, nous aimerions bien retourner à Porto.

    
Mardi 07 octobre , Póvoa de Varzim Portugal

    
Ce matin on se réveille, c'est la flotte dehors et l'électricité du quai est non fonctionnelle .  Ça fait belle
lurette que ça n'est pas arrivé, il faut dire qu'il a rarement plu depuis le début du voyage mis à part de petites
averses de bruine passagère ici et là.  Voyant cela, je décrète qu'aujourd'hui sera une journée pyjama au
grand bonheur des enfants mais ils déchantent un peu de voir qu'on fait quand même l'école (chez matante
Lyne me disent-ils ce n'était pas ça une journée pyjama).  La matinéese passe au son de la corne de brume
du port, on jurerait la sirène d'une attaque nucléaire!
<pre>En PM le soleil réapparaît alors on abandonne vite le pyjama pour d'autres projets.  Les enfants jouent et
vont au parc, Thomas fait une page de 'scrapbooking sur La Rochelle et René et moi faisons le re-tressage
de la trampoline de babord où 2 ancrages avaient cédés en route vers La Rochelle, en ayant bien sûr une
petite pensée pour Isabelle, Paule, Pierre et Guy qui ont déjà eux aussi investis de longues heures de
labeur sur les trampolines.

    
Lundi 06 octobre , Póvoa de Varzim Portugal

    
Après l'école du matin, nous allons fouiner en ville en PM et c'est vraiment frappant de voir
le changement drastique de culture avec l'Espagne.  Les rues et leurs maisons à la façade de céramique
ont un petit cachet tout-à-fait pittoresque.  Ici on se comprend pas avec les mots, le français, anglais,
espagnol et portugais ne semblent pas se rejoindre mais les gens sont d'une gentillesse… Les passants
sur la rue s'arrêtent pour nous parler. Des vieux monsieurs et madames perchés sur le pas de leur
porte nous arrêtent pour nous baragouiner des félicitations pour les 4 enfants et pour nous dire qu'ils sont
beaux avec leurs cheveux blonds.  Nos quatre Mousses engendrent bien des regards et des conversations. 
On a changé de planète!

    
Dimanche 05 octobre , Póvoa de Varzim Portugal

    
Nous sommes arrivés à destination depuis 08h40 ce matin.  C'était vraiment une bonne idée que René
a eu que de voyager de nuit.  Comme ça, on s'est évité le vent de face qui débutait ce matin, et ce 
pour au moins les quatre prochains jours.  C'est dimanche, les cloches sonnent de partout, il semble
y avoir des messes un peu partout mais sur le bateau c'est jour d'école.  Les enfants écrivent
présentement  leur journal de bord puis font des mathématiques et du vocabulaire.  Après dîner on décrète

que ce sera une journée pour 'chiller' (relaxer) et qu'on se fera une soirée cinéma sur le bateau.  On
donne 20 Euros aux enfants et une carte de la ville et on leur donne la tâche de trouver l'épicerie la plus
près en s'informant au comptoir de la marina.  Ils ont pour tâche de rapporter ce qu'il faut pour se faire un
souper de leur choix, style (finger food).  Inutile de dire qu'on a bien hâte de voir le résultat de l'expédition. 

Quelques heures plus tard… L'expédition des enfants en ville s'est avérée vaine.  Je gardais un œil sur eux
avec mes longues vues, à leur insu, en passant.  Ils sont revenus bredouille car tout est fermé le dimanche,
des épiceries ouvertes 7 jours et 24 heures sur 24 comme on en trouve chez nous ne courent pas les rues
en Europe.  Ce qui est une bonne chose.  Ils ont gardé le côté sacré des dimanches.  Donc ce sera une
soirée cinéma sur le bateau avec au menu des genres de fèves de haricots jaunesqui n'ont pas bien cuit…
avec des crêpes au sarazzin/mélasse et pour dessert, un flan.  Toutes des choses que Thomas, Nicolas
et moi avons cuisiné en PM.  Drôle de mélange vous me direz!  En tout cas, René qui est à faire la vaisselle
en ce moment trouve qu'on a laissé un beau bordel dans la cuisine… Ho well!

Note du capitaine

Pourquoi Póvoa de Varzim?  C'est notre première destination au Portugal parce que c'est une marina qui
collabore avec la traversée (ARC - Atlantic Rally for Cruisers) que nous entreprendrons au mois de
novembre et nous y obtenons donc un rabais de 50% sur notre quaiage. A 7,5€ c'est vraiment la marina
la moins chère depuis notre départ.  Nous y resterons donc une semaine.  Nous profiterons de cet arrêt
pour aller visiter la ville de Porto, c'est à environ 45 minutes de métro.  Vue du large, Póvoa de Varzim
ressemble selon certains à " un Manhattan miniature "  .  De hauts hotels bordent la plage et la ville vit
principalement du tourisme et de son casino, bien qu'il y ait toujours une flotte de pêche active.  C'est une
ville d'environ 30000 habitants.  Nous n'avons pas accès à internet à partir du bateau mais la capitainerie
à 2 pas nous laisse y brancher notre ordi et il y a WiFi dans un restaurant tout proche.  On va profiter de
cette escale un peu plus longue pour faire un peu de maintenance,de l'école et visiter un peu.  Les préposés
de la marina ont été dès notre arrivée dès plus accueillant nous donnant plusieurs pamphlets sur les
attractions touristiques et plusieurs conseils sur la région.  Je dois avouer que c'est rafraichissant après nos
arrêts en Espagne.  La marina est beaucoup plus conviviale et compte plusieurs bateaux à pavillon étranger. 
Nous avons déjà rencontré deux bateaux suédois, des britanniques et des allemands.  Mettons que nous
n'avons pas encore rencontré de Canadiens depuis notre départ de La Rochelle

    
Samedi 04 octobre , En route pour Póvoa de Varzim Portugal

    
Aujourd'hui,  comme c'est notre dernière journée ici, je fais quelques brassées de lavage, les douches sont
prises, les journal de bord rédigés puis, comme c'est samedi, on se donne congé d'école pour aller visiter
le centre ville de Baiona dont la Forteresse de Monte Real, la Caravelle de Christophe Colomb (La Pinta)
et pour faire le parcours touristique du centre-ville.  La ville de Baiona est attrayante et prospère, c'est une
station touristique aux plages bien protégées et sa place dans l'histoire est assurée car c'est là qu'a débarqué
Christophe Colomb en 1493 en revenant du Nouveau Monde.  Puis après souper, le capt voyant  que la météo
prévoyait à partir du lendemain  un vent de face, et ce pour plusieurs jours à venir, décide de larguer les amarres. 
C'est donc de nuit que nous parcourons les douze heures qui nous séparent de notre prochaine destination. 
C'est une belle nuit étoilée et très éclairée car nous longeons la côte du Portugal mais nous louvoyons à travers
les filets, cages,bouées et les embarcations des pêcheurs, ce qui suscite un peu d'action.  Je réussis tout de
même, ce faisant, à écosser mes fèves que je mets à tremper pour une recette.  A leur réveil, tous sont aussi
bien heureux de sentir l'arôme de muffins aux bleuets, tout juste sortis du four.  (Réussis et délicieux en plus…
une bénédiction ce nouveau four!)

    
Vendredi 03 octobre ,  Baiona, Espagne

06h50 AM ce matin,  nous quittons la marina pour aller prendre l'autobus.   Nous arrivons à Saint-Jacques de 
Compostelle vers 10h00.  Après avoir interrogé un passant nous nous dirigeons directement vers la Cathédrale. 
Ca fait drôle de fouler la route qu'ont emprunté les courageux marcheurs que nous connaissons ( dont mes
parents, tante Luce, Isabelle et Claire).  Ca donnait des frissons de voir tous ces gens, venus des quatre coins
du monde, le sac au dos, déambuler dans la basilique en tenantfièrement dans la main, le tube contenant leur
certificat tant mérité.

En allant à la Cathédrale nous espérions grandement avoir droit à la cérémonie de l'encensoir dont mes parents
nous avaient parlé.  Comble de joie, notre vœu se réalise car alors que je tends l'oreille vers une guide qui
commente la visite devant son groupe, je l'entend mentionner qu'aujourd'hui, pour la messe de midi on actionnera
l'encensoir.  On s'installe dans un banc où l'on aura une vue tout-à-fait spectaculaire de cette cérémonie.  Il faut
huit hommes pour manœuvrer les huit cordes qui serviront à balancer l'encensoir à des vitesses, atteignant 75 km/hr
si j'ai bien compris l'explication de la guide.  Et tout ça dans le but, à l'époque, d'éloigner les mauvaises odeurs des
gens qui venaient s'installer pour vivre, dormir et cuisiner à même les murs de la Cathédrale (aux étages supérieurs). 
Il parait que ça venait qu'à sentir…  Je ne comprends pas pourquoi.

Est-ce une idée qu'on se fait où est-ce que les Espagnols sont un peu froids?  Bien sûr on ne peut généraliser mais,
nous sommes allés à Coruna, Vigo, Baiona et St-Jacques de Compostelle et à chacun de ces endroits, il nous a
semblé que les gens travaillant avec le public sont complètement blasés des touristes.  Mis à part un chauffeur d'autobus
avec qui nous avons longuement jasé, nous n'avons eu que des mauvaises expériences de gens qui ne veulent rien savoir,
que ce soit pour répondre à tes questions ou t'expliquer  quelque chose que tu ne comprends pas.  A chaque fois, on
nous tournait carrément le dos ou on nous ignorait.   A la fin de la journée on convient que dorénavant, on évaluera la
location d'une voiture car à six, ça monte vite les billets d'autobus.

    
Jeudi 02 octobre , en route pour Baiona, Espagne

Au réveil ce matin, nous sommes tout près de notre destination que nous atteignons vers 09h45 AM. 
Enfin mon torticolis est presque chose du passé, merci Dr. Deegle, un vrai gourou de la médecine avec
tes cocktails magiques.  Peu avant notre arrivée, nous pensons avoir une prise sur la ligne à pêche
mais nous la perdons et nous retrouvons avec des algues comme seule consolation. Comme aucune
des marinas ne nous répond sur la radio, on se fie à un espagnol venu à notre rencontre en zodiac et
nous arrêtons dans la première marina.  Nous leur expliquons vouloir un prix compétitif alors il nous
envoie voir le prix de l'autre marina, où nous nous rendons à pied.  La décision est prise, l'autre marina
est plus près des plages et d'un parc.  Alors pour le même prix (plus qu'abordable), on choisit cette
marina.  Ceci s'est révélé un bon choix car le diesel y était de 0.24$/litre moins cher.  Un prix d'ami! 
D'ailleurs, cette marina est la meilleure que nous ayons frappé depuis notre arrivée en Europe.
 
Le reste de la journée se passe à faire l'école et ceux qui ont bien coopéré obtiennent le droit de partir
explorer les plages et le parc en fin de PM… alors que d'autre, faute de coopération, se voit confiné au
bateau…  C'est la dure réalité, il faut parfois remettre les pendules à l'heure!  Ce soir nous soupons tôt
et nous couchons tôt car demain nous prenons l'autobus pour aller arpenter St-Jacques de Compostelle. 
Nous avons bien hâte.  Et finalement, j'aimerais terminer en remerciant Elena Mazzola et Gustavo Carias
pour m'avoir enseigné l'espagnol.   J'ai bien des pensées pour vous dernièrement, j'ai d'ailleurs acheté
du 'Dulce de Leche'  (lait condensé bouilli pour devenir du caramel) pour mettre sur les toasts le matin. 
C'est Elena qui m'avait fait découvrir cette douceur.   Je craignais d'être un peu rouillée avec mon
espagnol, mais comme par enchantement, tout me revient peu à peu et c'est vraiment merveilleux
de pouvoir communiquer et de se faire comprendre.  Nos trois petites têtes blondes  attirent bien
des sourires partout où l'on passe, on peut difficilement cacher être des touristes avec ces têtes.

    
Mercredi 01 octobre , en route pour Baiona, Espagne

08h15 AM, nous larguons les amarres pour notre prochaine destination, soit Baiona. 
Malgré les gouttes 'Motion Eaze' et le gravol, rien n'y fait, la houle fait son œuvre.  Ca rend l'école un peu
plus ardue mais  tout de même, on réussit à travailler les maths. Nicolas et Thomas passent tous deux
au 'splash pit' à tour de rôle.  Soulagé de son haut le cœur, entre deux bouchées, Thomas se rassoit
aussitôt à table et finit son assiette avec appétit disant qu'il ne peut se résoudre à ne pas manger la
délicieuse salade de pâtes froide au jambon et les quesadillas préparés par Nicolas et moi.  Quand on
dit qu'un enfant est vite remis sur pied,  c'en est une preuve bien tangible.  Cette nuit-là René barrera
jusqu'à 23h00 et moi jusqu'à 04h15 pour ensuite repasser la barre au capt  Pour une fois je ne m'endors
pas, je lis, je lis et je lis, quel bonheur!  Il faut toutefois être vigilant car c'est l'autoroute et on croise une
bonne trentaine de bateaux.  Au cours de la nuit, nous franchissons finalementle fameux Cap Finisterre
tant craint… nous le franchissons avec pas une once de vent, sans voiles et avec quatre dauphins qui
valsent joyeusement à la proue.  L'eau étant lisse, lisse, lisse, les dauphins m'apparaissent comme
fluorescents dans l'eau.  C'est que les millions de minuscules bulles d'air qu'ils laissent dans leur sillon
forment des traces blanches (comme celles que laisse un jet dans le ciel).  Dans la nuit ces sillons brillent,
c'est de toute beauté. 

    

    
Mardi 30 septembre, La Corogne, Espagne

Pour notre dernière journée à la Corogne, après avoir fait un  avant-midi de français et
d'espagnol, nous repartons à l'aventure, explorer les rues de la ville en espérant y visiter le
planétarium mais ce dernier est fermé pour rénovations jusqu'à Noël.  Nous arpentons donc la ville à
pied en nous arrêtant dans tous les parcs que nous croisons sur notre route.  En tout et partout nous
marchons bien un 7 à 8 km, et ce sans la moindre plainte de la part des enfants.  Un bon souper de tacos
pris sur le bateau nous redonne des forces, puis c'est le dodo car nous reprenons la mer le lendemain. 
En effet, en PM, dans un parc, nous avons remarqué que les feuilles commençaient à tomber.  C'est de
mauvaise augure, serait-ce l'automne ici aussi?  Si c'est le cas, continuons notre descente au plus vite
pour finalement trouver la chaleur des Tropiques.