Autour du monde avec ...

 
 

Journal de bord
Septembre 2011

 

Mardi 27 septembre , en route vers la Malaisie

26 sept 2011

Récit #182 - Cat Mousses - En transit vers la Malaisie (et petite question)

Juste un petit mot pour rassurer nos lecteurs qui s'inquiéteraient quant au

typhon Nesat qui passe actuellement aux Philippines.
Nous arrivons tout juste de Puerto Princesa, la capitale de Palawan, où nous

avons passé quelques jours et sommes allés visiter une superbe rivière sous-terraine

longue de 8.2 km (Underground River).  Nous y sommes allés avec les copains du bateau

Pagos et en avons profité pour faire un arrêt à Ugong Rock, soit une caverne de

formation de stalactites qui émet une vibration creuse rappelant le son d'un tambour

lorsqu'on frappe la paroi rocheuse.  Le 'highlight' de la journée aura sans doute été

la petite 'ride' de Zipline, courte mais forte en émotions.  Nous avons eu une très

belle journée et avons trouvé la ville de Puerto Princesa assez jolie. C'est propre

et tranquille comme destination et les gens y sont très fiers de leur attraction

principale, l'Underground River.  L'endroit, bien qu'assez gros, a un cachet bien à

lui et très différent de ce que nous avons connu à Cebu et Manille.   Comme quoi

chaque endroit à sa propre personnalité.  Le moins qu'on puisse dire de cet endroit

est que le tourisme y est très structuré et organisé.  De plus, la population semble

en adoration devant leur maire, qu'ils semblent vénérer.  Il y a sa photo partout,

partout, partout et cet homme semble jouir d'une popularité peu commune.

Toute bonne chose ayant une fin, et surtout, voyant un typhon se développer, il fallait

quitter au plus vite. Les enfants ont trouvé très difficile de devoir à nouveau quitter

de bons amis, c'est vrai qu'ils s'adonnaient vraiment très bien avec Georges et Oliver.

La bonne nouvelle c'est qu'ils rencontreront de plus en plus d'amis dans les semaines

à venir, puisque nous retournons vers des endroits où nous verrons de plus en plus de

bateaux.  En effet, nous retournons tranquilement sur les sentiers battus des navigateurs,

alors nous recommencerons à rencontrer des bateaux et amis laissés il y a plusieurs mois

déjà. Nous retrouverons à Singapour et en Thailande, des amis que nous n'avions plus

revus depuis l'Australie ou même Vanuatu.

Nous avons quitté samedi midi en direction de la Malaisie et avons navigué pour deux jours

et deux nuits mais le vent devenait de plus en plus fort, alors nous avons décidé de

faire un dernier arrêt aux Philippines.  Nous sommes venus nous réfugier dans un mouillage

tranquille, la baie Saint Antoine, en attendant que les effets du typhon Netsa se dissipent

(100 à 125 noeuds de vent et des vagues de 26 pieds par endroit).  Nous sommes déjà loin

derrière et n'aurions ressenti que les effets secondaires du typhon Netsa (vents de 35

noeuds et vagues de 4 mètres), mais il reste que les vents et les courants nous

ralentissaient déjà considérablement.  Ainsi, plutôt que de nous battre contre les éléments,

nous allons nous cacher et attendre que ça passe.  Si tout va bien, le calme devrait

revenir vers la fin de la semaine et permettre notre traversée finale vers la Malaisie. 

Plus à suivre, en attendant, nous sommes seuls ici et en profitons pour nous avancer dans

nos classes et projets divers.

P.S.  Je fais ici un appel à tous car j'ai par le passé trouvé des trésors d'information

en faisant appel aux connaissances de nos lecteurs.  Donc j'en viens au fait.  Ce n'est

pas un secret, depuis la naissance du projet CatMousses, je me questionne à savoir si oui

ou non j'écrirai un livre au retour.  Je suis toujours en questionnement et cherche

activement un concept pour ce possible livre, mais en attendant, je me disais que je

pourrais aller à la pêche pour voir si un éditeur quelconque pourrait être intéressé car

j'aurais vraiment besoin de direction.  Comme je suis néophite et tout-à-fait étrangère

dans ce domaine... Si quelqu'un à des idées ou recommandations, ces dernières seraient

fort bienvenues.

Mardi 20 septembre , en route vers Palawan ( Philippines)




 

Récit #181 - Cat Mousses - En route vers Palawan (Philippines)

Beaucoup de choses se sont passées depuis mon récit no 180.  Petit rappel,
nous étions arrivés aux Philippines au début du mois d'août et Hugo, notre
équipier, nous avait alors quitté pour le Vietnam.  De notre côté, après environ
deux semaines et demi d'administration de toutes sortes à Cebu, nous étions
partis à l'aventure, sac au dos, pour une escapade de 17 jours (Manille - Hong
Kong - Chine).  Mes récits concernant cette aventure se retrouvent sous un
onglet séparé de nos récits, soit celui de notre voyage en Chine.  Nous avons
fait un très beau voyage et avons, de plus, eu la chance de passer deux jours
avec Guy (un des frères de René) à Beijing.  

Une fois de retour au bateau à Cebu, nous avons fait un petit sprint (préparatifs
de départ) de 2 ou 3 jours et avons repris la mer il y a environ une semaine pour
d'abord rallier Cagayan.  Nous y avons passé quelques jours en compagnie du bateau
Pagos qui nous accompagne jusqu'à Palawan, d'où nos chemins se sépareront ensuite. 
A Cagayan, les enfants se sont amusés comme des petits fous avec leurs deux copains
britanniques (George 14 ans et Oliver 11 ans).  Aussitôt les classes du matin
terminées, ils disparaissaient et on ne les revoyaient plus de la journée.  Il y
avait un bon moment qu'ils n'avaient pas pu se baigner et jouer à la plage alors ils
en ont profité à plein.  Ils se sont baignés, ont sauté, nagé, fait toutes sortes
de galipettes, plusieurs courses et compétitions d'optimiste, des légos, de la
cuisine, de la plage, des pique-niques.  Ils ont aussi fait beaucoup de pêche,
tantôt à la traîne, tantôt   statique, ils ont pêché plusieurs poissons, squid,
coquillages et autres. Ils nous ont apprêté des mini-coquillages (genre mini-huitres),
qu'ils ont cuit sur un feu sur la plage.  Ils étaient bien fiers de leur projet sur
lequel ils avaient mis beaucoup de temps, alors il fallait que je trouve à utiliser
ces mini-huîtres d'une façon quelconque, car l'autre bateau n'en voulait pas.  Je
les ai mis sur la pizza ce soir-là et c'était parfait.  Les garçons ont aussi fait,
avec les papas,  deux pêches de nuit d'où ils ont rapporté des crabes, poissons et
une langouste à chaque soir.  Les dernières langoustes dataient de la Papouasie
alors elles étaient bienvenues.

Nous naviguons, depuis hier matin, vers Palawan, notre dernier arrêt aux Philippines
avant de partir pour la province de Sabah en Malaysie orientale.  Nous devrions arriver
en fin de journée aujourd'hui si tout va bien. Sur ce je vais aller dormir un peu,
j'ai les yeux lourds.  Plus à suivre sur Palawan où nous ferons une expédition de
bateau dans une grotte.

 

 

 

 

Mercredi 17 août , Cébu aux  Philippines



Récit 180 - Bain de civilisation dans les Philippines

 

Nous sommes finalement arrivés à destination vendredi le 5 août

 

dernier.  On pourra dire qu'Hugues y aura goûté pas mal, car la mer ne

 

nous a pas lâchés et nous en a fait voir de toutes les couleurs et ce 

 

jusqu'à la dernière seconde, lors de cette traversée entre Palau et les

 

 

 

Bateau de pêche local à notre arrivée dans le détroit de Surigao

 

 

 

Philippines.  Aussitôt arrivés, nous avons reçu la visite des deux

 

officiers de la quarantaine, fort aimables et dynamiques.  Ce premier

 

contact avec les locaux est souvent un bon indicateur de ce à quoi on

 

pourra s'attendre de la population locale d'un endroit, et en effet nous

 

ne nous étions pas trompés.  Les qualités qui nous frappent le plus chez

 

les Philippins à date sont leur vaillance, dynamisme et politesse. 

 

Energiques, avenants, calmes, patients et souriants, ils sont toujours

 

au devant de tout.  Ils sont d'une extrême politesse et travaillent

 

comme des abeilles à journée longue. On comprend facilement que les

 

Philippins soient aussi prisés comme main-d 'oeuvre partout dans le

 

monde.  Ici la plupart des commerces sont ouverts 7 jours par semaine et

 

ce jusqu'à 23h00,

 

dans les centres commerciaux par exemple.  Ce qui nous a le plus frappé

 

est  le nombre effarant d'employés dans tous les commerces.  Dans un

 

supermarché par exemple, il peut y avoir 5 employés par caisse et toutes

 

les caisses sont ouvertes.  Il y a du 'staff' comme on en a jamais vu

 

nulle part ailleurs. Ca qui est le plus triste c'est de savoir que tous

 

ces gens ne gagnent que des pécadilles comme salaire. S'ils étaient

 

moins, la masse salariale à partager deviendrait peut-être plus

 

intéressante.  Autre fait intéressant, nous avons remarqué un

 

uniformisme incroyable.  Partout il y a les uniformes, tous sont

 

habillés pareil selon leurs fonctions.  Par exemple, toutes les

 

caissières sont identiques dans les épiceries, les quincailleries, les

 

boutiques des centres d'achats, etc.  De la robe, aux bas de nylons

 

obligatoires, souliers, chapeaux, tout est identique.  Catherine a 

 

remarqué qu'elles ont souvent les mêmes boucles d'oreilles et le même

 

maquillage, c'est frappant comme uniformisme.

Nous sommes actuellement au mouillage devant le Yacht Club de Cebu. 

 

Nous avons déjà vu mieux comme propreté.  Jamais nous n'avons vu autant

 

de débris et de déchets dans l'eau, ça bat tout ce que nous avons vu

 

jusqu'ici.  Vous dire ce qui flotte à la surface de l'eau, des rats,

 

grenouilles, déchets, sacs, bouteilles, algues, morceaux de bois... et

 

ne parlons pas de la senteur.  Chaque soir on a l'impression qu'ils

 

déversent le système des égouts et eaux usées de la ville dans la baie. 

 

L'autre jour Thomas a perdu l'équilibre en sortant du dinghy et est

 

tombé à l'eau le pauvre.  Disons qu'on évite la baignade et les douches

 

à l'eau salée ici.  Autre constatation,  le karaoke!  C'est très

 

populaire ici.  Dans les épiceries, les quincailleries, les hôtels

 

avoisinants.  On entend ça du matin au soir, ça commence parfois aussi

 

tôt que 06h00 AM et les voix ne sont pas toujours harmonieuses, voire

 

rarement.  Franchement René n'en est pas revenu de voir du karaoke lors

 

 

d'une visite chez Ace hardware, (quincaillerie de l'endroit).

Nous n'étions pas sitôt arrivés que nous faisions notre première sortie

 

à terre, dans un endroit dont Hugues rêvait depuis l'Australie... un Mac

 

Donald.  Ses recherches sur internet lui avaient indiqué qu'il y en a 49

 

alors ce fut obligatoirement notre première sortie.  Bien que le menu

 

offre du spaghetti, du poulet frit et du riz, nous sommes demeurés

 

traditionnels avec l'incontournable trio Big Mac / frites.  Hugues n'a

 

pas perdu de temps et deux jours après notre arrivée au pays, il nous

 

quittait pour d'autres horizons.  Il va  sans dire qu'après plus de

 

quatre mois parmi nous, son départ aura laissé un grand vide.  Merci 

 

pour tout Hugues, tu nous auras beaucoup aidé et surtout, tu nous

 

manqueras pour les classes que nous avons d'ailleurs repris depuis une

 

semaine déjà.  Tu auras, de façon indéniable, laissé ta marque et on

 

parle souvent de toi, tu t'en doutes.

 

 

 Diner au centre commercial SM



Nous avons passé nos deux premières journées au méga centre commercial

 

(SM City).  Alors que René et les enfants se sont payés le dernier film

 

d'Harry Potter, je me suis laissée aller pour une folie, soit un soin

 

facial pour un gros 10$ dans un spa chic ultra moderne.  Quel bonheur! 

 

Il y en a pour tous les goûts dans ce Méga centres d'achats, les enfants

 

sont même allés jouer aux quilles et nous avons découvert un talent

 

caché de Hugues qui s'est, apparemment , avéré très habile avec la

 

boule.

A leur plus grand bonheur, les enfants ont trouvé deux amis (George 14

 

ans et Oliver 11 ans) dans le voilier Pagos, des Britanniques qui

 

 

 

Thomas et George à Cebu

 

 

 

naviguent depuis 9 and déjà.  Les parents, Sue et Adrian sont aussi fort

 

gentils et nous avons fait plusieurs activités, les deux familles

 

ensemble, dont une géo-cache (la seule de Cebu), une sortie au marché

 

local 'Carbon Market', une visite des points les plus touristiques du

 

centre-ville de Lapulapu ainsi qu'un après-midi  à l'arène local à

 

suivre les combats de coq.  Nos déplacements depuis le premier jour, se

 

font toujours en Jeepney, petits autobus locaux.  Ce sont des petits

 

camions fourgons colorés et décorés de façon toutes plus originales les

 

uns que les autres.  On s'entasse à l'arrière, dans la 'boîte de truck'

 

 

 

On monte dans un Jeepney direction le centre d'achat

 

 

couverte d'un toit mais dont les côtés et le derrière sont ouverts.  On

 

a vite compris qu'il n'y a pas de capacité maximale dans ce moyen de

 

transport.  Quand on pense que le bus est plein, on peut encore entasser

 

une bonne quinzaine de personnes pour l'avoir expérimenter à maintes

 

reprises.  Quand il n'y a plus de place assises, il reste toujours les

 

petits bancs de bois (tchap tchap), sur lequel on s'assoit dos à dos

 

pour optimiser l'espace. Tout est pensé.  Les Philippins sont d'un calme

 

et d'une patience inébranlable,   rien ne semble les énerver, même dans

 

les moments les plus achalandés, peu importe la chaleur, le traffic et

 

le degré d'entassement.
 
Les prix sont ridiculement bas ici et nous nous en réjouissons.  Pour

 

vous donner une idée de grandeur, une coupe de cheveux coûte 1.70$ dans

 

un salon chic mais un gros 0.68$ dans un barbier local. Une manicure-

 

pédicure revient à 2.29$, ouf à ce prix là, Catherine et moi ferons

 

peut-être une sortie de filles.  Une 'ride' de taxi coûte 1.50$ en

 

moyenne et une 'ride' de jeepney coûte au plus 0.25$, dépendamment de la

 

destination.  Manger sur la rue revient moins cher que de cuisiner.  En

 

effet, ou peut trouver un poulet rôti entier pour 2.50$ et des portions

 

individuelles de riz cuit à la vapeur pour 5 sous la portion.  Ca fait

 

un souper qui revient bon marché.  On trouve des brochettes, du porc

 

rôti, des méchouis, du poulet frit, il y en a pour tous les goûts. 

 

Vraiment , à ce prix, acheter sa viande à l'épicerie revient plus cher

 

mais si on le fait quand même pour varier les menus.  Nous avons essayé

 

plusieurs nouveaux fruits: durian, centol, jack fruit (moins nouveau) et

 

d'autres dont le nom m'échappe.

Nous avons quelques projets en branle, dont la réparation du radar ,

 

problème encore en suspends, car le trouble s'avère plus compliqué

 

qu'une simple connexion comme on espérait.  Nous faisons aussi réparer

 

notre spi et vu les prix, nous nous faisons faire un 'lazy bag' pour

 

couvrir la grand voile de façon permanente sans avoir à enlever et

 

remettre le taud (couvert de la grand voile) à chaque fois.  Wow, toute

 

une gâterie!  En Australie on nous demandait 1 500$ alors qu'ici on nous

 

le fait pour 600$.  Ca vaut la peine.

Depuis une semaine nous travaillons sur un projet, soit un voyage en

 

Chine.  Naviguer jusqu'à Hong Kong aurait été facile mais en revenir,

 

vent dans la nez, aurait été fort intéressant et aucun d'entre nous

 

n'avait le goût de tenter l'expérience, basé sur notre dernière

 

traversée.  Nous étions tous sur le point de baisser les bras quant à

 

une possible visite en Chine mais à force de magasiner et de chercher,

 

nous avons déniché des prix très raisonnables.  Tant et si bien que dans

 

deux jours, nous partirons pour le voyage suivant:  traversier jusqu'à

 

Manille (Philippines), avion jusqu'à Hong Kong, train jusqu'à Beijing et

 

retour sur nos pas de la même façon pour un voyage total de 17 jours,

 

sac au dos et dormant dans les backpackers.  René a passé beaucoup de

 

temps à faire des recherches et nous a déniché des affaires en or,

 

combinant traversiers, trains et avions.  Nous sommes bien contents car

 

c'est en ligne avec le genre de visites que nous nous étions promis

 

cette année.  Après tout, on ne navigue pas jusqu'ici  dans le monde

 

pour passer à côté de destinations aussi prisées lorsqu'on est tout à

 

côté, que l'on s'est dit.  Nous avons reçu nos visas hier et nous

 

partons après demain.  Les enfants ont activement participé à la

 

préparation du voyage et aux recherches de toutes sortes, dont les

 

auberges 'backpackers' et autre.  Dans le cadre des classes, ils

 

travaillent depuis une semaine sur des projets de recherche respectifs:

 

La grande muraille de Chine, cité interdite et divers autres temples

 

connus pour Thomas, Hong Kong pour Catherine et la Chine dont les

 

animaux et la cuisine chinoise pour Nicolas et Antoine.  Nous avons tous

 

bien hâte de partir, d'autant plus que nous aurons peut-être la chance

 

de rencontrer le frère Guy de René, plus à suivre de ce côté.   

Le seul ennui, ou ombre au tableau, ce sont les microbes sur Cat

Mousses.  Je ne sais pas si c'est que notre système doit s'ajuster aux

microbes de la grand ville mais je ne nous ai pas vu aussi malades

depuis longtemps.  Depuis notre arrivée ici c'est la ronde des grippes,

fièvre, toux, gastro par les deux bouts, maux de ventres, infections,

boutons.  L'infirmière se fait aller mais avec notre super pharmacie de

bord on trouve de tout pour bien se soigner.  Sur ce, je termine ici,

c'est l'heure de mes exercices du matin et il reste beaucoup à faire

d'ici notre départ.  Comme nous aurons l'Ipad, je tenterai d'écrire au

fur et à mesure au cours de notre escapade.



<pre>Mardi 02 août ,  En mer vers les Philippines



 

Récit 179 - Des heures de plaisir!! 
Ouash!!!  Des fois on en a un ti-peu notre claque de la mer!  Je vous l'avais-tu

déjà dit ça?… Pis dire que tout le monde nous pense en vacances!  Non mais il

parait que le Québec à partir d'ici, en ligne droite à vol d'oiseau, n'est qu'à

7026 miles nautiques.  Dommage que ça signifie naviguer à travers le continent

africain.  

Nous avons quitté Palau samedi matin.  Comme un typhon venait juste de se former

au nord de Yap, on devrait avoir une fenêtre claire pour passer, car historiquement,

les typhons sont généralement espacés dans le temps et se suivent rarement de façon

très rapprochée. De toute façon, ils n'annonçaient que des vents de 75 noeuds! 

Pour le capitaine, tant que les vents ne montent pas à 80, il considère que nous

sommes tout-à-fait en sécurité.  J'espère  que je n'inquiète pas les parents de

notre équipier Hugues en disant ceci.  Ne vous en faîtes pas, il ne reste plus que

220 miles nautiques avant que l'on aperçoive la côte, on vous ramène votre fils

tranquillement.  Disons que devant la mine décontenancée des locaux et des autorités

portuaires, ce n'était pas exactement rassurant que de partir mais il le fallait bien

un jour. Le matin de notre départ, l'office du bureau des transports du port m'a

même contactée pour nous demander si on reconsidérait notre décision.  Ils pensaient

que nous aurions peut-être  changé d'idée.  Non mais c'est mal nous connaître. 

Nous,  on aime ça la misère!   La météo était exécrable depuis plusieurs jours mais

il fallait foncer.  Alors c'est fait,  nous sommes partis avec des vents de 28 noeuds

sur une allure de près.  Nous avions alors un total de 650 miles nautiques à parcourir

et si tout va bien, nous espérons arriver en 6 jours, avant le weekend.  Par moments

je trouve nos enfants bien courageux d'endurer toute cette mer sans rechigner, surtout

quand je les vois étendus partout comme des larves dans le cockpit (je m'inclus dans

le groupe des larves car j'en fais bien sûr aussi partie).  Catherine démontre parfois

des petits moments de frustrations mais elle s'en remet toujours rapidement.  

Les deux premiers jours, nous étions malades à qui mieux mieux.  A l'exception de 

René, Hugo et Antoine, nous y avons tous passé.  Super on adore ça! Les 200 premiers

miles nautiques ont semblé interminables.  On avançait à pas de tortue, et  pour faire

changement, avec un contre-courant de 1 à 1.5 noeuds qui ne nous lâche pas depuis le

début.  Dans la bible de Jimmy Cornell il est écrit ceci :  …' la navigation entre

Palau et les Philippines, à ce temps-ci de l'année, IS BEST AVOIDED AND NOT RECOMMENDED…' 

Je ne sais pas de quoi il parle….  Non mais mine de rien, notre 'chum' Jimmy il connait

son affaire parce que comme mer, on a vu mieux!  Ouashh!  Pauvre Hugues!  Et lui, curieux

qu'il est avec toutes ses questions, de nous demander : 'Est-ce qu'il y a beaucoup de

navigateurs à ce moment-ci de l'année sur l'axe Palau-Philippines?'  Heuuu… pas tellement

de lui répondre René, qui lui a alors fait lire le passage de Jimmy Cornell décrit

plus haut dans mon récit. Cher Hugues,  il doit donc avoir hâte d'arriver à Cebu aux

Philippines où il nous quittera après plus de quatre mois passés avec nous.  Il fait

super bien ça mais lui aussi trouve ça olé olé je pense.  Par contre,  il n'a jamais perdu

son appétit et a vite compris que s'il voulait manger, il ferait mieux de s'impliquer car

la cuisinière était tout sauf motivée à même songer à de la nourriture ou à un menu. 

Heureusement que j'avais préparé mes fameuses boulettes (pas liégeoises mais giguéroises). 

Avec nos appétits d'oiseaux (de mer), elles nous ont duré plus de deux jours, ce fut

une bénédiction d'avoir cette cocotte-pression en attente sur la cuisinière que nous

réchauffions au besoin lors des trois premiers jours.

Ne le dîtes à personne mais figurez-vous que le capitaine a rejeté à la mer un poisson

qu'il avait attrapé le premier matin de notre navigation,  Je n'en croyais pas mes yeux,

mais fut fort soulagée de cette constatation à mon réveil.  Le poisson n'était plus,

le capitaine avait capitulé.  Fiou!

En parlant de pêche.  Il faut être très vigilent car nous croisons à chaque nuit des

cargos et  bateaux de pêche.  Il faut surveiller très religieusement car il arrive que

les bateaux de pêche ne soient pas éclairés.  En plus, notre radar est mort hier

(simple problème de connection probablement) mais en attendant nous n'avons pas de

radar et ils n'apparaissent pas sur l'AIS.  Bref, on n'a pas tellement envie de se

faire surprendre pour arriver nez à nez avec un petit bateau de pêche de 28-30 mètres.

Bon enfin, pour terminer, il y a notre  Antoine qui souffre un peu car peu après notre

départ, il a été victime d'une espèce d'irruption cutanée.  Il est couvert de plaques

rouges et de boutons, surtout sur les bras et jambes et au niveau des endroits plus

humides.  Selon notre dévouée et généreuse équipe médicale à terre, il s'agirait d'un

cas de pityriasis.  Je nourris Antoine au Benadryl, je lui applique des compresses de

Burosol et le couvre de Caladryl et toutes sortes de crèmes pour calmer les démangeaisons. 

Pauvre ti-pit, je ne voudrais pas être à sa place mais fidèle à lui-même, il ne se

plaint jamais et il fait ça comme un brave.