Journal de bord Octobre 2011
Dimanche 30 octobre , Johor Bahru Malaisie Péninsulaire
Récit # 188 - Cat Mousses - Arrivée en Malaisie péninsulaire
Nous sommes arrivés dans l'état de Johor, à la pointe sud du continent asiatique,
et plus précisément à Danga Bay, dans la ville de Johor Bahru (JB), mercredi
dernier, le 26 octobre. A deux pas de Singapour, Johor Bahru est la ville la
plus au sud (méridionale), de la Malaisie péninsulaire. Nous avons fait le Détroit
de Singapour de nuit pour nous y rendre. Ouf! Toute une expérience! Passer
sur cette autoroute maritime, de nuit, avec parfois plus de 200 cibles sur notre
appareil AIS (détectant la présence de bateaux en risque de collision)... Ça prend
des nerfs! Je ne comprends pas pourquoi, mais le capitaine n'a pas quitté la barre
une seconde et n'a pas fermé l'oeil de toute la nuit lors de ce passage. Les
cargos et les paquebots nous croisaient et nous coupaient de toute part et on
s'est même fait klaxonner à une ou deux occasions. On pensait avoir vu du traffic
sur l'eau, mais jamais comme ça!
Dès le lendemain, nous prenions le bus pour une petite visite éclair d'une journée
pour aller retrouver nos amis à leur marina de Raffles Bay à Singapour. Finalement,
notre visite éclair s'est avérée une visite de deux jours. Nous étions tellement
contents de revoir tout notre monde et avions tant à nous raconter que Wasabi et
Alexandre IV nous ont gardé à coucher. Ils sont dans une marina absolument magnifique,
les enfants nous en parlent encore et voudraient bien qu'on aille s'y installer.
Nous sommes revenus seulement le lendemain, non sans faire un saut dans les prestigieuses
'shops' électroniques du centre-ville de Singapour. Ça vaut la peine d'être vu et il
y a énormément de choix mais les prix sont tout sauf compétitifs. D'ailleurs à ce titre,
à chaque weekend, c'est l'exode des habitants de Singapour vers Johor Bahru en Malaisie,
pour venir faire leurs achats. En effet, tout est beaucoup moins cher de ce côté-ci.
A notre retour à Johor Bahru, une belle surprise nous attendait. L'administration de la
marina nous avait, comme par magie, déniché une place à quai, et c'est gratuit par-dessus
le marché. Bon, les services ne sont pas encore tout-à-fait à point puisque le projet
de construction de cette marina n'est pas encore terminé, mais comme c'est gratuit, on
s'en accommode très bien. Il y a l'autobus juste en face pour nous emmener partout et
on est tout près du centre-ville de Singapour. C'est, hors de tout doute, LE 'spot'
de la ville, les Malais en sont très fiers et il y règne une super belle ambiance avec
le resto, le bar et les bands, etc. Les enfants ont trouvé des amis de leur âge, ils
sont donc aux anges d'être à quai pour pouvoir s'amuser à leur guise en PM. Ils sont
super heureux de retrouver des copains car, pour nos quatre mousses, comme pour eux
(les autres enfants), les amis ne couraient pas les mouillages cette année dans les coins
où on se trouvait. Les enfants se sont tous entendus pour passer l'Halloween ensemble
demain: un événement qui, il va s'en dire, leur tient beaucoup à coeur. Ils se font
toute une fête de cet événement qu'ils attendaient avec impatience.
A part ça, il ne reste plus que quatre jours avant l'arrivée de
Luc,Chantal et Geneviève (notre filleule), l'une de leurs trois filles.
Lors de leur passage,
nous leur réservons un programme assez chargé.
Nous leur donnerons
bien une journée pour souffler en arrivant mais,
après... 'watch out'!
Il n'y aura plus de temps pour se reposer
puisqu'on partira sur
un sprint de visites. D'abord, Singapour pour deux
jours, puis un
sanctuaire (orphelinat) pour éléphants et ensuite Kuala
Lumpur (la capitale)
pour trois jours. Puis, les vols étant tellement
abordables de cet
endroit, nous avons décidé de partir explorer les
fabuleux et mythiques
temples de Siem Reap au Cambodge. Luc sera content
de voir qu'on a
l'intention d'aller y faire une géo-cache dans un
temple, soit celui où
le fameux film Tomb Raider de Lara Croft a été
tourné. Wow! Nous
amorcerons ensuite notre retour vers Johor Barhu, en
nous arrêtant, chemin
faisant, à Malacca. Avec ce plan, nous passerons,
avec eux, un total de 6
nuits sur Cat Mousses et les 9 autres nuits se
passeront sur la route.
A ce titre, nous travaillons ardemment sur un
fichier Excel (comme
nous les aimons tant) afin de tout planifier au
quart de tour. Réussir
à réserver nos billets d'avion via internet fut
une aventure en soi
mais que dire des réservations de backpackers? Il
faut, de un, trouver
des endroits à la fois abordables mais propres,
mais le défi est
surtout de trouver des endroits où il reste assez de
place pour 9 personnes,
ce qui s'avère souvent assez ardu. Surtout que
lorsqu'on réserve pour
un groupe de 9, les propriétaires de backpackers
font de l'urticaire,
craignant que l'on souille la quiétude de leur
auberge. Neuf personnes
(dont 5 enfants), ce n'est pas très vendeur.
Heureusement, en
passant par la porte d'en arrière, en 'bypassant' le
système de réservations
électroniques et en communiquant directement
avec l'administration
des backpackers respectifs, nous avons résolu les
problèmes de
réservations, du moins presque tous. Il n'en manque plus
que deux à trouver.
J'entends d'ici mes copains se moquer de nos
'spreadsheets' Excel
(même en vacances) mais pour un voyage aussi
rapide, il n'y a pas de
place pour la perte de temps et mieux vaut être
organisé que de se
faire organiser (comme dirait mon père). Ça nous
évitera de gaspiller du
temps précieux de visite à chercher des choses
que nous aurions pu
organiser avant le départ.
Sur ce, je vais me coucher, car entre les travaux
d'entretien du bateau,
les classes, le ménage, l'administration et les divers
projets en
branle, les journées sont bien remplies. Moi qui croyait
ma laveuse
morte, cette dernière fonctionne encore très bien et je
profite donc
d'être à quai pour faire lavage par dessus lavage. Oups,
lessive pour
les Français!
Dimanche 23 octobre , Kutching Malaisie Oreintale
24 oct 2011 Récit # 187 - Cat Mousses - Les singes de Kuching
Notre avons beaucoup apprécié notre arrêt à Kuching. Nous voulions voir des singes
et ce fut mission accomplie. Pour commencer, nous étions à quai dans une marina
située tout à côté du magnifique centre des Congrès de Bornéo sur la rivière
(Sungai Sarawak) menant au centre de Kuching. Les employés de cette pseudo-marina
se sont montrés fort aimables et serviables. L'endroit était pratiquement désert et
pour un prix ridiculement bas (8$ par jour) nous avions accès au bloc sanitaire de
la méga bâtisse construite pour la marina. Voyant toutes les salles de cours et de
conférence inutilisées de cette bâtisse, nous avons demandé à utiliser une des classes.
Les CatMousses dans une salle de classe à la marina de Kutching
Wow! Les enfants étaient tout excités d'avoir une vraie salle de classe (climatisée)
avec un tableau, des bureaux et des chaises ultra-confort. La maîtresse (moi en
l'occurence), assise à mon propre bureau, devant mes élèves, dans une vraie classe.
Pendant deux jours, mes élèves étaient bien heureux de jouer à la vraie école et ça
travaillait avec grand sérieux. Ca peut paraître drôle à dire mais pour des enfants
de bateaux, (qui travaillent là où ils le peuvent, installés l'un par-dessus l'autre,
dans le carré ou le cockpit, les livres sur les genoux, dans une chaleur suffocante),
et surtout pour Antoine qui n'a pas connu l'école avant notre départ de Québec, une
vraie salle de classe ça devient un jeu, ou du moins ça change le mal de place et ça
brise de la routine. Dès le lendemain de notre arrivée, nous avions une voiture pour deux jours. Sitôt les
classes du matin terminées nous sommes partis avec la voiture pour aller explorer la
très charmante et romantique ville de Kuching. Cette ville, de quelques 632 500 habitants,
à l'extrémité sud-ouest de la Malaisie orientale (Bornéo), est la capitale de la province
du Sarawak. Kuching, doit son nom à Charles Brooke, l'un des rajahs (prince) de la
dynastie qui suivit la nomination du premier rajah blanc, soit l'aventurier James Brooke
qui se mit au service du sultan de Brunei et fut nommé rajah du Sarawak en 1841. Kuching
veut dire 'chat' en malais et l'on retrouve cette mascotte sous toutes ses formes partout
dans la ville. Nous avons d'abord sillonné les rues à pied à explorer les différents
points d'intérêts tel que la mosquée de Kuching, forts, palais, temples, monuments
historiques, bazar, marchés du Chinatown, du quartier Indou, promenade le long de la
rivière, etc. Notre journée n'aurait pas été complète sans l'incontournable géocache.
Nous avons d'abord pris une petite pirogue traditionnelle, appelée 'tambang', pour
traverser la rivière (Sungai Sarawak). On se serait crus dans une gondole sur Venise
en Italie. On s'est retrouvés sur le terrain d'un Malais qui nous a encouragé a
persévérer dans nos recherches qui nous ont d'abord semblé futiles mais nous avons
fini par trouver. Finalement! Ce fut une bien belle journée où nous avons aussi goûté
toutes sortes de spécialités culinaires dans les échoppes les plus courues des locaux.
Il suffisait de regarder ce que les locaux mangeaient et de pointer au serveur ce qui
nous faisait envie dans leurs assiettes. Une belle façon de s'imprégner de la culture
locale. Pour nous, qui attachons tellement d'importance à ne pas avoir l'air trop
touristes; se fondre à la population locale et nous sentir comme si nous étions les seuls
visiteurs étrangers d'un endroit est toujours une source de grand plaisir. Nous avons
enfin goûté le Laksa (nouilles servies dans une soupe au lait de coco épicée avec des
germes de soja, oeufs de caille, crevettes, poulet et tofu) considéré comme la spécialité
typique de cet endroit. Le lendemain nous avons rallié le centre de réhabilitation des orangs-outans de la faune
de Semenggoh pour aller observer ces grands primates au pelage roux. Quel moment magique!
Il n'est jamais garanti de pouvoir observer les singes à cet endroit puisqu'ils sont
complétements libres de leurs déplacements au sein du parc, mais nous avons frappé un bon
matin puisque nous en avons vu plusieurs et de très près. C'est une beauté de voir
l'agilité avec laquelle ils nous regardent dans les yeux. Nous avons d'abord vu apparaître
l'énorme mâle Ritchie qui ne se montre apparemment que très rarement aux visiteurs. Puis,
nous en avons vu des dizaines d'autres qui allaient et venaient de partout pour venir
quérir des bananes, fruits, patates sucrées, biberons de lait et autre. Les employés du
parc leur offrent quotidiennement de la nourriture le matin et en fin de PM mais, lorsque
les arbres de la forêt sont en fruit, les singes tendent à trouver leur propre nourriture
et ne se présentent donc pas pour les repas. C'est tout un spectacle à voir. Les mamans
se balancent d'un arbre à l'autre avec leur bébé, tout aussi agile qui s'agrippe un peu
partout, tel à une branche, sur leur mère. Franchement c'était magique de voir tous ces
orangs-outans d'aussi près tout en les savant complètement libres dans la nature. Suivant cette rencontre tant attendue, nous sommes ensuite allés visiter une maison longue,
ces habitations typiques dans lesquelles vivaient traditionnellement la population native
de Bornéo. De loin l'élément le plus caractéristique de la vie tribale sur l'île, plusieurs
de ces maisons sont encore habitées de nos jours. Ce sont de grandes habitations
communautaires montées sur pilotis au coeur de la forêt, qui peuvent abriter jusqu'à une
centaine 'd'appartements' familiaux individuels sous un très long toit. On a pu y rencontrer
des indigènes qui revenaient de leur expédition quotidienne dans la jungle, paniers au dos,
remplis de leurs cueillettes. Un homme arrivait justement des champs avec deux énormes
rectangles de caoutchouc balancés en équilibre sur un bâton tenu sur ses épaules. Nous
René et un Malais avec du caoutchouc
nous sommes arrêtés un moment pour discuter avec lui et en apprendre davantage sur l'origine
et la fabrication du caoutchouc. Nous avons aussi pris un verre de 'tuak', alcool à base
de riz fermenté. Assez sucré, nous avons bien aimé le goût de ce petit vin. Après un
pique-nique aux sources thermales de l'endroit, nous avons terminé la journée au musée de
Sarawak. Nous avons trouvé le musée particulièrement intéressant pour les expositions et
photos des costumes traditionnels des différentes tribus indigènes (iban, melanau, bidayuh,
etc). Un beau bain de culture. Puis, le lendemain, plutôt que de prendre l'autobus, puis un bateau pour se rendre au parc
national de Bako, nous avons décidé de s'y rendre avec le bateau et d'aller se mettre au
mouillage. Ce parc national, le plus ancien du Sarawak est un sanctuaire de 27 km carré et
se trouve sur une presqu'île. La première nuit fut assez houleuse merci mais, le lendemain
et les jours suivants furent heureusement beaucoup plus calmes, la mer et les vagues ayant
drastiquement diminué. Après les classes du matin, nous avons fait une petite expédition
d'après-midi dans la jungle du parc. Encore une fois incroyable! Tous ces singes: les
nasiques, les vicieux macaques (reconnus pour leur tendance à subtiliser aux touristes tout
ce qu'ils peuvent emporter) et les 'Silver Leaf', qui allaient et venaient partout autour
de nous, à tout juste quelques pouces de notre nez. Les nasiques, appelés Nasalis larvatus
Un Nasalis Larvatus (ou Nasiques)
en français et Proboscis Monkey en anglais, sont peut-être encore plus rares que les
orangs-outans car on ne trouve les nasiques qu'à Bornéo. Ces primates au pelage brun-roux
appartiennent à une espèce protégée. Ils peuvent atteindre jusqu'à 72 cm de haut (avec une
queue presqu'aussi longue) et peser jusqu'à 24 kg. Ils tirent leur nom de leur long et gros
appendice nasal et se caractérisent aussi par leur ventre bedonnant et leur face blanche.
Difficle à croire que l'on puisse être témoin de spectacles aussi magnifiques pour tout
juste quelques dollars (un gros 12$ pour la famille). Il faut dire que nous avons choisi
ces endroits spécifiques pour voir les singes car beaucoup moins touristique, donc 10 fois
moins cher aussi. Ce parc, à la fois si accessible et près de la ville, mais en même temps
si sauvage, vaut vraiment le détour. Nous avons terminé la journée avec une randonnée
nocture guidée au sein de la jungle. Au cours de cette petite expédition, nous avons croisé,
en pleine forêt, nombre de serpents, scorpions, insectes insolites, lézards, chauve-souris,
oiseaux et même un chat sauvage. Les enfants ont été particulièrement impressionnés par
les scorpions. Saviez-vous que sous la lumière ultra-violette, les scorpions deviennent
phosphorescents? Irréel! J'adore la jungle et la nature à son état sauvage. Quelle chance
nous avons de voir toutes ces belles choses. Nous en capturons les images que nous continuons
de nettoyer, compiler, classer et nommer. De nouvelles photos seront bientôt disponibles
sur le site. C'est un travail long et ardu. Le capitaine passe d'innombrables heures sur
ses quarts de nuit pour s'acquitter de cette tâche. Oui, nous savons! Nous sommes en retard
mais c'est beaucoup de travail! René travaille encore sur l'Australie, vous dire le nombre
de photos à traiter... Pour motiver le capitaine à reprendre le dessus sur cette tâche,
j'ai demandé comme cadeau de Noël, qu'il se remette à jour sur nos photos qui remontent à
presqu'un an déjà. Il travaille fort! Des efforts qui seront largement récompensés car
mieux vaut le faire au fur et à mesure qu'à la fin des 5 ans quand la tâche deviendrait
pratiquement insurmontable. Bon, OK, j'arrête de parler pour rien dire... c'est qu'il est
04h00 AM et j'écris pour me garder réveillée, sur mon quart de nuit. Nous sommes en mer depuis hier midi, en navigation vers Johor Bahru dans le sud de la Malaisie
péninsulaire, tout à côté de Singapour. Nous y serons d'ici environ deux jours si tout va
bien puisqu'il reste moins de 200 miles nautiques à franchir.
Samedi 15 octobre , Mulu -- Brunei
15 oct 2011 Récit # 186 - Cat Mousses - Parc national de Gunung Mulu
Tel que prévu, nous avons atteint, le 11 oct, la ville de Miri dans la province
de Sarawak où Hugues nous rejoignait pour entreprendre notre expédition de deux
jours dans le parc national de Gunung Mulu. Nous avons laissé le bateau au Yacht
Club de Miri et dès le lendemain de notre arrivée, nous attrapions notre vol vers
Gunung Mulu. Nous avons franchement passé un très agréable moment dans ce parc. Les enfants ont
adoré leur expérience et surtout, ils étaient bien heureux de retrouver Hugo, avec
qui ils ont eu bien des fous rires. Quelle bande de joyeux lurons ils font quand
ils se rencontrent ces cinq là. Bonne fin de voyage cher Hugo et merci de nous
avoir accompagné dans une autre belle aventure. Bonne chance dans tous tes projets
et continue de nous écrire de temps en temps. En passant, on a vraiment beaucoup
ri en écoutant ton fameux film 'Rien à déclarer'. On a compris pourquoi tu aurais
tant aimé qu'on regarde ce film ensemble... manque de temps malheureusement. On a
réalisé que finalement, tu n'étais pas loin de la réalité dans tes nombreuses
prestations à nous imiter l'accent typique belge. On a bien vu les petites frictions
amicales entre les Camemberts et les Mangeurs de frites. Pas mal cocasse comme
petit film. Allez p'tit fi, on se souviendra de toi tu peux en être certain.
Battez-vous pour le garder votre cher pays bien à vous, c'est vrai qu'il est beau! De retour à notre parc... Nous avons passé deux jours à Gunung Mulu. Arrivés en milieu
d'avant-midi le 12, nous nous sommes fixés un programme comme on les aime... c'est-à-dire,
assez occupé. Les grottes de Mulu sont considérés comme les plus grandes cavernes au
monde. Le premier jour, nous avons d'abord fait un pique-nique, juchés tout au-dessus
de la jungle, dans la tour d'observation des oiseaux. Puis, par la suite, un guide
nous a fait grimper sur la passerelle de 480 mètres (de long) d'où nous avions une vue
très prenante sur la canopée. On nous a ensuite emmené visiter deux cavernes: Deer Cave
(la plus spacieuse de toutes avec ses deux km de long par 174 m de haut) et Lang Cave
(réputée pour ses superbes stalactites et stalagmites). Au cours de ces visites, nous
avons eu la chance de voir de nombreux insectes, reptiles et autres (serpent, lézards,
lézard volant, écureuils, chenilles, mille-pattes divers, les insectes que l'on confond
avec une branche, les insectes lanternes, de magnifiques papillons multicolores de toutes
sortes et j'en passe). C'est toujours fascinant de croiser de nouvelles espèces. Nous
avons terminé cette journée d'expédition avec un événement grandiose, soit l'envolée de
millions de chauve-souris. Ces dernières, entre 17h00 et 18h30 (lorsque la température
est clémente et qu'il n'y a pas de prédateurs à l'horizon), quittent la grotte en
impressionnantes formations pour partir à la recherche d'insectes dans la jungle. C'est
toute un parade à voir mais surtout à entendre car le bruissement des ailes est si fort
qu'on croirait entendre un avion passer au-dessus de soi. Nous dormions dans une auberge pour backpackers et nous avons franchement été étonnés
de la propreté et de la quiétude de ce petit paradis. Pour le prix on ne s'attendait
pas à grand chose, mais nous avons franchement été très gâtés et nous serions bien restés
une nuit de plus. On y offrait d'excellents repas à petits prix et nous avons enfin pu
goûter la délicieuse fougère locale. Le lendemain matin, nous avons réussi à combiner
deux autres grottes (Moonmilk Cave et Cave of the Winds), aussi fort jolies, ainsi qu'une
petite expédition vers une belle petite cascade d'eau bien fraîche (Paku Waterfall), dans
laquelle nous nous sommes bien sûr baignés. Nous n'étions plus qu'à 400m de la Clearwater
Cave où nous aurions bien voulu faire une géo ou plutôt 'earthcache' mais à contrecoeur,
il a fallu se résoudre à rebrousser chemin faute de temps. En fait c'est aussi parce que
nous étions un peu illégaux sans un guide pour visiter cette caverne. Nous doutions qu'ils
nous laissent entrer puisque, les entrées sont contrôlées par des barrières. De plus, le
sentier ne cessait de monter et redescendre depuis le début et il fallait penser à se
garder un peu d'énergie pour le retour, surtout que René et moi avions couvert une bonne
partie à la course question de gagner du temps. Somme toute, ce petit périple aura été
fort agréable. Avec toute cette marche, nous sommes revenus avec quelques ampoules aux
pieds mais la tête pleine de beaux souvenirs. Il fait une nuit étoilée magnifique, nous naviguons présentement sous spinaker avec une
belle vitesse de 5.5 noeuds. Il y a longtemps que nous ne l'avions pas sorti celui-là.
Ca fait du bien, un peu de vent dans le dos. Quel bonheur d'enfin pouvoir couper les
moteurs, la liberté totale. Entre deux saisons, on commence à ressentir les changements
au niveau du vent. Une partie de l'année les vents proviennent du Sud-Ouest mais nous
commençons à ressentir le changement de la mousson puisque les vents s'inversent et
viennent progressivement du Nord-Est. Nous sommes sur une navigation de trois jours et
deux nuits vers Kuching, dans l'ouest de la province du Sarawak, toujours sur l'île de
Borneo en Malaisie. Si tout va bien, nous arriverons en fin de PM aujourd'hui. Nos
prochaines aventures en Malaisie... les singes du centre de réhabilitation de la faune
de Semenggoh et le parc national de Bako, avant de rejoindre Singapour à temps pour
l'arrivée de nos prochains visiteurs (Luc, Chantal et Geneviève). Youppiii!!!
Mardi 11 octobre , Brunei
08 oct 2011 Récit
# 185 - Cat Mousses - Brunei
Finalement, nos petits achats sur l'île de Pulau Labuan se sont révélés fort
avantageux. On y a acheté un peu d'électronique, un nouveau disque dur, des
cables de branchement et quelques paires d'écouteurs pour remplacer celles qui
étaient décédées sur le bateau. Vraiment, il est vrai de dire que les prix de
l'alcool et du chocolat y sont très intéressants (à titre d'exemple, une caisse
de 24 cannettes de bière pour 13.00$ ou encore une caisse de 12 bouteilles
d'excellent vin blanc pour 15.60$). A ce prix-là, ça ne se refuse pas, donc ce
fut finalement un arrêt rapide et efficace. Hier, nous sommes arrivés à Brunei, ce sultanat situé sur la Côte Ouest de Bornéo.
Brunei c'est une plate-forme pétrolière qui tire une véritable petite fortune du
pétrole qu'ils appellent ' l'or noir ' (comme dans Tintin). Une chose est certaine,
nous ne quitterons pas ce pays avant d'avoir fait le plein de diésel. A environ
0.30$ le litre, ça fait bien une économie d'au moins 75% sur le prix qu'on paye
normalement. Malgré toute cette richesse, Brunei n'est pas un émirat ultramoderne
comme peut l'être Dubai. Rien à comparer, ici il n'y a pas de paillettes, c'est
beaucoup plus sobre. A prime abord, il semble que l'islamisme soit ici beaucoup
plus marqué que tout ce qu'on a vu à date en Malaisie. En autre, il ne se vend
aucun alcool dans ce sultanat (fiou, une chance qu'on a refait nos réserves à Labuan).
On voit davantage l'influence islamique dans la tenue vestimentaire, les femmes sont
ici religieusement voilées et les hommes quant à eux, arborent des coiffures (chapeaux)
qui leur donnent un air très distingué. Ils ressemblent tous à des sultans en devenir.
(Note: Il faut voir Antoine avec son nouveau chapeau, nous enverrons sa photo,
il est trop chou, un vrai petit sultan!)
Antoine avec son chapeau de Brunei
Nous nous trouvons actuellement mouillés devant le Royal Brunei Yacht Club, très avenant
pour les navigateurs. Nous avons accès au quai, à la piscine, aux douches et laveuse.
Ce petit luxe est bienvenu chez Cat Mousses. Comme nous ne sommes ici que pour
quelques jours, nous avons pensé optimiser notre visite du pays en louant une voiture
pour une journée. En voyant que la capitale, soit Bandar Seri Begawan (BSB), se trouve
à une heure d'autobus d'ici, la décision ne fut pas difficile. Un employé du bar du
Yacht Club nous a refilé le numéro de téléphone d'un de ses contacts et on s'est vite
trouvé une petite voiture pour le tiers du prix normal, qui nous permettra d'aller
visiter entre autre, les luxueuses mosquées et la cité lacustre de Kampong Ayer, soit
le plus grand village sur l'eau au monde. Je me sauve, nous prenons possession de la voiture dans une heure. Plus à suivre ...
René, Catherine et Dany avec leur habit pour visiter la mosquée
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11 oct 2010
Me revoici avec le compte rendu de notre visite de Brunei, ce sultanat de 258 000
habitants. Comme en Malaisie, la langue parlée y est le malais, l'anglais et le chinois.
La devise de ce pays est le dollar de Brunei qui revient à 1.25$ Brunei pour 1.00$ CAD.
Franchement, nous avons trouvé la capitale de BSB bien belle. Une chance que nous
avions une voiture car les attractions à voir sont dispersées sur plusieurs kilomètres.
Une chance aussi que nous avions le Lonely Planet car disons que les pancartes ne sont
pas très bilingues et les caractères pas faciles à déchiffrer. Nous avons eu beau
chercher, nous n'avons jamais trouvé la trace d'un bureau de tourisme ou information
touristique. Il semble que finalement, le guide disait faux et qu'ils ne l'ont jamais
construit ce centre. Un petit saut dans un café internet nous a permis de trouver l'info
recherchée, puis nous avons poursuivi notre route. Une chose qui m'a beaucoup étonnée
a été de constater que nulle part où nous sommes allés, on nous a chargé un prix
d'admisson, en effet, l'entrée était libre partout. De nos jours, c'est assez rare qu'on
retrouve autant de gratuités.
Les enfants devant la mosquée d'Omar Ali Saifuddien
Les temples islamiques y sont multiples et d'une grande beauté. Nous avons visité l'une
des mosquées, soit celle d'Omar Ali Saifuddien, le père du souverain actuel. Nous avons
aussi visité le musée des Insignes royaux. Nous nous sommes promenés dans le marché
local. Les commerçants, des personnes plus âgées, ne parlent que le malais. Après un
dîner rapide dans un foire alimentaire locale, nous sommes allés nous promener dans Kampong
Ayer, cette cité lacustre vieille de 1000 ans puisqu'elle date d'aussi loin que du 10ième
siècle. Cette cité sur l'eau serait la plus grande au monde, elle couvre environ 8 km
sur le fleuve et comporte 28 villages dont 30 000 habitants.
La famille Cat Mousses au village de Kampong Ayer
Elle est appelée la 'Venise de l'Asie'. Il fallait voir René lors de notre visite
éclair en bateau taxi. Disons que le capitaine en lui était pas mal nerveux.
Tout un cowboy notre chauffeur! Il fallait le voir sinuer à travers les bateaux
qui nous coupaient de toute part. Un vrai pro!
Et tout ceci sans le moindre petit splash car, contre toute attente, considérant le rodéo
aquatique que nous avons subi, nous n'avons pas reçu une seule goutte d'eau. J'espère
que tu as pris des notes René! Ils ont plusieurs écoles de tous les niveaux jusqu'à
l'Université (qui elle se fait à terre). Plutôt que nos autobus scolaires jaunes, ils
ont des bateaux scolaires. C'est une véritable société indépendante avec tous les services
de pompier, police et autre. C'était très intéressant comme visite. Evidemment, notre journée n'aurait pas été complète sans une géo-cache ou deux. Thomas
nous a guidé jusqu'à un parc de sentiers pédestres en forêt et nous a fait monter, descendre,
monter, remonter et re-remonter. Assez sportif comme petite géo-cache, ça nous a semblé
être un lieu d'entraînement très prisé par les locaux, car nous en avons croisé plusieurs,
trempés à la navette, qui semblaient très absorbés dans leur entraînement. La seule chose
qu'on a trouvé toutefois, ce sont des singes. Tout plein de nasiques qui sautaient d'arbre
en arbre, épiant chacun de nos mouvements. Ils nous avaient à l'oeil. On aurait dû leur
demander à eux de chercher la géo-cache, ils l'auraient sûrement trouvés... à moins
que ce ne soit eux qui l'avaient volée... Non sérieux Luc, une petite facile de temps
en temps... Ferais-tu ça pour ta belle-soeur? Tu vas nous faire mourir avec tes géo-caches...
tu connais ton frère hein, il ne lâche pas facilement le morceau! Moi j'aime bien ça les
géo-caches, mais sans les 'hint', ça arrive souvent qu'on ne les trouve, pas alors dans
ce temps-là, c'est pas long que je déchante. Nous avons terminé la journée avec le marché de nuit de Pasar Gadong, où nous sommes allés
nous délecter des spécialités culinaires locales pour ensuite faire un saut à l'épicerie
pour faire quelques emplettes, puisque nous avions une voiture. A un certain moment donné,
j'ai perdu René que j'ai fini par retrouver dans la section INTERDITE. Pas dans le 3X,
non, non! Dans la section (non-halal) de l'épicerie. Tout au fond, dans un coin isolé,
dans une section séparée par un rideau de plastique comme celles des produits congelés des
grandes surfaces comme Cosco chez nous par exemple. Il se sentait l'âme rebelle et a décidé
d'acheter tout plein de... chuuutttt...porc haché... Une fois pris, la main dans le sac,
lui de me regarder en disant: 'Il me semble que ce serait bon des cretons hein!!'
Ben oui, MESSAGE! Et moi de me dire: 'Je sais ce que je fais demain!' Evidemment, nous
ne sommes pas revenus au bateau avant 23h30, il fallait OPTIMISER notre journée!
Honnêtement, nous sommes revenus très satisfaits de notre journée, nous aurions difficilement
pu faire plus. Après une journée à nous amuser de la sorte, il fallait se reprendre sur notre ouvrage le
lendemain. Ainsi, au travers des classes, il y avait bien de la besogne à accomplir pour
la journée du dimanche. La lessive, dont tous les draps de lit, refaire le plein d'eau,
de diésel, sans oublier de frotter la coque... Autant le faire ici car il parait qu'il y a
des amis crocodiles à notre prochaine destination, soit Miri dans la province du Sarawak
en Malaisie. Et pour terminer ma journée, j'ai fait des cretons et du cannage jusqu'à
22h00 passé. Non mais ce n'est pas demain qu'on va changer quand même, on restera toujours
un peu hyperactifs! Non mais sérieusement, nous sommes bien heureux d'avoir réussi à
refaire le plein de diésel. Je ne suis pas encore certaine de comment René a réussi à se
faire passer pour un local, mais quoiqu'il en soit, il a obtenu le prix des locaux à la
pompe soit, un 0.31$(Brunei) le litre, ce qui revient à un gros 0.25$ canadien le litre.
Un bon prix quand même! Assez périlleux et fatigant comme opération puisque René s'est
tapé tout le travail à la jerry can. Il a rempli 12 énormes bidons (30 l) qu'il a dû
transporter de la voiture jusqu'au quai, charger le tout dans le dinghy pour ensuite
remonter tous ces bidons sur le bateau et finalement faire le transvidage. Un travail de
moine. Qui a dit que c'était des vacances la navigation! Des vacances oui mais chaque
petite tâche, aussi banale que faire l'épicerie, un lavage ou le plein d'essence, prennent
parfois des dimensions assez grandioses quant on considère la facilité et la vitesse avec
laquelle on peut normalement faire ces tâches à la maison. En bateau tout est toujours
un tantinet plus compliqué, mais comme nous aimons justement ça 'compliqué', on se plait
dans cette vie. Devant le Royal Brunei Yacht Club de Muara où on se trouvait, il y avait bien une quinzaine
de voiliers au mouillage. C'est plus que ce qu'on a vu depuis les six derniers mois
combinés. C'est bizarre, car tous ces navigateurs rencontrés nous disent la même chose...
Il parait qu'on est fous de remonter vers Singapour à ce temps-ci de l'année. Ben voyons,
c'est mal nous connaître, c'est quoi un peu de vent dans le nez? Moi qui pensait que tout
le monde naviguait toujours contre le vent comme nous. Il faut croire qu'on est les seuls
'cabochons', car les autres, ils vont tous dans l'autre sens! Nous avons quitté aujourd'hui pour une navigation de 24 heures vers Miri où nous rencontrerons
Hugues vers midi demain. Cette nuit ce ne sont pas à travers les filets ou les bateaux de
pêche que nous naviguons, mais bien au travers des plates-formes de forages, des pipelines,
cheminées fumantes et tout. Ca sent le pétrole à plein nez, on voit les flammes qui s'élèvent
vers le ciel. A un moment donné, on avait 169 'targets' sur notre AIS, soit le système de
navigation électronique qui nous signale la présence d'obstacles possibles sur notre route.
Cet après-midi, nous sommes passés devant le 'Empire Hotel'. Dans cet hôtel (coté 7 étoiles),
on dit qu'il en coûte 22 000$ pour une nuitée dans la suite de l'empereur. On n'est pas
arrêtés, finalement on va dormir sur le bateau ce soir je pense. Sur ce, j'espère que je vous aurai fait sourire un peu et je vais me coucher, car René entre
en poste. Dans mon prochain récit, le compte rendu de notre aventure des deux prochains
jours dans les plus grandes grottes au monde (ouvertes au public), dans le parc national
de Gunung Mulu.
Mercredi 05 octobre , la Malaisie
5 oct 2011 Récit # 184 - Cat Mousses - Kota Kinabalu en Malaisie
Nous avons enfin débuté l'exploration de la triade de pays que forment la Malaisie,
Singapour et le sultanat de Brunei. Intimement liés par leur histoire et par leur
population aux origines multiples, ces trois pays sont à la fois exotiques, tropicals
et dépaysans mais ce, tout en étant, à l'avant-garde du design, de la mode et de
l'art contemporain. Ils ont adroitement su préserver leurs cultures et conjuguer
leurs diverses communautés (malaise, chinoise et indienne) pour former des métropoles
modernes, mais exotiques à souhait. La Malaisie comporte un total de plus de 27
millions d'habitants mais nous débutons notre exploration de ce pays par la Malaisie
orientale. Nous nous trouvons au nord-est de cette partie de la Malaisie. Plus
précisément, nous nous trouvons dans la province du Sabah qui signifie 'terre sous
le vent'. Cette province est le berceau des orangs-outans, des éléphants à la peau
gris-bleu, mais aussi des nomades comme les peuples Dusun ou Lundaya par exemple.
La population totale de cette province est de près de 4 millions d'habitants et
nous avons commencé avec la capitale, soit Kota Kinabalu. Avec plus d'un demi
million d'habitants, Kota Kinabalu (KK) est à la Malaisie orientale ce que Kuala
Lumpur (KL) est à la Malaisie péninsulaire. La monnaie nationale est le ringgit (RM) et le taux de change équivaut à environ
3 RM pour un dollar canadien. Les prix sont encore très abordables. La nourriture
est excellente et on peut s'offrir un copieux repas pour moins de 3 dollars. A prime
abord, nous avons trouvé les Malais très aimables. Bien qu'ils semblent un peu
plus réservés que les Philippins, les gens sont tout aussi polis et courtois. On
apprécie énormément le fait qu'ils ne mettent aucune pression quant à la vente.
En Chine on nous harcelait constamment pour nous offrir des taxis ou des choses à
acheter, ici on ne sent aucunement cette pression. Ils nous montrent ce qu'ils ont
à offrir sans plus et nous laissent le loisir de décider sans mettre la moindre
pression et nous apprécions grandement cette façon de faire. Arrivés dimanche dernier à Kota Kinabalu, nous y avons passé deux journées complètes.
C'est une ville très balnéaire et touristique mais qui ne manque pas de cachet. Nous
avons, comment dire, assez bien optimisé notre temps à cet endroit pour faire un
survol rapide de la ville. Nous avons toujours eu le chic pour meubler chaque seconde
d'une journée. Les temps morts sont rarement au programme. Avec Hugo, nous avons
exploré la ville à pied et nous sommes allés voir les animaux au Wildife Park. Nous
avons eu beaucoup de plaisir à nourrir les éléphants en s'amusant à leur faire attraper
des bananes au vol et à les regarder se lancer dans leur trou d'eau. C'est qu'il fait
chaud ici! Nous avons vu les fameux singes nasiques avec leur gros nez pendant au
milieu du visage et les orangs-outans qu'il nous tardait tant de voir. Franchement on
s'est bien amusés à découvrir de nouveaux animaux. C'est assez simple comme parc mais
nous avions le site pratiquement à nous seuls. En fin de PM nous sommes retournés en ville pour explorer le 'Night Market' qui regorge
d'échoppes d'alimentation présentant un évantail impressionnant de la délicieuse
gastronomie malaise. Franchement nous avons été extrêmement impressionnés par la fraîcheur
et la variété des poissons. D'habitude, lorsqu'on visite ce genre de marché, nous
tentons désespérément de ne pas respirer par le nez pour éviter les odeurs nauséabondes
mais dans ce marché nous salivions sans bon sens devant les multiples échoppes, n'arrivant
pas à fixer notre choix. Nous avons, avec Hugo, commandé tout un assortiment de plats
divers que nous avons partagé entre nous. Wow, quel délice! Nous avons tellement mangé,
on ne pouvait plus s'arrêter. Franchement pour un repas de ce prix, nous étions enchantés.
Il suffit de pointer du doigt ce qui nous fait envie et ils le préparent devant nous.
Les nouilles, les egg rolls maison (sublimes), les aile de poulet BBQ, les kebabs Satay,
les poissons, les crustacés, les nouilles. J'en ai encore l'eau à la bouche. Nous sommes
même passés nous racheter des petits plats supplémentaires pour emporter en prévision du
lendemain.
Dany & Thomas se lavent les main après un copieux souper
A notre retour au bateau, une fois nos tâches complétées, il nous restait deux heures pour
dormir (22h00 à 24h00) car dès minuit nous reprenions la mer. Est-ce que je vous ai dit
qu'il n'y a pas de temps morts sur Cat Mousses? Non sérieux, il valait mieux partir à
cette heure pour nous permettre de franchir les quelques 70 miles nautiques pour arriver
de jour à Pulau Labuan. Finalement nous sommes arrivés à destination vers 15h00 le
lendemain, (à temps pour faire les douanes), après une navigation d'une quinzaine d'heures.
Palau Labuan est considéré comme le Las Vegas du Sabah mais en réalité l'endroit rappelle
plutôt un immense terminal d'aéroport. Le port, en plein coeur de l'action et de la ville,
nous apparait comme assez sale mais nous sommes ici surtout parce que sur cette île,
tout est détaxé car c'est un territoire fédéral directement administré par Kuala Lumpur.
Nous espérons faire ici quelques emplettes à petit prix dans les inombrables magasins Duty
Free avant de filer vers Brunei. A prime abord, les prix du Duty Free semblent s'apparenter
aux prix des Philippines alors ce sera avantageux à coup sûr. Hugo est reparti de son côté, suivant notre sortie au 'Night Market'. Nous aurons la chance
de le revoir une autre fois car nous avons décidé, au terme d'une longue réflexion, d'y
aller avec le vote général des enfants et de faire l'excursion aux grottes et cavernes
sous-terraines de Gunung Mulu plutôt que de faire l'ascencion du Mont Kinabalu. La décision
ne fut pas facile car on aurait beaucoup aimé relever le défi d'escalader ce mont de
quelques 13435 pieds. Ca nous déchirait de ne pas pouvoir faire cette escalade car ça
nous semblait une aventure trépidente, comme on les aime, mais c'était un peu compliqué
et surtout pas mal cher. Au bout du compte, nous sommes contents de notre décision car de
cette façon Hugo pourra se joindre à nous et plus on est de fous plus on rie. Pour terminer, en ce qui a trait à nos copains les serpents, il n'y a pas eu d'incidents
majeurs dans notre mouillage de Kota Kinabalu. Il nous est arrivé assez souvent de croiser
ces serpents lors de nos plongées et ils ne sont pas menaçants car, on le sait, ils
n'attaquent pas à moins de se sentir agressés. Reste qu'on a tout de même toujours gardé
un bâton au cas ou car on ne les avait jamais vu aussi entreprenants. Il fallait à
l'occasion remettre des visiteurs inattendus à l'eau car ils essayaient de se faufiler et
de monter à bord. J'ai sauvé Thomas d'une mort certaine le premier jour, lorsqu'un serpent
était monté dans l'annexe ou il se trouvait :0
Encore ce soir, alors que Nicolas était assis sur le banc de bois, juste au dessus du patin
arrière... Il a entendu un bruit. En se retournant, il a aperçu un copain qui montait
doucement derrière lui.
Mardi 04 octobre , la Malaisie
02 oct 2011 Récit #183 - Cat Mousses - Arrivée en Malaisie
Suivant notre attente à l'abri du typhon, nous avons repris la navigation sitôt que
nous avons senti le calme après la tempête. La mer était lisse et calme, ce qui
était parfait, surtout considérant que notre route vers la Malaise se faisait,
(pour faire changement), avec le nez directement dans le vent. Quand on a le vent
dans le pif, on ne peut pas mettre les voiles donc autant partir quand il n'y a pas
de vent pour éviter de se battre contre le vent et les vagues. Donc tout était beau
pour cette première journée de navigation. Rendu en fin de PM, on aperçoit, mouillé
à proximité d'une belle île idyllique, nul autre que le bateau français Pirates.com.
Nous avons croisé ces derniers à deux reprises au cours des deux dernières années,
une fois aux Vanuatu et une fois à Puerto Princesa. René leur a parlé brièvement
mais moi je n'en ai jamais eu l'occasion. En passant devant l'île on tente de les
appeler sans succès mais, un peu plus tard, c'est eux qui nous appellent sur la radio.
On se partage nos plans respectifs, ils sont ici pour la nuit mais nous, (bien qu'on
aimerait s'arrêter), décidons de continuer car on aime mieux pousser vers la Malaisie
pendant que le vent est calme car il parait que ce n'est pas jojo de passer dans le
détroit de Balabac entre la mer de Sulu et la mer de Chine Sud quand il y a beaucoup
de vent car cet endroit est réputé pour facilement devenir violent.
Mais finalement le tentation fut trop forte et un mile plus loin, nous virons de bord
et décidons d'aller passer la nuit sur l'île Ursula avec Pirates.Com. Après tout,
n'est-ce pas nous qui ne cessons de répéter que ce ne sont pas les endroits que nous
visitons comme les rencontres que nous faisons, qui mettent de la couleur dans notre
périple! Ainsi, nous appelons Pirates et leur annonçons qu'on vire de bord. Nous les
invitons pour un cocktail et je rencontre Magalie, Cyril et leur fils Jonathan pour
la première fois. Il fait bon de parler français un peu, nous avons beaucoup de choses
à nous raconter, on se fait aller le mâche-patate, comme on dit chez nous. La soirée
passe et la première chose qu'on se rend compte est qu'il est déjà 21h00. Ils nous
invitent alors à venir avec eux sur l'île parce que les locaux (4 frères, les seuls
habitants de l'île) leur ont dit que chaque nuit, les tortues vertes viennent sur l'île
pour pondre leur oeufs. Cool! Nous qui rêvions de vivre cette expérience un jour.
On prend une petite bouchée rapide et on part pour une petite marche autour de l'île.
On voit beaucoup de traces témoignant du passage récent de tortues mais elles ont
toutes quitté déjà. Puis, finalement, on voit une belle grosse maman tortue, affairée
à se creuser un trou pour la ponte de ses oeufs. Nous sommes surpris de la grosseur,
elle faisait au moins une centaine de livres et mesurait environ 4 pieds de long par
2 pieds de large, nous l'avons observé pendant un bout de temps puis, nous avons
continué de marcher et avons été témoin de la naissance de petites tortues. Nous les
avons vu sortir de leurs oeufs. Wow! Quel beau spectacle, c'était vraiment 'cute'
à voir! Nous étions pas mal contents, notre arrêt à l'île d'Ursula aura doublement
valu la peine.
Le matin suivant nous reprenons la navigation. Il nous reste encore quelques 165 miles
nautiques à couvrir. Tout va bien pour la première journée mais à la fin de la deuxième
journée, ça s'est gâté un peu et notre dernière nuit fut plus rock and roll un peu.
Nous avons failli regretter notre arrêt à Ursula mais finalement ça n'a pas été si pire
et nous avons atteint Kota Kinabalu, au sud de la province de Sabah en Malaisie orientale,
dimanche matin en fin d'avant-midi. La Malaisie, pour ceux qui ne la sauraient pas,
est un pays musulman. C'est la première fois que Cat Mousses entre en pays musulman.
On s'attend à voir des mosquées partout et à entendre l'appel à la prière plusieurs fois
par jour. Finalement, oui on voit bien une mosquée et on entend bien le son lointain
d'une prière de temps en temps mais surtout on est surpris de se retrouver au beau milieu
d'une baie qui semble le paradis des sports aquatiques touristiques. Il y a des speed
boats partout qui trimballent les touristes de l'hôtel 5 étoiles voisin, (le Shangri-La),
pour des tours de para sailing, banana boat et autre. On ne s'attendait pas à ça. On a
bien hâte d'aller à terre demain pour explorer l'endroit mais il faut attendre de faire
nos procédures d'entrée au pays.
Ce soir, nous avons un invité spécial sur Cat Mousses... Allez-y essayez de deviner! ...
Non, ce n'est pas ça, non pas ça non plus... Non sans blague, c'est nul autre que notre
ami Hugues Detroz. Oui, oui, figurez-vous qu'on a reçu un email surprise à notre arrivée
ici, nous disant qu'Hugues avait décidé de mettre le cap sur la Malaisie et se trouvait
justement à Kota Kinabalu depuis environ 30 heures. On a réussi à se communiquer et à
se retrouver et en fin de PM, Hugues, notre dernier équipier, arrive sur Cat Mousses.
Franchement nous étions pas mal excités de nous revoir. Hugues a couvert pas mal de
terrain depuis qu'on s'est quittés (Vietnam, Cambodge, Laos, Brunei, Malaisie péninsulaire
et maintenant orientale) il a plein d'aventures à nous raconter. Pour cette première
soirée, on s'est offert ce qu'on aimait le plus manger ensemble, soit des crêpes et on
avait pas mal de choses à se raconter. Il est reparti à son auberge en milieu de soirée
et nous nous sommes bien promis de nous revoir le lendemain. Il nous reste encore les
photos à voir. Probablement qu'Hugo viendra passer une couple de jours sur Cat Mousses
mais il nous faut d'abord aller à l'office du tourisme pour se faire un plan de visite.
Idéalement nous aimerions énormément faire une expédition de trekking de deux jours sur
le mont Kinabalu. Le seul problème c'est que ça coûte très cher de un mais, surtout, il
faut réserver 6 mois à l'avance car c'est le coucher qui est problématique sur cette
montagne. Si ça fonctionne, Hugo se joindra peut-être à l'expédition. A suivre. (Note:
finalement on laisse tomber cette idée car c'est pas mal trop dispendieux)
Pour terminer, avant de quitter les Philippines, nous nous sommes prévalus d'un détecteur
de mouvements car dernièrement, il y a eu plusieurs cas rapportés de vols sur les bateaux
dans le secteur ou on se trouve. Notre première nuit s'est passée sans incident mais par
contre, nous avons eu des visiteurs... pas ceux auxquels on aurait pu s'attendre toutefois.
On a retrouvé dans notre annexe, un gros serpent tricot rayé. Ils ne sont pas gentils
ceux-là, ils sont venimeux mais fort heureusement, ils ont une bouche très petite et peuvent
donc difficilement mordre des bêtes aussi grosses que les humains. Mais quand même, il
faut se surveiller car ils montent parfois sur les patins arrière de Cat Mousses... il
fallait bien trouver un moyen de procurer des sensations fortes à Hugo venu passer la
nuit avec nous.
Il nous reste, encore un jour ici à Kota Kinabalu avant de reprendre notre descente en
Malaisie vers Brunei. Peut-être allons-nous revoir Hugo un peu plus loin pour faire la
visite des plus grosses cavernes au monde dans le parc national de Gunung Mulu dans la
province de Sarawak. Demain, nous avons au programme la visite d'un parc naturel d'animaux
puis on finira d'explorer la ville, la mosquée et autre. Sur ce, bonne nuit.
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