Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Octobre 2009
 

 

Mardi 20 Octobre ,  Tonga

Petite routine dans les Tonga
18 oct 09
Tonga, Pacifique sud

Nous avons repris la mer à 04h00 du matin cette nuit et nous dirigeons
maintenant vers le groupe d'îles Ha'apai des Tonga, ce dernier situé un peu
plus au sud.  Fidèle à mes habitudes en mer, je reprends ma plume.  Voilà
maintenant trois semaines que nous évoluons dans le groupe d'îles principal des
Tonga soit le groupe Vava'u.  Nous avons pris une petite routine et nous promenons
d'un mouillage à l'autre en faisant des petits sauts de puces (navigation d'une heure
ou deux) pour y explorer les plages et les récifs.  Dimanche dernier nous ne sommes
pas allés à la messe et avons  décrété la journée comme congé d'école mais. à condition.
de faire le grand nettoyage de la coque.  Comme nous étions seuls dans ce petit
mouillage de rêve, nous avons mis de la grosse musique de 'poumpoum' dans le piton
(la musique de Curves de Corinne. Merci à toi Corinne!) et nous avons sorti nos 'mussels'
pour frotter la coque.  On s'est attaqués à la tâche à partir de 08h20 AM et n'avons pas
fini avant 15h45, heure à laquelle nous repartions pour rallier un autre mouillage. 
La mer était idéale, le calme plat, ça nous a grandement facilité la tâche.  Nous nous
sommes quand même accordé une pause pour le dîner.  Nos moussaillons ont été rémunérés
à l'effort, certains plus que d'autres :. C'est une bonne chose de faite, il y en avait
épais et un catamaran c'est peut-être bien stable mais ça en fait long à frotter 2 coques
(4 côtés)!

On apprécie notre petite routine des dernières semaines.  Chaque matin les femmes
se rencontrent sur la plage à 07h30 AM pour notre séance d'exercices.  Isabelle commence
avec le yoga, puis j'y vais d'une séance de musculation et Josée termine par la relaxation
par l'imagerie mentale.  Nous sommes de retour au bateau pour 09h00 AM, ressourcées et
pleines d'énergie.  C'est notre petite gâterie à nous.  Puis ce sont les classes, à raison
de 6 matins par semaine, on avance bien et c'est bien d'avoir une routine.  Une fois par
semaine nous passons au village pour nous réapprovisionner un peu mais pas trop car on
essaie de vider nos stocks avant d'atteindre la Nouvelle-Zélande à la mi-novembre.  

Nous avons rencontré le bateau 'Imagine' à plusieurs reprises et les enfants
ont retrouvé leurs amis avec joie.  Un soir René est allé pêcher avec Marc, leur fils
Grant et notre Nicolas.  Ils sont revenus avec trois cigales de mer et deux beaux crabes. 
Nous avons fait du snorkeling à plusieurs reprises et y avons vu de forts belles choses
dont un magnifique jardin de corail, rapportant parfois aussi des égratignures laissées
par les récifs.  Une fois nous sommes allés à une caverne sous-marine.  Il fallait plonger
à 4 pieds de profondeur et tenir notre souffle pour nager une distance de 15 pieds sous
l'eau.  René et moi l'avons fait avant pour évaluer le degré de difficulté puis Thomas
l'a fait.  L'eau crée une drôle de pression à cet endroit et, dans la caverne, il y a
un espèce de brouillard qui part et qui vient à cause de cette pression.  Nicolas et
Antoine ont réussi à le faire aussi mais c'est avec notre petit compresseur de plongée
qu'ils l'ont fait.  Catherine a préféré ne pas y aller, j'avoue que c'était un peu
impressionnant.  C'est certain que ça fait un peu peur de plonger dans l'inconnu sans
savoir ce qui nous attend à l'autre bout. Somme toute ce fut une autre belle expérience
et sur le chemin du retour vers le bateau nous avons vu un espèce de sanctuaire à
chauve-souris.  Il s'agissait de l'espèce appelé 'fruit bat', ce sont d'énormes
chauve-souris, elles virevoltaient dans les airs pour aller s'accrocher par les pattes,
la tête en bas, dans les arbres.

Un matin, alors qu'Isabelle, Josée et moi faisions notre yoga, une femme s'est
approchée pour venir nous parler.  Nos contacts avec les locaux ont été plutôt rares
jusqu'à maintenant dans les Tonga, c'est qu'il y a tant de bateaux.  Donc, nous étions
les seuls trois bateaux de cet endroit et cette femme est venue nous jaser pour nous
offrir de nous faire faire le tour de leur petite île de 200 habitants.  Nous avons donc
convenu de revenir en PM après les classes du matin.  A notre retour après le dîner, elle
nous attendait.  Nous (les 3 bateaux) lui avions apporté quelques petites choses comme
des légumineuses sèches, graines d'ensemencement, couscous, riz, farine, lait en poudre
et autre tous des aliments qu'on nous confisquera à notre arrivée en Nouvelle-Zélande. 
Nous leur avons aussi donné des bonbons ce qui a fait le plus grand bonheur de leurs 6
enfants (cinq filles et un garçon).  Ils nous ont expliqué qu'ils ont été forts soulagés
de la naissance de leur petit dernier (âgé de 6 mois) enfin le garçon qu'ils attendaient
pour leur assurer l'héritage familial, à défaut de quoi ils auraient perdu la maison après
la mort des parents.  Inutile de dire que la famille de cette femme âgée de 35 ans peut
maintenant être considérée comme complète. Maintenant qu'ils ont leur fils, ils vont se
contenter de leurs 6 enfants.  Nous leur avons aussi donné du sirop contre la toux, du
Tempra pour leur bébé et des crèmes à base de cortisone pour traiter les plaies que les
enfants ont partout sur les jambes.  Probablement des champignons quelconques mais qui ne
finissent jamais par guérir et se multiplient.  Les plaies sont infestées de mouches à
longueur de journée, ce qui n'aide en rien à la guérison.  Reste à voir s'ils feront
vraiment le traitement et s'ils obtiendront du succès mais bon au moins on aura essayé. 
Je n'ai jamais pu me rappeler du nom de la femme mais son mari lui s'appelait Ben.  Il a
gentiment offert d'emmener nos hommes à la pêche.  Ainsi, vers 20h00, Ben et son frère sont
venus chercher Jacques, Brian et René pour une pêche de quelques heures.  A leur retour
vers minuit et demi, ils ramenaient fièrement 10 crabes, 1 langouste et environ 35 cigales
de mer, ainsi qu'une quarantaine de poissons divers.  Nous avons gardé tous les crustacés
dont Ben et son frère ne voulaient pas et nous avons gardé 4 des poissons, soit un poisson
perroquet et trois nasons à rostre court.  On se promet tout un festin sur la plage à notre
arrivée dans le groupe Ha'apai, ce groupe moins populaire et craint des navigateurs qui
apparemment vaut grandement la peine d'être vu.  Espérons que les mouillages seront un peu
plus déserts à cet endroit et que le traffic radio se calmera un peu.

Pour terminer, je voulais parler d'un sujet avec nos proches.  Nous avons débuté,
l'an dernier, la lecture de la collection de livres des Chevaliers d'Emeraude.  Nous avons
les deux premiers volumes d'une série d'une douzaine de livres (si je ne m'abuse).  J'étais
pour commander le reste de la série par l'intermédiaire de Luc via E-Bay ou autre mais avant
de me lancer dans cet achat j'ai pensé consulter nos lecteurs.  Non pas pour demander la
charité car bien sûr on va payer les livres, c'est juste que j'ai pensé les acheter de nos
connaissances plutôt que de les acheter à des étrangers.  Nous avons les deux premiers livres
des Chevaliers d'Emeraude et les trois premiers de la série d'Amos d'Aragon, deux séries que
nous aimerions compléter.  Donc le mot est passé, si vous avez ces volumes qui ramassent
la poussière sur les tablettes de votre bibliothèque personnelle à la maison, nous aimerions
vous les acheter via Luc.
Lundi  05 Octobre ,  Tonga -- Tsunami -- 

Ajout spécial d'un texte du bateau canadien Wasabi 
qui donne un autre point de vue sur les évènements du 30 septembre
Hello all,

Have you heard about the 8.1 Earthquake near Samoa at about 7:AM local time? It was

like 250 miles NNE of us in the Vav'u Group of Kingdom of Tonga Islands.

It created a Tsunami that killed 100 people in Samoa we heard this morning. We have

a buddy boat, Gallivanter, who said he was tied to the wharf a week ago. Have not

heard from him yet.

We were anchored off a reef, nice and peaceful, with six other buddy boats. The

reef stretches between Nuku and Kapa islands. Then about 7:30AM, WASABI started

pointing her bow so the stern was towards the reef. I walked forward and checked

the anchor chain and it looked fine because the chain was still laid out as we

dropped it the afternoon before and there was no wind. Isabelle was thinking of

jumping in and going snorkeling.

And then about 7:50, an unusual current came over the reef and turned WASABI so

I went forward to look again. And man, the chain was dragging across the sand

really fast. And then the water depth started dropping. So Isabelle and I started

our "pull the hook" routine, but it just started getting wild and crazy. The other

boats were in the same drill but we started maybe 5 minutes sooner. By the time

we got the hook up, the current had changed directions "in from the reef" to "out

over the reef" about 5 times. And we are talking "White Water River Rafting"

current with the coral heads sticking 3 feet above the water that used to be 8-9

foot below. As I was pulling away, I saw a "55 gal drum" sized coral head torn

free and tumbling along with the current towards me. I didn't look back.

In the midst of all this while the crew on other boats we yelling orders at each

other, the local VHF radio guys announced that there is a "Tsunami Watch" in effect

so "be careful".

Two of the boats, Cat Mouses and Monkey Feet had to cut their anchor chains free and

leave them. As the depth kept rising and then falling with the current direction

changes, they both were being slammed on the coral heads. Wished I was taking

movies. I think one boat did.
After we all got free, all the boats had to motor around in circles in the deepest

bay while the Tsunami Watch was in effect for a few hours. Then all the Captains

got in our dinghies to go retrieve the anchors while the First Mates drove in

circles. Cat Mouses had tied a buoy to theirs so it was easy to find and me and

him got it up pretty fast. It was lucky because there was a current change while

we were pulling it up. But the current ended being short and mild. With it in my

dinghy, we got it back on his catamaran and went to help Monkey Feet. The current

had moved a ton of sand so they had to snorkel search and search for it. Then they

started to raise the chain only to have get stuck under a coral head. So they found

the anchor, tied a line to it and raised it into another dinghy. After much study

of the chain and the coral head, they decided to remove the anchor from the chain

and then lay the chain out on the bottom. Then they used two dinghies to drag the

chain out from under the coral head that must have been rolled over onto the chain.
And the weather was beautiful! We finished all this by 1:00PM. We feel we were really

lucky not to get hurt.
Brian, Isabelle and Gypsy
s/v WASABI

Vendredi  03 Octobre ,  Tonga 

Tonga 03 octobre 2009

Tonga, Pacifique sud 
Je voudrais d'abord mentionner, pour ceux que ça intéresserait et qui ne l'ont pas
encore lu, que Josée et Jacques d'Alexandre IV, ont écrit un récit tout-à-fait
extraordinaire concernant nos dernières aventures vécues lors du tsunami.  J'ai
trouvé ça fort intéressant de lire leur description de ce qui nous est arrivé. 
Leur version donne une perspective différente car ils ont vécu l'expérience
différemment et avaient une vue extérieure sur les événements alors que, pour
notre part, nous étions tellement concentrés à ce qu'on faisait qu'on ne pouvait
pas bien visualiser l'ensemble de la situation, ni bien réaliser l'ampleur du
danger.  Nous recevons des échos des dommages subis dans la région de Samoa.  Pago
Pago a été durement touché et c'était justement l'endroit où Lucey Blue avait été
forcé d'arrêter il y a quelques semaines de cela pour aller faire le plein de diésel. 
Nos amis de Gallivanter et leur fils Stuart (ami de Nicolas) y étaient lors du tsunami
car ils s'y étaient installés pour y travailler durant quelque temps.  Le matin du
tsunami, le bateau a soudainement touché le fond avec le retrait des eaux, et au
même moment, 3 des 5 amarres du bateau qui était au quai se sont rompues.  A ce
moment, Kirk a demandé à Cathy de couper les 2 amarres restantes.  Quelques secondes
plus tard, les eaux sont revenues et le bateau a été soulevé par la vague pour se
retrouver au-dessus de la terre ferme mais fort heureusement, le moteur étant allumé,
Kirk a pu diriger le bateau et suivre la vague lors du retrait des eaux pour se
retrouver en mer.  D'autres n'ont pas eu cette chance, un bateau appelé 'Manley'
a vu s'abattre sur eux cette vague qui les a happé comme d'autres bateaux pour
aller les porter sur le quai.  Le mari est tombé à l'eau et n'a jamais été retrouvé,
noyé avec la vague.  C'est à glacer le sang, la femme se retrouve seule sur son bateau
plus de mari.  Ca termine une navigation de façon assez dramatique.  Nous continuons
à recevoir des rapports de situation périodiques sur les autres navigateurs qui se
trouvaient aux Samoa, des bateaux qui se sont retrouvés sur la terre ferme, d'autres
avec des dommages importants, du pillage sur les bateaux laissés sans surveillance
l'espace d'un instant!!  Des rapports qui nous font réaliser que nous avons été
chanceux dans notre malchance.  Maintenant remise de mes émotions, je reprends ma
plume pour décrire notre arrivée à Tonga.  Tonga c'est le seul royaume polynésien
qui subsiste, dont le leadership du pays (nomination du roi) passe de père en fils. 
Le roi siège à Nukualofa dans son palais royal à l'architecture victorienne. Tonga
est un pays,  indépendant depuis le 4 juin 1970, il est constitué de 170 îles dont
134 demeurent inhabitées à ce jour en raison du manque d'eau potable, terres
cultivables et d'infrastructures de transports.  La population totale des Tonga 
est estimée à 112 000 habitants et la langue parlée est un dialecte  polynésien
appelé Tongan, langue étroitement liée à celle parlée aux Samoa.  L'anglais, langue
seconde, y est couramment parlé partout et la devise monétaire est le Pa'anga.  Tonga
est constitué de quatre groupes principaux d'îles :  Niuas, groupe Vava'U, groupe
Haapai et finalement le groupe Tongatapu.

Nous nous trouvons actuellement dans le groupe de Vava'U, le plus gros groupe des quatre, 
qui se compose d'une cinquantaine d'îles et dont la population est d'environ 16 000 habitants. 
Nous avons été acueillis par la délégation des douaniers arborant un large sourire et vêtus
de la traditionnelle jupe appelée tupenu.  Aussitôt les formalités d'entrée terminées, nous
avons tôt fait de faire un saut en ville pour aller y chercher des sous.  Nous sommes heureux
d'y trouver un marché garni d'une variété abondante de fruits et légumes aux couleurs vives. 
Boulangeries, cafés, resto, nous voici de retour dans la civilisation!  On se promet un bon
souper entre adultes dans un petit resto.  Ici dans la baie, la plupart des bateaux sont au
mouillage sur corps-mort en raison des profondeurs et d'un mauvais fond mais il est aussi
possible de mouiller avec l'ancre.  Il y a une communauté de voile assez impressionnante
ici, tous en préparation pour une traversée soit vers l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. 
Le 'night life' est très animé à cet endroit.  La vie sociale du Yacht Club de Vava'U est
un peu étourdissante, l'endroit est bondé de touristes et de navigateurs de tous les coins
du monde.  Plusieurs d'entre eux  sillonnent les îles de Tonga depuis plusieurs semaines
déjà, ce qui génère des conversations animées.  J'ai perdu l'habitude de cette vie un peu
étourdissante.  Nous sommes heureux de connaître de nouveaux navigateurs lors de cette escale,
mais personnellement, j'ai hâte de terminer le réapprovisionnement pour retrouver notre
calme.  Ce n'est pas mon style les bars bruyants où il faut se crier pour se parler.

Le dimanche suivant notre arrivée, nous décidons d'aller assister à la messe locale. 
Les gens ici sont très conservateurs et croyants, d'ailleurs gare à celui qui ne se couvre
pas suffisamment.  Un homme pris à se promener sans chemise se voit imposer une amende de
20 Pa'anga.  Je dois avouer que j'avais omis de lire sur Tonga avant de mettre un pied à
terre et une fois au marché, une dame m'a vite remise à l'ordre me demandant de bien boutonner
ma chemise.  Oups! Donc, de retour à nos moutons, la messe.  Nous avons été fort impressionnés
par la cérémonie.  L'église comme telle n'avait rien de majestueux mais ce fut une expérience
inoubliable.  Les gens étaient vêtus de leurs plus beaux habits, tous aussi endimanchés les
uns que les autres.  Les  petites filles vêtues de robes chics, bien coiffées et parfois
chaussées des souliers à talon hauts (de leur maman sans doute). Les adultes portent pour
la plupart, la jupe traditionnelle 'tupenu' ainsi qu'une bande décorative portée à la taille,
appelée le 'kiekie'.  Plusieurs portaient aussi une espèce de jupe  matelassée tissée de
feuilles de pandanus 'taovala', le tout serré à la taille par un cordon faisant plusieurs
tours.  Cet habillement vise à témoigner une certaine marque de respect envers la royauté,
les personnes âgées et sert également en période de deuil.  Plus le taovala est long
plus la personne pour qui on fait le deuil nous est proche et chère.  Les chants de la
messe étaient magnifiques, les paroissiens formaient une chorale impressionnante et
chantaient acapela et avec quatre accords avec une telle force que ça en faisait mal
aux oreilles par moment.

Après notre aventure du tsunami, nous avons rallié une petite île un peu plus tranquille
où nous avons passé un bon moment avec Graine d'Etoile, Alexandre IV, Wasabi et Kena. 
Le snorkelling est bon dans les Tonga et il est très fréquent de voir des baleines à
bosse faire des galipettes à l'horizon.  L'industrie de l'observation des baleines est
l'une des activités économiques les plus importantes de l'endroit. Fort heureusement,
les habitants de Tonga  ont compris l'importance cruciale de préservation des coraux,
poissons, crustacés, baleines et autres.  Ils ont d'ailleurs créé cinq parcs marins
nationaux à Tongatapu.   Hier, Nicolas et René ont été invités sur Wasabi pour faire la
course de voile hebdomadaire du vendredi soir.   Ils se sont classés en deuxième position
et Nicolas a été impressionné par les vitesses qu'ils ont atteintes ainsi que le degré
de gite qu'ils avaient ce faisant.  

Nous venons de quitter cet PM, la trop populaire baie de Neiafu pour rallier un mouillage
plus calme et ce soir nous allons participer à un festin traditionnel local donné sur la
plage.  On y mange apparemment sans ustensiles, dans des feuilles de bananiers ou autre et
il y a des danses et de l'animation faites par les enfants du village.  Plus à suivre,
je dois maintenant aller me préparer pour cette grande sortie.  Honnêtement, je n'ai pas
tellement le goût de me jeter à l'eau pour me laver car je trouve le temps un peu venteux
et frisquet mais il faut ce qu'il faut.  Pas le choix!!!

Et bien pour terminer, un petit mot sur notre festin d'hier soir.  Je dois dire que nous
avons été enchantés à l'unanimité.  Un pur délice!  Nous avons été accueillis et divertis
par un petit groupe d'enfants qui offraient de belles petites danses alors que leurs
parents jouaient de la musique et chantaient.  Leurs performances étaient étonnantes pour
des enfants et l'un des garçons a même jonglé avec le feu et tenu des torches enflammées
sur la plante de ses pieds plusieurs secondes durant.  Lors de cette prestation, la table
fut montée.  Quelle table colorée et appétissante!  Une fois à table, on nous a décrit tous
les plats sur la table.  Pieuvre et  'fish cakes' en entrée, poisson cru, poulet et 'corn beef'
cuits à la vapeurs dans des feuilles de bananiers avec du lait de coco, salades garnies de
poisson et de poulet, pain d'ananas cuit à la vapeur et pour le dessert des petites boules
de pâte cuites dans une sauce légèrement sucrée, style grand-pères au sirop d'érable.  Il n'y
avait aucune vaisselle, ni ustensiles, tout était présenté à la mode polynésienne d'une manière
100% naturelle. Tous les mets étaient étalés sur la table, elle recouverte d'une longue feuille
de bananier en guise de nappe, et la nourriture était présentée dans des bols de coco, bols
de papaye verte et barquettes prélevées dans le tronc du bananier tel une moitié de tige de
bambou qu'on aurait évidée.  Plusieurs mets étaient aussi enveloppés dans des feuilles de
bananier et présentés sous forme de petits baluchons très jolis.  C'était non seulement beau
à regarder mais également succulent et nous avons eu beaucoup de plaisir à déguster tous ces
plats avec nos doigts.  Les enfants s'en donnaient à coeur joie de pouvoir piger dans la
nourriture et manger avec leurs doigts.  Après le repas ils se sont beaucoup amusés avec
les enfants locaux à courir, à faire des combats d'épée et à rire.  Bref, ce fut une bien
belle soirée.

Ce matin, Isabelle, Josée et moi sommes allés sur la plage pour faire une session de yoga. 
Quel bonheur d'être sur la terre ferme et entre amis pour s'étirer et se dégourdir le corps
un peu.  Le soleil, le vent, le décor de rêve.  Isabelle a donné la session de yoga et j'ai
terminé le tout avec une courte séance d'abdominaux  (Ab Ripper 200), empruntée à mon
entraîneur personnel Tony Horton.  Un peu plus tard, après déjeuner, nous sommes partis à
pied sur l'île pour aller assister à la messe locale.  Nous avons eu la chance de voir une
partie de messe Méthodiste et une autre style Tonga.  Ici aussi les chants étaient
magnifiques.  Les habillements étaient aussi très traditionnels mais les couleurs étaient
pour la plupart noires.  Dès notre entrée dans l'église plusieurs hommes se sont poussés
de leur banc pour nous céder leur place et eux s'asseoir à même le sol.  Nous avions,
comme eux, retiré nos chaussures avant d'entrer.  Puis lorsque la messe s'est terminée,
un homme s'est approché et nous a invités à le suivre.  Nous ne savions pas trop ce qui
nous attendait mais Jacques et René l'ont vite découvert.  Ils se sont retrouvés assis
parmi un cercle, composé strictement d'hommes.  Ils ne savaient pas trop que dire, ni
comment agir.  On leur a alors tendu un bol de coco dans lequel on leur a servi la boisson
locale, le kava.  Le kava c'est de l'eau à laquelle on ajoute de la poudre obtenue à partir
d'une racine, le kava.  Cette concoction, non alcoolisée, a comme propriété d'engourdir la
bouche et Dieu sait quoi.. Ca a au moins eu l'effet de détendre l'atmosphère et René s'est
risqué à parler pour décrire un peu le tsunami que nous venions de vivre et parler de notre
voyage.  La discussion s'est vite animée et à la fin ça commençait à rire fort un peu. 
Josée, les enfants et moi qui attendions dehors, nous demandions bien de quoi ils pouvaient
bien parler pour rire de même, une petite idée quelqu'un?   Toujours est-il que René est
sorti de là un peu étourdi, la bouche un peu gelée, comme s'il sortait de chez le dentiste. 
Une chance qu'il avait demandé de petites rations (low tide) à chaque rasade car il serait
revenu un peu tourlou!  Jacques, pour sa part, étant un peu grippé, a préféré passer sur
l'offre et ne pas se délecter de ce liquide.  Nous y avions goûté rapidement hier soir, ce
n'est pas mauvais, c'est fade un peu mais ça n'a pas mauvais goût.  Nous avons changé de
mouillage cet PM et prévoyons y rester quelques jours.  En y arrivant, René est parti avec
Catherine, Nicolas et Antoine sur la plage.  A leur retour, ils ont une papaye et un pot
rempli de coquillages!!

Vendredi  03 Octobre ,  Tonga -- Tsunami --

Ajout spécial d'un texte du bateau américain Love Song 
qui donne un autre point de vue sur les évènements du 30 septembre

Subject: Love Song's tsunami point of view
Date: 03 Oct 2009 04:24:00 -0000

Well it was quite the way to end September with the hopefully only once in a lifetime

experience of the Samoa Tsunami. We have talked about it happening, but know it can

be anywhere/anytime, unlike our experiences w/ hurricanes in a "hurricane season". We

are in a state of readiness though as there could be more triggered by aftershocks and

other tremors. Now we will leave our radio on Ch.16 all day and night the rest of our

lives though! Normally we turn the radio on at 8:30am every day for the cruiser's net,

but yesterday we learned afterwards that the people in town who run the "net" had made

a tsunami warning broadcast some time around 8am and then about 15 minutes later they

came on again and said that since nothing was evident/experienced that it should be

disregarded! So today on the net Allen made the point that if a warning of any kind is

issued it should remain standing and the boaters can make their own personal choices of

how to respond/prepare. Good point!

We were really fortunate that we had moved the day previous from where all the rough

action was experienced by the several other boats, Monkey Feet and CatMousses suffering

the most, and we were in 36 feet of water, sheltered on one side by the small island of

Nuku. A couple days earlier we had set up our tent on the beach. The first night we left

it up empty and the next morning we found it in the water! The next night another boat

set up a tent and between the 2 tents there were 13 kids and 2 dogs sleeping ashore

after a giant potluck and bon fire. Our dinghy happened to get punctured by the anchor

that day, so we left it ashore as well to be repaired in the morning. Fortunately all

of this was the day before the tsunami! We don't try an imagine the "what if's"...So far

in Tonga, there are 10 dead and 4 missing from Tongatapu, which is 150 miles north and

it was a little village washed away (where there has been more earthquake action). This

is another hard hit for Tonga after the sinking of the ferry Princess Ashika a little

over a month ago.

It was only 8am when we heard our neighboring French lady yelling her head off

unintelligibly, and came up in our birthday suits to we see all the commotion of people

rushing to haul anchors. Then we heard her yell TSUNAMI so that made it clear, do it

quick! We had 2 surfboards and the repaired dinghy out back so the boards were flung

on deck and the dinghy stayed tied on back and I turned the ignition while Allen ran

forward to haul in 140 feet of chain and anchor, and when the anchor was barely off

the bottom I was driving behind S/V Imagine turning out. My adrenalin was full blast

by then and Allen took over to drive while I got lifevests for everyone (Wyatt was

still asleep and I woke him to put his on!). We had no idea what to expect, so better

to don the vests if we needed them.

Then we saw all the trouble on the point of the beach where the water started receding

and pulling the boats around sharply like they were going to go down a vortex drain or

go white water river rafting in the churning water off the end of the beach. The

catamaran CatMousses' anchor held while they pivoted around it like a slingshot and

the bows yanked down like a nose wheelie and the screams of their 4 children aboard

sounded like terror on a roller coaster ride. The parents have been in the Canadian

Army for life and maybe their training helped somehow as they slipped the anchor and

blasted back out on the next rise of water. Monkey Feet hit their keel and have some

scars, but they didn't get sucked in as far as the catamaran, the difference being a

heavyweight monohull and a light cat. Neither boat could make any headway against the

tidal flow and suck. That's how serious the first episode was. Then once everyone was

away, the island beach submerged again and again, a little lower each time, over and

over again for the next two hours. It probably happened roughly every 5 minutes, then

10, then lengthening to 15 minutes, lasting only a minute to drain and another to re-fill

each time. Very powerful surge! We didn't hear any reports of any other such drama in

the fleet, and it was relatively unnoticed in the Neiafu anchorage/mooring field itself,

in town. 

The water afterwards was rather full of debris from the scrubbing the shorelines took,

and the anchor chains and anchors of Monkey Feet and CatMousses were seriously buried

with all the sand shifting, but they both retrieved anchors successfully. All but one

of the boats bugged out for different anchorages, and we crossed to the anchorage

nearest to re-anchor in 32 feet. It was strange during the 2-3 hours that the boats

milled about, nearly 30 boats in our area alone, nobody sure of where to go or what

to do. It was very eerie to return to Nuku to gather all the toys and cooking grill

from the beach after all that action, I kept looking back at the dinghy to make sure

it was there and that the water wasn't playing any more tricks. It was difficult to

believe it had been so frothy and dangerous only hours earlier and now was saying, come

swim! NO WAY! Even today the kids played in trees on the shoreline instead... perhaps

subliminal thinking to stay high and dry!

Unfortunately the phone hasn't had any service still, and we are in no rush to return

to town yet, so email sailmail and please remember to NOT reply, but start a new email

if you want to write. Thanks for your concern and your prayers.  Read Matthew 6:25-34...

Therefore I tell you, do not worry about your life, what you will eat or drink; or about

your body, what you will wear...do not worry about tomorrow, for tomorrow will worry

about itself...

With love from all of us to all of you,
Kath, Allen, Morg, Wyatt, dallas and dulce

Jeudi  01 Octobre ,  Tonga -- Tsunami --

Ajout spécial du texte de Jacques sur Alexandre IV
qui donne un autre point de vue sur les évènements

Bonjour à tous,nous avions commencé à vous écrire le 30 septembre. Vous recevrez

ce courriel avant l'autre à cause des évènements d'hier. Nous avons pensé que vous

aimeriez recevoir des nouvelles et connaître ce que nous avons vécu. Nous vous

envoyons aussi l'expérience de Cat Mousses, nos amis avec qui nous voyageons. Nous

étions avec eux  ainsi que d'autres voiliers dans un ancrage à moins de 50 mètres

du rivage ou des récifs, car c'était très profond et on ne peut s'ancrer d'autre

façon. C'est un mouillage recommandé pour la nuit sur la carte de Mooring près de

l'île Nuku  et entre l'île de Kapa dans les Tonga. Elle est située au Sud Ouest

des Samoa à 400 km de l'épicentre du séisme de 8.2 qui a eu lieu au environ à 07:00

du matin. Lorsque le tsunami est arrivé ici il était environ 08:00. Nous étions

couchés et avons entendu des enfants crier ainsi que la femme du voilier Graines

d'Étoile crier Alexandre 1V, Alexandre 1V et ceci plusieurs fois. Nous nous sommes

levés rapidement et avons constaté un phénomène bizarre, l'eau se retirait et il y

avait un trou en avant du bateau où l'eau s'engouffrait sur la pointe de l'ile

(sur le coup j'ai pensé à une renverse de marée mais c'était vraiment trop

impressionnant pour être cela), j'ai immédiatement parti le moteur et l'ai mis en

renverse pour ne pas être engouffré dans le tourbillon. J'ai commencé à relever

l'ancre, mais évidemment elle s'est prise dans une patate de corail, mais avec le

guindeau et le moteur de reculons nous avons réussi à nous extraire (in extrémis)

de cet ancrage.

Par contre à coté de moi, il y avait Cat Mousses (un catamaran avec 4 enfants)et

Monkey Feet (un monocoque avec 3 enfants) deux bateaux canadiens. Eux n'ont pas réussi

à remonter leur ancre car ils étaient dans le gros du courant qui dépassait les 10

noeuds. J'ai entendu la chaîne se vider de son puit d'ancre et vu Cat Mousse partir

dans le courant et les vagues. C'était comme dans les rapides Lachine au printemps

mais le bateau s'est arrêté au bout de sa chaîne qui a arraché son ancrage pris à

la coque. Heureusement la plaque s'est coincée sous le guideau. Là j'ai vraiment

pensé que le voyage était terminé pour eux, car il était dans une zone de récifs tout

autour d'eux et sur un demi-mille à l'arrière d'eux. Pendant ce temps Monkey Feet

s'est couché sur le coté pris dans une tête de corail. C'était une vue terrifiante

de voir les deux bateaux et nos amis dans ces positions. J'ai mis mon annexe à l'eau

et embarqué un long cordage et autres équipements de sécurité et me suis dirigé vers

Cat Mousse, mais heureusement une renverse de courant et l'augmentation du niveau

d'eau les ont sorti de cette fâcheuse situation et ils ont eu juste le temps de

couper les chaînes d'ancre avant que le courant renverse de nouveau . Je dois vous

expliquer que le phénomène du Tsunami entre les îles n'a pas juste été une grosse

vague qui a frappé la côte comme dans d'autres îles autour mais un abaissement

drastique du niveau de la mer et un relèvement de ce même niveau quelques minutes

plus tard .Il y avait au moins une variation de 3 mètres entre les deux niveaux et

cela a duré pratiquement tout l'avant-midi en allant en dégradant.

Vous allez sûrement vous demander:  Y a pas eu d'alerte de Tsunami, et bien oui,

mais l'opérateur du net sur le 26 qui avait reçu un avis de Tsunami pour 07:51 et

quand il a vu à cette heure qu'il n'y avait pas eu de tsunami il a pensé que ça ne

valait pas la peine d'aviser les navigateurs sur le 16. Nous et la majorité des

navigateurs avons la radio ouverte sur le 16, 24 heures sur 24 . Sans commentaire.

En résumé, dans les 30 années de navigation de Jacques il a vu bien des bateaux

dans des situations périlleuses mais jamais vu deux bateaux en aussi dramatique

situation et s'en sortir avec seulement quelques égratignures. Ils ont été vraiment

chanceux et le ciel est sûrement avec eux.

Au Tonga, il y a eu 7 morts, 4 disparus et 4 blessés.
Jacques Poirier et Josée Mallette
Alexandre IV